3 novembre 2020

Atteint d’une infirmité moteur cérébrale, Alexis Corlin contrôle mal ses jambes. Aidé par ses parents, il ne s’est pourtant jamais senti différent. Pour lui, « il n’y a rien qu’il ne puisse pas faire ». Alors qu’il va sur ses 20 ans, Alexis a déjà pratiqué de nombreuses activités sportives jusqu’au rugby à 13 en fauteuil dans le club local des Dahus d’Arbent non loin d’Oyonnax. Entraîné par l’expérimenté Paul Perez depuis ses 12 ans, Alexis nous a raconté son parcours inspirant.

© Alexis Corlin

Tu n’es pas arrivé au rugby tout de suite. Tu as essayé plusieurs sports avant ?

Oui, mes parents ne m’ont pas surprotégé. J’ai une sœur jumelle qui n’a aucun handicap, et nos parents n’ont jamais fait de différence. Ils m’ont toujours laissé sortir. Dans mon quartier, il y avait toujours quelques garçons qui jouaient au foot et même si je ne pouvais pas être sur le terrain, je faisais gardien de but. J’étais plutôt casse-cou, je rentrais souvent les genoux écorchés, mais ils ne m’ont jamais freiné, ils m’ont toujours laissé pas mal de liberté.

Avec le recul, le sport t’a aidé dans l’acceptation de ton handicap et du regard des autres ?

Aujourd’hui je ne saurais pas te dire si ça fait partie de ma nature, ou si c’est ce qui m’a rendu comme ça. Mais ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais fait de complexe sur mon handicap parce que je me suis rarement senti limité ou différent. Quand il y en a un qui disait qu’il allait jouer au foot le mercredi, je pouvais lui répondre que moi j’allais faire de l’escrime ou du ping-pong. J’avais toujours une activité. Même l’hiver, j’ai appris à skier en fauteuil.
Je sais bien qu’il y a des choses que je ne pourrais pas faire mais quand j’étais petit, je ne me suis jamais dit « ça je ne le ferais jamais de ma vie ». Et encore aujourd’hui, rien ne me paraît infaisable, et je pense que c’est en partie grâce à toutes ces activités que j’ai pu faire dans ma jeunesse.

Au pays du rugby, rien n’est impossible

Quand as-tu commencé le rugby fauteuil, et pour quelles raisons ?

J’étais en 5ème, donc je devais avoir 12 ans. C’est une professeur d’anglais, qui m’a dit que son mari, ancien treiziste de très bon niveau ayant joué en Angleterre (ndlr : Paul Perez), était en train d’essayer de monter une équipe de rugby fauteuil dans un village voisin. Cela m’intéressait puisque je n’avais jamais fait de sport collectif. Puis j’habite à côté d’Oyonnax, qui vit pour le rugby.

Le fait d’avoir déjà pratiqué plusieurs sports m’a permis d’y aller sans complexe, sans appréhension d’être mauvais. Puis comme l’équipe se montait, je me suis dit que je n’allais pas être le seul débutant. J’en ai discuté avec mon kiné, qui m’a dit que ça ne pouvait pas me faire de mal, que ça me musclerait un peu le haut du corps. Je tenais à en parler avec lui, puisque j’avais 12 ans et ça reste des chocs assez violents.
Comme il n’y avait pas de catégorie d’âge quand j’ai débuté, je devais être le plus jeune en France. Quand je prenais des adversaires de 100 kilos, je volais.

Alexis Corlin, joueur de rugby fauteuil, pendant un match
© Alexis Corlin

Vers tes quatorze ans, tu as subi une opération au niveau des fémurs ?

A force de mal contrôler mes jambes, mon corps avait trouvé une parade, et cette parade a été de marcher les pieds à l’intérieur et les genoux très fléchis. Avec les années, ça a fini par déformer les os. On m’a donc cassé les fémurs pour les ré-axer. On m’avait prévenu plus petit qu’il fallait que je passe par cette opération, j’étais préparé, mais ce fut quand même dur d’être loin de ma famille, et du club pendant 9 mois. Mais j’étais prêt, je savais que ça allait arriver.

Un véritable défi physique

Comment s’est déroulée la reprise ?

J’ai pu reprendre un an et demi après, en ayant la chance d’avoir pu participer à un stage en compagnie de joueurs de haut niveau, et surtout dirigé par un des entraîneurs de l’équipe de France. Le fait d’avoir pu jouer aux côtés de joueurs bien plus forts que moi et d’entraîneurs très fin tactiquement, m’a permis de progresser de manière incroyable. Je m’en rappellerai toujours.
Mon entraîneur en club, Paul Perez, m’a énormément apporté sur l’aspect mental. Il me faisait énormément travailler sur la concentration, le physique, la remise en question. D’apprendre tout ça à 12 ans m’a aidé au-delà du rugby. Quand je disais que je pensais que rien n’était impossible, mon entraîneur n’y est pas pour rien. Il me répétait sans cesse qu’il n’y avait rien que je ne pouvais pas faire sur le terrain si je m’en donnais les moyens, si je travaillais, et si j’étais fort physiquement et mentalement.

La pratique du rugby a-t-elle été bénéfique physiquement ?

Je ne sais pas si j’en ai tiré des bénéfices, mais en tout cas, ça ne s’est pas aggravé. J’étais déjà pas mal musclé au niveau du haut du corps, du fait que je l’utilise souvent pour compenser au quotidien.

D’ailleurs, pour une personne qui a toujours forcé sur ses bras, j’étais vraiment épuisé à la fin du premier entraînement. Et c’était l’entraînement le plus cool que l’on ait fait. Mon père, valide, a essayé et a eu des courbatures pendant une semaine. Même quand tu es entraîné, quand tu as joué 80 minutes le samedi soir, tu es courbaturé de partout le dimanche matin.


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Atteint d’une infirmité moteur cérébrale, Alexis Corlin contrôle mal ses jambes. Aidé par ses parents, il ne s’est pourtant jamais senti différent. Pour lui, « il n’y a rien qu’il ne puisse pas faire ». Alors qu’il va sur ses 20 ans, Alexis a déjà pratiqué de nombreuses activités sportives jusqu’au rugby à 13 en fauteuil dans le club local des Dahus d’Arbent non loin d’Oyonnax. Entraîné par l’expérimenté Paul Perez depuis ses 12 ans, Alexis nous a raconté son parcours inspirant.

Alexis Corlin, joueur de rugby fauteuil
© Alexis Corlin
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Alexis Corlin 
• Né le 28 mai 2001
• Rugby fauteuil

Tu n’es pas arrivé au rugby tout de suite. Tu as essayé plusieurs sports avant ?

Oui, mes parents ne m’ont pas surprotégé. J’ai une sœur jumelle qui n’a aucun handicap, et nos parents n’ont jamais fait de différence. Ils m’ont toujours laissé sortir. Dans mon quartier, il y avait toujours quelques garçons qui jouaient au foot et même si je ne pouvais pas être sur le terrain, je faisais gardien de but. J’étais plutôt casse-cou, je rentrais souvent les genoux écorchés, mais ils ne m’ont jamais freiné, ils m’ont toujours laissé pas mal de liberté.

Avec le recul, penses-tu que le sport t’a aidé dans l’acceptation de ton handicap et du regard des autres ?

Aujourd’hui je ne saurais pas te dire si ça fait partie de ma nature, ou si c’est ce qui m’a rendu comme ça. Mais ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais fait de complexe sur mon handicap parce que je me suis rarement senti limité ou différent. Quand il y en a un qui disait qu’il allait jouer au foot le mercredi, je pouvais lui répondre que moi j’allais faire de l’escrime ou du ping-pong. J’avais toujours une activité. Même l’hiver, j’ai appris à skier en fauteuil.

Je sais bien qu’il y a des choses que je ne pourrais pas faire mais quand j’étais petit, je ne me suis jamais dit « ça je ne le ferais jamais de ma vie ». Et encore aujourd’hui, rien ne me paraît infaisable, et je pense que c’est en partie grâce à toutes ces activités que j’ai pu faire dans ma jeunesse.

Au pays du rugby, rien n’est impossible

Quand as-tu commencé le rugby fauteuil, et pour quelles raisons ?

J’étais en 5ème, donc je devais avoir 12 ans. C’est une professeur d’anglais, qui m’a dit que son mari, ancien treiziste de très bon niveau ayant joué en Angleterre (ndlr : Paul Perez), était en train d’essayer de monter une équipe de rugby fauteuil dans un village voisin. Cela m’intéressait puisque je n’avais jamais fait de sport collectif. Puis j’habite à côté d’Oyonnax, qui vit pour le rugby.

Le fait d’avoir déjà pratiqué plusieurs sports m’a permis d’y aller sans complexe, sans appréhension d’être mauvais. Puis comme l’équipe se montait, je me suis dit que je n’allais pas être le seul débutant. J’en ai discuté avec mon kiné, qui m’a dit que ça ne pouvait pas me faire de mal, que ça me musclerait un peu le haut du corps. Je tenais à en parler avec lui, puisque j’avais 12 ans et ça reste des chocs assez violents.
Comme il n’y avait pas de catégorie d’âge quand j’ai débuté, je devais être le plus jeune en France. Quand je prenais des adversaires de 100 kilos, je volais.

© Alexis Corlin

Vers tes quatorze ans, tu as subi une importante opération au niveau des fémurs. Avait-elle un lien direct avec ton handicap ?

A force de mal contrôler mes jambes, mon corps avait trouvé une parade, et cette parade a été de marcher les pieds à l’intérieur et les genoux très fléchis. Avec les années, ça a fini par déformer les os. On m’a donc cassé les fémurs pour les ré-axer. On m’avait prévenu plus petit qu’il fallait que je passe par cette opération, j’étais préparé, mais ce fut quand même dur d’être loin de ma famille, et du club pendant 9 mois. Mais j’étais prêt, je savais que ça allait arriver. 

Un véritable défi physique

Comment s’est déroulée la reprise ?

J’ai pu reprendre un an et demi après, en ayant la chance d’avoir pu participer à un stage en compagnie de joueurs de haut niveau, et surtout dirigé par un des entraîneurs de l’équipe de France. Le fait d’avoir pu jouer aux côtés de joueurs bien plus forts que moi et d’entraîneurs très fin tactiquement, m’a permis de progresser de manière incroyable. Je m’en rappellerai toujours.

Mon entraîneur en club, Paul Perez, m’a énormément apporté sur l’aspect mental. Il me faisait énormément travailler sur la concentration, le physique, la remise en question. D’apprendre tout ça à 12 ans m’a aidé au-delà du rugby. Quand je disais que je pensais que rien n’était impossible, mon entraîneur n’y est pas pour rien. Il me répétait sans cesse qu’il n’y avait rien que je ne pouvais pas faire sur le terrain si je m’en donnais les moyens, si je travaillais, et si j’étais fort physiquement et mentalement.

La pratique du rugby a-t-elle été bénéfique physiquement ?

Je ne sais pas si j’en ai tiré des bénéfices, mais en tout cas, ça ne s’est pas aggravé. J’étais déjà pas mal musclé au niveau du haut du corps, du fait que je l’utilise souvent pour compenser au quotidien.

D’ailleurs, pour une personne qui a toujours forcé sur ses bras, j’étais vraiment épuisé à la fin du premier entraînement. Et c’était l’entraînement le plus cool que l’on ait fait. Mon père, valide, a essayé et a eu des courbatures pendant une semaine. Même quand tu es entraîné, quand tu as joué 80 minutes le samedi soir, tu es courbaturé de partout le dimanche matin.


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Anais Michel.

Il est aussi grand que Anais Michel. Anais Michel. Je deviens Anais Michel. Nous serions Anais Michel. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Anais Michel. Une boite de lunette détient le grand Anais Michel. Attention aux impératifs complète Mary. Anais Michel n'est autre que moi.

Atteint d’une infirmité moteur cérébrale, Alexis Corlin contrôle mal ses jambes. Aidé par ses parents, il ne s’est pourtant jamais senti différent. Pour lui, « il n’y a rien qu’il ne puisse pas faire ». Alors qu’il va sur ses 20 ans, Alexis a déjà pratiqué de nombreuses activités sportives jusqu’au rugby fauteuil dans le club local des Dahuts d’Arbent non loin d’Oyonnax. Entraîné par l’expérimenté Paul Perez depuis ses 12 ans, Alexis nous a raconté son parcours inspirant. 

Alexis Corlin, joueur de rugby fauteuil
© Alexis Corlin
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Alexis Corlin
• Né le 28 mai 2001
• Rugby fauteuil

Tu n’es pas arrivé au rugby tout de suite. Tu as essayé plusieurs sports avant ? 

Oui, mes parents ne m’ont pas surprotégé. J’ai une sœur jumelle qui n’a aucun handicap, et nos parents n’ont jamais fait de différence. Ils m’ont toujours laissé sortir. Dans mon quartier, il y avait toujours quelques garçons qui jouaient au foot et même si je ne pouvais pas être sur le terrain, je faisais gardien de but. J’étais plutôt casse-cou, je rentrais souvent les genoux écorchés, mais ils ne m’ont jamais freiné, ils m’ont toujours laissé pas mal de liberté.

Avec le recul, penses-tu que le sport t’a aidé dans l’acceptation de ton handicap et du regard des autres ? 

Aujourd’hui je ne saurais pas te dire si ça fait partie de ma nature, ou si c’est ce qui m’a rendu comme ça. Mais ce qui est sûr, c’est que je n’ai jamais fait de complexe sur mon handicap parce que je me suis rarement senti limité ou différent. Quand il y en a un qui disait qu’il allait jouer au foot le mercredi, je pouvais lui répondre que moi j’allais faire de l’escrime ou du ping-pong. J’avais toujours une activité. Même l’hiver, j’ai appris à skier en fauteuil.
Je sais bien qu’il y a des choses que je ne pourrais pas faire mais quand j’étais petit, je ne me suis jamais dit « ça je ne le ferais jamais de ma vie ». Et encore aujourd’hui, rien ne me paraît infaisable, et je pense que c’est en partie grâce à toutes ces activités que j’ai pu faire dans ma jeunesse.

Au pays du rugby, rien n’est impossible

Quand as-tu commencé le rugby fauteuil, et pour quelles raisons ? 

J’étais en 5ème, donc je devais avoir 12 ans. C’est une professeur d’anglais, qui m’a dit que son mari, ancien treiziste de très bon niveau ayant joué en Angleterre (ndlr : Paul Perez), était en train d’essayer de monter une équipe de rugby fauteuil dans un village voisin. Cela m’intéressait puisque je n’avais jamais fait de sport collectif. Puis j’habite à côté d’Oyonnax, qui vit pour le rugby.

Le fait d’avoir déjà pratiqué plusieurs sports m’a permis d’y aller sans complexe, sans appréhension d’être mauvais. Puis comme l’équipe se montait, je me suis dit que je n’allais pas être le seul débutant. J’en ai discuté avec mon kiné, qui m’a dit que ça ne pouvait pas me faire de mal, que ça me musclerait un peu le haut du corps. Je tenais à en parler avec lui, puisque j’avais 12 ans et ça reste des chocs assez violents.
Comme il n’y avait pas de catégorie d’âge quand j’ai débuté, je devais être le plus jeune en France. Quand je prenais des adversaires de 100 kilos, je volais.

Alexis Corlin, joueur de rugby fauteuil, pendant un match
© Alexis Corlin

Vers tes quatorze ans, tu as subi une importante opération au niveau des fémurs. Avait-elle un lien direct avec ton handicap ? 

A force de mal contrôler mes jambes, mon corps avait trouvé une parade, et cette parade a été de marcher les pieds à l’intérieur et les genoux très fléchis. Avec les années, ça a fini par déformer les os. On m’a donc cassé les fémurs pour les ré-axer. On m’avait prévenu plus petit qu’il fallait que je passe par cette opération, j’étais préparé, mais ce fut quand même dur d’être loin de ma famille, et du club pendant 9 mois. Mais j’étais prêt, je savais que ça allait arriver.

Un véritable défi physique

Comment s’est déroulée la reprise ? 

J’ai pu reprendre un an et demi après, en ayant la chance d’avoir pu participer à un stage en compagnie de joueurs de haut niveau, et surtout dirigé par un des entraîneurs de l’équipe de France. Le fait d’avoir pu jouer aux côtés de joueurs bien plus forts que moi et d’entraîneurs très fin tactiquement, m’a permis de progresser de manière incroyable. Je m’en rappellerai toujours.

Mon entraîneur en club, Paul Perez, m’a énormément apporté sur l’aspect mental. Il me faisait énormément travailler sur la concentration, le physique, la remise en question. D’apprendre tout ça à 12 ans m’a aidé au-delà du rugby. Quand je disais que je pensais que rien n’était impossible, mon entraîneur n’y est pas pour rien. Il me répétait sans cesse qu’il n’y avait rien que je ne pouvais pas faire sur le terrain si je m’en donnais les moyens, si je travaillais, et si j’étais fort physiquement et mentalement.

La pratique du rugby a-t-elle été bénéfique physiquement ? 

Je ne sais pas si j’en ai tiré des bénéfices, mais en tout cas, ça ne s’est pas aggravé. J’étais déjà pas mal musclé au niveau du haut du corps, du fait que je l’utilise souvent pour compenser au quotidien.

D’ailleurs, pour une personne qui a toujours forcé sur ses bras, j’étais vraiment épuisé à la fin du premier entraînement. Et c’était l’entraînement le plus cool que l’on ait fait. Mon père, valide, a essayé et a eu des courbatures pendant une semaine. Même quand tu es entraîné, quand tu as joué 80 minutes le samedi soir, tu es courbaturé de partout le dimanche matin.


En partenariat avec:

Adrien Couderc.

Il est aussi grand que Alexis Corlin. Alexis Corlin. Je deviens Alexis Corlin. Nous serions Alexis Corlin. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alexis Corlin. Une boite de lunette détient le grand Alexis Corlin. Attention aux impératifs complète Mary. Alexis Corlin n'est autre que moi.