Isabelle Joschke, seule en mer

1er juin 2020

Isabelle Joschke, seule en mer

1er juin 2020

Isabelle Joschke, seule en mer

1er juin 2020

© Ronan Gladu

Profession ? Skipper professionnelle. Depuis 17 ans, Isabelle Joschke navigue entre mers et océans, à la recherche d’un sentiment de plénitude que seule l’immensité marine semble pouvoir lui apporter. Si la situation sanitaire le permet, la franco-allemande parcourra les eaux du monde entier dès novembre prochain et ce pendant plus de 80 jours. En quête d’un exploit immense.

Isabelle Joschke en équilibre sur le bateau

Après trois mois de chantier, le meilleur ami d’Isabelle Joschke a enfin retrouvé les flots il y a quelques jours. MACSF, IMOCA de 60 pieds , a fait peau neuve au cours des dernières semaines. A son bord, la skipper Lorientaise se lance dans le plus grand défi de sa carrière : dompter le Vendée Globe. Un objectif qui exige une préparation physique engagée, pour maîtriser ces bêtes de course.

Je dirais que je me prépare depuis que j’ai débuté la course au large. Cette prépa physique ne s’arrête jamais vraiment et fait partie de mon quotidien tout au long de l’année. J’ai presque envie de dire que j’ai commencé à me préparer pour le Vendée Globe il y a 15 ans.

Début 2016, je navigue sur un plus gros bateau et au même moment j’ai commencé le Pilates, avec une préparation très ciblée. Mon objectif est d’utiliser mon potentiel à 100%, en gagnant en densité musculaire mais aussi en souplesse.

« Si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher »

Être prête à parer toute éventualité, parce que, loin de tout, Isabelle sera seule à bord. Même si depuis plusieurs années, l’amélioration des moyens de communication ont fait croître l’impact de l’équipe restée à terre, la native de Munich aime à rappeler que rien ne pourra aider un marin en temps voulu. Si ce n’est lui-même.

Cette évolution a modifié plein de choses. Aujourd’hui, on se sent moins seul en mer. On peut très vite demander conseil et des idées pour aller de l’avant en cas de pépin technique. Après ça ne change rien physiquement, sur le bateau ! Il est toujours aussi dur à manœuvrer, et ce n’est pas l’aide sur terre qui ferait tourner les manivelles.

Isabelle installée à sa table à cartes
© Thierry Martinez

Les exigences des organisateurs et proches poussent aussi les athlètes à devoir régulièrement donner des informations sur leur état physique et moral. Ces contraintes d’échange vont à contre-courant de la solitude qu’Isabelle retrouve sur son bateau, une fois le téléphone raccroché.

Ça a un petit côté confortable quand on a un coup de mou par exemple, parce qu’on sait qu’on peut appeler. Mais à l’inverse, quand on est taillé pour le solitaire comme je le suis, il faut faire attention à ce que ça ne dénature pas le truc. De toutes façons, si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher. Le téléphone ne va pas m’hélitreuiller. Si je prends quelque chose dans la figure ou me fais une entorse, je suis seule pour me faire mon attelle et ensuite clopiner sur mon bateau.

Il faut savoir rester dans l’intention de départ. Passer 80 jours seule, c’est ça le projet. C’est l’ADN de notre course, et c’est pour ça qu’on est là.

« Difficile à comprendre pour mes proches »

Peu d’expériences humaines se rapprochent de l’aventure Vendée Globe. Se lancer à la conquête d’un tour du monde à la voile, en solitaire et sans assistance peut parfois être difficilement compris de la part des proches des athlètes. Et cela est d’autant plus le cas lorsqu’aucun d’entre eux n’a d’atomes crochus avec le milieu maritime.

Voilier MACSF de face
© Christophe Favreau

Je suis issue d’un milieu de terriens, qui ne connaît pas bien la mer et la navigation de manière générale. De là où je viens, la mer fait peur, donc la première fois que j’ai annoncé me lancer dans une traversée de l’Atlantique, ça a fait bizarre. Il a fallu du temps pour que ce soit accepté autour de moi.

Je me souviens que j’étais avec mon père et mon frère lorsque j’ai appris que je partais sur le projet Vendée Globe. J’ai vu qu’il n’y avait pas que de la réjouissance dans les regards. Ils étaient contents pour moi, parce que c’est un rêve et une aventure énorme. Sauf qu’ils connaissent aussi l’histoire du Vendée, il n’y a pas que des choses toutes roses…

Il est vrai que les avaries à bord des embarcations peuvent jouer des tours à leur leader, les abandonnant parfois à leur sort. Mais alors qu’est-ce qui motive une athlète à partir seule, malgré l’inquiétude presque affichée de son entourage ?

Être seule en mer. Ça m’a toujours habité. Ce sont des rêves d’enfant, je ne sais pas l’expliquer. Je suis bien en mer. Il y aussi ce côté « jusqu’au boutiste », à aller au bout de soi. C’est bête à dire, mais c’est la manière la plus simple de résumer ce que je ressens. Faire le tour du monde, symboliquement, c’est énorme. On va très au sud, au bout du bout du monde, en faisant un voyage que je ne ferais peut-être plus jamais.

L’expédition d’une vie pour une passionnée qui, loin de tout, se sent chez elle.

© Ronan Gladu

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Profession ? Skipper professionnelle. Depuis 17 ans, Isabelle Joschke navigue entre mers et océans, à la recherche d’un sentiment de plénitude que seule l’immensité marine semble pouvoir lui apporter. Si la situation sanitaire le permet, la franco-allemande parcourra les eaux du monde entier dès novembre prochain et ce pendant plus de 80 jours. En quête d’un exploit immense. 

Isabelle Joschke en équilibre sur le bateau
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Isabelle Joschke
• Née le 27 janvier 1977
• Voile

Après trois mois de chantier, le meilleur ami d’Isabelle Joschke a enfin retrouvé les flots il y a quelques jours. MACSF, IMOCA de 60 pieds , a fait peau neuve au cours des dernières semaines. A son bord, la skipper Lorientaise se lance dans le plus grand défi de sa carrière : dompter le Vendée Globe. Un objectif qui exige une préparation physique engagée, pour maîtriser ces bêtes de course.

Je dirais que je me prépare depuis que j’ai débuté la course au large. Cette prépa physique ne s’arrête jamais vraiment et fait partie de mon quotidien tout au long de l’année. J’ai presque envie de dire que j’ai commencé à me préparer pour le Vendée Globe il y a 15 ans.

Début 2016, je navigue sur un plus gros bateau et au même moment j’ai commencé le Pilates, avec une préparation très ciblée. Mon objectif est d’utiliser mon potentiel à 100%, en gagnant en densité musculaire mais aussi en souplesse. 

« Si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher »

Être prête à parer toute éventualité, parce que, loin de tout, Isabelle sera seule à bord. Même si depuis plusieurs années, l’amélioration des moyens de communication ont fait croître l’impact de l’équipe restée à terre, la native de Munich aime à rappeler que rien ne pourra aider un marin en temps voulu. Si ce n’est lui-même.

Cette évolution a modifié plein de choses. Aujourd’hui, on se sent moins seul en mer. On peut très vite demander conseil et des idées pour aller de l’avant en cas de pépin technique. Après ça ne change rien physiquement, sur le bateau ! Il est toujours aussi dur à manœuvrer, et ce n’est pas l’aide sur terre qui ferait tourner les manivelles.

© Thierry Martinez

Les exigences des organisateurs et proches poussent aussi les athlètes à devoir régulièrement donner des informations sur leur état physique et moral. Ces contraintes d’échange vont à contre-courant de la solitude qu’Isabelle retrouve sur son bateau, une fois le téléphone raccroché.

Ça a un petit côté confortable quand on a un coup de mou par exemple, parce qu’on sait qu’on peut appeler. Mais à l’inverse, quand on est taillé pour le solitaire comme je le suis, il faut faire attention à ce que ça ne dénature pas le truc. De toutes façons, si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher. Le téléphone ne va pas m’hélitreuiller. Si je prends quelque chose dans la figure ou me fais une entorse, je suis seule pour me faire mon attelle et ensuite clopiner sur mon bateau.

Il faut savoir rester dans l’intention de départ. Passer 80 jours seule, c’est ça le projet. C’est l’ADN de notre course, et c’est pour ça qu’on est là.

« Difficile à comprendre pour mes proches »

Peu d’expériences humaines se rapprochent de l’aventure Vendée Globe. Se lancer à la conquête d’un tour du monde à la voile, en solitaire et sans assistance peut parfois être difficilement compris de la part des proches des athlètes. Et cela est d’autant plus le cas lorsqu’aucun d’entre eux n’a d’atomes crochus avec le milieu maritime.

Voilier MACSF de face
© Christophe Favreau

Je suis issue d’un milieu de terriens, qui ne connaît pas bien la mer et la navigation de manière générale. De là où je viens, la mer fait peur, donc la première fois que j’ai annoncé me lancer dans une traversée de l’Atlantique, ça a fait bizarre. Il a fallu du temps pour que ce soit accepté autour de moi.

Je me souviens que j’étais avec mon père et mon frère lorsque j’ai appris que je partais sur le projet Vendée Globe. J’ai vu qu’il n’y avait pas que de la réjouissance dans les regards. Ils étaient contents pour moi, parce que c’est un rêve et une aventure énorme. Sauf qu’ils connaissent aussi l’histoire du Vendée, il n’y a pas que des choses toutes roses…. 

Il est vrai que les avaries à bord des embarcations peuvent jouer des tours à leur leader, les abandonnant parfois à leur sort. Mais alors qu’est-ce qui motive une athlète à partir seule, malgré l’inquiétude presque affichée de son entourage ?

Être seule en mer. Ça m’a toujours habité. Ce sont des rêves d’enfant, je ne sais pas l’expliquer. Je suis bien en mer. Il y aussi ce côté « jusqu’au boutiste », à aller au bout de soi. C’est bête à dire, mais c’est la manière la plus simple de résumer ce que je ressens. Faire le tour du monde, symboliquement, c’est énorme. On va très au sud, au bout du bout du monde, en faisant un voyage que je ne ferais peut-être plus jamais.

L’expédition d’une vie pour une passionnée qui, loin de tout, se sent chez elle.

Isabelle.

Il est aussi grand que Isabelle Joschke. Isabelle Joschke. Je deviens Isabelle Joschke. Nous serions Isabelle Joschke. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Isabelle Joschke. Une boite de lunette détient le grand Isabelle Joschke. Attention aux impératifs complète Mary. Isabelle Joschke n'est autre que moi.

© Ronan Gladu

Profession ? Skipper professionnelle. Depuis 17 ans, Isabelle Joschke navigue entre mers et océans, à la recherche d’un sentiment de plénitude que seule l’immensité marine semble pouvoir lui apporter. Si la situation sanitaire le permet, la franco-allemande parcourra les eaux du monde entier dès novembre prochain et ce pendant plus de 80 jours. En quête d’un exploit immense. 

Isabelle Joschke en équilibre sur le bateau
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Isabelle Joschke
• Née le 27 janvier 1977
• Voile

Après trois mois de chantier, le meilleur ami d’Isabelle Joschke a enfin retrouvé les flots il y a quelques jours. MACSF, IMOCA de 60 pieds , a fait peau neuve au cours des dernières semaines. A son bord, la skipper Lorientaise se lance dans le plus grand défi de sa carrière : dompter le Vendée Globe. Un objectif qui exige une préparation physique engagée, pour maîtriser ces bêtes de course.

Je dirais que je me prépare depuis que j’ai débuté la course au large. Cette prépa physique ne s’arrête jamais vraiment et fait partie de mon quotidien tout au long de l’année. J’ai presque envie de dire que j’ai commencé à me préparer pour le Vendée Globe il y a 15 ans.

Début 2016, je navigue sur un plus gros bateau et au même moment j’ai commencé le Pilates, avec une préparation très ciblée. Mon objectif est d’utiliser mon potentiel à 100%, en gagnant en densité musculaire mais aussi en souplesse.

« Si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher »

Être prête à parer toute éventualité, parce que, loin de tout, Isabelle sera seule à bord. Même si depuis plusieurs années, l’amélioration des moyens de communication ont fait croître l’impact de l’équipe restée à terre, la native de Munich aime à rappeler que rien ne pourra aider un marin en temps voulu. Si ce n’est lui-même.

Cette évolution a modifié plein de choses. Aujourd’hui, on se sent moins seul en mer. On peut très vite demander conseil et des idées pour aller de l’avant en cas de pépin technique. Après ça ne change rien physiquement, sur le bateau ! Il est toujours aussi dur à manœuvrer, et ce n’est pas l’aide sur terre qui ferait tourner les manivelles.

Isabelle installée à sa table à cartes
© Thierry Martinez

Les exigences des organisateurs et proches poussent aussi les athlètes à devoir régulièrement donner des informations sur leur état physique et moral. Ces contraintes d’échange vont à contre-courant de la solitude qu’Isabelle retrouve sur son bateau, une fois le téléphone raccroché.

Ça a un petit côté confortable quand on a un coup de mou par exemple, parce qu’on sait qu’on peut appeler. Mais à l’inverse, quand on est taillé pour le solitaire comme je le suis, il faut faire attention à ce que ça ne dénature pas le truc. De toutes façons, si j’ai un problème, personne ne viendra me chercher. Le téléphone ne va pas m’hélitreuiller. Si je prends quelque chose dans la figure ou me fais une entorse, je suis seule pour me faire mon attelle et ensuite clopiner sur mon bateau.

Il faut savoir rester dans l’intention de départ. Passer 80 jours seule, c’est ça le projet. C’est l’ADN de notre course, et c’est pour ça qu’on est là.

« Difficile à comprendre pour mes proches »

Peu d’expériences humaines se rapprochent de l’aventure Vendée Globe. Se lancer à la conquête d’un tour du monde à la voile, en solitaire et sans assistance peut parfois être difficilement compris de la part des proches des athlètes. Et cela est d’autant plus le cas lorsqu’aucun d’entre eux n’a d’atomes crochus avec le milieu maritime.

Voilier MACSF de face
© Christophe Favreau

Je suis issue d’un milieu de terriens, qui ne connaît pas bien la mer et la navigation de manière générale. De là où je viens, la mer fait peur, donc la première fois que j’ai annoncé me lancer dans une traversée de l’Atlantique, ça a fait bizarre. Il a fallu du temps pour que ce soit accepté autour de moi.
Je me souviens que j’étais avec mon père et mon frère lorsque j’ai appris que je partais sur le projet Vendée Globe. J’ai vu qu’il n’y avait pas que de la réjouissance dans les regards. Ils étaient contents pour moi, parce que c’est un rêve et une aventure énorme. Sauf qu’ils connaissent aussi l’histoire du Vendée, il n’y a pas que des choses toutes roses… 

Il est vrai que les avaries à bord des embarcations peuvent jouer des tours à leur leader, les abandonnant parfois à leur sort. Mais alors qu’est-ce qui motive une athlète à partir seule, malgré l’inquiétude presque affichée de son entourage ?

Être seule en mer. Ça m’a toujours habité. Ce sont des rêves d’enfant, je ne sais pas l’expliquer. Je suis bien en mer. Il y aussi ce côté « jusqu’au boutiste », à aller au bout de soi. C’est bête à dire, mais c’est la manière la plus simple de résumer ce que je ressens. Faire le tour du monde, symboliquement, c’est énorme. On va très au sud, au bout du bout du monde, en faisant un voyage que je ne ferais peut-être plus jamais.

L’expédition d’une vie pour une passionnée qui, loin de tout, se sent chez elle.

Isabelle.

Il est aussi grand que Isabelle JOschke. Isabelle JOschke. Je deviens Isabelle JOschke. Nous serions Isabelle JOschke. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Isabelle JOschke. Une boite de lunette détient le grand Isabelle JOschke. Attention aux impératifs complète Mary. Isabelle JOschke n'est autre que moi.

Mais qui est Isabelle Joschke ?