Entreview, avec Ninon Guillon-Romarin

et Axel Chapelle

20 juillet 2020

©️ By Athlete

Entreview, avec Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle

20 juillet 2020

©️ By Athlete

Entreview, avec Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle 

20 juillet 2020

©️ By Athlete

Déterminés dans le stade comme dans la vie, les perchistes Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle représentent la perche française au sommet des plus grands concours internationaux. A un an des Jeux Olympiques, ils reviennent sur leur vie d’athlètes de haut niveau et de monsieur et madame tout-le-monde, leurs attentes pour le futur et le rôle des athlètes dans les prises de parole publiques. En toute simplicité.

©️ By Athlete

Comment vous décririez-vous sans utiliser les mots « perche » et « sportif » ?

Ninon Guillon-Romarin : Je m’appelle Ninon Guillon-Romarin, je suis championne de France de saut à la perche et je détiens le record de France avec 4’75m.

Axel Chapelle : Je suis Axel Chapelle, je fais aussi du saut à la perche. Je n’ai pas le record du saut à la perche mais je suis aussi champion de France ! Sinon, on est plutôt simple et drôle. On aime bien rire… On aime bien rire de nous mais… surtout des autres. On a une vie normale, on aime les choses simples.

Ninon Guilon-Romarin: Comme tout le monde on se lève le matin, et on déjeune. Après on va travailler, c’est juste que c’est un travail un peu différent. Quand on rentre le midi, on mange… C’est moi qui fait à manger et lui mange (rires). Si on se ré-entraîne l’après-midi, les gens retournent travailler aussi donc c‘est pareil. Le soir, on mange (rires) ! Et on regarde une série. On a des copains comme tout le monde.

Votre relation est régulièrement évoquée dans les médias, au moment de parler de vos performances. Est-ce que cela vous gêne et aimeriez qu’il en soit autrement, ou ce n’est pas un problème ? 

Ninon Guillon-Romarin: Non, je ne pense pas que ce soit un problème pour nous. On ne s’est jamais vraiment cacher, parce que ça fait longtemps qu’on est ensemble. Dans le milieu dans lequel on est, tout le monde le sait. Ce n’est pas un secret. On a aussi notre vie privée. Les gens connaissent ce qu’ils voient et ce que l’on veut bien montrer, mais on sait mettre les limites lorsqu’on ne veut pas en parler

Se projeter après l’athlé, pas encore d’actualité

Quel métier auriez-vous voulu faire si vous n’aviez pas eu le sport de haut niveau ?

Axel Chapelle: J’aurais été bien embêté parce qu’à ce moment-là, je ne savais pas ce que je voulais faire. Ça a été un bel échappatoire pour moi. C’est compliqué de savoir ce qu’on veut faire à 18 ou 19 ans. Quoique j’en avais 19 avec mon année de retard. Je ne savais toujours pas ce que je voulais faire, et le sport m’a bien aidé. Aujourd’hui j’ai un peu plus d’idées : je sais que je veux travailler dans le sport et avec des enfants. Ce n’est pas un truc auquel on pense pendant une carrière, ce n’est pas encore précis, mais je suis en train de me poser la question.

Ninon Guillon-Romarin: J’ai fait des études pour être professeure des écoles. On coach aussi des jeunes ensemble donc je sais que j’aime bosser avec des jeunes. Maintenant, dire que je vais forcément être professeure des écoles après ma carrière… En tant qu’athlète, je me dis que j’aurais peut-être d’autres opportunités et que j’aurais envie d’utiliser ces différentes casquettes pour monter quelque chose à moi ou…

Axel Chapelle : … à nous ! 

Ninon Guillon-Romarin: Ou à nous oui ! C’est vrai que c’est un peu difficile lorsqu’on est en plein dans notre carrière. On a envie de penser perf’, compet’. C’est difficile de se projeter mais ça ne durera pas tout le temps.

Axel Chapelle : A 50 ans tu ne sautes plus à la perche ! 

Ninon et Axel souriants dans les gradins
©️ By Athlete

Comment a débuté votre histoire avec la perche ?

Axel Chapelle : Mon frère faisait de la perche, et j’ai toujours fait de l’athlé. Mon père était, et est, toujours entraîneur, puisque c’est notre coach, à Franconville donc j’allais au stade tous les jours quand j’étais petit. L’athlé c’était normal, mais la perche c’est venu parce que mon frère en faisait et j’ai voulu faire pareil. Sinon je n’en aurais jamais fait je pense.

Ninon Guillon-Romarin: Moi à la base, je faisais de la gym. Je ne sais pas pourquoi, mais je disais que quand j’arrêterais la gym, je me mettrais à l’athlé. Une lubie parce que mes parents étaient tout sauf athlète, mais ils étaient prof d’EPS donc j’ai grandi dans le sport. En 5ème, j’ai essayé le saut à la perche avec une ancienne athlète de haut niveau, Agnès Liverbardon. J’ai tout de suite pigé le truc parce qu’avec la gym j’avais des qualités de vitesse donc j’ai pris plaisir assez rapidement. Après quand on progresse on continue.

Axel Chapelle : C’est ça, quand tu progresses tu continues ! Moi à la base, je voulais faire des haies. J’aime trop les haies ! Le 110 mètres haies je trouve ça trop beau (rires). 

Ninon Guillon-Romarin: Sauf que les haies ne l’ont pas choisi (rires).

Axel Chapelle : Sauf que j’étais nul, c’est trop haut, je ne suis pas souple. Enfin bref, ce n’était pas pour moi. J’ai fait de la perche parce que j’étais bon là-dedans.

Le très haut niveau, pas impossible à atteindre

Avez-vous un souvenir de votre premier saut ?

Axel Chapelle : Je me souviens de ma première compet’ en 2005. C’était à Aulnay-sous-Bois, sur le « Perche Elite Tour ». J’avais fait 1’81m, ma taille aujourd’hui. Tu apprends à connaître le petit stress de la compet’ et du premier saut. Que tu sois poussin ou benjamin aux championnats du Val d’Oise, ou aux championnats du monde, tu as toujours un petit stress au premier saut. C’est ce jour-là que j’ai appris ce que c’était donc c’est vrai que je m’en souviens bien.

Ninon Guillon-Romarin : Je ne me souviens pas du tout de mon premier saut, mais je me souviens de la première compet’ où je me suis dit « Ouah ça claque » ! C’était les « Pointes d’Or », les championnats de France pour les jeunes. J’étais qualifiée parce que je faisais de tout, et de la perche juste comme ça. A cette compet’ là j’ai fait deuxième à la perche. Il fallait faire un triathlon pour pouvoir s’y qualifier, avec un saut, une course et un lancer. Comme j’étais nulle en lancer, j’ai fait deux sauts (rires). J’avais le droit à un triathlon spécial, avec de la longueur, de la perche et les haies. Ça marquait vachement de points et j’avais terminé 8ème. C’était vachement bien, on était nombreux !

Axel Chapelle : Je les avais fait aussi mais j’avais pas été aussi bon, j’avais fini 26ème je crois. J’avais un problème : je n’étais bon qu’à la perche…

Ninon Guillon-Romarin : C’est cette année-là qu’on s’est rencontré. On avait fait les championnats de France UNSS ensemble. On avait 13 ans, c’était l’année de nos 14 ans. On s’est croisé sur cette compet’ mais on s’était déjà croisé dans l’hiver.

Axel regardant Ninon
©️ By Athlete

Si nous devions résumer votre carrière à votre fait d’arme le plus marquant, nous dirions la finale des championnats du monde 2017 à Londres (Royaume-Uni) pour toi Axel, et ton record de France à 4’75m pour toi Ninon. Que retenez-vous de ces moments-là ?

Axel Chapelle : Ce n’est pas forcément mon meilleur souvenir mais être finaliste aux championnats du monde, ça me paraissait impossible quand j’ai commencé la perche. Et en fait ça ne m’a pas paru pas si difficile que ça, et c’est ce qui m’a le plus choqué. D’un côté j’étais heureux parce que j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire. De l’autre côté je me suis dit « C’est pas si compliqué ! ». Ce n’était pas un truc de fou, j’ai pas fait 6 mètres pour atteindre cette finale ! Finalement c’est à la portée de beaucoup de gens avec de l’entrainement. C’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes aussi : si tu t’entraines, tu peux être bon. Tu ne peux pas être champion olympique, tu ne peux pas être recordman du monde parce qu’il faut un truc à la base. Mais tu peux être bon !

Ninon Guillon-Romarin: NGR : Moi c’est totalement différent parce qu’en 2018, je viens de progresser d’un coup. En 2017 je fais 4’60m et je cherchais des places pour aller voir Axel à Londres. Cette année-là je passe de 4’40m à 4’60m très rapidement. En mai, je fais 4’40m, et en juin je fais 4’60m et j’ai mon ticket pour les championnats du monde. Je passe de spectatrice à actrice. Je vais être sur le stade avec les filles que je suis à la télé d’habitude. J’ai vraiment sauté d’un coup dans le truc alors qu’Axel tu avais déjà été champion du monde jeune. Tu étais déjà dans une démarche de haut niveau. J’avais le même projet mais bon…

C’était l’année de mon concours pour être prof des écoles. Finalement en 2018, c’est l’année où il se passe un truc de fou parce que je suis passé à 4’60m l’année d’avant et là je fais 4’70m, 4’71m l’hiver, puis 4’72m … Et je fais 4’75m à Monaco, et c’est la première fois depuis les championnats du monde que je me retrouve dans un concours international avec les meilleures du monde. Je fais 4’75m, je termine 8ème de ce concours. C’est monstrueux, je viens de faire une perf’ que les 10 ou 12 meilleurs du monde font. Je suis face à des nanas qui ont leur place depuis des années. Leur but est d’être finaliste dans chaque championnat et en fait je me dis que je suis en train de faire mon trou.

Axel Chapelle : Ce qui a été retenu de ce jour-là, c’était le record de France pour nous, Français, mais c’était le plus gros concours féminin depuis des années ! 

Ninon Guillon-Romarin: Et je suis enchantée de ça. Cet été aux championnats du monde c’est pareil, je fais 4’70m et je suis 12ème. 4’70m tu as au moins une médaille de bronze tout le temps ! C’est extra parce qu’on est plusieurs à pouvoir le faire, et on peut jouer. On sait qu’on a peu près toutes le même niveau et c’est encore plus sympa de jouer comme ça.

On vit des trucs supers tous les deux et on a eu une construction différente. On gère très bien le stress tous les deux. Je suis clairement meilleure quand il y a de l’enjeu.

S’exprimer publiquement sur des sujets qui comptent, tout sauf une obligation

Comme chaque athlète, le mot « sacrifice » fait partie de votre quotidien. Que signifie ce mot pour vous ?

Axel Chapelle : Quand on aime vraiment le sport, ce ne sont pas vraiment des sacrifices. On le fait avec plaisir. Il y a des choses qu’on aimerait faire, comme partir en vacances avec nos potes, ce qui est quasiment impossible. On est en décalé par rapport aux vacances des gens. On aimerait les voir plus souvent, accepter plus de sorties. On nous propose souvent, mais on doit répondre « non demain matin 10h, je suis à l’entrainement. Je n’ai pas envie de me blesser ».

Ninon Guillon-Romarin : On a la chance d’être entourée par des gens supers. Ils savent que ce n’est pas contre eux, et si tu nous invites la prochaine fois on sera dispo.

Axel Chapelle : Et des fois on le fait mais on se dit « tant pis demain on sera cramé ». Il faut vivre aussi.

Ninon Guillon-Romarin : On ne se fixe pas trop de contrainte. Par exemple, on mange équilibré, mais on ne va pas se priver de pizza parce que dans 15 jours il y a une compet’. Ça on ne le fait pas.

Axel Chapelle : ça m’est arrivé de manger un grec le midi d’une compet’ et de battre mon record.

Ninon Guillon-Romarin : Pour moi, les sacrifices, c’est ma famille. Elle est plus loin. La famille d’Axel est dans le coin donc on se voit quand même régulièrement. Son père est notre coach, donc on le voit tous les jours. Je suis loin de mes petits frères, de mes grands-parents. Tous les Noëls on va dans ma famille, et on ne se pose pas la question. S’il y a une compet dans 5 jours, ce n’est pas grave, on prend quand même deux jours à Noël. Certaines choses sont plus importantes.

Estimez-vous, en tant qu’athlète, avoir le devoir de vous exprimer dans les médias ou publiquement sur des sujets de société ?

Axel Chapelle : Peut-être que les champions peuvent avoir un poids, leur voix compte. Quand je parle de champion, je parle de Tony Parker ou des personnalités comme ça. Nous ne sommes pas des champions, on est des athlètes de haut niveau. Et je ne pense pas que ce soit une obligation. Tu peux le faire, et ces gens-là sont légitimes lorsqu’ils le font.

Ninon Guillon-Romarin : Si on nous demande et qu’on est en mesure de répondre par notre vécu, bien-sûr qu’on peut s’exprimer. Mais je pense qu’il faut aussi savoir rester à sa place. On a une liberté d’expression, et on a aussi la liberté de ne pas parler si c’est un domaine qu’on ne maîtrise pas ou qu’on ne sent pas.

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Déterminés dans le stade comme dans la vie, les perchistes Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle représentent la perche française au sommet des plus grands concours internationaux. A un an des Jeux Olympiques, ils reviennent sur leur vie d’athlètes de haut niveau et de monsieur et madame tout-le-monde, leurs attentes pour le futur et le rôle des athlètes dans les prises de parole publiques. En toute simplicité.

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L’interview complète de Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle :

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Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle
• Nés le 15 et 24 avril 1995
• Saut à la perche

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Portrait de Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle
©️ By Athlete
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Comment vous décririez-vous sans utiliser les mots « perche » et « sportif » ?

Ninon Guillon-Romarin : Je m’appelle Ninon Guillon-Romarin, je suis championne de France de saut à la perche et je détiens le record de France avec 4’75m.

Axel Chapelle : Je suis Axel Chapelle, je fais aussi du saut à la perche. Je n’ai pas le record du saut à la perche mais je suis aussi champion de France ! Sinon, on est plutôt simple et drôle. On aime bien rire… On aime bien rire de nous mais… surtout des autres. On a une vie normale, on aime les choses simples.

Ninon Guillon-Romarin : Comme tout le monde on se lève le matin, et on déjeune. Après on va travailler, c’est juste que c’est un travail un peu différent. Quand on rentre le midi, on mange… C’est moi qui fait à manger et lui mange (rires). Si on se réentraîne l’après-midi, les gens retournent travailler aussi donc c‘est pareil. Le soir, on mange (rires) ! Et on regarde une série. On a des copains comme tout le monde.

Votre relation est régulièrement évoquée dans les médias, au moment de parler de vos performances. Est-ce que cela vous gêne et aimeriez qu’il en soit autrement, ou ce n’est pas un problème ?

Ninon Guillon-Romarin : Non, je ne pense pas que ce soit un problème pour nous. On ne s’est jamais vraiment cacher, parce que ça fait longtemps qu’on est ensemble. Dans le milieu dans lequel on est, tout le monde le sait. Ce n’est pas un secret. On a aussi notre vie privée. Les gens connaissent ce qu’ils voient et ce que l’on veut bien montrer, mais on sait mettre les limites lorsqu’on ne veut pas en parler.

Se projeter après l’athlé, pas encore d’actualité

Quel métier auriez-vous voulu faire si vous n’aviez pas eu le sport de haut niveau ?

Axel Chapelle : J’aurais été bien embêté parce qu’à ce moment-là, je ne savais pas ce que je voulais faire. Ça a été un bel échappatoire pour moi. C’est compliqué de savoir ce qu’on veut faire à 18 ou 19 ans. Quoique j’en avais 19 avec mon année de retard. Je ne savais toujours pas ce que je voulais faire, et le sport m’a bien aidé. Aujourd’hui j’ai un peu plus d’idées : je sais que je veux travailler dans le sport et avec des enfants. Ce n’est pas un truc auquel on pense pendant une carrière, ce n’est pas encore précis, mais je suis en train de me poser la question.

Ninon Guillon-Romarin : J’ai fait des études pour être professeure des écoles. On coach aussi des jeunes ensemble donc je sais que j’aime bosser avec des jeunes. Maintenant, dire que je vais forcément être professeure des écoles après ma carrière… En tant qu’athlète, je me dis que j’aurais peut-être d’autres opportunités et que j’aurais envie d’utiliser ces différentes casquettes pour monter quelque chose à moi ou..

Axel Chapelle : … à nous ! 

Ninon Guillon-Romarin : Ou à nous oui ! C’est vrai que c’est un peu difficile lorsqu’on est en plein dans notre carrière. On a envie de penser perf’, compet’. C’est difficile de se projeter mais ça ne durera pas tout le temps.

Axel Chapelle : A 50 ans tu ne sautes plus à la perche ! 

©️ By Athlete

Comment a débuté votre histoire avec la perche ?

Axel Chapelle : Mon frère faisait de la perche, et j’ai toujours fait de l’athlé. Mon père était, et est, toujours entraineur, puisque c’est notre coach, à Franconville donc j’allais au stade tous les jours quand j’étais petit. L’athlé c’était normal, mais la perche c’est venu parce que mon frère en faisait et j’ai voulu faire pareil. Sinon je n’en aurais jamais fait je pense.

Ninon Guillon-Romarin : Moi à la base, je faisais de la gym. Je ne sais pas pourquoi, mais je disais que quand j’arrêterais la gym, je me mettrais à l’athlé. Une lubie parce que mes parents étaient tout sauf athlète mais ils étaient prof d’EPS donc j’ai grandi dans le sport. En 5ème, j’ai essayé le saut à la perche avec une ancienne athlète de haut niveau, Agnès Liverbardon. J’ai tout de suite pigé le truc parce qu’avec la gym j’avais des qualités de vitesse donc j’ai pris plaisir assez rapidement. Après quand on progresse on continue.

Axel Chapelle : C’est ça, quand tu progresses tu continues ! Moi à la base, je voulais faire des haies. J’aime trop les haies ! Le 110 mètres haies je trouve ça trop beau (rires).

Ninon Guillon-Romarin : Sauf que les haies ne l’ont pas choisi (rires).

Axel Chapelle : Sauf que j’étais nul, c’est trop haut, je ne suis pas souple. Enfin bref, ce n’était pas pour moi. J’ai fait de la perche parce que j’étais bon là-dedans.

Le très haut niveau, pas impossible à atteindre

Avez-vous un souvenir de votre premier saut ?

Axel Chapelle : Je me souviens de ma première compet en 2005. C’était à Aulnay-sous-Bois, sur le « Perche Elite Tour ». J’avais fait 1’81m, ma taille aujourd’hui. Tu apprends à connaître le petit stress de la compet’ et du premier saut. Que tu sois poussin ou benjamin aux championnats du Val d’Oise, ou aux championnats du monde, tu as toujours un petit stress au premier saut. C’est ce jour-là que j’ai appris ce que c’était donc c’est vrai que je m’en souviens bien.

Ninon Guillon-Romarin : Je ne me souviens pas du tout de mon premier saut, mais je me souviens de la première compet’ où je me suis dit « Ouah ça claque » ! C’était les « Pointes d’Or », les championnats de France pour les jeunes. J’étais qualifiée parce que je faisais de tout, et de la perche juste comme ça. A cette compet’ là j’ai fait deuxième à la perche. Il fallait faire un triathlon pour pouvoir s’y qualifier, avec un saut, une course et un lancer. Comme j’étais nulle en lancer, j’ai fait deux sauts (rires). J’avais le droit à un triathlon spécial, avec de la longueur, de la perche et les haies. Ça marquait vachement de points et j’avais terminé 8ème. C’était vachement bien, on était nombreux !

Axel Chapelle : Je les avais fait aussi mais j’avais pas été aussi bon, j’avais fini 26ème je crois. J’avais un problème : je n’étais bon qu’à la perche…

Ninon Guillon-Romarin : C’est cette année-là qu’on s’est rencontré. On avait fait les championnats de France UNSS ensemble. On avait 13 ans, c’était l’année de nos 14 ans. On s’est croisé sur cette compet’ mais on s’était déjà croisé dans l’hiver.

Axel regardant Ninon
©️ By Athlete

Si nous devions résumer votre carrière à votre fait d’arme le plus marquant, nous dirions la finale des championnats du monde 2017 à Londres (Royaume-Uni) pour toi Axel, et ton record de France à 4’75m pour toi Ninon. Que retenez-vous de ces moments-là ?

Axel Chapelle : Ce n’est pas forcément mon meilleur souvenir mais être finaliste aux championnats du monde, ça me paraissait impossible quand j’ai commencé la perche. Et en fait ça ne m’a pas paru pas si difficile que ça, et c’est ce qui m’a le plus choqué. D’un côté j’étais heureux parce que j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire. De l’autre côté je me suis dit « C’est pas si compliqué ! ». Ce n’était pas un truc de fou, j’ai pas fait 6 mètres pour atteindre cette finale ! Finalement c’est à la portée de beaucoup de gens avec de l’entrainement. C’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes aussi : si tu t’entraines, tu peux être bon. Tu ne peux pas être champion olympique, tu ne peux pas être recordman du monde parce qu’il faut un truc à la base. Mais tu peux être bon ! 

Ninon Guillon-Romarin : Moi c’est totalement différent parce qu’en 2018, je viens de progresser d’un coup. En 2017 je fais 4’60m et je cherchais des places pour aller voir Axel à Londres. Cette année-là je passe de 4’40m à 4’60m très rapidement. En mai, je fais 4’40m, et en juin je fais 4’60m et j’ai mon ticket pour les championnats du monde. Je passe de spectatrice à actrice. Je vais être sur le stade avec les filles que je suis à la télé d’habitude. J’ai vraiment sauté d’un coup dans le truc alors qu’Axel tu avais déjà été champion du monde jeune. Tu étais déjà dans une démarche de haut niveau. J’avais le même projet mais bon…

C’était l’année de mon concours pour être prof des écoles. Finalement en 2018, c’est l’année où il se passe un truc de fou parce que je suis passé à 4’60m l’année d’avant et là je fais 4’70m, 4’71m l’hiver, puis 4’72m … Et je fais 4’75m à Monaco, et c’est la première fois depuis les championnats du monde que je me retrouve dans un concours international avec les meilleures du monde. Je fais 4’75m, je termine 8ème de ce concours. C’est monstrueux, je viens de faire une perf’ que les 10 ou 12 meilleurs du monde font. Je suis face à des nanas qui ont leur place depuis des années. Leur but est d’être finaliste dans chaque championnat et en fait je me dis que je suis en train de faire mon trou.

Axel Chapelle : Ce qui a été retenu de ce jour-là, c’était le record de France pour nous, Français, mais c’était le plus gros concours féminin depuis des années !

Ninon Guillon-Romarin : Et je suis enchantée de ça. Cet été aux championnats du monde c’est pareil, je fais 4’70m et je suis 12ème. 4’70m tu as au moins une médaille de bronze tout le temps ! C’est extra parce qu’on est plusieurs à pouvoir le faire, et on peut jouer. On sait qu’on a peu près toutes le même niveau et c’est encore plus sympa de jouer comme ça.
On vit des trucs supers tous les deux et on a eu une construction différente. On gère très bien le stress tous les deux. Je suis clairement meilleure quand il y a de l’enjeu.

S’exprimer publiquement sur des sujets qui comptent, tout sauf une obligation

Comme chaque athlète, le mot « sacrifice » fait partie de votre quotidien. Que signifie ce mot pour vous ?

Axel Chapelle : Quand on aime vraiment le sport, ce ne sont pas vraiment des sacrifices. On le fait avec plaisir. Il y a des choses qu’on aimerait faire, comme partir en vacances avec nos potes, ce qui est quasiment impossible. On est en décalé par rapport aux vacances des gens. On aimerait les voir plus souvent, accepter plus de sorties. On nous propose souvent, mais on doit répondre « non demain matin 10h, je suis à l’entrainement. Je n’ai pas envie de me blesser ».

Ninon Guillon-Romarin : On a la chance d’être entourée par des gens supers. Ils savent que ce n’est pas contre eux, et si tu nous invites la prochaine fois on sera dispo.

Axel Chapelle : Et des fois on le fait mais on se dit « tant pis demain on sera cramé ». Il faut vivre aussi.

Ninon Guillon-Romarin : On ne se fixe pas trop de contrainte. Par exemple, on mange équilibré, mais on ne va pas se priver de pizza parce que dans 15 jours il y a une compet’. Ça on ne le fait pas.

Axel Chapelle : Ça m’est arrivé de manger un grec le midi d’une compet’ et de battre mon record…

Ninon Guillon-Romarin : Pour moi, les sacrifices, c’est ma famille. Elle est plus loin. La famille d’Axel est dans le coin donc on se voit quand même régulièrement. Son père est notre coach, donc on le voit tous les jours. Je suis loin de mes petits frères, de mes grands-parents. Tous les Noëls on va dans ma famille, et on ne se pose pas la question. S’il y a une compet’ dans 5 jours, ce n’est pas grave, on prend quand même deux jours à Noël. Certaines choses sont plus importantes.

Estimez-vous, en tant qu’athlète, avoir le devoir de vous exprimer dans les médias ou publiquement sur des sujets de société ?

Axel Chapelle : Peut-être que les champions peuvent avoir un poids, leur voix compte. Quand je parle de champion, je parle de Tony Parker ou des personnalités comme ça. Nous ne sommes pas des champions, on est des athlètes de haut niveau. Et je ne pense pas que ce soit une obligation. Tu peux le faire, et ces gens-là sont légitimes lorsqu’ils le font.  

Ninon Guillon-Romarin : Si on nous demande et qu’on est en mesure de répondre par notre vécu, bien-sûr qu’on peut s’exprimer. Mais je pense qu’il faut aussi savoir rester à sa place. On a une liberté d’expression, et on a aussi la liberté de ne pas parler si c’est un domaine qu’on ne maîtrise pas ou qu’on ne sent pas. 

Anais Michel.

Il est aussi grand que Anais Michel. Anais Michel. Je deviens Anais Michel. Nous serions Anais Michel. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Anais Michel. Une boite de lunette détient le grand Anais Michel. Attention aux impératifs complète Mary. Anais Michel n'est autre que moi.

Déterminés dans le stade comme dans la vie, les perchistes Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle représentent la perche française au sommet des plus grands concours internationaux. A un an des Jeux Olympiques, ils reviennent sur leur vie d’athlètes de haut niveau et de monsieur et madame tout-le-monde, leurs attentes pour le futur et le rôle des athlètes dans les prises de parole publiques. En toute simplicité.

Portrait de Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle
©️ By Athlete
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Ninon Guillon-Romarin et Axel Chapelle
• Nés le 15 et le 24 avril 1995
• Saut à la perche

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Comment vous décririez-vous sans utiliser les mots « perche » et « sportif » ? 

Ninon Guillon-Romarin : Je m’appelle Ninon Guillon-Romarin, je suis championne de France de saut à la perche et je détiens le record de France avec 4’75m.

Axel Chapelle : Je suis Axel Chapelle, je fais aussi du saut à la perche. Je n’ai pas le record du saut à la perche mais je suis aussi champion de France ! Sinon, on est plutôt simple et drôle. On aime bien rire… On aime bien rire de nous mais… surtout des autres. On a une vie normale, on aime les choses simples.

Ninon Guillon-Romarin : Comme tout le monde on se lève le matin, et on déjeune. Après on va travailler, c’est juste que c’est un travail un peu différent. Quand on rentre le midi, on mange… C’est moi qui fait à manger et lui mange (rires). Si on se réentraîne l’après-midi, les gens retournent travailler aussi donc c‘est pareil. Le soir, on mange (rires) ! Et on regarde une série. On a des copains comme tout le monde.

Votre relation est régulièrement évoquée dans les médias, au moment de parler de vos performances. Est-ce que cela vous gêne et aimeriez qu’il en soit autrement, ou ce n’est pas un problème ? 

Ninon Guillon-Romarin : Non, je ne pense pas que ce soit un problème pour nous. On ne s’est jamais vraiment cacher, parce que ça fait longtemps qu’on est ensemble. Dans le milieu dans lequel on est, tout le monde le sait. Ce n’est pas un secret. On a aussi notre vie privée. Les gens connaissent ce qu’ils voient et ce que l’on veut bien montrer, mais on sait mettre les limites lorsqu’on ne veut pas en parler.

Se projeter après l’athlé, pas encore d’actualité

Quel métier auriez-vous voulu faire si vous n’aviez pas eu le sport de haut niveau ? 

Axel Chapelle : J’aurais été bien embêté parce qu’à ce moment-là, je ne savais pas ce que je voulais faire. Ça a été un bel échappatoire pour moi. C’est compliqué de savoir ce qu’on veut faire à 18 ou 19 ans. Quoique j’en avais 19 avec mon année de retard. Je ne savais toujours pas ce que je voulais faire, et le sport m’a bien aidé. Aujourd’hui j’ai un peu plus d’idées : je sais que je veux travailler dans le sport et avec des enfants. Ce n’est pas un truc auquel on pense pendant une carrière, ce n’est pas encore précis, mais je suis en train de me poser la question.

Ninon Guillon-Romarin : J’ai fait des études pour être professeure des écoles. On coach aussi des jeunes ensemble donc je sais que j’aime bosser avec des jeunes. Maintenant, dire que je vais forcément être professeure des écoles après ma carrière… En tant qu’athlète, je me dis que j’aurais peut-être d’autres opportunités et que j’aurais envie d’utiliser ces différentes casquettes pour monter quelque chose à moi ou…

Axel Chapelle : … à nous !

Ninon Guillon-Romarin : Ou à nous oui ! C’est vrai que c’est un peu difficile lorsqu’on est en plein dans notre carrière. On a envie de penser perf’, compet’. C’est difficile de se projeter mais ça ne durera pas tout le temps.

Axel Chapelle : A 50 ans tu ne sautes plus à la perche…

Ninon et Axel souriants dans les gradins
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Comment a débuté votre histoire avec la perche ? 

Axel Chapelle : Mon frère faisait de la perche, et j’ai toujours fait de l’athlé. Mon père était, et est, toujours entraîneur, puisque c’est notre coach, à Franconville donc j’allais au stade tous les jours quand j’étais petit. L’athlé c’était normal, mais la perche c’est venu parce que mon frère en faisait et j’ai voulu faire pareil. Sinon je n’en aurais jamais fait je pense.

Ninon Guillon-Romarin : Moi à la base, je faisais de la gym. Je ne sais pas pourquoi, mais je disais que quand j’arrêterais la gym, je me mettrais à l’athlé. Une lubie parce que mes parents étaient tout sauf athlète mais ils étaient prof d’EPS donc j’ai grandi dans le sport. En 5ème, j’ai essayé le saut à la perche avec une ancienne athlète de haut niveau, Agnès Liverbardon. J’ai tout de suite pigé le truc parce qu’avec la gym j’avais des qualités de vitesse donc j’ai pris plaisir assez rapidement. Après quand on progresse on continue.

Axel Chapelle : C’est ça, quand tu progresses tu continues ! Moi à la base, je voulais faire des haies. J’aime trop les haies ! Le 110 mètres haies je trouve ça trop beau (rires). 

Ninon Guillon-Romarin : Sauf que les haies ne l’ont pas choisi (rires).

Axel Chapelle : Sauf que j’étais nul, c’est trop haut, je ne suis pas souple. Enfin bref, ce n’était pas pour moi. J’ai fait de la perche parce que j’étais bon là-dedans.

Le très haut niveau, pas impossible à atteindre

Avez-vous un souvenir de votre premier saut ? 

Axel Chapelle : Je me souviens de ma première compet en 2005. C’était à Aulnay-sous-Bois, sur le « Perche Elite Tour ». J’avais fait 1’81m, ma taille aujourd’hui. Tu apprends à connaître le petit stress de la compet’ et du premier saut. Que tu sois poussin ou benjamin aux championnats du Val d’Oise, ou aux championnats du monde, tu as toujours un petit stress au premier saut. C’est ce jour-là que j’ai appris ce que c’était donc c’est vrai que je m’en souviens bien.

Ninon Guillon-Romarin : Je ne me souviens pas du tout de mon premier saut, mais je me souviens de la première compet’ où je me suis dit « Ouah ça claque » ! C’était les « Pointes d’Or », les championnats de France pour les jeunes. J’étais qualifiée parce que je faisais de tout, et de la perche juste comme ça. A cette compet’ là j’ai fait deuxième à la perche. Il fallait faire un triathlon pour pouvoir s’y qualifier, avec un saut, une course et un lancer. Comme j’étais nulle en lancer, j’ai fait deux sauts (rires). J’avais le droit à un triathlon spécial, avec de la longueur, de la perche et les haies. Ça marquait vachement de points et j’avais terminé 8ème. C’était vachement bien, on était nombreux !

Axel Chapelle : Je les avais fait aussi mais j’avais pas été aussi bon, j’avais fini 26ème je crois. J’avais un problème : je n’étais bon qu’à la perche ! 

Ninon Guillon-Romarin : C’est cette année-là qu’on s’est rencontré. On avait fait les championnats de France UNSS ensemble. On avait 13 ans, c’était l’année de nos 14 ans. On s’est croisé sur cette compet’ mais on s’était déjà croisé dans l’hiver.

Axel regardant Ninon
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Si nous devions résumer votre carrière à votre fait d’arme le plus marquant, nous dirions la finale des championnats du monde 2017 à Londres (Royaume-Uni) pour toi Axel, et ton record de France à 4’75m pour toi Ninon. Que retenez-vous de ces moments-là ? 

Axel Chapelle : Ce n’est pas forcément mon meilleur souvenir mais être finaliste aux championnats du monde, ça me paraissait impossible quand j’ai commencé la perche. Et en fait ça ne m’a pas paru pas si difficile que ça, et c’est ce qui m’a le plus choqué. D’un côté j’étais heureux parce que j’ai fait quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire. De l’autre côté je me suis dit « C’est pas si compliqué ! ». Ce n’était pas un truc de fou, j’ai pas fait 6 mètres pour atteindre cette finale ! Finalement c’est à la portée de beaucoup de gens avec de l’entrainement. C’est ce que j’essaie de transmettre aux jeunes aussi : si tu t’entraines, tu peux être bon. Tu ne peux pas être champion olympique, tu ne peux pas être recordman du monde parce qu’il faut un truc à la base. Mais tu peux être bon !

Ninon Guillon-Romarin : Moi c’est totalement différent parce qu’en 2018, je viens de progresser d’un coup. En 2017 je fais 4’60m et je cherchais des places pour aller voir Axel à Londres. Cette année-là je passe de 4’40m à 4’60m très rapidement. En mai, je fais 4’40m, et en juin je fais 4’60m et j’ai mon ticket pour les championnats du monde. Je passe de spectatrice à actrice. Je vais être sur le stade avec les filles que je suis à la télé d’habitude. J’ai vraiment sauté d’un coup dans le truc alors qu’Axel tu avais déjà été champion du monde jeune. Tu étais déjà dans une démarche de haut niveau. J’avais le même projet mais bon.

C’était l’année de mon concours pour être prof des écoles. Finalement en 2018, c’est l’année où il se passe un truc de fou parce que je suis passé à 4’60m l’année d’avant et là je fais 4’70m, 4’71m l’hiver, puis 4’72m … Et je fais 4’75m à Monaco, et c’est la première fois depuis les championnats du monde que je me retrouve dans un concours international avec les meilleures du monde. Je fais 4’75m, je termine 8ème de ce concours. C’est monstrueux, je viens de faire une perf’ que les 10 ou 12 meilleurs du monde font. Je suis face à des nanas qui ont leur place depuis des années. Leur but est d’être finaliste dans chaque championnat et en fait je me dis que je suis en train de faire mon trou.

Axel Chapelle : Ce qui a été retenu de ce jour-là, c’était le record de France pour nous, Français, mais c’était le plus gros concours féminin depuis des années ! 

Ninon Guillon-Romarin : Et je suis enchantée de ça. Cet été aux championnats du monde c’est pareil, je fais 4’70m et je suis 12ème. 4’70m tu as au moins une médaille de bronze tout le temps ! C’est extra parce qu’on est plusieurs à pouvoir le faire, et on peut jouer. On sait qu’on a peu près toutes le même niveau et c’est encore plus sympa de jouer comme ça.
On vit des trucs supers tous les deux et on a eu une construction différente. On gère très bien le stress tous les deux. Je suis clairement meilleure quand il y a de l’enjeu.

S’exprimer publiquement sur des sujets qui comptent, tout sauf une obligation

Comme chaque athlète, le mot « sacrifice » fait partie de votre quotidien. Que signifie ce mot pour vous ? 

Axel Chapelle : Quand on aime vraiment le sport, ce ne sont pas vraiment des sacrifices. On le fait avec plaisir. Il y a des choses qu’on aimerait faire, comme partir en vacances avec nos potes, ce qui est quasiment impossible. On est en décalé par rapport aux vacances des gens. On aimerait les voir plus souvent, accepter plus de sorties. On nous propose souvent, mais on doit répondre « non demain matin 10h, je suis à l’entrainement. Je n’ai pas envie de me blesser ».

Ninon Guillon-Romarin : On a la chance d’être entourée par des gens supers. Ils savent que ce n’est pas contre eux, et si tu nous invites la prochaine fois on sera dispo.

Axel Chapelle : Et des fois on le fait mais on se dit « tant pis demain on sera cramé ». Il faut vivre aussi. 

Ninon Guillon-Romarin : On ne se fixe pas trop de contrainte. Par exemple, on mange équilibré, mais on ne va pas se priver de pizza parce que dans 15 jours il y a une compet’. Ça on ne le fait pas.

Axel Chapelle : Ça m’est arrivé de manger un grec le midi d’une compet’ et de battre mon record… 

Ninon Guillon-Romarin : Pour moi, les sacrifices, c’est ma famille. Elle est plus loin. La famille d’Axel est dans le coin donc on se voit quand même régulièrement. Son père est notre coach, donc on le voit tous les jours. Je suis loin de mes petits frères, de mes grands-parents. Tous les Noëls on va dans ma famille, et on ne se pose pas la question. S’il y a une compet’ dans 5 jours, ce n’est pas grave, on prend quand même deux jours à Noël. Certaines choses sont plus importantes.

Estimez-vous, en tant qu’athlète, avoir le devoir de vous exprimer dans les médias ou publiquement sur des sujets de société ? 

Axel Chapelle : Peut-être que les champions peuvent avoir un poids, leur voix compte. Quand je parle de champion, je parle de Tony Parker ou des personnalités comme ça. Nous ne sommes pas des champions, on est des athlètes de haut niveau. Et je ne pense pas que ce soit une obligation. Tu peux le faire, et ces gens-là sont légitimes lorsqu’ils le font.

Ninon Guillon-Romarin : Si on nous demande et qu’on est en mesure de répondre par notre vécu, bien-sûr qu’on peut s’exprimer. Mais je pense qu’il faut aussi savoir rester à sa place. On a une liberté d’expression, et on a aussi la liberté de ne pas parler si c’est un domaine qu’on ne maîtrise pas ou qu’on ne sent pas. 

Adrien Couderc.

Il est aussi grand que Anais Michel. Anais Michel. Je deviens Anais Michel. Nous serions Anais Michel. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Anais Michel. Une boite de lunette détient le grand Anais Michel. Attention aux impératifs complète Mary. Anais Michel n'est autre que moi.

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