L’appel de la carrière,
par Astier Nicolas

9 mars 2020

L’appel de la carrière,
par Astier Nicolas

9 mars 2020

L’appel de la carrière,
par Astier Nicolas

9 mars 2020

Athlète le plus titré des Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, il est devenu une référence pour le sport français. Astier Nicolas ne se contentera pourtant jamais de cette lumière que lui a offert le Brésil. Travailleur acharné et cavalier perfectionniste, le Normand d’adoption dédie sa vie à ses compagnons de route équidés.
Confessions d’un chef d’entreprise habité par la victoire.
 

Être né dans le monde de l’équitation facilite une carrière au plus haut niveau. Ce n’est pas mon cas. Je devais me faire une place dans cet univers qui n’était pas vraiment le mien. Je me suis battu, en partant d’une passion maternelle pour les chevaux. Elle-même avait grandi avec les souvenirs d’un grand-père engagé dans la cavalerie, à l’armée. Cet amour pour l’animal, c’est un peu de famille. Mais nous ne sommes pas issus du sérail. La situation ressemble à celle des agriculteurs : lorsqu’on n’hérite pas d’une ferme, il est presque impossible d’en acquérir une. 

« Le métier m’impose une rigueur de manager »

Tout a commencé sur un poney, dans une carrière, avec Marie-Reine Perié. C’était assez rébarbatif : tous les enfants se suivaient, effectuaient une longueur au galop, puis se replaçaient à l’arrière. Une sorte de “système d’usine”, pour apprendre à maîtriser l’animal que nous avions sous notre selle. J’ai failli arrêter à cette période, je m’ennuyais. Mais dès que j’ai eu le droit de partir avec les chevaux en trotting, j’y ai pris goût. Pour eux, c’est exactement pareil.

Je me souviens de mon premier parcours de cross. Il restera toujours dans ma mémoire, tant l’excitation était intense. Marie-Reine nous avait emmené en forêt, malgré le fait que les poneys s’éparpillaient. Pour retrouver de l’ordre, elle utilisait sa chambrière, pour impressionner les animaux. Je devais être un peu trop proche d’elle, le coup m’a atteint… Une première séance riche en émotions, qui laissait présager de beaux moments.

Baladin de l'Océan

Dans la vie, je ne suis pas du genre à imposer mes idées. En famille ou entre potes, je fais ce qu’ils ont prévu. Pourtant, mon métier exige une rigueur de manager. Nous, cavaliers, sommes des sportifs professionnels un peu particulier. Être cavalier pro va de gérer une écurie de A à Z, à être sportif lorsque l’on monte des chevaux. Nous sommes des chefs d’entreprise, et des leaders. Ce n’est pourtant pas ce que je préfère à la sortie de mes écuries. Mais je suis déterminé.

Cette attitude est venue naturellement devant l’immensité du nombre de tâches quotidiennes. Ce n’est pas ma passion de dire aux autres « Faites comme si ou comme ça ». On est jamais mieux servi que par soi-même. J’aime avant tout travailler, monter des chevaux, les faire progresser, les valoriser. Pour ça, je prépare tous les soirs les activités du lendemain. Le rythme est soutenu, et je ne peux compter que sur moi-même pour le faire.

« Nous sommes la grande équipe de France »

Je ne me vois pas mourir avec un cheval. Je disais ça quand j’étais petit, sans trop avoir conscience de ce que ça voulait dire. Un jour, je voudrais être tranquille, pour apprécier les autres choses que j’aime dans la vie. Je suis un épicurien, j’aime cuisiner, le rugby, être avec mes potes. Il y aura un temps pour ça. Avant, je veux gagner un 5 étoiles et les Jeux.

Entre les deux, mon cœur balance. Je peux remporter les deux, ou perdre les deux. Alors je ne pense pas avoir besoin de choisir.

Je veux à tout prix inscrire mon nom au palmarès de Badminton, en Angleterre. Ce concours, c’est peut-être la plus grande des Classiques. S’y imposer serait une consécration pour le puriste que je suis. Un tennisman rêve de soulever le trophée à Wimbledon ou Roland Garros. C’est un peu la même chose pour nous : on marque l’Histoire de notre empreinte. Les Jeux Olympiques, c’est un peu différent. Ils représentent un moment de visibilité unique pour notre discipline. Nous faisons tous partie de l’équipe de France pendant cette période, avec la même tunique. Nous n’avons pas souvent l’occasion de concourir en équipe dans notre sport. Et là, nous sommes la grande équipe de France.

Astier Nicolas félicite Baladin de l'Océan lors d'un entrainement en Normandie

Derrière toute la magie que porte le concours complet à travers ces grands événements, notre métier reste extrême. Quand tu fais du parachute, tu sais que le sport comporte des risques. Le sac est vérifié plusieurs fois, mais le risque zéro n’existe pas. Chaque erreur peut être payée « cash » avec une monture de plus de 500 kgs. Je suis déjà tombé, mais je n’ai jamais eu le temps d’avoir peur, avant ou après. J’ai trop confiance.

En équitation, notre compagnon a un cerveau. Son but n’est pas de se faire mal, et veut se préserver physiquement. Mais comme avec tout être vivant, il n’y a pas de science exacte. S’il a décidé d’aller à droite, il ira à droite. Point, à la ligne.

Nous travaillons sans cesse pour préparer les chevaux à affronter les trois épreuves. Du matin au soir, toute l’année. Ils doivent être capable d’obéir au calme du dressage, à la franchise du cross puis au test de récupération qu’est l’obstacle. Un défi hors-norme, créé par l’armée française pour occuper les officiers en temps de paix. Au départ, un simple exercice d’entraînement ultra exigeant. Devenu avec le temps un symbole de polyvalence.

Astier.

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Athlète le plus titré des Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, il est devenu une référence pour le sport français. Astier Nicolas ne se contentera pourtant jamais de cette lumière que lui a offert le Brésil. Travailleur acharné et cavalier perfectionniste, le Normand d’adoption dédie sa vie à ses compagnons de route équidés.
Confessions d’un chef d’entreprise habité par la victoire.

Portait d'Astier Nicolas à ses écuries en Normandie
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Astier Nicolas
• Né le 19 janvier 1989, 31 ans
• Concours complet – Equitation

Être né dans le monde de l’équitation facilite une carrière au plus haut niveau. Ce n’est pas mon cas. Je devais me faire une place dans cet univers qui n’était pas vraiment le mien. Je me suis battu, en partant d’une passion maternelle pour les chevaux. Elle-même avait grandi avec les souvenirs d’un grand-père engagé dans la cavalerie, à l’armée. Cet amour pour l’animal, c’est un peu de famille. Mais nous ne sommes pas issus du sérail. La situation ressemble à celle des agriculteurs : lorsqu’on n’hérite pas d’une ferme, il est presque impossible d’en acquérir une

« Le métier m’impose une rigueur de manager »

Tout a commencé sur un poney, dans une carrière, avec Marie-Reine Perié. C’était assez rébarbatif : tous les enfants se suivaient, effectuaient une longueur au galop, puis se replaçaient à l’arrière. Une sorte de “système d’usine”, pour apprendre à maîtriser l’animal que nous avions sous notre selle. J’ai failli arrêter à cette période, je m’ennuyais. Mais dès que j’ai eu le droit de partir avec les chevaux en trotting, j’y ai pris goût. Pour eux, c’est exactement pareil.

Je me souviens de mon premier parcours de cross. Il restera toujours dans ma mémoire, tant l’excitation était intense. Marie-Reine nous avait emmené en forêt, malgré le fait que les poneys s’éparpillaient. Pour retrouver de l’ordre, elle utilisait sa chambrière, pour impressionner les animaux. Je devais être un peu trop proche d’elle, le coup m’a atteint… Une première séance riche en émotions, qui laissait présager de beaux moments.

Dans la vie, je ne suis pas du genre à imposer mes idées. En famille ou entre potes, je fais ce qu’ils ont prévu. Pourtant, mon métier exige une rigueur de manager. Nous, cavaliers, sommes des sportifs professionnels un peu particulier. Être cavalier pro va de gérer une écurie de A à Z, à être sportif lorsque l’on monte des chevaux. Nous sommes des chefs d’entreprise, et des leaders. Ce n’est pourtant pas ce que je préfère à la sortie de mes écuries. Mais je suis déterminé.

Cette attitude est venue naturellement devant l’immensité du nombre de tâches quotidiennes. Ce n’est pas ma passion de dire aux autres « Faites comme si ou comme ça ». On est jamais mieux servi que par soi-même. J’aime avant tout travailler, monter des chevaux, les faire progresser, les valoriser. Pour ça, je prépare tous les soirs les activités du lendemain. Le rythme est soutenu, et je ne peux compter que sur moi-même pour le faire.

« Nous sommes la grande équipe de France »

Je ne me vois pas mourir avec un cheval. Je disais ça quand j’étais petit, sans trop avoir conscience de ce que ça voulait dire. Un jour, je voudrais être tranquille, pour apprécier les autres choses que j’aime dans la vie. Je suis un épicurien, j’aime cuisiner, le rugby, être avec mes potes. Il y aura un temps pour ça. Avant, je veux gagner un 5 étoiles et les Jeux.

Entre les deux, mon cœur balance. Je peux remporter les deux, ou perdre les deux. Alors je ne pense pas avoir besoin de choisir.

Je veux à tout prix inscrire mon nom au palmarès de Badminton, en Angleterre. Ce concours, c’est peut-être la plus grande des Classiques. S’y imposer serait une consécration pour le puriste que je suis. Un tennisman rêve de soulever le trophée à Wimbledon ou Roland Garros. C’est un peu la même chose pour nous : on marque l’Histoire de notre empreinte. Les Jeux Olympiques, c’est un peu différent. Ils représentent un moment de visibilité unique pour notre discipline. Nous faisons tous partie de l’équipe de France pendant cette période, avec la même tunique. Nous n’avons pas souvent l’occasion de concourir en équipe dans notre sport. Et là, nous sommes la grande équipe de France.

Astier Nicolas félicite Baladin de l'Océan lors d'un entrainement en Normandie

Derrière toute la magie que porte le concours complet à travers ces grands événements, notre métier reste extrême. Quand tu fais du parachute, tu sais que le sport comporte des risques. Le sac est vérifié plusieurs fois, mais le risque zéro n’existe pas. Chaque erreur peut être payée « cash » avec une monture de plus de 500 kgs. Je suis déjà tombé, mais je n’ai jamais eu le temps d’avoir peur, avant ou après. J’ai trop confiance.

En équitation, notre compagnon a un cerveau. Son but n’est pas de se faire mal, et veut se préserver physiquement. Mais comme avec tout être vivant, il n’y a pas de science exacte. S’il a décidé d’aller à droite, il ira à droite. Point, à la ligne.

Nous travaillons sans cesse pour préparer les chevaux à affronter les trois épreuves. Du matin au soir, toute l’année. Ils doivent être capable d’obéir au calme du dressage, à la franchise du cross puis au test de récupération qu’est l’obstacle. Un défi hors-norme, créé par l’armée française pour occuper les officiers en temps de paix. Au départ, un simple exercice d’entraînement ultra exigeant. Devenu avec le temps un symbole de polyvalence.

Astier.

Astier.

Il est aussi grand qu'Astier Nicolas. Astier Nicolas. Je deviens Astier Nicolas. Nous serions Astier Nicolas. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Astier Nicolas. Une boite de lunette détient le grand Astier Nicolas. Attention aux impératifs complète Mary. Astier Nicolas n'est autre que moi.

Mais qui est Astier Nicolas ?

Résumer la carrière d’Astier Nicolas à ses deux médailles aux Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, serait presque trop facile. Cavalier émérite, il devient notamment champion du monde des Jeunes Cavaliers en 2012 avec Piaf de B’Neville.
Plusieurs fois vainqueurs de CCI 4* (Concours Complet International 4 étoiles, deuxième plus haut niveau après les 5 étoiles), Astier Nicolas remporte la plus grande épreuve de sa carrière en octobre 2015 à Pau (Pyrénées-Atlantique) sur le seul CCI 5* français. Médaillé d’or par équipe et d’argent en individuel aux JO de Rio, il est l’athlète français le plus titré de cette olympiade. Sélectionnable pour les Jeux de Tokyo (Japon) 2020, il pourrait avoir l’opportunité d’aller chercher l’or en individuel.
Titulaire d’un diplôme de gestion d’écuries équines acquis en Angleterre en 2011, celui qui est désormais basé en Normandie gère une entreprise de commerce de chevaux, au service de son activité sportive.
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Athlète le plus titré des Jeux Olympiques de Rio (Brésil) en 2016, il est devenu une référence pour le sport français. Astier Nicolas ne se contentera pourtant jamais de cette lumière que lui a offert le Brésil. Travailleur acharné et cavalier perfectionniste, le Normand d’adoption dédie sa vie à ses compagnons de route équidés.
Confessions d’un chef d’entreprise habité par la victoire.

Portait d'Astier Nicolas à ses écuries en Normandie
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Astier Nicolas
• Né le 19 janvier 1989, 31 ans
• Concours complet – Equitation

Être né dans le monde de l’équitation facilite une carrière au plus haut niveau. Ce n’est pas mon cas. Je devais me faire une place dans cet univers qui n’était pas vraiment le mien. Je me suis battu, en partant d’une passion maternelle pour les chevaux. Elle-même avait grandi avec les souvenirs d’un grand-père engagé dans la cavalerie, à l’armée. Cet amour pour l’animal, c’est un peu de famille. Mais nous ne sommes pas issus du sérail. La situation ressemble à celle des agriculteurs : lorsqu’on n’hérite pas d’une ferme, il est presque impossible d’en acquérir une.

« Le métier m’impose une rigueur de manager »

Tout a commencé sur un poney, dans une carrière, avec Marie-Reine Perié. C’était assez rébarbatif : tous les enfants se suivaient, effectuaient une longueur au galop, puis se replaçaient à l’arrière. Une sorte de “système d’usine”, pour apprendre à maîtriser l’animal que nous avions sous notre selle. J’ai failli arrêter à cette période, je m’ennuyais. Mais dès que j’ai eu le droit de partir avec les chevaux en trotting, j’y ai pris goût. Pour eux, c’est exactement pareil.

Je me souviens de mon premier parcours de cross. Il restera toujours dans ma mémoire, tant l’excitation était intense. Marie-Reine nous avait emmené en forêt, malgré le fait que les poneys s’éparpillaient. Pour retrouver de l’ordre, elle utilisait sa chambrière, pour impressionner les animaux. Je devais être un peu trop proche d’elle, le coup m’a atteint… Une première séance riche en émotions, qui laissait présager de beaux moments.

Baladin de l'Océan

Dans la vie, je ne suis pas du genre à imposer mes idées. En famille ou entre potes, je fais ce qu’ils ont prévu. Pourtant, mon métier exige une rigueur de manager. Nous, cavaliers, sommes des sportifs professionnels un peu particulier. Être cavalier pro va de gérer une écurie de A à Z, à être sportif lorsque l’on monte des chevaux. Nous sommes des chefs d’entreprise, et des leaders. Ce n’est pourtant pas ce que je préfère à la sortie de mes écuries. Mais je suis déterminé.

Cette attitude est venue naturellement devant l’immensité du nombre de tâches quotidiennes. Ce n’est pas ma passion de dire aux autres « Faites comme si ou comme ça ». On est jamais mieux servi que par soi-même. J’aime avant tout travailler, monter des chevaux, les faire progresser, les valoriser. Pour ça, je prépare tous les soirs les activités du lendemain. Le rythme est soutenu, et je ne peux compter que sur moi-même pour le faire.

« Nous sommes la grande équipe de France »

Je ne me vois pas mourir avec un cheval. Je disais ça quand j’étais petit, sans trop avoir conscience de ce que ça voulait dire. Un jour, je voudrais être tranquille, pour apprécier les autres choses que j’aime dans la vie. Je suis un épicurien, j’aime cuisiner, le rugby, être avec mes potes. Il y aura un temps pour ça. Avant, je veux gagner un 5 étoiles et les Jeux.

Entre les deux, mon cœur balance. Je peux remporter les deux, ou perdre les deux. Alors je ne pense pas avoir besoin de choisir.

Je veux à tout prix inscrire mon nom au palmarès de Badminton, en Angleterre. Ce concours, c’est peut-être la plus grande des Classiques. S’y imposer serait une consécration pour le puriste que je suis. Un tennisman rêve de soulever le trophée à Wimbledon ou Roland Garros. C’est un peu la même chose pour nous : on marque l’Histoire de notre empreinte. Les Jeux Olympiques, c’est un peu différent. Ils représentent un moment de visibilité unique pour notre discipline. Nous faisons tous partie de l’équipe de France pendant cette période, avec la même tunique. Nous n’avons pas souvent l’occasion de concourir en équipe dans notre sport. Et là, nous sommes la grande équipe de France.

Astier Nicolas félicite Baladin de l'Océan lors d'un entrainement en Normandie

Derrière toute la magie que porte le concours complet à travers ces grands événements, notre métier reste extrême. Quand tu fais du parachute, tu sais que le sport comporte des risques. Le sac est vérifié plusieurs fois, mais le risque zéro n’existe pas. Chaque erreur peut être payée « cash » avec une monture de plus de 500 kgs. Je suis déjà tombé, mais je n’ai jamais eu le temps d’avoir peur, avant ou après. J’ai trop confiance.

En équitation, notre compagnon a un cerveau. Son but n’est pas de se faire mal, et veut se préserver physiquement. Mais comme avec tout être vivant, il n’y a pas de science exacte. S’il a décidé d’aller à droite, il ira à droite. Point, à la ligne.

Nous travaillons sans cesse pour préparer les chevaux à affronter les trois épreuves. Du matin au soir, toute l’année. Ils doivent être capable d’obéir au calme du dressage, à la franchise du cross puis au test de récupération qu’est l’obstacle. Un défi hors-norme, créé par l’armée française pour occuper les officiers en temps de paix. Au départ, un simple exercice d’entraînement ultra exigeant. Devenu avec le temps un symbole de polyvalence.

Astier.