Nous sommes notre meilleur coach,
par Dominique Gentil

13 janvier 2020

Nous sommes notre meilleur coach,
par Dominique Gentil

13 janvier 2020

Être un Gentil, c’est porter un nom célèbre dans l’histoire du sport français. Pour Dominique, son illustre frère ainé taekwondoïste Pascal lui a montré la voie. Capitaine de l’équipe de France de basket 3×3 et du club de Challans (Vendée) en 5×5, Dominique Gentil s’est battu depuis le début de sa carrière pour construire son propre chemin. Entre détermination et sincérité, confessions d’un homme habité par le désir de transmettre.

Pour moi, tout a commencé à 15 ans. Au plus profond de mon cœur, j’avais l’intime conviction que j’étais fait pour être sportif. Je sentais que j’avais quelque chose. J’avais ce rêve d’aller aux Jeux comme mon grand-frère. J’étais grand et puissant, né pour être athlète, mais je ne savais pas encore quel sport était fait pour moi.

Il aura suffi d’un « dunk » pour mettre des mots sur cette sensation. 2004, Etats-Unis – Porto-Rico en préparation des épreuves de basket aux Jeux Olympiques d’Athènes (Grèce). Devant ma télé, j’admire ces gars. Et à ce moment précis, Tracy McGrady s’envole vers le panier et claque un dunk monstrueux. Le déclic, le coup de foudre. Je shootais de temps à autres, mais là c’était autre chose. J’ai commencé à m’entrainer tous les jours. J’avais le goût du travail et je sentais que je pouvais faire de ce sport ma vie. Ces prédispositions mentales, je les tiens de mes 15 ou 16 ans parce qu’on se fait embêter pour rien dans la cité. Surtout lorsqu’on cherche à prendre le ballon à la main et le lancer dans un panier. Il n’y en avait que pour le foot, on dérangeait mon ballon de basket et moi. Les mentalités de la rue, c’est à la dure. Tu rentres chez toi en pleurant, mais ça te renforce et te fait grandir.

« Je veux laisser une trace, que l’on se souvienne de moi »

Dès mes débuts, je ne rêvais que d’une chose : porter le maillot Bleu de l’équipe de France. Je me suis construit avec cet objectif en tête. Je l’ai atteint, mais pas par le chemin que j’imaginais à l’époque.

J’ai d’abord fait partie du Pôle Espoir de la SIG de Strasbourg (Bas-Rhin) pendant 3 ans. J’aspirais à signer mon premier contrat professionnel, en vain. J’étais seul, sans aucune connaissance du milieu et sans une personne digne de confiance pour me représenter. J’ai navigué pendant 4 ans entre la 4ème et la 3ème division nationale. Je croyais toujours pouvoir devenir professionnel et prenais mon mal en patience. Nantes (Loire-Atlantique) m’a d’abord fait confiance avant que Challans (Vendée) ne me propose de rejoindre leurs rangs. Ils n’étaient alors qu’en 3ème division, mais ils rêvaient eux-aussi d’élite. Je n’avais auparavant jamais été champion de France quelle que soit la catégorie ou le niveau, et là on me proposait des titres. Et les titres restent, au même titre que les aventures humaines.

Dominique Gentil dribblant avec le ballon sous un panier de basket

Être athlète pour moi, c’est ces deux choses-là. J’ai eu la chance de faire partie d’équipes exceptionnelles depuis le début de ma carrière. Il me manquait la deuxième partie pour m’accomplir pleinement.
Je veux que par mes titres mon nom reste quand j’arrêterai. Je veux qu’on se souvienne de moi pour tous les sacrifices, pour toute la sueur, pour tout ce que j’ai fait pour en arriver là. Quitter ma famille à 18 ans, déménager 10 fois en 12 ans, continuer à y croire malgré tout. J’espère inspirer d’autres personnes et qu’on se dise en regardant mon histoire: « Ouais, c’est possible ». C’est possible d’atteindre son rêve. J’ai atteint le mien: je vis du basket. L’enfant que j’étais serait admiratif devant le joueur et l’homme que je suis devenu. Je n’ai jamais rêvé de NBA ou d’EuroLigue, j’ai toujours eu les pieds sur Terre. Je rêvais à mon humble niveau, excepté pour l’équipe de France. Je n’ai jamais porté un maillot Bleu quand j’étais petit, parce que ça se méritait. Le 3 contre 3, lui, me l’a apporté.

J’ai la chance de pouvoir apprécier deux vies en une. Être professionnel avec mon club de Challans et participer à des tournois internationaux de basket 3×3 avec l’équipe de France. Grâce à ce sport, j’ai réalisé mon rêve. Avoir un maillot « France » sur les épaules et me dire que oui, je l’ai mérité. Lors de ma première sélection, j’avais les larmes aux yeux. J’y étais enfin. Je me suis battu pour, et je me suis battu pour remporter des titres avec cette sélection. Je me battrai encore pour que nous allions aux Jeux cet été.

« Nous avons de la chance de pouvoir nous plaindre »

Être un athlète, c’est aussi l’entourage. Nous ne serions rien sans cette force de tous les jours. Il y a eu Ahmed Tenni, mon tout premier entraîneur, et Patrick Placide, mon premier préparateur physique. Et au milieu de tous ceux qui m’ont soutenu, deux personnes m’ont permis de m’épanouir. La première est un des coachs de mes débuts, Thierry Zig. Il m’a enseigné l’art du basket, à parfaire mes mouvements et à apprécier la beauté du jeu. La deuxième personne est mon ex-copine. Lorsque j’étais jeune, cette séparation difficile m’a conditionné pour devenir ce que je suis aujourd’hui. Elle m’a montré ce qu’était la vie alors que je vivais encore dans un monde d’enfant. J’aurais peut-être tout vécu différemment sans elle et n’aurais peut-être pas eu ce discours positif. L’essentiel est de tirer des enseignements de ce que nous vivons quotidiennement. Nous sommes notre meilleur coach.

Dominique Gentil sur un banc avec un ballon de basket dans la main

Même l’entraîneur le plus doué du monde ne pourra pas nous forcer à nous lever le matin ou nous dire de manger correctement. Nous sommes « le capitaine de notre âme ». Celui qui décide de s’aider soi-même réussira. « Aide-toi et le ciel t’aidera » comme dit l’adage. Ce n’est pas tous les jours facile, je définis une vie parfaite. Mais penser positif, penser à ce que nous n’avons pas, c’est penser un monde meilleur. Peut-être qu’un jour nous ne pourrons plus marcher, monter les escaliers ou aller travailler. Certains n’ont pas le choix. Et nous avons la chance de pouvoir nous plaindre.

Pour ne conserver que le positif, j’ai gardé la foi. Elle m’a donné une force indescriptible lors d’un des moments difficiles de ma vie. Je parle à cœur ouvert, je suis sincère. J’ai eu une maladie au foie il y a quelques années. Le basket ne passait alors qu’au second plan, croyant que j’allais devoir tout arrêter. Je pensais secrètement : « Que vais-je faire de ma vie ? ». Alors j’ai prié, j’ai cru. Sans que personne ne comprenne pourquoi, ce mal physique est parti. Peut-être que quelque chose s’est débloqué en moi, mais je sais ce que j’ai vécu. J’ai senti cette force. Elle m’est personnelle et aujourd’hui, elle ne me quitte plus.

Dominique.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Être un Gentil, c’est porter un nom célèbre dans l’histoire du sport français. Pour Dominique, son illustre frère ainé taekwondoïste Pascal lui a montré la voie. Capitaine de l’équipe de France de basket 3×3 et du club de Challans (Vendée) en 5×5, Dominique Gentil s’est battu depuis le début de sa carrière pour construire son propre chemin. Entre détermination et sincérité, confessions d’un homme habité par le désir de transmettre.

Dominique Gentil assis, ballon entre les jambes
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Dominique Gentil
• Né le 18 mai 1988, 32 ans
• Basket 3×3 (nouvelle discipline olympique jouée sur un demi-terrain) et 5×5 (basket traditionnel)

Pour moi, tout a commencé à 15 ans. Au plus profond de mon cœur, j’avais l’intime conviction que j’étais fait pour être sportif. Je sentais que j’avais quelque chose. J’avais ce rêve d’aller aux Jeux comme mon grand-frère. J’étais grand et puissant, né pour être athlète, mais je ne savais pas encore quel sport était fait pour moi.

Il aura suffi d’un « dunk » pour mettre des mots sur cette sensation. 2004, Etats-Unis – Porto-Rico en préparation des épreuves de basket aux Jeux Olympiques d’Athènes (Grèce). Devant ma télé, j’admire ces gars. Et à ce moment précis, Tracy McGrady s’envole vers le panier et claque un dunk monstrueux. Le déclic, le coup de foudre. Je shootais de temps à autres, mais là c’était autre chose. J’ai commencé à m’entrainer tous les jours. J’avais le goût du travail et je sentais que je pouvais faire de ce sport ma vie. Ces prédispositions mentales, je les tiens de mes 15 ou 16 ans parce qu’on se fait embêter pour rien dans la cité. Surtout lorsqu’on cherche à prendre le ballon à la main et le lancer dans un panier. Il n’y en avait que pour le foot, on dérangeait mon ballon de basket et moi. Les mentalités de la rue, c’est à la dure. Tu rentres chez toi en pleurant, mais ça te renforce et te fait grandir.

« Je veux laisser une trace, que l’on se souvienne de moi »

Dès mes débuts, je ne rêvais que d’une chose : porter le maillot Bleu de l’équipe de France. Je me suis construit avec cet objectif en tête. Je l’ai atteint, mais pas par le chemin que j’imaginais à l’époque.

J’ai d’abord fait partie du Pôle Espoir de la SIG de Strasbourg (Bas-Rhin) pendant 3 ans. J’aspirais à signer mon premier contrat professionnel, en vain. J’étais seul, sans aucune connaissance du milieu et sans une personne digne de confiance pour me représenter. J’ai navigué pendant 4 ans entre la 4ème et la 3ème division nationale. Je croyais toujours pouvoir devenir professionnel et prenais mon mal en patience. Nantes (Loire-Atlantique) m’a d’abord fait confiance avant que Challans (Vendée) ne me propose de rejoindre leurs rangs. Ils n’étaient alors qu’en 3ème division, mais ils rêvaient eux-aussi d’élite. Je n’avais auparavant jamais été champion de France quelle que soit la catégorie ou le niveau, et là on me proposait des titres. Or les titres restent, au même titre que les aventures humaines.

Être athlète pour moi, c’est ces deux choses-là. J’ai eu la chance de faire partie d’équipes exceptionnelles depuis le début de ma carrière. Il me manquait la deuxième partie pour m’accomplir pleinement.
Je veux que par mes titres mon nom reste quand j’arrêterai. Je veux qu’on se souvienne de moi pour tous les sacrifices, pour toute la sueur, pour tout ce que j’ai fait pour en arriver là. Quitter ma famille à 18 ans, déménager 10 fois en 12 ans, continuer à y croire malgré tout. J’espère inspirer d’autres personnes et qu’on se dise en regardant mon histoire: « Ouais, c’est possible ». C’est possible d’atteindre son rêve. J’ai atteint le mien: je vis du basket. L’enfant que j’étais serait admiratif devant le joueur et l’homme que je suis devenu. Je n’ai jamais rêvé de NBA ou d’EuroLigue, j’ai toujours eu les pieds sur Terre. Je rêvais à mon humble niveau, excepté pour l’équipe de France. Je n’ai jamais porté un maillot Bleu quand j’étais petit, parce que ça se méritait. Le 3 contre 3, lui, me l’a apporté.

J’ai la chance de pouvoir apprécier deux vies en une. Être professionnel avec mon club de Challans et participer à des tournois internationaux de basket 3×3 avec l’équipe de France. Grâce à ce sport, j’ai réalisé mon rêve. Avoir un maillot « France » sur les épaules et me dire que oui, je l’ai mérité. Lors de ma première sélection, j’avais les larmes aux yeux. J’y étais enfin. Je me suis battu pour, et je me suis battu pour remporter des titres avec cette sélection. Je me battrai encore pour que nous allions aux Jeux cet été.

« Nous avons de la chance de pouvoir nous plaindre »

Être un athlète, c’est aussi l’entourage. Nous ne serions rien sans cette force de tous les jours. Il y a eu Ahmed Tenni, mon tout premier entraîneur, et Patrick Placide, mon premier préparateur physique. Et au milieu de tous ceux qui m’ont soutenu, deux personnes m’ont permis de m’épanouir. La première est un des coachs de mes débuts, Thierry Zig. Il m’a enseigné l’art du basket, à parfaire mes mouvements et à apprécier la beauté du jeu. La deuxième personne est mon ex-copine. Lorsque j’étais jeune, cette séparation difficile m’a conditionné pour devenir ce que je suis aujourd’hui. Elle m’a montré ce qu’était la vie alors que je vivais encore dans un monde d’enfant. J’aurais peut-être tout vécu différemment sans elle et n’aurais peut-être pas eu ce discours positif. L’essentiel est de tirer des enseignements de ce que nous vivons quotidiennement. Nous sommes notre meilleur coach.

Dominique Gentil sur un banc avec un ballon de basket dans la main

Même l’entraîneur le plus doué du monde ne pourra pas nous forcer à nous lever le matin ou nous dire de manger correctement. Nous sommes « le capitaine de notre âme ». Celui qui décide de s’aider soi-même réussira. «Aide-toi et le ciel t’aidera » comme dit l’adage. Ce n’est pas tous les jours facile, je définis une vie parfaite. Mais penser positif, penser à ce que nous n’avons pas, c’est penser un monde meilleur. Peut-être qu’un jour nous ne pourrons plus marcher, monter les escaliers ou aller travailler. Certains n’ont pas le choix. Et nous avons la chance de pouvoir nous plaindre.

Pour ne conserver que le positif, j’ai gardé la foi. Elle m’a donné une force indescriptible lors d’un des moments difficiles de ma vie. Je parle à cœur ouvert, je suis sincère. J’ai eu une maladie au foie il y a quelques années. Le basket ne passait alors qu’au second plan, croyant que j’allais devoir tout arrêter. Je pensais secrètement : « Que vais-je faire de ma vie ? ». Alors j’ai prié, j’ai cru. Sans que personne ne comprenne pourquoi, ce mal physique est parti. Peut-être que quelque chose s’est débloqué en moi, mais je sais ce que j’ai vécu. J’ai senti cette force. Elle m’est personnelle et aujourd’hui, elle ne me quitte plus.

Dominique.

Mais qui est Dominique Gentil ?

Originaire de Fontenay-sous-Bois, Dominique Gentil est un touche-à-tout. Joueur professionnel en basket 5×5 à Challans (Vendée), il emmène également l’équipe de France de basket 3×3 par ses qualités de capitaine depuis 3 ans. Fort d’une détermination à toute épreuve, il rêve de disputer les Jeux Olympiques de Tokyo (Japon) avec ses coéquipiers de demi-terrain.
Formé à la SIG de Strasbourg, il parcourt pendant quelques années les divisions amateurs avant de rejoindre Nantes (Loire-Atlantique) puis Challans. Aujourd’hui monté en Pro B avec son club vendéen, Dominique Gentil espère pouvoir accompagner de jeunes sportifs après sa carrière.

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Être un Gentil, c’est porter un nom célèbre dans l’histoire du sport français. Pour Dominique, son illustre frère ainé taekwondoïste Pascal lui a montré la voie. Capitaine de l’équipe de France de basket 3×3 et du club de Challans (Vendée) en 5×5, Dominique Gentil s’est battu depuis le début de sa carrière pour construire son propre chemin. Entre détermination et sincérité, confessions d’un homme habité par le désir de transmettre.

Dominique Gentil assis, ballon entre les jambes
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Dominique Gentil
• Né le 18 mai 1988, 32 ans
• Basket 3×3 et 5×5

Pour moi, tout a commencé à 15 ans. Au plus profond de mon cœur, j’avais l’intime conviction que j’étais fait pour être sportif. Je sentais que j’avais quelque chose. J’avais ce rêve d’aller aux Jeux comme mon grand-frère. J’étais grand et puissant, né pour être athlète, mais je ne savais pas encore quel sport était fait pour moi.

Il aura suffi d’un « dunk » pour mettre des mots sur cette sensation. 2004, Etats-Unis – Porto-Rico en préparation des épreuves de basket aux Jeux Olympiques d’Athènes (Grèce). Devant ma télé, j’admire ces gars. Et à ce moment précis, Tracy McGrady s’envole vers le panier et claque un dunk monstrueux. Le déclic, le coup de foudre. Je shootais de temps à autres, mais là c’était autre chose. J’ai commencé à m’entrainer tous les jours. J’avais le goût du travail et je sentais que je pouvais faire de ce sport ma vie. Ces prédispositions mentales, je les tiens de mes 15 ou 16 ans parce qu’on se fait embêter pour rien dans la cité. Surtout lorsqu’on cherche à prendre le ballon à la main et le lancer dans un panier. Il n’y en avait que pour le foot, on dérangeait mon ballon de basket et moi. Les mentalités de la rue, c’est à la dure. Tu rentres chez toi en pleurant, mais ça te renforce et te fait grandir.

« Je veux laisser une trace, que l’on se souvienne de moi »

Dès mes débuts, je ne rêvais que d’une chose : porter le maillot Bleu de l’équipe de France. Je me suis construit avec cet objectif en tête. Je l’ai atteint, mais pas par le chemin que j’imaginais à l’époque.

J’ai d’abord fait partie du Pôle Espoir de la SIG de Strasbourg (Bas-Rhin) pendant 3 ans. J’aspirais à signer mon premier contrat professionnel, en vain. J’étais seul, sans aucune connaissance du milieu et sans une personne digne de confiance pour me représenter. J’ai navigué pendant 4 ans entre la 4ème et la 3ème division nationale. Je croyais toujours pouvoir devenir professionnel et prenais mon mal en patience. Nantes (Loire-Atlantique) m’a d’abord fait confiance avant que Challans (Vendée) ne me propose de rejoindre leurs rangs. Ils n’étaient alors qu’en 3ème division, mais ils rêvaient eux-aussi d’élite. Je n’avais auparavant jamais été champion de France quelle que soit la catégorie ou le niveau, et là on me proposait des titres. Or les titres restent, au même titre que les aventures humaines.

Dominique Gentil dribblant avec le ballon sous un panier de basket

Être athlète pour moi, c’est ces deux choses-là. J’ai eu la chance de faire partie d’équipes exceptionnelles depuis le début de ma carrière. Il me manquait la deuxième partie pour m’accomplir pleinement.
Je veux que par mes titres mon nom reste quand j’arrêterai. Je veux qu’on se souvienne de moi pour tous les sacrifices, pour toute la sueur, pour tout ce que j’ai fait pour en arriver là. Quitter ma famille à 18 ans, déménager 10 fois en 12 ans, continuer à y croire malgré tout. J’espère inspirer d’autres personnes et qu’on se dise en regardant mon histoire: « Ouais, c’est possible ». C’est possible d’atteindre son rêve. J’ai atteint le mien: je vis du basket. L’enfant que j’étais serait admiratif devant le joueur et l’homme que je suis devenu. Je n’ai jamais rêvé de NBA ou d’EuroLigue, j’ai toujours eu les pieds sur Terre. Je rêvais à mon humble niveau, excepté pour l’équipe de France. Je n’ai jamais porté un maillot Bleu quand j’étais petit, parce que ça se méritait. Le 3 contre 3, lui, me l’a apporté.

J’ai la chance de pouvoir apprécier deux vies en une. Être professionnel avec mon club de Challans et participer à des tournois internationaux de basket 3×3 avec l’équipe de France. Grâce à ce sport, j’ai réalisé mon rêve. Avoir un maillot « France » sur les épaules et me dire que oui, je l’ai mérité. Lors de ma première sélection, j’avais les larmes aux yeux. J’y étais enfin. Je me suis battu pour, et je me suis battu pour remporter des titres avec cette sélection. Je me battrai encore pour que nous allions aux Jeux cet été.

« Nous avons de la chance de pouvoir nous plaindre »

Être un athlète, c’est aussi l’entourage. Nous ne serions rien sans cette force de tous les jours. Il y a eu Ahmed Tenni, mon tout premier entraîneur, et Patrick Placide, mon premier préparateur physique. Et au milieu de tous ceux qui m’ont soutenu, deux personnes m’ont permis de m’épanouir. La première est un des coachs de mes débuts, Thierry Zig. Il m’a enseigné l’art du basket, à parfaire mes mouvements et à apprécier la beauté du jeu. La deuxième personne est mon ex-copine. Lorsque j’étais jeune, cette séparation difficile m’a conditionné pour devenir ce que je suis aujourd’hui. Elle m’a montré ce qu’était la vie alors que je vivais encore dans un monde d’enfant. J’aurais peut-être tout vécu différemment sans elle et n’aurais peut-être pas eu ce discours positif. L’essentiel est de tirer des enseignements de ce que nous vivons quotidiennement. Nous sommes notre meilleur coach.

Dominique Gentil sur un banc avec un ballon de basket dans la main

Même l’entraîneur le plus doué du monde ne pourra pas nous forcer à nous lever le matin ou nous dire de manger correctement. Nous sommes « le capitaine de notre âme ». Celui qui décide de s’aider soi-même réussira. « Aide-toi et le ciel t’aidera » comme dit l’adage. Ce n’est pas tous les jours facile, je définis une vie parfaite. Mais penser positif, penser à ce que nous n’avons pas, c’est penser un monde meilleur. Peut-être qu’un jour nous ne pourrons plus marcher, monter les escaliers ou aller travailler. Certains n’ont pas le choix. Et nous avons la chance de pouvoir nous plaindre.

Pour ne conserver que le positif, j’ai gardé la foi. Elle m’a donné une force indescriptible lors d’un des moments difficiles de ma vie. Je parle à cœur ouvert, je suis sincère. J’ai eu une maladie au foie il y a quelques années. Le basket ne passait alors qu’au second plan, croyant que j’allais devoir tout arrêter. Je pensais secrètement : « Que vais-je faire de ma vie ? ». Alors j’ai prié, j’ai cru. Sans que personne ne comprenne pourquoi, ce mal physique est parti. Peut-être que quelque chose s’est débloqué en moi, mais je sais ce que j’ai vécu. J’ai senti cette force. Elle m’est personnelle et aujourd’hui, elle ne me quitte plus.

Dominique.

Stéphane.

Il est aussi grand que Dominique Gentil. Dominique Gentil. Je deviens Dominique Gentil. Nous serions Dominique Gentil. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Dominique Gentil. Une boite de lunette détient le grand Dominique Gentil. Attention aux impératifs complète Mary. Dominique Gentil n'est autre que moi.