Valérie Truong est physiothérapeute et acupunctrice spécialisée en acupuncture sportive. Elle travaille notamment avec les Canadiennes de Montréal (Ligue Canadienne de Hockey Féminin). Elle est également impliquée en enseignement et en recherche dans le domaine de l’acupuncture. Pour notre partenaire Sport Découverte, elle revient sur son expérience du stress, les techniques efficaces pour le gérer et sa relation avec les athlètes. 

Valérie, sauriez-vous différencier le stress et la pression ? 

C’est intéressant. Je dirais qu’il y a une gradation. Je dirais que la pression est quelque chose de contrôlé et de normal (comme les avants matchs par exemple). Le stress, c’est quand cela commence à nous dominer légèrement, mais ça peut rester bien contrôlé. Je dirais que l’anxiété est un stress non contrôlé.

Des athlètes viennent-ils vous consulter pour apprendre à gérer leur stress ?

Oui beaucoup. Souvent juste avant une performance, dans la matinée précédant la performance à livrer. On va essayer de jouer sur certains points pour que l’athlète soit enraciné, focus sur sa performance. On peut jouer sur la cage thoracique ou le système nerveux, selon comment se manifeste ce stress. Quand l’athlète est stressé, il ressent comme une certaine agitation, une sorte de fébrilité, donc on se sent moins enraciné, moins focus.

Une relation privilégiée avec les athlètes

Arrivent-ils à définir d’eux même qu’ils sont stressés ou votre soutien leur est nécessaire ?

Je pose souvent directement la question à l’athlète. Chaque athlète a sa personnalité. Par exemple, pour le plongeon de haut vol, chaque participant a une nature un petit peu différente, et certaines personnalités sont plus sujettes au stress. Avec le temps, on arrive à les connaître et anticiper cela. Si l’athlète ne ressent que de la pression, qui est un stress normal, on peut quand même jouer sur certains points pour faire en sorte qu’il soit encore plus enraciné. Peu importe le niveau d’anxiété de l’athlète, jouer sur ces points là est toujours bénéfique pour eux, pour livrer une bonne performance.

Vous me disiez lors de notre dernière entrevue que vous aviez pu avoir un retour chiffré, statistiques à l’appui, sur les bienfaits de l’acupuncture sur la performance des athlètes.

Tout à fait. Nous avons analysé avec un chercheur, docteur Anthony Karelis, de l’Université du Québec à Montréal. Avec les données que nous avions à disposition, sur une saison complète de 24 matchs (analyse faite avec l’équipe de hockey féminine des Canadiennes de Montréal), nous avons trouvé une corrélation entre une séance d’acupuncture et le nombre de buts et de passes décisives réalisées. Les chiffres étaient plus élevés lorsque l’athlète avait eu une séance dans les 72h avant le match.

Soutenir pour s’ouvrir

Est-ce que les athlètes arrivent à vous parler facilement de leur problème ? 

Je pense qu’en tant que thérapeute, nous sommes dans une situation privilégiée. Ils savent qu’ils peuvent se livrer en toute confidentialité, parler de leurs « vrais » problèmes. Notre but est justement de les soutenir, donc il n’y a pas de problème à ce que l’athlète s’ouvre. Ensuite on voit sur quoi on peut travailler avec lui. Souvent il y a le sport, mais il y a beaucoup d’autres facteurs dans la vie de tous les jours: leur vie étudiante, leur vie familiale, leur vie affective, les difficultés financières, etc. Les athlètes doivent jongler avec tout ça. Il y a différents obstacles à gérer et nous sommes là pour les accompagner, sur ce stress, cette anxiété, qui parfois cause l’insomnie. On les aide à gérer leur sommeil.

Certains vous avouent-ils avoir du mal à confier ces problèmes à leur coach ou leur entourage ?

Les joueurs de football américain, par exemple, avant un camp d’entraînement, ne vont pas dire à tout le monde qu’ils sont blessés au genou, qu’ils sont très fatigués, ou stressés. Ce que j’ai pu remarquer, c’est que vis-à-vis de leur coach, il faut toujours montrer une image où tout va bien. Si l’on écoute les joueurs, aucun n’a eu de commotion cérébrale. Mais quand on les connaît un petit peu plus, quand ce lien thérapeutique se crée, il commence à se livrer et partager leurs maux passés, à nous livrer leurs difficultés.

De nombreuses techniques pour gérer le stress

Avez-vous remarqué une recrudescence de patients liée au premier confinement ?

Oui, c’est un reflet de la réalité. Les installations ne sont pas disponibles comme avant pour suivre leur programme, ils doivent s’adapter pour essayer de pousser au maximum leur corps, mais c’est très limité en confinement. La prise de poids, pendant cette période, pour les athlètes féminines est une source de stress. On trouve des moyens, on est proactif, on fait de notre mieux. Mais la caractéristique première de ces athlètes de haut niveau, c’est que ce ne sont pas des personnes qui lâchent au premier obstacle. On trouve rapidement des solutions, et des façons de faire. Ça a son lot de challenge. Ca va induire un niveau de stress plus élevé qu’à l’habitude, c’est certain.

Quels outils peuvent permettre de gérer le stress ?

La première chose que je vais vérifier, ce sont leurs habitudes, leur hygiène de vie, je vais m’assurer qu’ils continuent de bien s’alimenter. Est-ce que le stress les empêche de bien se nourrir ? C’est une chose qui n’est pas rare, j’ai eu plusieurs patients cette semaine dans ce cas là. L’alimentation est très importante, quand le carburant rentre bien, on arrive à mieux dormir, on est moins fragile au stress. Je les encourage à faire le vide, prendre le temps de respirer, de prendre le soleil, pour renforcer le système immunitaire, même 15-20 minutes à la fenêtre, c’est très important. Ou même prendre des suppléments de vitamines D. Sinon si l’on veut aller plus loin, on peut également faire du Qi gong du thai-chi qui sont d’autres médecines orientales, qui sont de très bons outils.

Ce ne sont pas des choses compliquées, mais le fait de les faire chaque jour, est très bénéfique.


En partenariat avec:

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Valérie Truong est physiothérapeute et acupunctrice spécialisée en acupuncture sportive. Elle travaille notamment avec les Canadiennes de Montréal (Ligue Canadienne de Hockey Féminin). Elle est également impliquée en enseignement et en recherche dans le domaine de l’acupuncture. Pour notre partenaire Sport Découverte, elle revient sur son expérience du stress, les techniques efficaces pour le gérer et sa relation avec les athlètes. 

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Valérie, sauriez-vous différencier le stress et la pression ?

C’est intéressant. Je dirais qu’il y a une gradation. Je dirais que la pression est quelque chose de contrôlé et de normal (comme les avants matchs par exemple). Le stress, c’est quand cela commence à nous dominer légèrement, mais ça peut rester bien contrôlé. Je dirais que l’anxiété est un stress non contrôlé.

Des athlètes viennent-ils vous consulter pour apprendre à gérer leur stress ?

Oui beaucoup. Souvent juste avant une performance, dans la matinée précédant la performance à livrer. On va essayer de jouer sur certains points pour que l’athlète soit enraciné, focus sur sa performance. On peut jouer sur la cage thoracique ou le système nerveux, selon comment se manifeste ce stress. Quand l’athlète est stressé, il ressent comme une certaine agitation, une sorte de fébrilité, donc on se sent moins enraciné, moins focus.

Une relation privilégiée avec les athlètes

Arrivent-ils à définir d’eux même qu’ils sont stressés ou votre soutien leur est nécessaire ?

Je pose souvent directement la question à l’athlète. Chaque athlète a sa personnalité. Par exemple, pour le plongeon de haut vol, chaque participant a une nature un petit peu différente, et certaines personnalités sont plus sujettes au stress. Avec le temps, on arrive à les connaître et anticiper cela. Si l’athlète ne ressent que de la pression, qui est un stress normal, on peut quand même jouer sur certains points pour faire en sorte qu’il soit encore plus enraciné. Peu importe le niveau d’anxiété de l’athlète, jouer sur ces points là est toujours bénéfique pour eux, pour livrer une bonne performance.

Vous me disiez lors de notre dernière entrevue que vous aviez pu avoir un retour chiffré, statistiques à l’appui, sur les bienfaits de l’acupuncture sur la performance des athlètes ?

Tout à fait. Nous avons analysé avec un chercheur, docteur Anthony Karelis, de l’Université du Québec à Montréal. Avec les données que nous avions à disposition, sur une saison complète de 24 matchs (analyse faite avec l’équipe de hockey féminine des Canadiennes de Montréal), nous avons trouvé une corrélation entre une séance d’acupuncture et le nombre de buts et de passes décisives réalisées. Les chiffres étaient plus élevés lorsque l’athlète avait eu une séance dans les 72h avant le match.

Soutenir pour s’ouvrir

Est-ce que les athlètes arrivent à vous parler facilement de leur problème ?

Je pense qu’en tant que thérapeute, nous sommes dans une situation privilégiée. Ils savent qu’ils peuvent se livrer en toute confidentialité, parler de leurs « vrais » problèmes. Notre but est justement de les soutenir, donc il n’y a pas de problème à ce que l’athlète s’ouvre. Ensuite on voit sur quoi on peut travailler avec lui. Souvent il y a le sport, mais il y a beaucoup d’autres facteurs dans la vie de tous les jours: leur vie étudiante, leur vie familiale, leur vie affective, les difficultés financières, etc. Les athlètes doivent jongler avec tout ça. Il y a différents obstacles à gérer et nous sommes là pour les accompagner, sur ce stress, cette anxiété, qui parfois cause l’insomnie. On les aide à gérer leur sommeil.

Certains vous avouent-ils avoir du mal à confier ces problèmes à leur coach ou leur entourage ?

Les joueurs de football américain, par exemple, avant un camp d’entraînement, ne vont pas dire à tout le monde qu’ils sont blessés au genou, qu’ils sont très fatigués, ou stressés. Ce que j’ai pu remarquer, c’est que vis-à-vis de leur coach, il faut toujours montrer une image où tout va bien. Si l’on écoute les joueurs, aucun n’a eu de commotion cérébrale. Mais quand on les connaît un petit peu plus, quand ce lien thérapeutique se crée, il commence à se livrer et partager leurs maux passés, à nous livrer leurs difficultés.

De nombreuses techniques pour gérer le stress

Avez-vous remarqué une recrudescence de patients liée au premier confinement ?

Oui, c’est un reflet de la réalité. Les installations ne sont pas disponibles comme avant pour suivre leur programme, ils doivent s’adapter pour essayer de pousser au maximum leur corps, mais c’est très limité en confinement. La prise de poids, pendant cette période, pour les athlètes féminines est une source de stress. On trouve des moyens, on est proactif, on fait de notre mieux. Mais la caractéristique première de ces athlètes de haut niveau, c’est que ce ne sont pas des personnes qui lâchent au premier obstacle. On trouve rapidement des solutions, et des façons de faire. Ça a son lot de challenge. Ca va induire un niveau de stress plus élevé qu’à l’habitude, c’est certain.

Quels outils peuvent permettre de gérer le stress ?

La première chose que je vais vérifier, ce sont leurs habitudes, leur hygiène de vie, je vais m’assurer qu’ils continuent de bien s’alimenter. Est-ce que le stress les empêche de bien se nourrir ? C’est une chose qui n’est pas rare, j’ai eu plusieurs patients cette semaine dans ce cas là. L’alimentation est très importante, quand le carburant rentre bien, on arrive à mieux dormir, on est moins fragile au stress. Je les encourage à faire le vide, prendre le temps de respirer, de prendre le soleil, pour renforcer le système immunitaire, même 15-20 minutes à la fenêtre, c’est très important. Ou même prendre des suppléments de vitamines D. Sinon si l’on veut aller plus loin, on peut également faire du Qi gong du thai-chi qui sont d’autres médecines orientales, qui sont de très bons outils.

Ce ne sont pas des choses compliquées, mais le fait de les faire chaque jour, est très bénéfique.


En partenariat avec:

Noémie Allabert.

Il est aussi grand que Valérie Truong. Valérie Truong. Je deviens Valérie Truong. Nous serions Valérie Truong. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Valérie Truong. Une boite de lunette détient le grand Valérie Truong. Attention aux impératifs complète Mary. Valérie Truong n'est autre que moi.

Gérer son stress est une donnée les plus importantes lorsqu’il s’agit de performer au plus haut niveau. Alors, dans une discipline comme la force athlétique où le corps est l’instrument principal d’une réussite, chaque détail compte. Double championne d’Europe en -47 kg et -52 kg ainsi que vice-championne du monde en -47 kg, Noémie Allabert revient pour notre partenaire Sport Découverte sur sa manière d’apprivoiser le stress.

©️ sbdapparel
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Noémie Allabert
• Née le 15 mai 1990
• Force athlétique

Noémie, tu pratiques la force athlétique au plus haut niveau mondial. Qu’est ce qui t’apporte du stress au quotidien et à l’aube d’une compétition ? 

Il y a plusieurs choses. Déjà, il y a la peur d’échouer. Cela revient à ne pas atteindre mes objectifs, donc m’être entraînée pour ‘rien’, et de décevoir.
En compétition, un échec sur la première barre peut compromettre la suite, donc il faut être performant d’entrée. Il y a un vrai stress par rapport à ça.
Et dans mon sport, la pesée est également un facteur important de stress. Je dois suivre un régime, un protocole bien millimétré quelques semaines avant la compétition pour perdre du poids.

Comment se matérialise le stress ? Tu arrives à t’en servir de manière positive, ou cela te tétanise ? 

C’est plutôt un stress positif pour moi, ça me booste. Je pratique un sport où plus on va être « énervé » plus on va avoir de l’adrénaline, et plus on va soulever lourd. C’est un peu comme quand tu te bagarres avec quelqu’un dans la rue, tu as de l’adrénaline donc tu vas frapper plus fort. Pour moi c’est un stress positif, j’essaie de me dire que j’ai pu faire tous les entraînements, donc j’essaie de tourner ce stress en quelque chose de positif.

Développer sa confiance en elle

En quoi l’entraînement joue-t-il un rôle dans la gestion du stress ? 

Le jour de la compétition on reproduit ce que l’on a fait à l’entraînement. Je ne travaille que le squat, le développé couché, et le soulevé de terre. Je me fixe des objectifs. J’ai une période de quatre semaines d’entraînement intensif, suivi d’une semaine un peu plus légère. Au fur et à mesure que j’avance dans la période d’entraînement, je vais essayer de mettre de plus en plus lourd. Donc il y a un stress qui s’installe si on loupe une barre. On commence à se dire que l’on a pas progressé. On se dit qu’on n’est pas prêt pour la compétition. On commence à se poser des questions.

©️ sbdapparel

Ce sont de nombreux facteurs à maîtriser. Es tu accompagnée par des spécialistes pour t’aider à gérer ça ? 

J’ai un nutritionniste. Un coach qui gère mes entraînements. Dernièrement, j’ai testé le neurofeedback, avec Julie Rubino. Ce sont des électrodes posées sur la tête et qui envoient des petits signaux, comme de l’électro-stimulation.
Cela permet au cerveau de se réorganiser, d’améliorer la concentration, de retirer l’anxiété, et être plus performante. Je pense que ça peut aussi m’aider à gérer le stress et le manque de confiance en moi. 

Le premier confinement a été une source importante de stress pour de nombreux athlètes. Cela fût-il ton cas ? 

Cela a été une période vraiment compliquée. Un stress lié aux compétitions s’est rapidement installé, puisque je me préparais pour les championnats du monde du mois de juin. Je m’entraînais vraiment fort, mais finalement, la compétition a été annulée. J’ai commencé à me dire que je m’entraînais pour rien… Et ces annulations de compétitions ont engendré des pertes d’argents pour mon sponsor. Je me suis demandée s’il allait continuer à me suivre.

Au niveau de l’entraînement, j’ai acheté mon matériel au début du confinement. J’ai donc mis un peu de temps à le recevoir. C’est un sport où l’on perd vraiment très très vite, donc je stressais de perdre mon niveau et de ne pas pouvoir le récupérer.
Mais en plus de tous ces aspects liés à la compétition et aux entraînements, il y avait également tout ce qui est à côté de la pratique sportive. Toutes les semaines je vois un kiné, ou un ostéopathe. Ces personnes ne pratiquaient plus durant le confinement, donc j’avais peur de me blesser.


En partenariat avec:

Adrien Couderc.

Il est aussi grand que Alexis Corlin. Alexis Corlin. Je deviens Alexis Corlin. Nous serions Alexis Corlin. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alexis Corlin. Une boite de lunette détient le grand Alexis Corlin. Attention aux impératifs complète Mary. Alexis Corlin n'est autre que moi.