Pour débuter l’année de la meilleure des manières, nous nous posons une question toute simple : pourquoi ? Mot préféré des jeunes enfants, il nous vient naturellement à l’esprit lorsque nous cherchons à comprendre les motivations de certains athlètes adeptes des sports extrêmes. Après Juliette Willmann et Grégoire Curmer, partons à la rencontre de Marion Delespierre.

Courir où elle veut, quand elle veut, avec qui elle veut. La conception de Marion Delespierre de la course à pied est simple, et tient en ces quelques mots. Pour elle, pas question de chasse au record ; peu importe le temps ou la distance, ce qui compte, c’est le plaisir de vivre des moments aussi précieux, à l’intensité rare. Pour s’épanouir, en courant.

Voix calme, vision claire de sa pratique et analyse poussée pour répondre à chaque question: Marion Delespierre est une force tranquille. Médecin du sport une grande partie de la journée, ultratraileuse entre deux rendez-vous, la jeune femme vit chaque jour à un rythme effréné.

Débarquée à Lyon en 2013 pour poursuivre ses études de médecine, la Lilloise d’origine cherche alors un nouveau moyen pour pratiquer une activité sportive. Elle qui jusqu’ici fréquentait les bassins des piscines du Nord, souhaite se réorienter vers une discipline moins chronophage et surtout plus facilement praticable dans la journée : « Naturellement, je suis arrivée vers la course à pied, confie-t-elle. J’aimais l’idée de pouvoir chausser mes baskets et d’aller courir entre midi et deux. Pratiquer en extérieur m’a vraiment apporté, étant donné qu’avec la natation, je pratiquais un sport d’intérieur, assez rébarbatif. Je n’avais que les lignes d’eaux comme horizon. Là, je pouvais me déplacer, au grand air. C’est ce qui m’a attiré ».

« Un accomplissement personnel »

Et puis vient l’idée d’aller plus loin dans l’expérience, et de se confronter à d’autres environnements… Une manière de poursuivre son développement personnel à travers le sport en allant plus loin dans la pratique.

Grâce au trail, celle qui s’est classée deuxième de la Diagonale des fous 2019 découvre une nouvelle manière de s’amuser en profitant des espaces offerts par la nature, à quelques heures de Lyon : « Avec le trail, on a cette liberté de ne pas se mettre de limite, apprécie Marion Delespierre. Je me dis que je suis capable de faire le tour de cette montagne ou d’aller jusqu’en haut et de redescendre. On se rend compte des trucs géniaux que peut faire le corps. L’été dernier, sans compétition, on a fait pas mal de « off », comme la traversée de la Chartreuse en courant ou le On TMB Challenge (ndlr : Tour du Mont-Blanc, relais mixte organisé par On Running). C’est ce que j’aime avec le trail, me déplacer moi-même, juste avec mes jambes, dans des décors de dingue ».

©️ Franck Oddoux

Un plaisir personnel qui, comme le notait Juliette Willmann la semaine dernière sur notre site, se partage et se vit à plusieurs. Un besoin de faire l’expérience d’aventures par soi-même, sans regarder sa montre, et surtout de les vivre avec ceux qu’on aime.

Certes l’objectif de toute pratique sportive est de s’améliorer, en allongeant la distance ou le temps. Mais pour Marion, le véritable pourquoi est ailleurs… : « J’ai compris que plus l’effort était long, mieux je me sentais, avoue-t-elle. Évidemment je cale aussi à un moment mais ce n’est pas tellement la distance en kilomètres qui importe. C’est plus de se dire « J’ai fait le tour du Mont-Blanc », de le voir comme un accomplissement personnel. Il y a un but derrière. Je ne trouverais pas mon kiffe en faisant le tour d’une piste pendant 24 heures… J’admire ceux qui le font pour le dépassement personnel comme Killian Jornet mais ce n’est pas ma motivation. L’idée de traverser une île, par contre, ça me donne envie ».

« En course, tu vis ce pour quoi tu travailles toute l’année »

Comme un retour aux fondamentaux, à ce qui fait l’essence du sport. Mais alors pourquoi s’aligner sur des courses homologuées, où finir n’est rien d’autre qu’un simple détail, où la notion de performance semble être plus qu’une durée couchée sur le papier ? Une question de cadre et de facilité pour Marion : « C’est vrai que c’est une question pertinente, parce qu’on pourrait vraiment se demander pourquoi je prends des dossards alors que je pourrais faire ça toute seule, reconnaît-elle. J’ai malgré tout un esprit de compétition que j’ai développé par la natation. Le challenge par rapport à soi-même et aux autres est stimulant. En compétition, tu développes ce que tu as en toi, et j’aime ça ».

©️ Marion Delespierre

« Et puis parvenir à décrocher un joli classement vient récompenser l’ensemble des efforts fournis à l’entraînement. Pour vivre pleinement une course, il faut être suffisamment préparé, sans quoi cela devient vite insurmontable. Donc quelque part, la compétition fait aussi partie du plaisir…
Pendant une course, tu es avec d’autres gens qui sont dans la même galère que toi. Sur la Diag, j’ai fait les 80 derniers kilomètres avec un ami que j’ai retrouvé sur le parcours. On a papoté et mine de rien, c’est un truc de fou de partager ces moments. C’est aussi pour ça que je le fais ».

Une amoureuse de la nature et de l’effort, pour qui repousser les limites du raisonnable n’est qu’une question de bien-être personnel. S’épanouir, pourquoi chercher plus loin ?

Pour débuter l’année de la meilleure des manières, nous nous posons une question toute simple : pourquoi ?
Mot préféré des jeunes enfants, il nous vient naturellement à l’esprit lorsque nous cherchons à comprendre les motivations de certains athlètes adeptes des sports extrêmes. Après Juliette Willmann et Grégoire Curmer, partons à la rencontre de Marion Delespierre.

Courir où elle veut, quand elle veut, avec qui elle veut. La conception de Marion Delespierre de la course à pied est simple, et tient en ces quelques mots. Pour elle, pas question de chasse au record ; peu importe le temps ou la distance, ce qui compte, c’est le plaisir de vivre des moments aussi précieux, à l’intensité rare. Pour s’épanouir, en courant. 

Voix calme, vision claire de sa pratique et analyse poussée pour répondre à chaque question: Marion Delespierre est une force tranquille. Médecin du sport une grande partie de la journée, ultratraileuse entre deux rendez-vous, la jeune femme vit chaque jour à un rythme effréné.

Débarquée à Lyon en 2013 pour poursuivre ses études de médecine, la Lilloise d’origine cherche alors un nouveau moyen pour pratiquer une activité sportive. Elle qui jusqu’ici fréquentait les bassins des piscines du Nord, souhaite se réorienter vers une discipline moins chronophage et surtout plus facilement praticable dans la journée : « Naturellement, je suis arrivée vers la course à pied, confie-t-elle. J’aimais l’idée de pouvoir chausser mes baskets et d’aller courir entre midi et deux. Pratiquer en extérieur m’a vraiment apporté, étant donné qu’avec la natation, je pratiquais un sport d’intérieur, assez rébarbatif. Je n’avais que les lignes d’eaux comme horizon. Là, je pouvais me déplacer, au grand air. C’est ce qui m’a attiré ».

« Un accomplissement personnel »

Et puis vient l’idée d’aller plus loin dans l’expérience, et de se confronter à d’autres environnements… Une manière de poursuivre son développement personnel à travers le sport en allant plus loin dans la pratique.

Grâce au trail, celle qui s’est classée deuxième de la Diagonale des fous 2019 découvre une nouvelle manière de s’amuser en profitant des espaces offerts par la nature, à quelques heures de Lyon : « Avec le trail, on a cette liberté de ne pas se mettre de limite, apprécie Marion Delespierre. Je me dis que je suis capable de faire le tour de cette montagne ou d’aller jusqu’en haut et de redescendre. On se rend compte des trucs géniaux que peut faire le corps. L’été dernier, sans compétition, on a fait pas mal de « off », comme la traversée de la Chartreuse en courant ou le On TMB Challenge (ndlr : Tour du Mont-Blanc, relais mixte organisé par On Running). C’est ce que j’aime avec le trail, me déplacer moi-même, juste avec mes jambes, dans des décors de dingue ».

©️ Franck Oddoux

Un plaisir personnel qui, comme le notait Juliette Willmann la semaine dernière sur notre site, se partage et se vit à plusieurs. Un besoin de faire l’expérience d’aventures par soi-même, sans regarder sa montre, et surtout de les vivre avec ceux qu’on aime.

Certes l’objectif de toute pratique sportive est de s’améliorer, en allongeant la distance ou le temps. Mais pour Marion, le véritable pourquoi est ailleurs… : « J’ai compris que plus l’effort était long, mieux je me sentais, avoue-t-elle. Évidemment je cale aussi à un moment mais ce n’est pas tellement la distance en kilomètres qui importe. C’est plus de se dire « J’ai fait le tour du Mont-Blanc », de le voir comme un accomplissement personnel. Il y a un but derrière. Je ne trouverais pas mon kiffe en faisant le tour d’une piste pendant 24 heures… J’admire ceux qui le font pour le dépassement personnel comme Killian Jornet mais ce n’est pas ma motivation. L’idée de traverser une île, par contre, ça me donne envie ».

« En course, tu vis ce pour quoi tu travailles toute l’année »

Comme un retour aux fondamentaux, à ce qui fait l’essence du sport. Mais alors pourquoi s’aligner sur des courses homologuées, où finir n’est rien d’autre qu’un simple détail, où la notion de performance semble être plus qu’une durée couchée sur le papier ? Une question de cadre et de facilité pour Marion : « C’est vrai que c’est une question pertinente, parce qu’on pourrait vraiment se demander pourquoi je prends des dossards alors que je pourrais faire ça toute seule, reconnaît-elle ».

©️ Marion Delespierre

« Et puis parvenir à décrocher un joli classement vient récompenser l’ensemble des efforts fournis à l’entraînement. Pour vivre pleinement une course, il faut être suffisamment préparé, sans quoi cela devient vite insurmontable. Donc quelque part, la compétition fait aussi partie du plaisir…
Pendant une course, tu es avec d’autres gens qui sont dans la même galère que toi. Sur la Diag, j’ai fait les 80 derniers kilomètres avec un ami que j’ai retrouvé sur le parcours. On a papoté et mine de rien, c’est un truc de fou de partager ces moments. C’est aussi pour ça que je le fais ».

Une amoureuse de la nature et de l’effort, pour qui repousser les limites du raisonnable n’est qu’une question de bien-être personnel. S’épanouir, pourquoi chercher plus loin ?

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que Camille Lecointre. Camille Lecointre. Je deviens Camille Lecointre et Nous serions Camille Lecointre. Peut-être un jour il aura son jour de chance car je veux devenir Camille Lecointre. Une boite de lunette détient le grand Camille Lecointre et Attention aux impératifs complète Mary. Camille Lecointre n'est autre que moi.

Mais qui est Marion Delespierre ?

Marion Delespierre est une ultratraileuse originaire de Lille (Nord). Elle est devenue au fil des années et des performances une référence pour l’ensemble du plateau. Elle s’est notamment classée deuxième féminine de la Diagonale des fous 2019 derrière l’Américaine Sabrina Stanley.
Médecin du sport, Marion Delespierre exerce à Lyon (Rhône), ville où elle s’est installée en 2013 avec son compagnon. 

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