La contre-attaque de Sara Blazer

22 juin 2020

La contre-attaque de Sara Balzer

22 juin 2020

La contre-attaque de Sara Balzer

22 juin 2020

Une carrière d’athlète de haut niveau, c’est vivre en quelques années ce que certains ne pourront expérimenter en une vie. Les blessures en sont le meilleur exemple, et Sara Balzer une ambassadrice malgré elle. Alors âgée d’à peine 22 ans, elle subit un choc physique et émotionnel violent, qui la tiendra éloignée de sa passion pendant près d’un an.
Au cœur du sport, confessions dans l’envers du décor.
 

Portrait de Sara Balzer

Tous les athlètes ou presque connaissent la douleur que ce mot peut provoquer à quiconque croise son chemin : la blessure. Pendant de longues semaines, mois, voire années, les principaux intéressés tentent de faire preuve de résilience, en acceptant, comme une fatalité, que leur corps ait aussi des faiblesses.

Alors qu’elle propose le meilleur escrime de sa jeune carrière, Sara Balzer voit son ascension stoppée nette en juillet 2017. La faute à un mauvais appui sur une fente, en plein championnats du monde en Allemagne. Sa première participation à l’une des plus grandes compétitions sur Terre devait lui permettre de se confronter au gratin du sabre mondial. Elle ne rentra finalement en France qu’avec une des plus graves blessures qu’un athlète puisse connaître : une rupture complète du ligament croisé antérieur du genou.

« Un vrai traumatisme »

Au moment précis de cette fente, la Strasbourgeoise mène 8 touches à 5 en huitième de finale. Malgré l’intensité de la douleur, elle tente de remonter en piste. Quelques instants plus tard pourtant, elle se résigne à abandonner.

En dépit des doutes, elle effectuera son retour à la compétition en mai 2018, soit près de dix mois après ce fameux 22 juillet.

Ce n’était pas facile de revenir en compétition. J’avais beaucoup travaillé pour retrouver un niveau en escrime, sur le plan physique et mental aussi. Mais tout n’arrive pas au même rythme, et ne se travaille pas pareil. Il fallait que je sois patiente… Et même quand je pensais avoir tout retrouvé, ce n’était pas le cas dans la tête. Je n’y étais pas. Il a vraiment fallu du temps pour je revienne à un top niveau.

Sara Balzer assise dans un champ de blé
©️ By Athlete

La rupture fut donc également psychologique. Panser les plaies physiques est une chose, reprendre confiance en est une autre.

C’est un accident, donc personnellement j’ai eu un vrai traumatisme. Je me suis fait ça sur une fente, donc j’ai mis un moment à ne plus avoir peur d’en faire. Ca a peut-être pris un ou deux ans, et c’était étape par étape. En reprenant la préparation physique, on gagne en assurance, même si sur un petit faux mouvement on se fait peur.

Aujourd’hui, quand je fais de l’escrime, je n’y pense plus. On a tellement d’autres choses à penser durant l’assaut… Mais on continue à avoir des douleurs, surtout parce que l’articulation et le ménisque ont pris un coup.

« J’ai surtout à appris à m’écouter plus »

Une longue période d’immobilisation peut être difficile à vivre pour une athlète dont le métier est de réaliser une activité physique quasi quotidienne. Pour ne pas perdre du temps, il est indispensable de trouver d’autres moyens de progresser. Des séances d’analyse vidéo ou de renforcement sont souvent privilégiées pour conserver une routine. Et bien souvent, les athlètes ont le sentiment d’avoir gagné en maturité, en en apprenant davantage sur eux-mêmes.

Je pense que j’étais une athlète différente après ma blessure. Je me suis pas mal intéressée à la réathlétisation, et me suis rendue compte que des choses que je faisais pouvaient augmenter le risque de blessure. Il y a pas mal de choses que je ne faisais pas ou pas bien, donc j’ai intégré des exercices de renforcement. Par exemple sur le travail de pied, que je n’avais jamais fait mais qui est très important dans notre sport. Au final, j’ai surtout appris à m’écouter plus. On peut tirer pas mal de choses d’une blessure comme ça. 

Sara Balzer assise sur un rebord avec son épée à la main
©️ By Athlete

Le symbole de cette reconstruction est sans contestation possible le titre de championne du monde universitaire et l’argent par équipe, ramenés de Naples (Italie) il y a un an. Les bases de la plus grande victoire de sa carrière se sont très certainement bâties au cours de cette période de repos forcé.

Et pourtant, même lorsque tout va bien, l’escrime impose à ses adeptes de disposer de partenaires publics et privés pour vivre. Comme de nombreux sports olympiques. Les maigres gains qu’il est parfois possible de remporter dans une compétition internationale contraignent les escrimeurs à trouver d’autres sources de revenus. Pour poursuivre la pratique de ce sport qu’ils aiment tant.

« Je cherche mes propres partenaires »

J’ai fait une licence de psycho, puis un BTS en com’ digitale par correspondance. On est obligé de suivre un vrai cursus, et avoir un bagage. L’escrime n’est pas très médiatisée, il n’y a pas beaucoup d’argent. On doit chercher des partenaires et sponsors qui voudraient s’engager avec nous vers Tokyo et Paris.

En général, on cherche par nous-même, parce qu’avoir un agent demande des fonds que nous n’avons pas. J’ai la chance d’être soutenue pendant trois ans par Adidas donc c’est super ! J’essaie de trouver un autre partenaire qui serait prêt à parier sur moi pour les Jeux.

Mais alors, pourquoi faudrait-il parier sur Sara Balzer  ?

Parce que je vais réussir ! Non mais c’est une belle aventure de soutenir un sportif dans son projet olympique. Toute ma vie est dédiée à ça depuis des années et ce serait génial de le partager avec une entreprise. 

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Une carrière d’athlète de haut niveau, c’est vivre en quelques années ce que certains ne pourront expérimenter en une vie. Les blessures en sont le meilleur exemple, et Sara Balzer une ambassadrice malgré elle. Alors âgée d’à peine 22 ans, elle subit un choc physique et émotionnel violent, qui la tiendra éloignée de sa passion pendant près d’un an.
Au cœur du sport, confessions dans l’envers du décor.

Portrait de Sara Balzer
©️ By Athlete
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Sara Balzer
• Née le 3 avril 1995
• Escrime

Tous les athlètes ou presque connaissent la douleur que ce mot peut provoquer à quiconque croise son chemin : la blessure. Pendant de longues semaines, mois, voire années, les principaux intéressés tentent de faire preuve de résilience, en acceptant, comme une fatalité, que leur corps ait aussi des faiblesses.

Alors qu’elle propose le meilleur escrime de sa jeune carrière, Sara Balzer voit son ascension stoppée nette en juillet 2017. La faute à un mauvais appui sur une fente, en plein championnats du monde en Allemagne. Sa première participation à l’une des plus grandes compétitions sur Terre devait lui permettre de se confronter au gratin du sabre mondial. Elle ne rentra finalement en France qu’avec une des plus graves blessures qu’un athlète puisse connaître : une rupture complète du ligament croisé antérieur du genou. 

« Un vrai traumatisme »

Au moment précis de cette fente, la Strasbourgeoise mène 8 touches à 5 en huitième de finale. Malgré l’intensité de la douleur, elle tente de remonter en piste. Quelques instants plus tard pourtant, elle se résigne à abandonner.

En dépit des doutes, elle effectuera son retour à la compétition en mai 2018, soit près de dix mois après ce fameux 22 juillet.

Ce n’était pas facile de revenir en compétition. J’avais beaucoup travaillé pour retrouver un niveau en escrime, sur le plan physique et mental aussi. Mais tout n’arrive pas au même rythme, et ne se travaille pas pareil. Il fallait que je sois patiente… Et même quand je pensais avoir tout retrouvé, ce n’était pas le cas dans la tête. Je n’y étais pas. Il a vraiment fallu du temps pour je revienne à un top niveau.

©️ By Athlete

La rupture fut donc également psychologique. Panser les plaies physiques est une chose, reprendre confiance en est une autre.

C’est un accident, donc personnellement j’ai eu un vrai traumatisme. Je me suis fait ça sur une fente, donc j’ai mis un moment à ne plus avoir peur d’en faire. Ça a peut-être pris un ou deux ans, et c’était étape par étape. En reprenant la préparation physique, on gagne en assurance, même si sur un petit faux mouvement on se fait peur.

Aujourd’hui, quand je fais de l’escrime, je n’y pense plus. On a tellement d’autres choses à penser durant l’assaut… Mais on continue à avoir des douleurs, surtout parce que l’articulation et le ménisque ont pris un coup.

« J’ai surtout appris à m’écouter plus »

Une longue période d’immobilisation peut être difficile à vivre pour une athlète dont le métier est de réaliser une activité physique quasi quotidienne. Pour ne pas perdre du temps, il est indispensable de trouver d’autres moyens de progresser. Des séances d’analyse vidéo ou de renforcement sont souvent privilégiées pour conserver une routine. Et bien souvent, les athlètes ont le sentiment d’avoir gagné en maturité, en en apprenant davantage sur eux-mêmes.

Je pense que j’étais une athlète différente après ma blessure. Je me suis pas mal intéressée à la réathlétisation, et me suis rendue compte que des choses que je faisais pouvaient augmenter le risque de blessure. Il y a pas mal de choses que je ne faisais pas ou pas bien, donc j’ai intégré des exercices de renforcement. Par exemple sur le travail de pied, que je n’avais jamais fait mais qui est très important dans notre sport. Au final, j’ai surtout appris à m’écouter plus. On peut tirer pas mal de choses d’une blessure comme ça.

Sara Balzer assise sur un rebord avec son épée à la main
©️ By Athlete

Le symbole de cette reconstruction est sans contestation possible le titre de championne du monde universitaire et l’argent par équipe, ramenés de Naples (Italie) il y a un an. Les bases de la plus grande victoire de sa carrière se sont très certainement bâties au cours de cette période de repos forcé.

Et pourtant, même lorsque tout va bien, l’escrime impose à ses adeptes de disposer de partenaires publics et privés pour vivre. Comme de nombreux sports olympiques. Les maigres gains qu’il est parfois possible de remporter dans une compétition internationale contraignent les escrimeurs à trouver d’autres sources de revenus. Pour poursuivre la pratique de ce sport qu’ils aiment tant.

« Je cherche mes propres partenaires »

J’ai fait une licence de psycho, puis un BTS en com’ digitale par correspondance. On est obligé de suivre un vrai cursus, et avoir un bagage. L’escrime n’est pas très médiatisée, il n’y a pas beaucoup d’argent. On doit chercher des partenaires et sponsors qui voudraient s’engager avec nous vers Tokyo et Paris.

En général, on cherche par nous-même, parce qu’avoir un agent demande des fonds que nous n’avons pas. J’ai la chance d’être soutenue pendant trois ans par Adidas donc c’est super ! J’essaie de trouver un autre partenaire qui serait prêt à parier sur moi pour les Jeux.

Mais alors, pourquoi faudrait-il parier sur Sara Balzer ?

Parce que je vais réussir ! Non mais c’est une belle aventure de soutenir un sportif dans son projet olympique. Toute ma vie est dédiée à ça depuis des années et ce serait génial de le partager avec une entreprise.

Sara.

Il est aussi grand que Sara Balzer. Sara Balzer. Je deviens Sara Balzer. Nous serions Sara Balzer. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Sara Balzer. Une boite de lunette détient le grand Sara Balzer. Attention aux impératifs complète Mary. Sara Balzer n'est autre que moi.

Une carrière d’athlète de haut niveau, c’est vivre en quelques années ce que certains ne pourront expérimenter en une vie. Les blessures en sont le meilleur exemple, et Sara Balzer une ambassadrice malgré elle. Alors âgée d’à peine 22 ans, elle subit un choc physique et émotionnel violent, qui la tiendra éloignée de sa passion pendant près d’un an.
Au cœur du sport, confessions dans l’envers du décor.

Portrait de Sara Balzer
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Sara Balzer
• Née le 3 avril 1995
• Escrime

Tous les athlètes ou presque connaissent la douleur que ce mot peut provoquer à quiconque croise son chemin : la blessure. Pendant de longues semaines, mois, voire années, les principaux intéressés tentent de faire preuve de résilience, en acceptant, comme une fatalité, que leur corps ait aussi des faiblesses.
Alors qu’elle propose le meilleur escrime de sa jeune carrière, Sara Balzer voit son ascension stoppée nette en juillet 2017. La faute à un mauvais appui sur une fente, en plein championnats du monde en Allemagne. Sa première participation à l’une des plus grandes compétitions sur Terre devait lui permettre de se confronter au gratin du sabre mondial. Elle ne rentra finalement en France qu’avec une des plus graves blessures qu’un athlète puisse connaître : une rupture complète du ligament croisé antérieur du genou.

« Un vrai traumatisme »

Au moment précis de cette fente, la Strasbourgeoise mène 8 touches à 5 en huitième de finale. Malgré l’intensité de la douleur, elle tente de remonter en piste. Quelques instants plus tard pourtant, elle se résigne à abandonner.

En dépit des doutes, elle effectuera son retour à la compétition en mai 2018, soit près de dix mois après ce fameux 22 juillet.

Ce n’était pas facile de revenir en compétition. J’avais beaucoup travaillé pour retrouver un niveau en escrime, sur le plan physique et mental aussi. Mais tout n’arrive pas au même rythme, et ne se travaille pas pareil. Il fallait que je sois patiente… Et même quand je pensais avoir tout retrouvé, ce n’était pas le cas dans la tête. Je n’y étais pas. Il a vraiment fallu du temps pour je revienne à un top niveau.

Sara Balzer assise dans un champ de blé
©️ By Athlete

La rupture fut donc également psychologique. Panser les plaies physiques est une chose, reprendre confiance en est une autre.

C’est un accident, donc personnellement j’ai eu un vrai traumatisme. Je me suis fait ça sur une fente, donc j’ai mis un moment à ne plus avoir peur d’en faire. Ça a peut-être pris un ou deux ans, et c’était étape par étape. En reprenant la préparation physique, on gagne en assurance, même si sur un petit faux mouvement on se fait peur.

Aujourd’hui, quand je fais de l’escrime, je n’y pense plus. On a tellement d’autres choses à penser durant l’assaut… Mais on continue à avoir des douleurs, surtout parce que l’articulation et le ménisque ont pris un coup.

« J’ai surtout appris à m’écouter plus »

Une longue période d’immobilisation peut être difficile à vivre pour une athlète dont le métier est de réaliser une activité physique quasi quotidienne. Pour ne pas perdre du temps, il est indispensable de trouver d’autres moyens de progresser. Des séances d’analyse vidéo ou de renforcement sont souvent privilégiées pour conserver une routine. Et bien souvent, les athlètes ont le sentiment d’avoir gagné en maturité, en en apprenant davantage sur eux-mêmes.

Je pense que j’étais une athlète différente après ma blessure. Je me suis pas mal intéressée à la réathlétisation, et me suis rendue compte que des choses que je faisais pouvaient augmenter le risque de blessure. Il y a pas mal de choses que je ne faisais pas ou pas bien, donc j’ai intégré des exercices de renforcement. Par exemple sur le travail de pied, que je n’avais jamais fait mais qui est très important dans notre sport. Au final, j’ai surtout appris à m’écouter plus. On peut tirer pas mal de choses d’une blessure comme ça. 

Sara Balzer assise sur un rebord avec son épée à la main
©️ By Athlete

Le symbole de cette reconstruction est sans contestation possible le titre de championne du monde universitaire et l’argent par équipe, ramenés de Naples (Italie) il y a un an. Les bases de la plus grande victoire de sa carrière se sont très certainement bâties au cours de cette période de repos forcé.

Et pourtant, même lorsque tout va bien, l’escrime impose à ses adeptes de disposer de partenaires publics et privés pour vivre. Comme de nombreux sports olympiques. Les maigres gains qu’il est parfois possible de remporter dans une compétition internationale contraignent les escrimeurs à trouver d’autres sources de revenus. Pour poursuivre la pratique de ce sport qu’ils aiment tant.

« Je cherche mes propres partenaires »

J’ai fait une licence de psycho, puis un BTS en com’ digitale par correspondance. On est obligé de suivre un vrai cursus, et avoir un bagage. L’escrime n’est pas très médiatisée, il n’y a pas beaucoup d’argent. On doit chercher des partenaires et sponsors qui voudraient s’engager avec nous vers Tokyo et Paris.
En général, on cherche par nous-même, parce qu’avoir un agent demande des fonds que nous n’avons pas. J’ai la chance d’être soutenue pendant trois ans par Adidas donc c’est super ! J’essaie de trouver un autre partenaire qui serait prêt à parier sur moi pour les Jeux.

Mais alors, pourquoi faudrait-il parier sur Sara Balzer ?

Parce que je vais réussir ! Non mais c’est une belle aventure de soutenir un sportif dans son projet olympique. Toute ma vie est dédiée à ça depuis des années et ce serait génial de le partager avec une entreprise.

Sara.

Il est aussi grand que Sara Balzer. Sara Balzer. Je deviens Sara Balzer. Nous serions Sara Balzer. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Sara Balzer. Une boite de lunette détient le grand Sara Balzer. Attention aux impératifs complète Mary. Sara Balzer n'est autre que moi.

Mais qui est Sara Balzer ?