Entre sable et terre

21 mai 2020

Entre sable et terre

21 mai 2020

Entre sable et terre

21 mai 2020

©️ MxJuly – Eva Szabadfi – Kevin François

Dans l’ombre du luxe que le sport de haut niveau peut offrir à certains, de nombreux athlètes doivent continuellement remettre en question ce qu’ils ont construit. Richard Fura est l’un d’entre eux. Passé plusieurs fois proche d’une victoire sur l’Enduropale du Touquet, le pilote de 29 ans doit composer depuis quelques années avec une épaule fragile. Confidences.

Mes saisons se découpent en deux, entre la terre vers les beaux jours et le sable à l’automne. Je me suis habitué aux deux surfaces, mais la terre c’est ce que je fais depuis tout petit. En plus de ça, avec mes blessures successives à l’épaule, j’ai manqué les trois dernières saisons de terre. Elle me manque. Et avec la situation actuelle, on s’achemine vers une saison blanche.

« Je me suis posé la question de continuer ou non »

Trois ans et quatre opérations auront finalement eu raison de mes blessures à l’épaule. Le problème ? En pleine course, elle se déboîtait. Les premières interventions ne résistaient pas aux chocs sur la moto. Jusqu’à ce qu’on me conseille un chirurgien en Belgique.

Selon lui, il y avait peu de chance que mon épaule se redéboîte après l’opération, et si c’était le cas, je pouvais faire une croix sur le sport. À ce moment-là, je me suis posé la question de savoir si je continuais ou non, si j’acceptais de prendre le risque. Mais on est tellement mordu qu’on y retourne, et puis c’est tout.

Richard Fura portant une casquette Yamaha
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Cette opération, c’était le 10 mai de l’année dernière. Depuis, plus de problème. C’est un régal, je peux rouler sans y penser ou porter des charges lourdes. Je revis.
Le plus compliqué avec les blessures, c’est qu’elles te mettent dans le jus. Je ne peux pas vraiment vivre du motocross aujourd’hui. Je comptais sur cette période avec les cross inter¹ pour gagner un peu d’argent entre mars et juin. Heureusement, j’ai eu trois saisons avec Honda en tant que pilote officiel. Elles m’ont permis de vivre de mes résultats et de mes contrats. Sauf que quand tu es blessé pendant un long moment, on te propose des contrats avec des primes de résultats. Et il ne faut pas se rater.

« Je n’ai pas envie que mon fils ait faim »

En ce moment, c’est dur. J’ai dû aller travailler dans une société de bâtiment l’année dernière. Je sais que de toutes façons, le jour où la moto s’arrêtera, il faudra bien que j’aille travailler. Je ne suis pas un assez grand pilote pour me dire que je serais tranquille une fois que j’aurais terminé. À moins que je vienne à gagner dix Touquet de suite… Mais il faut être un minimum réaliste. 

Richard Fura, caméra sur le casque qui prend un virage
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Mon objectif principal est de retrouver un team officiel. Non pas que mon équipe cette année n’était pas bonne, bien au contraire. Mais ça offre une sécurité financière qui entre en jeu… Manger des pâtes, moi je m’en fous. Je n’ai juste pas envie que mon gamin ait faim ou qu’il soit malheureux parce qu’on ne peut pas vivre normalement. Si demain on me dit que je ne peux plus gagner d’argent avec la moto, alors j’arrêterais. Je préfère aller travailler et avoir une vie correcte pour mon petit.

Si j’ai le choix, je voudrais évidemment rester dans la moto, passer mon diplôme d’Etat et donner des cours sur le circuit familial. J’aimerais pouvoir m’occuper du club que mon grand-père a géré toute sa vie. Continuer ce qu’il a commencé il y a près de 50 ans.

Richard.

¹ Motocross International: course à laquelle participent des pilotes de plusieurs nationalités ayant une licence internationale.

©️ MxJuly – Eva Szabadfi – Kevin François

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Dans l’ombre du luxe que le sport de haut niveau peut offrir à certains, de nombreux athlètes doivent continuellement remettre en question ce qu’ils ont construit. Richard Fura est l’un d’entre eux. Passé plusieurs fois proche d’une victoire sur l’Enduropale du Touquet, le pilote de 29 ans doit composer depuis quelques années avec une épaule fragile. Confidences.

Portrait de Richard Fura en Noir et Blanc
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François
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Richard Fura
• Né le 16 avril 1991
• Motocross

Mes saisons se découpent en deux, entre la terre vers les beaux jours et le sable à l’automne. Je me suis habitué aux deux surfaces, mais la terre c’est ce que je fais depuis tout petit. En plus de ça, avec mes blessures successives à l’épaule, j’ai manqué les trois dernières saisons de terre. Elle me manque. Et avec la situation actuelle, on s’achemine vers une saison blanche. 

« Je me suis posé la question de continuer ou non »

Trois ans et quatre opérations auront finalement eu raison de mes blessures à l’épaule. Le problème ? En pleine course, elle se déboîtait. Les premières interventions ne résistaient pas aux chocs sur la moto. Jusqu’à ce qu’on me conseille un chirurgien en Belgique.

Selon lui, il y avait peu de chance que mon épaule se redéboîte après l’opération, et si c’était le cas, je pouvais faire une croix sur le sport. À ce moment-là, je me suis posé la question de savoir si je continuais ou non, si j’acceptais de prendre le risque. Mais on est tellement mordu qu’on y retourne, et puis c’est tout.

© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Cette opération, c’était le 10 mai de l’année dernière. Depuis, plus de problème. C’est un régal, je peux rouler sans y penser ou porter des charges lourdes. Je revis.

Le plus compliqué avec les blessures, c’est qu’elles te mettent dans le jus. Je ne peux pas vraiment vivre du motocross aujourd’hui. Je comptais sur cette période avec les cross inter ¹ pour gagner un peu d’argent entre mars et juin. Heureusement, j’ai eu trois saisons avec Honda en tant que pilote officiel. Elles m’ont permis de vivre de mes résultats et de mes contrats. Sauf que quand tu es blessé pendant un long moment, on te propose des contrats avec des primes de résultats. Et il ne faut pas se rater.

« Je n’ai pas envie que mon fils ait faim »

En ce moment, c’est dur. J’ai dû aller travailler dans une société de bâtiment l’année dernière. Je sais que de toutes façons, le jour où la moto s’arrêtera, il faudra bien que j’aille travailler. Je ne suis pas un assez grand pilote pour me dire que je serais tranquille une fois que j’aurais terminé. À moins que je vienne à gagner dix Touquet de suite… Mais il faut être un minimum réaliste.

Richard Fura, caméra sur le casque qui prend un virage
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Mon objectif principal est de retrouver un team officiel. Non pas que mon équipe cette année n’était pas bonne, bien au contraire. Mais ça offre une sécurité financière qui entre en jeu… Manger des pâtes, moi je m’en fous. Je n’ai juste pas envie que mon gamin ait faim ou qu’il soit malheureux parce qu’on ne peut pas vivre normalement. Si demain on me dit que je ne peux plus gagner d’argent avec la moto, alors j’arrêterais. Je préfère aller travailler et avoir une vie correcte pour mon petit.

Si j’ai le choix, je voudrais évidemment rester dans la moto, passer mon diplôme d’Etat et donner des cours sur le circuit familial. J’aimerais pouvoir m’occuper du club que mon grand-père a géré toute sa vie. Continuer ce qu’il a commencé il y a près de 50 ans.

Richard.

Richard.

Il est aussi grand que Richard Fura. Richard Fura. Je deviens Richard Fura. Nous serions Richard Fura. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Richard Fura. Une boite de lunette détient le grand Richard Fura. Attention aux impératifs complète Mary. Richard Fura n'est autre que moi.

¹ Motocross International: course à laquelle participent des pilotes de plusieurs nationalités ayant une licence internationale.

©️ MxJuly – Eva Szabadfi – Kevin François

Dans l’ombre du luxe que le sport de haut niveau peut offrir à certains, de nombreux athlètes doivent continuellement remettre en question ce qu’ils ont construit. Richard Fura est l’un d’entre eux. Passé plusieurs fois proche d’une victoire sur l’Enduropale du Touquet, le pilote de 29 ans doit composer depuis quelques années avec une épaule fragile. Confidences.

Portrait de Richard Fura en Noir et Blanc
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François
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Richard Fura
• Né le 16 avril 1991
• Motocross

Mes saisons se découpent en deux, entre la terre vers les beaux jours et le sable à l’automne. Je me suis habitué aux deux surfaces, mais la terre c’est ce que je fais depuis tout petit. En plus de ça, avec mes blessures successives à l’épaule, j’ai manqué les trois dernières saisons de terre. Elle me manque. Et avec la situation actuelle, on s’achemine vers une saison blanche.

« Je me suis posé la question de continuer ou non »

Trois ans et quatre opérations auront finalement eu raison de mes blessures à l’épaule. Le problème ? En pleine course, elle se déboitait. Les premières interventions ne résistaient pas aux chocs sur la moto. Jusqu’à ce qu’on me conseille un chirurgien en Belgique.

Selon lui, il y avait peu de chance que mon épaule se redéboîte après l’opération, et si c’était le cas, je pouvais faire une croix sur le sport. À ce moment-là, je me suis posé la question de savoir si je continuais ou non, si j’acceptais de prendre le risque. Mais on est tellement mordu qu’on y retourne, et puis c’est tout.

Richard Fura portant une casquette Yamaha
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Cette opération, c’était le 10 mai de l’année dernière. Depuis, plus de problème. C’est un régal, je peux rouler sans y penser ou porter des charges lourdes. Je revis.
Le plus compliqué avec les blessures, c’est qu’elles te mettent dans le jus. Je ne peux pas vraiment vivre du motocross aujourd’hui. Je comptais sur cette période avec les cross inter ¹ pour gagner un peu d’argent entre mars et juin. Heureusement, j’ai eu trois saisons avec Honda en tant que pilote officiel. Elles m’ont permis de vivre de mes résultats et de mes contrats. Sauf que quand tu es blessé pendant un long moment, on te propose des contrats avec des primes de résultats. Et il ne faut pas se rater.

« Je n’ai pas envie que mon fils ait faim »

En ce moment, c’est dur. J’ai dû aller travailler dans une société de bâtiment l’année dernière. Je sais que de toutes façons, le jour où la moto s’arrêtera, il faudra bien que j’aille travailler. Je ne suis pas un assez grand pilote pour me dire que je serais tranquille une fois que j’aurais terminé. À moins que je vienne à gagner dix Touquet de suite… Mais il faut être un minimum réaliste.

Richard Fura, caméra sur le casque qui prend un virage
© MxJuly - Eva Szabadfi - Kevin François

Mon objectif principal est de retrouver un team officiel. Non pas que mon équipe cette année n’était pas bonne, bien au contraire. Mais ça offre une sécurité financière qui entre en jeu… Manger des pâtes, moi je m’en fous. Je n’ai juste pas envie que mon gamin ait faim ou qu’il soit malheureux parce qu’on ne peut pas vivre normalement. Si demain on me dit que je ne peux plus gagner d’argent avec la moto, alors j’arrêterais. Je préfère aller travailler et avoir une vie correcte pour mon petit.

Si j’ai le choix, je voudrais évidemment rester dans la moto, passer mon diplôme d’Etat et donner des cours sur le circuit familial. J’aimerais pouvoir m’occuper du club que mon grand-père a géré toute sa vie. Continuer ce qu’il a commencé il y a près de 50 ans.

Richard.

Richard.

Il est aussi grand que Richard Fura. Richard Fura. Je deviens Richard Fura. Nous serions Richard Fura. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Richard Fura. Une boite de lunette détient le grand Richard Fura. Attention aux impératifs complète Mary. Richard Fura n'est autre que moi.

¹ Motocross International: course à laquelle participent des pilotes de plusieurs nationalités ayant une licence internationale.