Jean Olharan, profession pelotari

17 août 2020

©️ Tamara Ramírez

Jean Olharan, profession pelotari

17 août 2020

©️ Tamara Ramírez

Jean Olharan, profession pelotari

17 août 2020

©️ Tamara Ramírez

La pelote basque est une véritable institution au Pays Basque, installée depuis plusieurs siècles dans les cœurs des locaux. Jean Olharan est un des meilleurs joueurs français de ce sport méconnu du grand public, pourtant adulé dans le sud-ouest. Par son franc parler, le Palois nous fait découvrir la réalité qui se cache derrière sa vie de pelotari et la tradition de la cesta punta. 

Jean Olharan sourit avec sa chistera et son casque contre un fronton

La cesta punta. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, cette spécialité du sud-ouest relève du patrimoine de toute une région. Les imposantes installations nécessaires à sa pratique et la passion engagée au cours de chacun de ses matchs en font un sport à part. La pelote basque se transmet d’ailleurs de père en fils comme une tradition ancestrale, où chacun est fier de son passé.

Jean Olharan fait partie de ses adeptes du jai alaï. Lui aussi a découvert ce sport par son père, ancien joueur, avant de très rapidement se faire son propre nom.

Une meilleure rémunération grâce aux paris

A seulement 20 ans, le jeune Jean devenait champion du monde. En 2010, certes, et il tient à le rappeler, seuls les joueurs amateurs étaient en droit de participer à cette compétition de prestige. Certes. Cependant, la performance reste à souligner, tant Jean Olharan semblait dores et déjà pouvoir écrire une belle page de l’histoire de son sport. De quoi récolter les prémices d’une carrière professionnelle réussie, et espérer en vivre malgré les difficultés financières promises même aux meilleurs pelotaris.

« Pour assurer le coup, tout le monde a un travail. Sauf Goikoetxea qui est sponsorisé Red Bull, mais pour avoir des gros sponsors, c’est compliqué. Personnellement, je travaillais dans la boulangerie de ma famille avant, ce qui me permettait de m’entraîner facilement. Quand je partais à l’étranger, je posais des congés sans solde. Et depuis la rentrée de septembre, je suis employé par mon club à Pau pour entraîner les petits. Donc on peut dire que je me dédie exclusivement à ça »

Jean Olharan sur le terrain, balle dans la chistera
©️ Tamara Ramírez

Alors pour vivre de la pratique de leur discipline, les pelotaris européens s’exportent de l’autre côté de l’Atlantique. En Floride (Etats-Unis) et au Mexique, le business, juteux, se base sur les jeux d’argent. Les parieurs peuvent dépenser des sommes considérables sur des matchs, dont une partie de ces revenus revient à Jean Olharan et aux autres joueurs.

« Les systèmes de paiement ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis et au Mexique, mais dans les deux cas on est payé mensuellement avec des primes en plus. En allant au Mexique quelques mois par an ces trois dernières années, j’ai pu ramener un peu d’argent. Notre salaire là-bas est plus élevé que ce qu’on touche ici en travaillant à côté. En France, on est payé à la performance, donc pour en vivre tu as intérêt à gagner (rires).

En général, on part au Mexique de février à juin, puis on joue des tournois en France de juillet à décembre. Les meilleurs peuvent en vivre, les autres galèrent. L’année où j’avais très bien gazé, j’aurais pu me verser le même salaire que je touchais à la boulangerie en étalant mes gains sur l’année »

« Je suis là pour passer un bon moment »

En France, la cesta punta ne fait pas recette grâce aux paris. La culture sportive propre à notre pays se porte davantage sur la qualité du spectacle offert par les pelotaris qu’aux jeux d’argent développés en marge de ces matchs. Ce constat impose à l’ensemble des acteurs de la pelote de s’adapter et créer leur propre modèle économique basé sur des sponsors et la télévision.

« Avant, à Pau, on pouvait parier sur les matchs car le jai alaï est installé dans l’enceinte d’un hippodrome. Ça n’a pas du tout pris parce que les gens ne viennent pas parier d’argent, ils viennent profiter d’un spectacle. On est surtout là pour passer un bon moment et rigoler.

Pour travailler à la Section Paloise, je vois de l’intérieur ce qu’il se passe. Les partenariats sont la principale source de revenus, et pendant des compétitions importantes, les droits télévisuels de Canal Plus permettent de financer une partie des primes des joueurs. La billetterie vient souvent en bonus »

Jean Olharan avec son casque et sa chistera contre un fronton
©️ Tamara Ramírez

Pour se préparer au mieux et affronter les échéances proposées des deux côtés du globe, les athlètes suivent un programme de préparation physique. Jean Olharan est d’ailleurs accompagné par un professionnel de la préparation physique, Nicolas Labaigs, d’ordinaire concentré sur les sports collectifs. En revanche, le Palois n’est pas un grand adepte de la préparation mentale, qui l’empêche de jouer pleinement son jeu et de prendre du plaisir. Anecdote qui résume parfaitement le caractère d’un personnage haut en couleur.

« A la sortie des championnats du monde 2018, j’ai rencontré le préparateur mental de la fédération. J’ai essayé, mais j’avais l’impression d’être complètement en décalage entre ce qu’il fallait faire et ce que je faisais moi (rires). Il me disait de jouer pour gagner, or ma vision du truc est de rentrer sur un fronton pour bien jouer et finir le point quand je peux. Si tu joues mieux que l’autre, tu as 9 chances sur 10 de gagner.

Sur le terrain, je suis assez démonstratif et pour passer un bon moment. Du coup c’est vivant. Mais dans son esprit, il fallait rester froid et ne montrer aucun signe à l’adversaire. Je n’ai pas senti beaucoup de résultats donc j’ai arrêté. La seule chose que j’ai ressenti, c’est que je me faisais chier en jouant (rires) ! »

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

La pelote basque est une véritable institution au Pays Basque, installée depuis plusieurs siècles dans les cœurs des locaux. Jean Olharan est un des meilleurs joueurs français de ce sport méconnu du grand public, pourtant adulé dans le sud-ouest. Par son franc parler, le Palois nous fait découvrir la réalité qui se cache derrière sa vie de pelotari et la tradition de la cesta punta.

Jean Olharan sourit avec sa chistera et son casque contre un fronton
©️ Tamara Ramírez
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Jean Olharan
• Né le 29 juillet 1989
• Cesta-punta (pelote basque)

La cesta punta. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, cette spécialité du sud-ouest relève du patrimoine de toute une région. Les imposantes installations nécessaires à sa pratique et la passion engagée au cours de chacun de ses matchs en font un sport à part. La pelote basque se transmet d’ailleurs de père en fils comme une tradition ancestrale, où chacun est fier de son passé.

Jean Olharan fait partie de ses adeptes du jai alaï. Lui aussi a découvert ce sport par son père, ancien joueur, avant de très rapidement se faire son propre nom.

Une meilleure rémunération grâce aux paris

A seulement 20 ans, le jeune Jean devenait champion du monde. En 2010, certes, et il tient à le rappeler, seuls les joueurs amateurs étaient en droit de participer à cette compétition de prestige. Certes. Cependant, la performance reste à souligner, tant Jean Olharan semblait dores et déjà pouvoir écrire une belle page de l’histoire de son sport. De quoi récolter les prémices d’une carrière professionnelle réussie, et espérer en vivre malgré les difficultés financières promises même aux meilleurs pelotaris.

« Pour assurer le coup, tout le monde a un travail. Sauf Goikoetxea qui est sponsorisé Red Bull, mais pour avoir des gros sponsors, c’est compliqué. Personnellement, je travaillais dans la boulangerie de ma famille avant, ce qui me permettait de m’entraîner facilement. Quand je partais à l’étranger, je posais des congés sans solde. Et depuis la rentrée de septembre, je suis employé par mon club à Pau pour entraîner les petits. Donc on peut dire que je me dédie exclusivement à ça »

©️ Tamara Ramírez

Alors pour vivre de la pratique de leur discipline, les pelotaris européens s’exportent de l’autre côté de l’Atlantique. En Floride (Etats-Unis) et au Mexique, le business, juteux, se base sur les jeux d’argent. Les parieurs peuvent dépenser des sommes considérables sur des matchs, dont une partie de ces revenus revient à Jean Olharan et aux autres joueurs.

« Les systèmes de paiement ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis et au Mexique, mais dans les deux cas on est payé mensuellement avec des primes en plus. En allant au Mexique quelques mois par an ces trois dernières années, j’ai pu ramener un peu d’argent. Notre salaire là-bas est plus élevé que ce qu’on touche ici en travaillant à côté. En France, on est payé à la performance, donc pour en vivre tu as intérêt à gagner (rires).
En général, on part au Mexique de février à juin, puis on joue des tournois en France de juillet à décembre. Les meilleurs peuvent en vivre, les autres galèrent. L’année où j’avais très bien gazé, j’aurais pu me verser le même salaire que je touchais à la boulangerie en étalant mes gains sur l’année »

« Je suis là pour passer un bon moment »

En France, la cesta punta ne fait pas recette grâce aux paris. La culture sportive propre à notre pays se porte davantage sur la qualité du spectacle offert par les pelotaris qu’aux jeux d’argent développés en marge de ces matchs. Ce constat impose à l’ensemble des acteurs de la pelote de s’adapter et créer leur propre modèle économique basé sur des sponsors et la télévision.

« Avant, à Pau, on pouvait parier sur les matchs car le jai alaï est installé dans l’enceinte d’un hippodrome. Ça n’a pas du tout pris parce que les gens ne viennent pas parier d’argent, ils viennent profiter d’un spectacle. On est surtout là pour passer un bon moment et rigoler.
Pour travailler à la Section Paloise, je vois de l’intérieur ce qu’il se passe. Les partenariats sont la principale source de revenus, et pendant des compétitions importantes, les droits télévisuels de Canal Plus permettent de financer une partie des primes des joueurs. La billetterie vient souvent en bonus »

Jean Olharan avec son casque et sa chistera contre un fronton
©️ Tamara Ramírez

Pour se préparer au mieux et affronter les échéances proposées des deux côtés du globe, les athlètes suivent un programme de préparation physique. Jean Olharan est d’ailleurs accompagné par un professionnel de la préparation physique, Nicolas Labaigs, d’ordinaire concentré sur les sports collectifs. En revanche, le Palois n’est pas un grand adepte de la préparation mentale, qui l’empêche de jouer pleinement son jeu et de prendre du plaisir. Anecdote qui résume parfaitement le caractère d’un personnage haut en couleur.

« A la sortie des championnats du monde 2018, j’ai rencontré le préparateur mental de la fédération. J’ai essayé, mais j’avais l’impression d’être complétement en décalage entre ce qu’il fallait faire et ce que je faisais moi (rires). Il me disait de jouer pour gagner, or ma vision du truc est de rentrer sur un fronton pour bien jouer et finir le point quand je peux. Si tu joues mieux que l’autre, tu as 9 chances sur 10 de gagner.
Sur le terrain, je suis assez démonstratif et pour passer un bon moment. Du coup c’est vivant. Mais dans son esprit, il fallait rester froid et ne montrer aucun signe à l’adversaire. Je n’ai pas senti beaucoup de résultats donc j’ai arrêté. La seule chose que j’ai ressenti, c’est que je me faisais chier en jouant (rires) ! »

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Jean.

Il est aussi grand que Jean Olharan. Jean Olharan. Je deviens Jean Olharan. Nous serions Jean Olharan. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Jean Olharan. Une boite de lunette détient le grand Jean Olharan. Attention aux impératifs complète Mary. Jean Olharan n'est autre que moi.

Mais qui est Jean Olharan ?

Jean Olharan est un joueur de pelote basque, spécialiste de la cesta punta, né à Pau (Pyrénées-Atlantiques). Champion du monde à 20 ans en 2010 en tant qu’amateur, il bascule l’année suivante dans le monde professionnel. Depuis, Jean Olharan partage son année entre la France et le Mexique, où il fait partie des pelotaris amenés à jouer devant des parieurs.

La pelote basque est une véritable institution au Pays Basque, installée depuis plusieurs siècles dans les cœurs des locaux. Jean Olharan est un des meilleurs joueurs français de ce sport méconnu du grand public, pourtant adulé dans le sud-ouest. Par son franc parler, le Palois nous fait découvrir la réalité qui se cache derrière sa vie de pelotari et la tradition de la cesta punta.

Jean Olharan sourit avec sa chistera et son casque contre un fronton
©️ Tamara Ramírez
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Jean Olharan
• Né le 29 juillet 1989
• Cesta-punta (pelote basque)

La cesta punta. Ce nom ne vous dit peut-être rien. Pourtant, cette spécialité du sud-ouest relève du patrimoine de toute une région. Les imposantes installations nécessaires à sa pratique et la passion engagée au cours de chacun de ses matchs en font un sport à part. La pelote basque se transmet d’ailleurs de père en fils comme une tradition ancestrale, où chacun est fier de son passé.

Jean Olharan fait partie de ses adeptes du jai alaï. Lui aussi a découvert ce sport par son père, ancien joueur, avant de très rapidement se faire son propre nom.

Une meilleure rémunération grâce aux paris

A seulement 20 ans, le jeune Jean devenait champion du monde. En 2010, certes, et il tient à le rappeler, seuls les joueurs amateurs étaient en droit de participer à cette compétition de prestige. Certes. Cependant, la performance reste à souligner, tant Jean Olharan semblait dores et déjà pouvoir écrire une belle page de l’histoire de son sport. De quoi récolter les prémices d’une carrière professionnelle réussie, et espérer en vivre malgré les difficultés financières promises même aux meilleurs pelotaris.

« Pour assurer le coup, tout le monde a un travail. Sauf Goikoetxea qui est sponsorisé Red Bull, mais pour avoir des gros sponsors, c’est compliqué. Personnellement, je travaillais dans la boulangerie de ma famille avant, ce qui me permettait de m’entraîner facilement. Quand je partais à l’étranger, je posais des congés sans solde. Et depuis la rentrée de septembre, je suis employé par mon club à Pau pour entraîner les petits. Donc on peut dire que je me dédie exclusivement à ça »

Jean Olharan sur le terrain, balle dans la chistera
©️ Tamara Ramírez

Alors pour vivre de la pratique de leur discipline, les pelotaris européens s’exportent de l’autre côté de l’Atlantique. En Floride (Etats-Unis) et au Mexique, le business, juteux, se base sur les jeux d’argent. Les parieurs peuvent dépenser des sommes considérables sur des matchs, dont une partie de ces revenus revient à Jean Olharan et aux autres joueurs.

« Les systèmes de paiement ne sont pas les mêmes aux Etats-Unis et au Mexique, mais dans les deux cas on est payé mensuellement avec des primes en plus. En allant au Mexique quelques mois par an ces trois dernières années, j’ai pu ramener un peu d’argent. Notre salaire là-bas est plus élevé que ce qu’on touche ici en travaillant à côté. En France, on est payé à la performance, donc pour en vivre tu as intérêt à gagner (rires).

En général, on part au Mexique de février à juin, puis on joue des tournois en France de juillet à décembre. Les meilleurs peuvent en vivre, les autres galèrent. L’année où j’avais très bien gazé, j’aurais pu me verser le même salaire que je touchais à la boulangerie en étalant mes gains sur l’année »

« Je suis là pour passer un bon moment »

En France, la cesta punta ne fait pas recette grâce aux paris. La culture sportive propre à notre pays se porte davantage sur la qualité du spectacle offert par les pelotaris qu’aux jeux d’argent développés en marge de ces matchs. Ce constat impose à l’ensemble des acteurs de la pelote de s’adapter et créer leur propre modèle économique basé sur des sponsors et la télévision.

« Avant, à Pau, on pouvait parier sur les matchs car le jai alaï est installé dans l’enceinte d’un hippodrome. Ça n’a pas du tout pris parce que les gens ne viennent pas parier d’argent, ils viennent profiter d’un spectacle. On est surtout là pour passer un bon moment et rigoler.

Pour travailler à la Section Paloise, je vois de l’intérieur ce qu’il se passe. Les partenariats sont la principale source de revenus, et pendant des compétitions importantes, les droits télévisuels de Canal Plus permettent de financer une partie des primes des joueurs. La billetterie vient souvent en bonus »

Jean Olharan avec son casque et sa chistera contre un fronton
©️ Tamara Ramírez

Pour se préparer au mieux et affronter les échéances proposées des deux côtés du globe, les athlètes suivent un programme de préparation physique. Jean Olharan est d’ailleurs accompagné par un professionnel de la préparation physique, Nicolas Labaigs, d’ordinaire concentré sur les sports collectifs. En revanche, le Palois n’est pas un grand adepte de la préparation mentale, qui l’empêche de jouer pleinement son jeu et de prendre du plaisir. Anecdote qui résume parfaitement le caractère d’un personnage haut en couleur.

« A la sortie des championnats du monde 2018, j’ai rencontré le préparateur mental de la fédération. J’ai essayé, mais j’avais l’impression d’être complètement en décalage entre ce qu’il fallait faire et ce que je faisais moi (rires). Il me disait de jouer pour gagner, or ma vision du truc est de rentrer sur un fronton pour bien jouer et finir le point quand je peux. Si tu joues mieux que l’autre, tu as 9 chances sur 10 de gagner.

Sur le terrain, je suis assez démonstratif et pour passer un bon moment. Du coup c’est vivant. Mais dans son esprit, il fallait rester froid et ne montrer aucun signe à l’adversaire. Je n’ai pas senti beaucoup de résultats donc j’ai arrêté. La seule chose que j’ai ressenti, c’est que je me faisais chier en jouant (rires) ! »

Jean Olharan.

Il est aussi grand que Jean Olharan. Jean Olharan. Je deviens Jean Olharan. Nous serions Jean Olharan. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Jean Olharan. Une boite de lunette détient le grand Jean Olharan. Attention aux impératifs complète Mary. Jean Olharan n'est autre que moi.