Alice Métais et Typhaine Soldé, athlètes, avant tout

 

9 avril 2020

Alice Métais et Typhaine Soldé, athlètes, avant tout

9 avril 2020

Alice Métais et Typhaine Soldé, athlètes, avant tout

9 avril 2020

©️ Alice Métais

L’athlétisme les a sauvé. Typhaine Soldé et Alice Métais, meilleures amies dans la vie, n’ont que 17 et 18 ans, mais déjà habitées d’une formidable détermination. Membres du pôle France Espoirs handisport de Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), elles font parties des grandes prétendantes aux titres mondiaux dans les années à venir. Portrait de deux jeunes athlètes et futures bachelières, en quête de reconnaissance.

©️ Alice Métais

18 ans à peine mais déjà l’expérience de sportives chevronnées. Athlètes de haut niveau, Alice Métais et Typhaine Soldé pratiquent l’athlétisme depuis le début de l’adolescence. Alors en pleine remise en question d’elles-mêmes, les deux jeunes femmes découvrent le sport qui va leur permettre de pouvoir s’assumer, telles qu’elles sont. Leurs disciplines de prédilection ? Le 200m (record en 31,70) et la longueur (4,33m) pour Typhaine, le 200m (28,70) et le 400m (1,05:31) pour Alice.

Ah et oui : Alice et Typhaine sont des athlètes en situation de handicap. Mais jusqu’ici, difficile de le savoir n’est-ce pas ?

Chaque jour, elles foulent leurs pistes d’entrainement des rêves plein la tête. L’objectif de leur vie n’est autre « qu’une médaille d’or aux Jeux Paralympiques, avec en prime un record du monde », selon leurs propres mots. Grâce à des performances remarquées, Alice a participé à ses premiers championnats d’Europe en 2018 à Berlin (Allemagne), tandis que Typhaine a été sélectionnée pour participer aux championnats du monde de Dubaï (Emirats Arabes Unis) en novembre dernier. Une première étape dans leur jeune carrière de sportives de haut niveau.

Pourtant, rien ne les prédestinait à courir un jour.

©️ Typhaine Soldé

Alice est née avec une déficience visuelle dite « légère ». Très sensible à la lumière, elle possède une acuité visuelle de 1/10 à chaque œil. Ce n’est qu’en entrant en CP qu’Alice comprend qu’elle ne peut faire toutes les activités aussi facilement qu’elle le souhaiterait. Les médecins mettront plusieurs mois à pouvoir mettre des mots sur son handicap.

Typhaine a, de son coté, subi une amputation devenue inévitable à ses 11 ans. Un ostéosarcome, un cancer du pied, la contraignait à rester à l’hôpital en permanence, sans de réelle possibilité d’amélioration. Pour retrouver un semblant de vie en dehors des traitements, elle décide de franchir le pas et de vivre sans la partie inférieure de sa jambe droite. Une situation qui, dans un premier temps, la réjouit au plus haut point : « Après l’opération, c’était une délivrance. Je me sentais libre de pouvoir faire ce que je voulais, que j’allais être heureuse et que j’assumerais pleinement mon handicap ».

« Je mettais de la mousse autour de ma prothèse pour qu’elle passe inaperçue »

Toutes les deux acceptent leur handicap, et ne s’en soucie guère. Mais en grandissant et en arrivant au collège/ lycée, Typhaine comme Alice se sentent différentes. Le regard des autres pèsent lourd dans la balance lorsqu’il s’agit de se construire et de s’accepter, comme le confirme Alice : « Au collège j’étais victime de harcèlement scolaire. Je porte de lunettes de Soleil la plupart du temps donc en été ça passe, mais en hiver un peu moins. Ça peut être maladroit, et pas toujours facile à encaisser ».

Et si elles font tout pour cacher ce qui les rend différentes, comme Typhaine qui avoue avoir mis « de la mousse autour de la prothèse pour que cela passe inaperçu », elles basculent toutes les deux dans une période de dépression. L’isolement et l’incompréhension favorisent une perte de confiance en elles totale, allant dans le cas de Typhaine jusqu’à une hospitalisation.

©️ Alice Métais

Mais même dans les moments les plus difficiles, une lueur d’espoir peut redonner une raison de vivre. Pour nos deux athlètes, cette lueur d’espoir s’appelle l’athlétisme. Par le sport, elles comprennent que, elles aussi, sont capables de faire de grandes choses et peuvent enfin regarder devant elles.

Je voulais avant tout me prouver à moi-même que je pouvais faire des choses, parce que je n’y croyais plus. Quand j’ai réussi à gagner ma première course, j’ai vu que je pouvais faire des trucs cools aussi. Rencontrer d’autres personnes et d’autres handicaps m’a montré qu’il y avait bien pire que moi. J’ai relativisé, et grandi avec ça.

C’est exactement ça. J’ai envie de courir, de retrouver ces sensations de course que je n’avais plus. Ma lame m’a libéré, et je n’étais plus différente des autres. Gagner une course, se satisfaire soi-même, et se montrer qu’on est capable de faire ça, c’est une étape énorme par rapport à la phase de dépression totale…

« Je ne m’acceptais pas »

Avant de sortir de leur profonde remise en question, Alice et Typhaine ont croisé le chemin de personnalités hors-du-commun. Par leur discours, leur ténacité et leur performances, ils vont permettre aux deux espoirs de retrouver un sourire perdu depuis plusieurs années. Et elles se souviennent précisément du jour où l’athlétisme est arrivé dans leur vie.

Le groupe Proteor, qui me suit pour mes prothèses, organisait un événement où Marie-Amélie Le Fur était présente. Elle nous a parlé de son parcours et sa vie, puis on a fait un entrainement. Depuis ce jour, je n’ai plus lâché l’athlé.

J’étais dans l’inacceptation de mon handicap et de moi-même. Pour sortir de cette haine, mes parents m’ont proposé de faire du sport pour me défouler. J’ai eu la chance de croiser les bonnes personnes comme Philippe Croizon, qui a traversé la Manche à la nage et quadruple amputé. Il m’a présenté Thimothé Adolphe, champion du monde T11 aveugle. J’ai commencé grâce à eux quelques temps après, jusqu’à intégrer le Pôle en 2017.

Toutes les deux représentent l’avenir de l’athlétisme français. Pourtant, malgré une « évolution positive » des mœurs selon elles, les sportives et sportifs handi sont encore trop peu considérés à leur juste valeur. Le manque de médiatisation et de reconnaissance, des remarques déplacées et des clichés tenaces sur le handicap ne favorisent pas l’intégration. Parce qu’aux yeux de la société, avoir un handicap est forcément quelque chose de négatif.

©️ Alice Métais

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L’athlétisme les a sauvé. Typhaine Soldé et Alice Métais, meilleures amies dans la vie, n’ont que 17 et 18 ans, mais déjà habitées d’une formidable détermination. Membres du pôle France Espoirs handisport de Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), elles font parties des grandes prétendantes aux titres mondiaux dans les années à venir. Portrait de deux jeunes athlètes et futures bachelières, en quête de reconnaissance.

Alic et Typhaine sur la piste d'athlétisme
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Alice Métais 
• Née le 28 mai 2001, 19 ans
• 100, 200 et 400m – Athlétisme

Typhaine Soldé 
• Née le 8 mai 2002, 18 ans
• Saut en longueur, 100 et 200m – Athlétisme

18 ans à peine mais déjà l’expérience de sportives chevronnées. Athlètes de haut niveau, Alice Métais et Typhaine Soldé pratiquent l’athlétisme depuis le début de l’adolescence. Alors en pleine remise en question d’elles-mêmes, les deux jeunes femmes découvrent le sport qui va leur permettre de pouvoir s’assumer, telles qu’elles sont. Leurs disciplines de prédilection ? Le 200m (record en 31,70) et la longueur (4,33m) pour Typhaine, le 200m (28,70) et le 400m (1,05:31) pour Alice

Ah et oui : Alice et Typhaine sont des athlètes en situation de handicap. Mais jusqu’ici, difficile de le savoir n’est-ce pas ?

Chaque jour, elles foulent leurs pistes d’entrainement des rêves plein la tête. L’objectif de leur vie n’est autre « qu’une médaille d’or aux Jeux Paralympiques, avec en prime un record du monde », selon leurs propres mots. Grâce à des performances remarquées, Alice a participé à ses premiers championnats d’Europe en 2018 à Berlin (Allemagne), tandis que Typhaine a été sélectionnée pour participer aux championnats du monde de Dubaï (Emirats Arabes Unis) en novembre dernier. Une première étape dans leur jeune carrière de sportives de haut niveau.

Pourtant, rien ne les prédestinait à courir un jour.

©️ Typhaine Soldé

Alice est née avec une déficience visuelle dite « légère ». Très sensible à la lumière, elle possède une acuité visuelle de 1/10 à chaque œil. Ce n’est qu’en entrant en CP qu’Alice comprend qu’elle ne peut faire toutes les activités aussi facilement qu’elle le souhaiterait. Les médecins mettront plusieurs mois à pouvoir mettre des mots sur son handicap.

Typhaine a, de son coté, subi une amputation devenue inévitable à ses 11 ans. Un ostéosarcome, un cancer du pied, la contraignait à rester à l’hôpital en permanence, sans de réelle possibilité d’amélioration. Pour retrouver un semblant de vie en dehors des traitements, elle décide de franchir le pas et de vivre sans la partie inférieure de sa jambe droite. Une situation qui, dans un premier temps, la réjouit au plus haut point : « Après l’opération, c’était une délivrance. Je me sentais libre de pouvoir faire ce que je voulais, que j’allais être heureuse et que j’assumerais pleinement mon handicap ».

« Je mettais de la mousse autour de ma prothèse pour qu’elle passe inaperçue »

Toutes les deux acceptent leur handicap, et ne s’en soucie guère. Mais en grandissant et en arrivant au collège/ lycée, Typhaine comme Alice se sentent différentes. Le regard des autres pèsent lourd dans la balance lorsqu’il s’agit de se construire et de s’accepter, comme le confirme Alice : « Au collège j’étais victime de harcèlement scolaire. Je porte de lunettes de Soleil la plupart du temps donc en été ça passe, mais en hiver un peu moins. Ça peut être maladroit, et pas toujours facile à encaisser ».

Et si elles font tout pour cacher ce qui les rend différentes, comme Typhaine qui mettait « de la mousse autour de sa prothèse pour que cela passe inaperçu », elles basculent toutes les deux dans une période de dépression. L’isolement et l’incompréhension favorisent une perte de confiance en elles totale, allant dans le cas de Typhaine jusqu’à une hospitalisation.

©️ Alice Métais

Mais même dans les moments les plus difficiles, une lueur d’espoir peut redonner une raison de vivre. Pour nos deux athlètes, cette lueur d’espoir s’appelle l’athlétisme. Par le sport, elles comprennent que, elles aussi, sont capables de faire de grandes choses et peuvent enfin regarder devant elles.

Je voulais avant tout me prouver à moi-même que je pouvais faire des choses, parce que je n’y croyais plus. Quand j’ai réussi à gagner ma première course, j’ai vu que je pouvais faire des trucs cools aussi. Rencontrer d’autres personnes et d’autres handicaps m’a montré qu’il y avait bien pire que moi. J’ai relativisé, et grandi avec ça.

C’est exactement ça. J’ai envie de courir, de retrouver ces sensations de course que je n’avais plus. Ma lame m’a libéré, et je n’étais plus différente des autres. Gagner une course, se satisfaire soi-même, et se montrer qu’on est capable de faire ça, c’est une étape énorme par rapport à la phase de dépression totale…

« Je ne m’acceptais pas »

Avant de sortir de leur profonde remise en question, Alice et Typhaine ont croisé le chemin de personnalités hors-du-commun. Par leur discours, leur ténacité et leur performances, ils vont permettre aux deux espoirs de retrouver un sourire perdu depuis plusieurs années. Et elles se souviennent précisément du jour où l’athlétisme est arrivé dans leur vie.

Le groupe Proteor, qui me suit pour mes prothèses, organisait un événement où Marie-Amélie Le Fur était présente. Elle nous a parlé de son parcours et sa vie, puis on a fait un entrainement. Depuis ce jour, je n’ai plus lâché l’athlé.

J’étais dans l’inacceptation de mon handicap et de moi-même. Pour sortir de cette haine, mes parents m’ont proposé de faire du sport pour me défouler. J’ai eu la chance de croiser les bonnes personnes comme Philippe Croizon, qui a traversé la Manche à la nage et quadruple amputé. Il m’a présenté Thimothé Adolphe, champion du monde T11 aveugle. J’ai commencé grâce à eux quelques temps après, jusqu’à intégrer le Pôle en 2017.

Toutes les deux représentent l’avenir de l’athlétisme français. Pourtant, malgré une « évolution positive » des mœurs selon elles, les sportives et sportifs handi sont encore trop peu considérés à leur juste valeur. Le manque de médiatisation et de reconnaissance, des remarques déplacées et des clichés tenaces sur le handicap ne favorisent pas l’intégration. Parce qu’aux yeux de la société, avoir un handicap est forcément quelque chose de négatif.

Alice Métais et Typhaine Soldé.

Il est aussi grand que Alice Métais et Typhaine Soldé. Alice Métais et Typhaine Soldé. Je deviens Alice Métais et Typhaine Soldé. Nous serions Alice Métais et Typhaine Soldé. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alice Métais et Typhaine Soldé. Une boite de lunette détient le grand Alice Métais et Typhaine Soldé. Attention aux impératifs complète Mary. Alice Métais et Typhaine Soldé n'est autre que moi.

Mais qui sont Alice Métais et Typhaine Soldé ?

Alice Métais est une athlète membre du Pôle Espoirs handisport de Saint-Cyr-sur-Loire. Spécialiste du 100, 200 et 400 mètres, elle pratique l’athlétisme depuis 5 ans. En 2018, alors qu’elle n’a que 16 ans, Alice participe à ses premiers championnats d’Europe à Berlin en Allemagne. Elle court dans la catégorie T13 des déficients visuels légers. Elle n’est ainsi pas aidée d’un guide, et dispose des mêmes règles que les valides.

Typhaine Soldé est une athlète spécialiste du saut en longueur, 100 et 200m. Suite à un cancer du pied, elle décide, à seulement 11 ans, de subir une amputation au niveau du tibia de la jambe droite. Son désir de bouger ne s’est pourtant pas estompé après cette opération. Après avoir pratiquée le handball, elle débute l’athlétisme lors d’une journée découverte animée par Marie-Amélie Le Fur, grande figure de l’athlétisme français. Membre du Pôle Espoirs handisport de Saint-Cyr-sur-Loire depuis 2017, elle a participé en 2019 aux championnats du monde d’athlétisme handisport et aux Jeux européens paralympiques de la jeunesse.

©️ Alice Métais

L’athlétisme les a sauvé. Typhaine Soldé et Alice Métais, meilleures amies dans la vie, n’ont que 17 et 18 ans, mais déjà habitées d’une formidable détermination. Membres du pôle France Espoirs handisport de Saint-Cyr-sur-Loire (Indre-et-Loire), elles font parties des grandes prétendantes aux titres mondiaux dans les années à venir. Portrait de deux jeunes athlètes et futures bachelières, en quête de reconnaissance.

Alic et Typhaine sur la piste d'athlétisme
©️ Alice Métais
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Alice Métais
• Née le 28 mai 2001, 19 ans
• 100, 200 et 400m – Athlétisme

Typhaine Soldé
• Née le 8 mai 2002, 18 ans
• Saut en longueur, 100 et 200m – Athlétisme

18 ans à peine mais déjà l’expérience de sportives chevronnées. Athlètes de haut niveau, Alice Métais et Typhaine Soldé pratiquent l’athlétisme depuis le début de l’adolescence. Alors en pleine remise en question d’elles-mêmes, les deux jeunes femmes découvrent le sport qui va leur permettre de pouvoir s’assumer, telles qu’elles sont. Leurs disciplines de prédilection ? Le 200m (record en 31,70) et la longueur (4,33m) pour Typhaine, le 200m (28,70) et le 400m (1,05:31) pour Alice.

Ah et oui : Alice et Typhaine sont des athlètes en situation de handicap. Mais jusqu’ici, difficile de le savoir n’est-ce pas ? 

Chaque jour, elles foulent leurs pistes d’entrainement des rêves plein la tête. L’objectif de leur vie n’est autre « qu’une médaille d’or aux Jeux Paralympiques, avec en prime un record du monde », selon leurs propres mots. Grâce à des performances remarquées, Alice a participé à ses premiers championnats d’Europe en 2018 à Berlin (Allemagne), tandis que Typhaine a été sélectionnée pour participer aux championnats du monde de Dubaï (Emirats Arabes Unis) en novembre dernier. Une première étape dans leur jeune carrière de sportives de haut niveau.

Pourtant, rien ne les prédestinait à courir un jour.

©️ Typhaine Soldé

Alice est née avec une déficience visuelle dite « légère ». Très sensible à la lumière, elle possède une acuité visuelle de 1/10 à chaque œil. Ce n’est qu’en entrant en CP qu’Alice comprend qu’elle ne peut faire toutes les activités aussi facilement qu’elle le souhaiterait. Les médecins mettront plusieurs mois à pouvoir mettre des mots sur son handicap.

Typhaine a, de son coté, subi une amputation devenue inévitable à ses 11 ans. Un ostéosarcome, un cancer du pied, la contraignait à rester à l’hôpital en permanence, sans de réelle possibilité d’amélioration. Pour retrouver un semblant de vie en dehors des traitements, elle décide de franchir le pas et de vivre sans la partie inférieure de sa jambe droite. Une situation qui, dans un premier temps, la réjouit au plus haut point : « Après l’opération, c’était une délivrance. Je me sentais libre de pouvoir faire ce que je voulais, que j’allais être heureuse et que j’assumerais pleinement mon handicap ».

« Je mettais de la mousse autour de ma prothèse pour qu’elle passe inaperçue »

Toutes les deux acceptent leur handicap, et ne s’en soucie guère. Mais en grandissant et en arrivant au collège/ lycée, Typhaine comme Alice se sentent différentes. Le regard des autres pèsent lourd dans la balance lorsqu’il s’agit de se construire et de s’accepter, comme le confirme Alice : « Au collège j’étais victime de harcèlement scolaire. Je porte de lunettes de Soleil la plupart du temps donc en été ça passe, mais en hiver un peu moins. Ça peut être maladroit, et pas toujours facile à encaisser ».

Et si elles font tout pour cacher ce qui les rend différentes, comme Typhaine qui mettait « de la mousse autour de sa prothèse pour que cela passe inaperçu », elles basculent toutes les deux dans une période de dépression. L’isolement et l’incompréhension favorisent une perte de confiance en elles totale, allant dans le cas de Typhaine jusqu’à une hospitalisation.

©️ Alice Métais

Mais même dans les moments les plus difficiles, une lueur d’espoir peut redonner une raison de vivre. Pour nos deux athlètes, cette lueur d’espoir s’appelle l’athlétisme. Par le sport, elles comprennent que, elles aussi, sont capables de faire de grandes choses et peuvent enfin regarder devant elles.

Je voulais avant tout me prouver à moi-même que je pouvais faire des choses, parce que je n’y croyais plus. Quand j’ai réussi à gagner ma première course, j’ai vu que je pouvais faire des trucs cools aussi. Rencontrer d’autres personnes et d’autres handicaps m’a montré qu’il y avait bien pire que moi. J’ai relativisé, et grandi avec ça.

C’est exactement ça. J’ai envie de courir, de retrouver ces sensations de course que je n’avais plus. Ma lame m’a libéré, et je n’étais plus différente des autres. Gagner une course, se satisfaire soi-même, et se montrer qu’on est capable de faire ça, c’est une étape énorme par rapport à la phase de dépression totale…

« Je ne m’acceptais pas »

Avant de sortir de leur profonde remise en question, Alice et Typhaine ont croisé le chemin de personnalités hors-du-commun. Par leur discours, leur ténacité et leur performances, ils vont permettre aux deux espoirs de retrouver un sourire perdu depuis plusieurs années. Et elles se souviennent précisément du jour où l’athlétisme est arrivé dans leur vie.

Le groupe Proteor, qui me suit pour mes prothèses, organisait un événement où Marie-Amélie Le Fur était présente. Elle nous a parlé de son parcours et sa vie, puis on a fait un entrainement. Depuis ce jour, je n’ai plus lâché l’athlé.

J’étais dans l’inacceptation de mon handicap et de moi-même. Pour sortir de cette haine, mes parents m’ont proposé de faire du sport pour me défouler. J’ai eu la chance de croiser les bonnes personnes comme Philippe Croizon, qui a traversé la Manche à la nage et quadruple amputé. Il m’a présenté Thimothé Adolphe, champion du monde T11 aveugle. J’ai commencé grâce à eux quelques temps après, jusqu’à intégrer le Pôle en 2017.

Toutes les deux représentent l’avenir de l’athlétisme français. Pourtant, malgré une « évolution positive » des mœurs selon elles, les sportives et sportifs handi sont encore trop peu considérés à leur juste valeur. Le manque de médiatisation et de reconnaissance, des remarques déplacées et des clichés tenaces sur le handicap ne favorisent pas l’intégration. Parce qu’aux yeux de la société, avoir un handicap est forcément quelque chose de négatif.

Alice Métais et Typhaine Soldé.

Il est aussi grand que Alice Métais et Typhaine Soldé. Alice Métais et Typhaine Soldé. Je deviens Alice Métais et Typhaine Soldé. Nous serions Alice Métais et Typhaine Soldé. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alice Métais et Typhaine Soldé. Une boite de lunette détient le grand Alice Métais et Typhaine Soldé. Attention aux impératifs complète Mary. Alice Métais et Typhaine Soldé n'est autre que moi.