En ce mois de décembre, nous nous intéressons à celles et ceux qui, en pleine carrière au plus haut niveau, sautent le pas et deviennent parents. Un vrai bouleversement pour ces athlètes dont la vie est rythmée par les entraînements, les biberons et les compétitions. Après la vie pleine d’aventures de Camille Lecointre et la détermination de Justine Joly, retrouvez cette semaine Mathieu Thomas. 

Avoir des enfants représente pour de nombreux couples un accomplissement sans pareil. Alors quand le chemin fut long, difficile d’imaginer l’intensité de ce bonheur inégalable. C’est peu dire que Mathieu Thomas et sa compagne n’ont eu de cesse de faire preuve de résilience lorsque les bonnes nouvelles se faisaient attendre. Récit d’une histoire pleine d’espoir, à partager au plus grand nombre.

« Être papa, c’était un de mes objectifs de vie. Je voulais transmettre le relais, faire vivre un petit être humain, et tout partager avec lui. C’est fou… ça apporte tellement de bonheur ».

A la lecture de ces mots, il est aisé d’imaginer le sourire large et sincère sur le visage de Mathieu Thomas. A 36 ans, ce papa comblé s’épanouit dans une vie qui lui ressemble, où terrains de badminton, allers-retours à l’école et conférences animent son quotidien.

Le parcours du champion d’Europe 2016 de double en parabadminton ne ressemble à aucun autre. Encore adolescent, une tumeur cancéreuse le contraint à subir une chimiothérapie. Grâce au traitement, lourd, et une opération visant à extraire ce cancer, Mathieu Thomas sort guéri à 17 ans, et peut reprendre une vie proche de celle qu’il avait jusqu’ici, faite principalement de sport. Proche, car l’opération a provoqué une section du nerf de la cuisse droite, lui laissant à vie un handicap.

« Les montagnes russes »

Après plusieurs années de rééducation, celui qui vise une qualification aux Jeux Paralympiques de Tokyo (Japon) l’été prochain retrouve de la mobilité. Il reprend le sport et débute par le cyclisme avant de découvrir le parabadminton en 2015. Le début d’une aventure hors-normes, à tous les niveaux.

« J’ai toujours voulu être papa, même très jeune, confie-t-il. Je voulais en profiter un maximum, et je me disais « Pourquoi attendre si je le veux dès maintenant ? ». Et puis finalement, la vie a fait qu’à 30 ans, les deux plus beaux projets de ma vie ont débuté. Avec Emilie, ma compagne, nous avons décidé d’avoir des enfants, et dans le même temps je me suis lancé dans mon projet paralympique ».

Mathieu Thomas lisant une histoire à ses jumelles
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Papa et sportif de haut niveau. Sauf que pour Mathieu et Emilie, avoir des enfants est un parcours semé d’embûches. La chimiothérapie subie des années auparavant a certes permis au natif de Chambourcy (Yvelines) de se débarrasser des cellules cancéreuses. Malheureusement, le traitement a aussi atteint certaines « bonnes cellules » comme les appelle Mathieu : « Avoir un cancer fait que naturellement c’est moins facile d’avoir des enfants, concède-t-il. On est passé par la case PMA (ndlr: Procréation Médicalement Assistée). C’est très douloureux, surtout pour la maman, qui a beaucoup de contraintes. Émotionnellement, ce n’est pas simple non plus. Nous avons essayé d’avoir un enfant pendant 3 ans avec l’aide de la médecine : 6 tentatives, 3 échecs et 2 fausses couches. A chaque fois, il y a de l’espoir… ce sont des montagnes russes en permanence. Et puis finalement, sur la dernière tentative, nous avons décidé de mettre deux embryons… Quand on en mettait un seul, cela ne fonctionnait pas, et avec deux, on a eu des jumeaux ! ».

« La force était toujours là »

La volonté de devenir parents ne les a donc jamais quittés. Malgré les échecs successifs, Emilie et Mathieu ont continué d’espérer, en anticipant tout de même un éventuel recours à l’adoption. Une force de caractère exceptionnelle pour un couple finalement récompensé : « Psychologiquement, c’est comme être sportif de haut niveau, lance Mathieu. On rencontre beaucoup d’échecs. Nous avons dû avoir une vraie force mentale, et ça m’a renforcé dans ma pratique aussi. La procédure a été longue mais l’envie et la force étaient toujours là. C’est très fort. Ça ressemble beaucoup aux athlètes qui veulent l’or coûte que coûte, en sacrifiant beaucoup de choses ».

Mathieu Thomas faisant un calin à ses deux filles
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Après une telle attente, difficile d’imaginer le bonheur ressenti par Emilie et Mathieu lors de l’arrivée de Soa et Mila en décembre 2017. Pour le badiste, un de ses vœux les plus chers est de transmettre son expérience de vie à travers des conférences qu’il anime régulièrement sur le thème du handicap. Mais pas que. A ses jumeaux, il aimerait partager les valeurs du sport apprises au fur et à mesure des années : « En ayant des enfants en étant un peu plus âgé que ce que j’imaginais, j’ai vécu beaucoup de choses avant d’être papa, affirme Mathieu. J’aimerais leur transmettre deux choses qui sont pour moi très importantes : la confiance en eux et le respect. S’ils sont autonomes, qu’ils ont confiance en qui ils sont et qu’ils respectent les autres, ils pourront tout accomplir dans la vie avec de la persévérance.
Et ils ne le savent pas encore, mais ils me donnent une force incroyable pour aller chercher encore plus haut. Ces petits yeux nous regardent, et pour eux, on ne doit jamais rien lâcher. Si on lâche, eux le feront plus tard. Alors on doit continuer à se battre ».

De l’espoir et de la bienveillance. Nul doute que comme nous, cette formidable leçon de vie vous a redonné le sourire.

En ce mois de décembre, nous nous intéressons à celles et ceux qui, en pleine carrière au plus haut niveau, sautent le pas et deviennent parents. Un vrai bouleversement pour ces athlètes dont la vie est rythmée par les entraînements, les biberons et les compétitions.  Après la vie pleine d’aventures de Camille Lecointre et la détermination de Justine Joly, retrouvez cette semaine Mathieu Thomas.

Avoir des enfants représente pour de nombreux couples un accomplissement sans pareil. Alors quand le chemin fut long, difficile d’imaginer l’intensité de ce bonheur inégalable. C’est peu dire que Mathieu Thomas et sa compagne n’ont eu de cesse de faire preuve de résilience lorsque les bonnes nouvelles se faisaient attendre. Récit d’une histoire pleine d’espoir, à partager au plus grand nombre.

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« Être papa, c’était un de mes objectifs de vie. Je voulais transmettre le relais, faire vivre un petit être humain, et tout partager avec lui. C’est fou… ça apporte tellement de bonheur ».

A la lecture de ces mots, il est aisé d’imaginer le sourire large et sincère sur le visage de Mathieu Thomas. A 36 ans, ce papa comblé s’épanouit dans une vie qui lui ressemble, où terrains de badminton, allers-retours à l’école et conférences animent son quotidien.

Le parcours du champion d’Europe 2016 de double en parabadminton ne ressemble à aucun autre. Encore adolescent, une tumeur cancéreuse le contraint à subir une chimiothérapie. Grâce au traitement, lourd, et une opération visant à extraire ce cancer, Mathieu Thomas sort guéri à 17 ans, et peut reprendre une vie proche de celle qu’il avait jusqu’ici, faite principalement de sport. Proche, car l’opération a provoqué une section du nerf de la cuisse droite, lui laissant à vie un handicap.

« Des montagnes russes »

Après plusieurs années de rééducation, celui qui vise une qualification aux Jeux Paralympiques de Tokyo (Japon) l’été prochain retrouve de la mobilité. Il reprend le sport et débute par le cyclisme avant de découvrir le parabadminton en 2015. Le début d’une aventure hors-normes, à tous les niveaux.

« J’ai toujours voulu être papa, même très jeune, confie-t-il. Je voulais en profiter un maximum, et je me disais « Pourquoi attendre si je le veux dès maintenant ? ». Et puis finalement, la vie a fait qu’à 30 ans, les deux plus beaux projets de ma vie ont débuté. Avec Emilie, ma compagne, nous avons décidé d’avoir des enfants, et dans le même temps je me suis lancé dans mon projet paralympique ».

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Papa et sportif de haut niveau. Sauf que pour Mathieu et Emilie, avoir des enfants est un parcours semé d’embûches. La chimiothérapie subie des années auparavant a certes permis au natif de Chambourcy (Yvelines) de se débarrasser des cellules cancéreuses. Malheureusement, le traitement a aussi atteint certaines « bonnes cellules » comme les appelle Mathieu : « Avoir un cancer fait que naturellement c’est moins facile d’avoir des enfants, concède-t-il. On est passé par la case PMA (ndlr: Procréation Médicalement Assistée). C’est très douloureux, surtout pour la maman, qui a beaucoup de contraintes. Émotionnellement, ce n’est pas simple non plus. Nous avons essayé d’avoir un enfant pendant 3 ans avec l’aide de la médecine : 6 tentatives, 3 échecs et 2 fausses couches. A chaque fois, il y a de l’espoir… ce sont des montagnes russes en permanence. Et puis finalement, sur la dernière tentative, nous avons décidé de mettre deux embryons… Quand on en mettait un seul, cela ne fonctionnait pas, et avec deux, on a eu des jumeaux ! ».

« La force était toujours là »

La volonté de devenir parents ne les a donc jamais quittés. Malgré les échecs successifs, Emilie et Mathieu ont continué d’espérer, en anticipant tout de même un éventuel recours à l’adoption. Une force de caractère exceptionnelle pour un couple finalement récompensé : « Psychologiquement, c’est comme être sportif de haut niveau, lance Mathieu. On rencontre beaucoup d’échecs. Nous avons dû avoir une vraie force mentale, et ça m’a renforcé dans ma pratique aussi. La procédure a été longue mais l’envie et la force étaient toujours là. C’est très fort. Ça ressemble beaucoup aux athlètes qui veulent l’or coûte que coûte, en sacrifiant beaucoup de choses ».

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Après une telle attente, difficile d’imaginer le bonheur ressenti par Emilie et Mathieu lors de l’arrivée de Soa et Mila en décembre 2017. Pour le badiste, un de ses vœux les plus chers est de transmettre son expérience de vie à travers des conférences qu’il anime régulièrement sur le thème du handicap. Mais pas que. A ses jumeaux, il aimerait partager les valeurs du sport apprises au fur et à mesure des années : « En ayant des enfants en étant un peu plus âgé que ce que j’imaginais, j’ai vécu beaucoup de choses avant d’être papa, affirme Mathieu. J’aimerais leur transmettre deux choses qui sont pour moi très importantes : la confiance en eux et le respect. S’ils sont autonomes, qu’ils ont confiance en qui ils sont et qu’ils respectent les autres, ils pourront tout accomplir dans la vie avec de la persévérance.
Et ils ne le savent pas encore, mais ils me donnent une force incroyable pour aller chercher encore plus haut. Ces petits yeux nous regardent, et pour eux, on ne doit jamais rien lâcher. Si on lâche, eux le feront plus tard. Alors on doit continuer à se battre ».

De l’espoir et de la bienveillance. Nul doute que comme nous, cette formidable leçon de vie vous a redonné le sourire. 

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que Camille Lecointre. Camille Lecointre. Je deviens Camille Lecointre. Nous serions Camille Lecointre Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Camille Lecointre. Une boite de lunette détient le grand Camille Lecointre. Attention aux impératifs complète Mary. Camille Lecointre n'est autre que moi.

Mais qui est Mathieu Thomas ?

Mathieu Thomas est un joueur de parabadminton. Champion d’Europe 2016 en double et médaillé de bronze aux championnats du monde 2017 en double également.
A 17 ans et à la suite d’une opération visant à retirer une tumeur cancéreuse de sa jambe droite, il perd une partie de la mobilité de cette dernière. Il mettra finalement plusieurs années avant d’avouer publiquement, à 30 ans, son handicap. Âge auquel il décide également de se lancer dans un projet paralympique ambitieux et une démarche de Procréation Médicalement Assistée avec sa compagne pour avoir des enfants.

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