A la découverte d’un nouveau monde, par Quentin Caleyron

 

6 janvier 2020

A la découverte d’une nouveau monde, par Quentin Caleyron

6 janvier 2020

Quentin Caleyron est l’un de ces athlètes dont la vie pourrait inspirer un roman. A presque 30 ans et en pleine préparation des Jeux Olympiques de Rio en 2016, le pilote de BMX enchaîne les blessures ce qui l’empêche de participer à l’événement planétaire. Usé, il décide de donner un second souffle à sa carrière en passant des bosses du BMX aux virages surélevés du cyclisme sur piste. De la terre à l’anneau, récit d’un changement de vie.

J’ai pratiqué le BMX pendant 15 ans. J’ai dédié ma vie à ce sport si exigeant, si ingrat. Tu as beau être le meilleur, rien ne te garantit que tu gagneras, c’est ce qui est le plus dur à accepter. La dangerosité et la prise de risque constante nous font adorer notre BMX. Trajectoires, bosses, sauts… C’est le même instinct que dans les sports de combat. J’aimais m’entraîner jusqu’à 22h après les cours, j’aimais ce mode de vie, j’aimais mon sport. J’ai toujours cru en mes capacités de pilote pour devenir champion du Monde. Pourtant je n’avais pas vraiment imaginé un changement aussi radical dans ma vie. Je découvrais souvent de nouvelles disciplines pendant des tests physiques, comme la piste. Ça me plaisait et je me suis parfois dit que j’essayerais en fin de carrière, après le BMX. Sauf que rien ne s’est déroulé dans l’ordre.

Se préparer pour une grande compétition exige de réaliser des efforts hors-normes. Les Jeux, c’est encore au-dessus, c’est unique. Pour être prêt, je suis parti une saison aux Etats-Unis en 2016. Après trois mois sur place, une mauvaise chute me coupe dans mon élan et me fracture la clavicule. Ce n’était pas la première fois, j’espérais être sur pied en 6 semaines. Pour garder le rythme, je m’entrainais à une main, assis sur le vélo. Risqué mais nécessaire pour ne pas perdre trop de temps. Trop risqué peut-être ? Une fracture du péroné m’a de nouveau stoppé net. Assis dans un fauteuil roulant, je réalisais que je ne verrai jamais Rio et les Jeux.

« J’avais l’opportunité de changer de sport et de vie »

Autour de moi, on redoutait des blessures plus graves encore, avec les exemples de paraplégies dans le BMX. Et le cyclisme, comme beaucoup de sports, est un petit monde où on se connaît tous. Les entraîneurs de toutes les disciplines se côtoient quotidiennement au Vélodrome national (ndlr : Saint-Quentin-en-Yvelines, 78). Mon coach de BMX, Mickael Violain, se préoccupait de ma situation et les entraîneurs nationaux de la piste Clara Sanchez et Herman Terryn cherchaient un « démarreur » pour les épreuves par équipe. L’idée était sur la table, j’avais l’opportunité de changer de sport, de changer de vie. Je me suis lancé dans ce challenge un peu dingue en juillet 2017. Des complications sur mon épaule et une greffe osseuse ont calmé mon envie de remonter sur le vélo. Trois ou quatre mois plus tard, en novembre, j’ai pu prendre la piste. Je suis devenu un membre permanent du pôle Olympique sans jamais avoir pratiqué à haut niveau le cyclisme sur piste. Mon employeur, la SNCF, a, malgré l’absence de référence et de vision sur l’avenir, continué de me soutenir. J’ai pu compter sur leur soutien, et celui de la Fédération Française de Cyclisme. Sans eux, je n’aurais pas pu faire partie de ce programme. Tout ça parait un peu fou, mais je n’ai jamais trouvé ça anormal. Je me suis beaucoup entraîné. Je me découvrais une nouvelle passion.

En décembre 2017, un mois après mes premiers tours de roues, j’ai débuté en compétition en Belgique. Une petite compétition pour être honnête, de niveau régional. Mais j’avais besoin de me confronter à ça, et il fallait bien commencer quelque part. J’ai terminé deuxième ce jour-là, puis j’ai enchaîné, encore en régional, puis national, et enfin international. J’ai fait 15 compétitions en un an, trois fois plus que la moyenne habituelle d’un pistard. J’avais besoin d’apprendre, de gagner en expérience sur ce vélo si différent d’un BMX.

« Je ne veux qu’une chose: être champion Olympique »

La confiance était là, l’expérience du haut-niveau aussi. On me faisait confiance, on travaillait. Je découvrais un nouveau monde. J’avais intégré l’Équipe de France pour lancer les épreuves par équipe, mais les difficultés étaient plus importantes que prévues. J’étais frustré de ne pas y arriver aussi vite que ce que j’imaginais. Mais j’ai gardé confiance, j’ai réorganisé mes plans nutritifs, j’ai cherché de nouvelles marques. J’ai toujours voulu être le meilleur dans ce que je faisais. Et aujourd’hui je n’ai qu’un objectif : être champion Olympique. J’ai signé pour ça.

On manque peut-être de ça, en France : se fixer des objectifs élevés, croire en ce qu’on veut. Ce n’est pas manquer d’humilité que de croire en ses rêves. Tout le monde peut se reconnaître là-dedans. Dans le sport ou dans la vie, il faut avoir des objectifs élevés pour atteindre le ciel. J’ai compris à travers d’autres cultures qu’on n’avait pas à cacher son jeu et assumer de vouloir être le meilleur. Si tu ne vises pas la première place, tu termineras au mieux deuxième. Il ne faut pas douter et penser que nos objectifs sont inatteignables. J’aimerais pouvoir le dire à mon jeune « moi », lorsque j’avais 15 ans : ne remets pas tout en question. Douter fait partie du jeu, crois en toi, continue et ne lâche pas.

Tokyo. Paris. Le chemin est long. Deux ans que je suis en piste et je ne suis pas en première position pour être sélectionné pour les Jeux. Mais j’y crois. Personne n’aurait imaginé que je puisse atteindre ce niveau en deux ans. Mais j’ai signé pour ça.

Quentin.

VGV : Vélo à Grande Vitesse. Voici comment résumer en quelques mots une des disciplines les plus spectaculaires du cyclisme. Souvent méconnue du grand public comparée à son homologue sur route, la piste fait pourtant briller de nombreux Français et Françaises à travers les vélodromes du monde entier. Mais alors en cyclisme sur piste, qui est qui et qui fait quoi ?

La piste est une des quatre disciplines du cyclisme représentées aux Jeux Olympiques, avec le VTT, la route et le BMX. Disputée au sein d’un vélodrome couvert généralement équipé d’un revêtement en bois, elle faisait déjà partie du programme des premiers Jeux de l’ère moderne de 1896 à Athènes (Grèce). Aujourd’hui, le programme olympique sur piste s’est recentré sur cinq épreuves, identiques pour les femmes et les hommes: trois de sprint (vitesse individuelle, par équipe et le keirin), une d’épreuves combinées (omnium) et une d’endurance (poursuite par équipe).

Attardons nous ici sur la vitesse, spécialité du pistard Quentin Caleyron.

Pour bien comprendre les subtilités de ces courses, séparons “l’individuel” du “par équipe”.
Les épreuves individuelles olympiques féminines et masculines se déroulent en deux temps. Tout d’abord, les coureurs s’affrontent lors d’une phase de qualification. Ne sont alors sélectionnés que les coureuses et coureurs ayant réalisés les meilleurs temps sur le 200 mètres, départ lancé. Le record du monde de la spécialité appartient chez les femmes à la Canadienne Kelsey Mitchell en 10,154 secondes. Chez les hommes, le Trinidadien Nicholas Paul détient depuis septembre 2019 le meilleur chrono de tous les temps en 9,100 secondes, améliorant la précédente marque du français François Pervis de plus de deux dixièmes (9,347 s, +247 millièmes). Le coureur Trinidadien a ainsi parcouru les 200 mètres à une vitesse moyenne de 79,12 km/h.

Ils s’affrontent ensuite dans des matchs en un contre un départ arrêté. Ces duels, longs de trois tours et 750 mètres, se disputent au meilleur des trois manches, et ce jusqu’en finale. Cet exercice demande une tactique parfaite pour battre son adversaire, les coureurs partant l’un après l’autre au départ de chaque manche. 

La puissance est assurément le maître mot du sprint. L’énergie dégagée par un.e coureur.se peut atteindre environ 2000W, soit une puissance suffisante pour faire fonctionner un radiateur électrique. Dit comme ça, cela ne vous parait pas énorme ? Et bien on vous met au défi d’essayer de chauffer votre salon avec la simple force de vos jambes. La circonférence des cuisses de ces athlètes peut parfois atteindre plus de 70 centimètres, soit autant qu’un ballon de football. Mais être un coureur c’est évidemment bien plus que dégager des watts. La technique développée sur le vélo et la tactique pour remporter un duel sont des éléments essentiels à la panoplie d’un grand coureur.
A l’inverse des individuelles, les épreuves par équipe ne sont pas les mêmes pour les femmes et pour les hommes. La différence se situe principalement sur le nombre de coureuses et coureurs: deux chez les femmes, trois chez les hommes. De cette différence en découle une autre, la distance étant de deux tours et donc 500 mètres pour les femmes, contre trois tours et 750 mètres pour les hommes.
Chaque coureur a un rôle précis. Chez les femmes, la première coureuse tient le rôle de démarreur: elle doit lancer de la meilleure manière possible sa compatriote sur un tour, avant de s’écarter. Seule, celle que l’on nomme “Poste 2” aura la lourde tâche de réaliser un dernier tour de feu pour emmener l’équipe vers la victoire.
Chez les hommes, le démarreur tient le même rôle que chez les femmes. En revanche, le Poste 2 doit réaliser la transition entre le démarreur et le Poste 3, qui vient conclure l’épreuve. Chacun s’écarte donc après un tour en tête.

Quentin Caleyron de dos sur le vélo

Historiquement, les Français sont généralement au rendez-vous des grandes compétitions internationales. Depuis 2000 et l’apparition de la vitesse par équipe aux Jeux, les Bleus sont de tous les podiums, remportant même l’or en 2000 à Sydney (Australie). Même constat aux championnats du monde, où l’équipe de France est montée à 16 reprises sur le podium en 20 éditions, glanant 7 médailles d’or. En individuel, Grégory Baugé (deux médailles d’argent olympiques et quatre titres mondiaux) ou Arnaud Tournant (quatre médailles olympiques dont une en or et un titre mondial) sont les têtes d’affiches de l’équipe de France depuis 2000. François Pervis a également détenu pendant plus de six ans le record du monde du 200 mètres, entre 2013 et 2019.

Chez les femmes, il faut en revanche remonter quelques années auparavant pour trouver une française sur un podium, mais pas des moindres. La native de la Roche-sur-Yon (Vendée) Félicia Ballanger, est une des plus grandes coureuses de tous les temps en vitesse individuelle. De son palmarès exceptionnel, on citera notamment deux titres olympiques en 1996 et 2000 et cinq titres mondiaux consécutifs entre 1995 et 1999. De quoi inspirer de jeunes générations en route vers Tokyo 2020 et Paris 2024.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Quentin Caleyron est l’un de ces athlètes dont la vie pourrait inspirer un roman. A presque 30 ans et en pleine préparation des Jeux Olympiques de Rio en 2016, le pilote de BMX enchaîne les blessures ce qui l’empêche de participer à l’événement planétaire. Usé, il décide de donner un second souffle à sa carrière en passant des bosses du BMX aux virages surélevés du cyclisme sur piste.
De la terre à l’anneau, récit d’un changement de vie.

Quentin Caleyron après son entrainement sur les rouleaux
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Quentin Caleyron
• Né le 30 janvier 1988, 32 ans
• Cyclisme sur piste

J’ai pratiqué le BMX pendant 15 ans. J’ai dédié ma vie à ce sport si exigeant, si ingrat. Tu as beau être le meilleur, rien ne te garantit que tu gagneras, c’est ce qui est le plus dur à accepter. La dangerosité et la prise de risque constante nous font adorer notre BMX. Trajectoires, bosses, sauts… C’est le même instinct que dans les sports de combat. J’aimais m’entraîner jusqu’à 22h après les cours, j’aimais ce mode de vie, j’aimais mon sport. J’ai toujours cru en mes capacités de pilote pour devenir champion du Monde. Pourtant je n’avais pas vraiment imaginé un changement aussi radical dans ma vie. Je découvrais souvent de nouvelles disciplines pendant des tests physiques, comme la piste. Ça me plaisait et je me suis parfois dit que j’essayerais en fin de carrière, après le BMX. Sauf que rien ne s’est déroulé dans l’ordre.

Se préparer pour une grande compétition exige de réaliser des efforts hors-normes. Les Jeux, c’est encore au-dessus, c’est unique. Pour être prêt, je suis parti une saison aux Etats-Unis en 2016. Après trois mois sur place, une mauvaise chute me coupe dans mon élan et me fracture la clavicule. Ce n’était pas la première fois, j’espérais être sur pied en 6 semaines. Pour garder le rythme, je m’entrainais à une main, assis sur le vélo. Risqué mais nécessaire pour ne pas perdre trop de temps. Trop risqué peut-être ? Une fracture du péroné m’a de nouveau stoppé net. Assis dans un fauteuil roulant, je réalisais que je ne verrai jamais Rio et les Jeux.

« J’avais l’opportunité de changer de sport et de vie »

Autour de moi, on redoutait des blessures plus graves encore, avec les exemples de paraplégies dans le BMX. Et le cyclisme, comme beaucoup de sports, est un petit monde où on se connaît tous. Les entraîneurs de toutes les disciplines se côtoient quotidiennement au Vélodrome national (ndlr : Saint-Quentin-en-Yvelines, 78). Mon coach de BMX, Mickael Violain, se préoccupait de ma situation et les entraîneurs nationaux de la piste Clara Sanchez et Herman Terryn cherchaient un « démarreur » pour les épreuves par équipe. L’idée était sur la table, j’avais l’opportunité de changer de sport, de changer de vie. Je me suis lancé dans ce challenge un peu dingue en juillet 2017. Des complications sur mon épaule et une greffe osseuse ont calmé mon envie de remonter sur le vélo. Trois ou quatre mois plus tard, en novembre, j’ai pu prendre la piste. Je suis devenu un membre permanent du pôle Olympique sans jamais avoir pratiqué à haut niveau le cyclisme sur piste. Mon employeur, la SNCF, a, malgré l’absence de référence et de vision sur l’avenir, continué de me soutenir. J’ai pu compter sur leur soutien, et celui de la Fédération Française de Cyclisme. Sans eux, je n’aurais pas pu faire partie de ce programme. Tout ça parait un peu fou, mais je n’ai jamais trouvé ça anormal. Je me suis beaucoup entraîné. Je me découvrais une autre passion.

En décembre 2017, un mois après mes premiers tours de roues, j’ai débuté en compétition en Belgique. Une petite compétition pour être honnête, de niveau régional. Mais j’avais besoin de me confronter à ça, et il fallait bien commencer quelque part. J’ai terminé deuxième ce jour-là, puis j’ai enchaîné, encore en régional, puis national, et enfin international. J’ai fait 15 compétitions en un an, trois fois plus que la moyenne habituelle d’un pistard. J’avais besoin d’apprendre, de gagner en expérience sur ce vélo si différent d’un BMX.

« Je ne veux qu’une chose: être champion olympique »

La confiance était là, l’expérience du haut-niveau aussi. On me faisait confiance, on travaillait. Je découvrais un nouveau monde. J’avais intégré l’Équipe de France pour lancer les épreuves par équipe, mais les difficultés étaient plus importantes que prévues. J’étais frustré de ne pas y arriver aussi vite que ce que j’imaginais. Mais j’ai gardé confiance, j’ai réorganisé mes plans nutritifs, j’ai cherché de nouvelles marques. J’ai toujours voulu être le meilleur dans ce que je faisais. Et aujourd’hui je n’ai qu’un objectif : être champion Olympique. J’ai signé pour ça.

On manque peut-être de ça, en France : se fixer des objectifs élevés, croire en ce qu’on veut. Ce n’est pas manquer d’humilité que de croire en ses rêves. Tout le monde peut se reconnaître là-dedans. Dans le sport ou dans la vie, il faut avoir des objectifs élevés pour atteindre le ciel. J’ai compris à travers d’autres cultures qu’on n’avait pas à cacher son jeu et assumer de vouloir être le meilleur. Si tu ne vises pas la première place, tu termineras au mieux deuxième. Il ne faut pas douter et penser que nos objectifs sont inatteignables. J’aimerais pouvoir le dire à mon jeune « moi », lorsque j’avais 15 ans : ne remets pas tout en question. Douter fait partie du jeu, crois en toi, continue et ne lâche pas.

Tokyo. Paris. Le chemin est long. Deux ans que je suis en piste et je ne suis pas en première position pour être sélectionné pour les Jeux. Mais j’y crois. Personne n’aurait imaginé que je puisse atteindre ce niveau en deux ans. Mais j’ai signé pour ça.

Quentin.

VGV: Vélo à Grande Vitesse. Voici comment résumer en quelques mots une des disciplines les plus spectaculaires du cyclisme. Souvent méconnue du grand public comparée à son homologue sur route, la piste fait pourtant briller de nombreux Français et Françaises à travers les vélodromes du monde entier.

Mais alors en cyclisme sur piste, qui est qui et qui fait quoi ?

La piste est une des quatre disciplines du cyclisme représentées aux Jeux Olympiques, avec le VTT, la route et le BMX. Disputée au sein d’un vélodrome couvert généralement équipé d’un revêtement en bois, elle faisait déjà partie du programme des premiers Jeux de l’ère moderne de 1896 à Athènes (Grèce). Aujourd’hui, le programme olympique sur piste s’est recentré sur cinq épreuves, identiques pour les femmes et les hommes: trois de sprint (vitesse individuelle, par équipe et le keirin), une d’épreuves combinées (omnium) et une d’endurance (poursuite par équipe). 

Attardons nous ici sur la vitesse, spécialité du pistard Quentin Caleyron.

Pour bien comprendre les subtilités de ces courses, séparons “l’individuel” du “par équipe”.
Les épreuves individuelles olympiques féminines et masculines se déroulent en deux temps. Tout d’abord, les coureurs s’affrontent lors d’une phase de qualification. Ne sont alors sélectionnés que les coureuses et coureurs ayant réalisés les meilleurs temps sur le 200 mètres, départ lancé. Le record du monde de la spécialité appartient chez les femmes à la Canadienne Kelsey Mitchell en 10,154 secondes. Chez les hommes, le Trinidadien Nicholas Paul détient depuis septembre 2019 le meilleur chrono de tous les temps en 9,100 secondes, améliorant la précédente marque du français François Pervis de plus de deux dixièmes (9,347 s, +247 millièmes). Le coureur Trinidadien a ainsi parcouru les 200 mètres à une vitesse moyenne de 79,12 km/h.

Ils s’affrontent ensuite dans des matchs en un contre un départ arrêté. Ces duels, longs de trois tours et 750 mètres se disputent au meilleur des trois manches, et ce jusqu’en finale. Cet exercice demande une tactique parfaite pour battre son adversaire, les coureurs partant l’un après l’autre au départ de chaque manche. 

La puissance est assurément le maître mot du sprint. L’énergie dégagée par un.e coureur.se peut atteindre environ 2000W, soit une puissance suffisante pour faire fonctionner un radiateur électrique. Dit comme ça, cela ne vous parait pas énorme ? Et bien on vous met au défi d’essayer de faire chauffer votre salon avec la simple force de vos jambes. La circonférence des cuisses de ces athlètes peut parfois atteindre plus de 70 centimètres, soit autant qu’un ballon de football. Mais être un coureur c’est évidemment bien plus que dégager des watts. La technique développée sur le vélo et la tactique pour remporter un duel sont des éléments essentiels à la panoplie d’un grand coureur.

A l’inverse des individuelles, les épreuves par équipe ne sont pas les mêmes pour les femmes et pour les hommes. La différence se situe principalement sur le nombre de coureuses et coureurs: deux chez les femmes, trois chez les hommes. De cette différence en découle une autre, la distance étant de deux tours et donc 500 mètres pour les femmes, contre trois tours et 750 mètres pour les hommes.
Chaque coureur a un rôle précis. Chez les femmes, la première coureuse tient le rôle de démarreur: elle doit lancer de la meilleure manière possible sa compatriote sur un tour, avant de s’écarter. Seule, celle que l’on nomme “Poste 2” aura la lourde tâche de réaliser un dernier tour de feu pour emmener l’équipe vers la victoire.
Chez les hommes, le démarreur tient le même rôle que chez les femmes. En revanche, le Poste 2 doit réaliser la transition entre le démarreur et le Poste 3, qui vient conclure l’épreuve. Chacun s’écarte donc après un tour en tête.

Quentin Caleyron de dos sur le vélo

Historiquement, les Français sont généralement au rendez-vous des grandes compétitions internationales. Depuis 2000 et l’apparition de la vitesse par équipe aux Jeux, les Bleus sont de tous les podiums, remportant même l’or en 2000 à Sydney (Australie). Même constat aux championnats du monde, où l’équipe de France est montée à 16 reprises sur le podium en 20 éditions, glanant 7 médailles d’or. En individuel, Grégory Baugé (deux médailles d’argent olympiques et quatre titres mondiaux) ou Arnaud Tournant (quatre médailles olympiques dont une en or et un titre mondial) sont les têtes d’affiches de l’équipe de France depuis 2000. François Pervis a détenu pendant plus de six ans le record du monde du 200 mètres, entre 2013 et 2019.

Chez les femmes, il faut en revanche remonter quelques années auparavant pour trouver une française sur un podium, mais pas des moindres. La native de la Roche-sur-Yon (Vendée) Félicia Ballanger, est une des plus grandes coureuses de tous les temps en vitesse individuelle. De son palmarès exceptionnel, on citera notamment deux titres olympiques en 1996 et 2000 et cinq titres mondiaux consécutifs entre 1995 et 1999. De quoi inspirer de jeunes générations en route vers Tokyo 2020 et Paris 2024.

Mais qui est Quentin Caleyron ?

Quentin Caleyron est un coureur cycliste français, ancien spécialiste du BMX, maintenant reconverti dans le cyclisme sur piste. Proche d’atteindre la finale des Jeux Olympiques de Londres 2012 en BMX, il subit 4 ans un échec difficile à digérer. A quelques mois des Jeux de Rio, le français se fracture la clavicule puis le péroné : son rêve olympique s’envole. Face à la multiplication des blessures, il décide de mettre de côté le BMX et de tenter l’aventure de pistard, en devenant démarreur pour l’Equipe de France. Il tente désormais de se qualifier pour les Jeux de Tokyo 2021.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Quentin Caleyron est l’un de ces athlètes dont la vie pourrait inspirer un roman. A presque 30 ans et en pleine préparation des Jeux Olympiques de Rio en 2016, le pilote de BMX enchaîne les blessures ce qu’il l’empêche de participer à l’événement planétaire. Usé, il décide de donner un second souffle à sa carrière en passant des bosses du BMX aux virages surélevés du cyclisme sur piste.
De la terre à l’anneau, récit d’un changement de vie.

Quentin Caleyron après son entrainement sur les rouleaux
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Quentin Caleyron
• Né le 30 janvier 1988, 32 ans
• Cyclisme sur piste

J’ai pratiqué le BMX pendant 15 ans. J’ai dédié ma vie à ce sport si exigeant, si ingrat. Tu as beau être le meilleur, rien ne te garantit que tu gagneras, c’est ce qui est le plus dur à accepter. La dangerosité et la prise de risque constante nous font adorer notre BMX. Trajectoires, bosses, sauts… C’est le même instinct que dans les sports de combat. J’aimais m’entraîner jusqu’à 22h après les cours, j’aimais ce mode de vie, j’aimais mon sport. J’ai toujours cru en mes capacités de pilote pour devenir champion du Monde. Pourtant je n’avais pas vraiment imaginé un changement aussi radical dans ma vie. Je découvrais souvent de nouvelles disciplines pendant des tests physiques, comme la piste. Ça me plaisait et je me suis parfois dit que j’essayerais en fin de carrière, après le BMX. Sauf que rien ne s’est déroulé dans l’ordre.

Se préparer pour une grande compétition exige de réaliser des efforts hors-normes. Les Jeux, c’est encore au-dessus, c’est unique. Pour être prêt, je suis parti une saison aux Etats-Unis en 2016. Après trois mois sur place, une mauvaise chute me coupe dans mon élan et me fracture la clavicule. Ce n’était pas la première fois, j’espérais être sur pied en 6 semaines. Pour garder le rythme, je m’entrainais à une main, assis sur le vélo. Risqué mais nécessaire pour ne pas perdre trop de temps. Trop risqué peut-être ? Une fracture du péroné m’a de nouveau stoppé net. Assis dans un fauteuil roulant, je réalisais que je ne verrais jamais Rio et les Jeux.

« J’avais l’opportunité de changer de sport et de vie »

Autour de moi, on redoutait des blessures plus graves encore, avec les exemples de paraplégies dans le BMX. Et le cyclisme, comme beaucoup de sports, est un petit monde où on se connaît tous. Les entraîneurs de toutes les disciplines se côtoient quotidiennement au Vélodrome national (ndlr : Saint-Quentin-en-Yvelines, 78). Mon coach de BMX, Mickael Violain, se préoccupait de ma situation et les entraîneurs nationaux de la piste Clara Sanchez et Herman Terryn cherchaient un « démarreur » pour les épreuves par équipe. L’idée était sur la table, j’avais l’opportunité de changer de sport, de changer de vie. Je me suis lancé dans ce challenge un peu dingue en juillet 2017. Des complications sur mon épaule et une greffe osseuse ont calmé mon envie de remonter sur le vélo. Trois ou quatre mois plus tard, en novembre, j’ai pu prendre la piste. Je suis devenu un membre permanent du pôle Olympique sans jamais avoir pratiqué à haut niveau le cyclisme sur piste. Mon employeur, la SNCF, a, malgré l’absence de référence et de vision sur l’avenir, continué de me soutenir. J’ai pu compter sur leur soutien, et celui de la Fédération Française de Cyclisme. Sans eux, je n’aurais pas pu faire partie de ce programme. Tout ça parait un peu fou, mais je n’ai jamais trouvé ça anormal. Je me suis beaucoup entraîné. Je me découvrais une autre passion.

En décembre 2017, un mois après mes premiers tours de roues, j’ai débuté en compétition en Belgique. Une petite compétition pour être honnête, de niveau régional. Mais j’avais besoin de me confronter à ça, et il faut bien commencer quelque part. J’ai terminé deuxième ce jour-là, puis j’ai enchaîné, encore en régional, puis national, et enfin international. J’ai fait 15 compétitions en un an, trois fois plus que la moyenne habituelle d’un pistard. J’avais besoin d’apprendre, de gagner en expérience sur ce vélo si différent d’un BMX.

« Je ne veux qu’une chose être champion olympique »

La confiance était là, l’expérience du haut-niveau aussi. On me faisait confiance, on travaillait. Je découvrais un nouveau monde. J’avais intégré l’Équipe de France pour lancer les épreuves par équipe, mais les difficultés étaient plus importantes que prévues. J’étais frustré de ne pas y arriver aussi vite que ce que j’imaginais. Mais j’ai gardé confiance, j’ai réorganisé mes plans nutritifs, j’ai cherché de nouvelles marques. J’ai toujours voulu être le meilleur dans ce que je faisais. Et aujourd’hui je n’ai qu’un objectif : être champion Olympique. J’ai signé pour ça.

On manque peut-être de ça, en France : se fixer des objectifs élevés, croire en ce qu’on veut. Ce n’est pas manquer d’humilité que de croire en ses rêves. Tout le monde peut se reconnaître là-dedans. Dans le sport ou dans la vie, il faut avoir des objectifs élevés pour atteindre le ciel. J’ai compris à travers d’autres cultures qu’on n’avait pas à cacher son jeu et assumer de vouloir être le meilleur. Si tu ne vises pas la première place, tu termineras au mieux deuxième. Il ne faut pas douter et penser que nos objectifs sont inatteignables. J’aimerais pouvoir le dire à mon jeune « moi », lorsque j’avais 15 ans : ne remet pas tout en question. Douter fait partie du jeu, crois en toi, continue et ne lâche pas.

Tokyo. Paris. Le chemin est long. Deux ans que je suis en piste et je ne suis pas en première position pour être sélectionné pour les Jeux. Mais j’y crois. Personne n’aurait imaginé que je puisse atteindre ce niveau en deux ans. Mais j’ai signé pour ça.

Quentin.

VGV: Vélo à Grande Vitesse. Voici résumer en quelques mots une des disciplines les plus spectaculaires du cyclisme. Souvent méconnue du grand public comparée à son homologue sur route, la piste fait pourtant briller de nombreux Français et Françaises à travers les vélodromes du monde entier.

Mais alors en cyclisme sur piste, qui est qui et qui fait quoi ?

La piste est une des quatre disciplines du cyclisme représentées aux Jeux Olympiques, avec le VTT, la route et le BMX. Disputée au sein d’un vélodrome couvert généralement équipé d’un revêtement en bois, elle faisait déjà partie du programme des premiers Jeux de l’ère moderne de 1896 à Athènes (Grèce). Aujourd’hui, le programme olympique sur piste s’est recentré sur cinq épreuves, identiques pour les femmes et les hommes: trois de sprint (vitesse individuelle, par équipe et le keirin), une d’épreuves combinées (omnium) et une d’endurance (poursuite par équipe).

Attardons nous ici sur la vitesse, spécialité du pistard Quentin Caleyron.

Pour bien comprendre les subtilités de ces courses, séparons “l’individuel” du “par équipe”.
Les épreuves individuelles olympiques féminines et masculines se déroulent en deux temps. Tout d’abord, les coureurs s’affrontent lors d’une phase de qualification. Ne sont alors sélectionnés que les coureuses et coureurs ayant réalisés les meilleurs temps sur le 200 mètres, départ lancé. Le record du monde de la spécialité appartient chez les femmes à la Canadienne Kelsey Mitchell en 10,154 secondes. Chez les hommes, le Trinidadien Nicholas Paul détient depuis septembre 2019 le meilleur chrono de tous les temps en 9,100 secondes, améliorant la précédente marque du français François Pervis de plus de deux dixièmes (9,347 s, +247 millièmes). Le coureur Trinidadien a ainsi parcouru les 200 mètres à une vitesse moyenne de 79,12 km/h. Ils s’affrontent ensuite dans des matchs en un contre un départ arrêté. Ces duels, longs de trois tours et 750 mètres se disputent au meilleur des trois manches, et ce jusqu’en finale. Cet exercice demande une tactique parfaite pour battre son adversaire, les coureurs partant l’un après l’autre au départ de chaque manche.

La puissance est assurément le maître mot du sprint. L’énergie dégagée par un.e coureur.se peut atteindre environ 2000W, soit une puissance suffisante pour faire fonctionner un radiateur électrique. Dit comme ça, cela ne vous parait pas énorme ? Et bien on vous met au défi d’essayer de faire chauffer votre salon avec la simple force de vos jambes. La circonférence des cuisses de ces athlètes peut parfois atteindre plus de 70 centimètres, soit autant qu’un ballon de football. Mais être un coureur c’est évidemment bien plus que dégager des watts. La technique développée sur le vélo et la tactique pour remporter un duel sont des éléments essentiels à la panoplie d’un grand coureur.

A l’inverse des individuelles, les épreuves par équipe ne sont pas les mêmes pour les femmes et pour les hommes. La différence se situe principalement sur le nombre de coureuses et coureurs: deux chez les femmes, trois chez les hommes. De cette différence en découle une autre, la distance étant de deux tours et donc 500 mètres pour les femmes, contre trois tours et 750 mètres pour les hommes.

Chaque coureur a un rôle précis. Chez les femmes, la première coureuse tient le rôle de démarreur: elle doit lancer de la meilleure manière possible sa compatriote sur un tour, avant de s’écarter. Seule, celle que l’on nomme “Poste 2” aura la lourde tâche de réaliser un dernier tour de feu pour emmener l’équipe vers la victoire.
Chez les hommes, le démarreur tient le même rôle que chez les femmes. En revanche, le Poste 2 doit réaliser la transition entre le démarreur et le Poste 3, qui vient conclure l’épreuve. Chacun s’écarte donc après un tour en tête.

Quentin Caleyron de dos sur le vélo

Historiquement, les Français sont généralement au rendez-vous des grandes compétitions internationales. Depuis 2000 et l’apparition de la vitesse par équipe aux Jeux, les Bleus sont de tous les podiums, remportant même l’or en 2000 à Sydney (Australie). Même constat aux championnats du monde, où l’équipe de France est montée à 16 reprises sur le podium en 20 éditions, glanant 7 médailles d’or. En individuel, Grégory Baugé (deux médailles d’argent olympiques et quatre titres mondiaux) ou Arnaud Tournant (quatre médailles olympiques dont une en or et un titre mondial) sont les têtes d’affiches de l’équipe de France depuis 2000. François Pervis a détenu pendant plus de six ans le record du monde du 200 mètres, entre 2013 et 2019.

Chez les femmes, il faut en revanche remonter quelques années auparavant pour trouver une française sur un podium, mais pas des moindres. La native de la Roche-sur-Yon (Vendée) Félicia Ballanger, est une des plus grandes coureuses de tous les temps en vitesse individuelle. De son palmarès exceptionnel, on citera notamment deux titres olympiques en 1996 et 2000 et cinq titres mondiaux consécutifs entre 1995 et 1999. De quoi inspirer de jeunes générations en route vers Tokyo 2020 et Paris 2024.