Le dernier assaut de Charlotte Lembach

13 juillet 2020

Le dernier assaut de Charlotte Lembach

13 juillet 2020

Le dernier assaut de Charlotte Lembach

13 juillet 2020

L’excitation d’une fin de carrière peut, pour certains, mener à la peur du vide. Pour d’autres, comme la sabreuse Charlotte Lembach, ces nouvelles perspectives comblent l’angoisse de découvrir un rythme aux antipodes de celui connu jusqu’alors. Des idées plein la tête, il ne lui reste qu’un objectif à accomplir avant de raccrocher le sabre : devenir championne olympique.

Charlotte Lembach dos au minéral, masque sous le bras

Charlotte Lembach ne s’en est jamais vraiment cachée. Elle n’a qu’un rêve : entendre retentir la Marseillaise, une médaille d’or autour du cou, dans la plus belle compétition sportive qu’un athlète puisse imaginer vivre. Devenir championne olympique.

Cet objectif l’anime depuis son plus jeune âge et ses premiers pas sur les pistes. Consécutivement médaillée d’or en 2018 puis d’argent en 2019 avec ses copines du groupe France de sabre aux championnats du monde par équipe, la Strasbourgeoise attend impatiemment de pouvoir en découdre à Tokyo. Pour enfin atteindre le Graal. Mais aussi pour laver l’affront subi à Rio (Brésil), il y a 4 ans.

« Si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime… »

Cette année-là, les Bleues se présentent en terre sud-américaines pleine de confiance, et avec un statut de très sérieuses outsiders. La compétition ne se déroule pourtant pas comme prévu et, dès les quarts de finale, elles disent adieu à leur rêve d’or carioca. La suite sera d’autant plus difficile à accepter, les sabreuses françaises ne remportant aucune de leur confrontation. Terminant huitièmes et dernières après les matchs de classement, la pilule est compliquée à avaler.

Charlotte Lembach rigolant, mimant une position de sabreuse
©️ By Athlete

Après les Jeux, ça a été une période très difficile. Toute l’année, on avait fait des podiums et des médailles. On s’y était presque habitué.

A Rio, on a pris une claque parce que c’est un scénario qu’on avait pas du tout envisagé. On n’était pas prête à encaisser ce qu’il s’est passé. J’avais déjà dans ma tête l’idée que si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime … Du coup ça a été quelques mois avec l’envie d’être seule et de pas entendre parler de sport.

Pour retrouver le goût de sa discipline, Charlotte a alors une idée simple : cesser de faire de l’escrime son unique activité quotidienne. Et quoi de mieux que d’entrer dans le monde du travail pour sortir du rythme imposé par le sport de haut niveau ?

Après l’escrime, une nouvelle vie

Quand les coachs m’ont demandé de revenir un mois et demi après les Jeux, je leur ai dit non. C’était trop tôt. Je leur ai dit : « si je reviens, c’est avec mes conditions. Cette année je ne veux pas aller faire que de l’escrime : je veux aller travailler deux jours par semaine ». Ca n’est pas très bien passé au début ; ils ont commencé à négocier en me demandant si un jour suffisait. Mais pour moi non, c’était deux ou rien.

Ils ont accepté mes conditions, et ça a été une année riche humainement et professionnellement. Ça m’a apporté un équilibre dans ma vie quotidienne. Surtout que j’avais retrouvé cette rage dans mon sport, donc quand j’allais à l’entraînement, j’avais faim.

Pour l’après carrière, Charlotte Lembach a de nombreux projets en tête. A commencer par voyager et s’imprégner d’autres cultures. Prendre une claque dans la figure comme elle le dit si bien. Un moyen de faire la bascule entre la fin d’une vie au plus haut niveau et l’entrée dans une autre qui s’annonce active. Avec au cœur de ces nouveaux horizons, l’envie avouée de fonder une famille. 

Charlotte Lembach, assise, sabre à la main
©️ By Athlete

C’est quelque chose d’important pour moi en tant que femme. Quand tu es sportive de haut niveau, tu retardes ces projets. Ce n’est pas encore ancré dans notre culture de pouvoir être maman et athlète. Les exemples de certaines figures emblématiques comme Sarah Ourahmoune, Mélina Robert-Michon ou Laura Glauser ont permis de faire parler de ça. De mon côté, je n’ai plus 20 ans. L’année prochaine j’aurais 33 ans, donc je pense plus à fonder une famille qu’à continuer ma carrière.

Le report des Jeux de Tokyo à 2021 bouleverse forcément ces plans mûrement réfléchis. Comme beaucoup d’athlètes en route pour le Japon, il a fallu accepter de repartir pour une année, et le fait de remettre ses envies d’ailleurs à plus tard. Une évidence pas toujours facile à admettre seule, ce que la championne du monde 2019 a bien compris.

« La préparation mentale, une révélation »

Depuis un peu plus d’un an, Charlotte reçoit en effet le soutien d’un préparateur mental qui l’accompagne dans sa démarche de performance. Une aide bienvenue et salutaire.

A un moment donné, j’ai senti que je n’arrivais plus à progresser dans mon escrime. Il me manquait quelque chose. J’ai fait appel à un préparateur mental, et ça a été une révélation dès notre première rencontre. Je suis sortie de notre heure et demie ensemble épuisée.

Depuis, j’adore. J’apprends des choses que je ne pensais même pas possible, sur la manière de se préparer psychologiquement et physiquement, comme pouvoir guérir de blessures grâce à la visualisation mentale. Même pendant le confinement, j’étais à l’arrêt physiquement mais mentalement j’ai travaillé des situations de stress, de doute, de panique, de gestion.

Une décision qui a finalement plus que portée ses fruits pour la pensionnaire de l’INSEP, désormais championne du monde.

C’est quand même une intrusion dans ton intimité, donc il faut passer un cap avant d’y aller. Mais une fois que ça a été le cas, c’était nickel et validé !

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

L’excitation d’une fin de carrière peut, pour certains, mener à la peur du vide. Pour d’autres, comme la sabreuse Charlotte Lembach, ces nouvelles perspectives comblent l’angoisse de découvrir un rythme aux antipodes de celui connu jusqu’alors. Des idées plein la tête, il ne lui reste qu’un objectif à accomplir avant de raccrocher le sabre : devenir championne olympique.

Charlotte Lembach dos au minéral, masque sous le bras
©️ By Athlete
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Charlotte Lembach
• Née le 1er avril 1988
• Escrime

Charlotte Lembach ne s’en est jamais vraiment cachée. Elle n’a qu’un rêve : entendre retentir la Marseillaise, une médaille d’or autour du cou, dans la plus belle compétition sportive qu’un athlète puisse imaginer vivre. Devenir championne olympique.

Cet objectif l’anime depuis son plus jeune âge et ses premiers pas sur les pistes. Consécutivement médaillée d’or en 2018 puis d’argent en 2019 avec ses copines du groupe France de sabre aux championnats du monde par équipe, la Strasbourgeoise attend impatiemment de pouvoir en découdre à Tokyo. Pour enfin atteindre le Graal. Mais aussi pour laver l’affront subi à Rio (Brésil), il y a 4 ans. 

« Si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime… »

Cette année-là, les Bleues se présentent en terre sud-américaines pleine de confiance, et avec un statut de très sérieuses outsiders. La compétition ne se déroule pourtant pas comme prévu et, dès les quarts de finale, elles disent adieu à leur rêve d’or carioca. La suite sera d’autant plus difficile à accepter, les sabreuses françaises ne remportant aucune de leur confrontation. Terminant huitièmes et dernières après les matchs de classement, la pilule est compliquée à avaler.

©️ By Athlete

Après les Jeux, ça a été une période très difficile. Toute l’année, on avait fait des podiums et des médailles. On s’y était presque habitué.

A Rio, on a pris une claque parce que c’est un scénario qu’on avait pas du tout envisagé. On n’était pas prête à encaisser ce qu’il s’est passé. J’avais déjà dans ma tête l’idée que si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime … Du coup ça a été quelques mois avec l’envie d’être seule et de pas entendre parler de sport.

Pour retrouver le goût de sa discipline, Charlotte a alors une idée simple : cesser de faire de l’escrime son unique activité quotidienne. Et quoi de mieux que d’entrer dans le monde du travail pour sortir du rythme imposé par le sport de haut niveau ?

Après l’escrime, une nouvelle vie

Quand les coachs m’ont demandé de revenir un mois et demi après les Jeux, je leur ai dit non. C’était trop tôt. Je leur ai dit : « si je reviens, c’est avec mes conditions. Cette année je ne veux pas aller faire que de l’escrime : je veux aller travailler deux jours par semaine ». Ça n’est pas très bien passé au début ; ils ont commencé à négocier en me demandant si un jour suffisait. Mais pour moi non, c’était deux ou rien.

Ils ont accepté mes conditions, et ça a été une année riche humainement et professionnellement. Ça m’a apporté un équilibre dans ma vie quotidienne. Surtout que j’avais retrouvé cette rage dans mon sport, donc quand j’allais à l’entraînement, j’avais faim.

Pour l’après carrière, Charlotte Lembach a de nombreux projets en tête. A commencer par voyager et s’imprégner d’autres cultures. Prendre une claque dans la figure comme elle le dit si bien. Un moyen de faire la bascule entre la fin d’une vie au plus haut niveau et l’entrée dans une autre qui s’annonce active. Avec au cœur de ces nouveaux horizons, l’envie avouée de fonder une famille.

Charlotte Lembach, assise, sabre à la main
©️ By Athlete

C’est quelque chose d’important pour moi en tant que femme. Quand tu es sportive de haut niveau, tu retardes ces projets. Ce n’est pas encore ancré dans notre culture de pouvoir être maman et athlète. Les exemples de certaines figures emblématiques comme Sarah Ourahmoune, Mélina Robert-Michon ou Laura Glauser ont permis de faire parler de ça. De mon côté, je n’ai plus 20 ans. L’année prochaine j’aurais 33 ans, donc je pense plus à fonder une famille qu’à continuer ma carrière.

Le report des Jeux de Tokyo à 2021 bouleverse forcément ces plans mûrement réfléchis. Comme beaucoup d’athlètes en route pour le Japon, il a fallu accepter de repartir pour une année, et le fait de remettre ses envies d’ailleurs à plus tard. Une évidence pas toujours facile à admettre seule, ce que la championne du monde 2019 a bien compris.

« La préparation mentale, une révélation »

Depuis un peu plus d’un an, Charlotte reçoit en effet le soutien d’un préparateur mental qui l’accompagne dans sa démarche de performance. Une aide bienvenue et salutaire.

A un moment donné, j’ai senti que je n’arrivais plus à progresser dans mon escrime. Il me manquait quelque chose. J’ai fait appel à un préparateur mental, et ça a été une révélation dès notre première rencontre. Je suis sortie de notre heure et demie ensemble épuisée.

Depuis, j’adore. J’apprends des choses que je ne pensais même pas possible, sur la manière de se préparer psychologiquement et physiquement, comme pouvoir guérir de blessures grâce à la visualisation mentale. Même pendant le confinement, j’étais à l’arrêt physiquement mais mentalement j’ai travaillé des situations de stress, de doute, de panique, de gestion.

Une décision qui a finalement plus que portée ses fruits pour la pensionnaire de l’INSEP, désormais championne du monde.

C’est quand même une intrusion dans ton intimité, donc il faut passer un cap avant d’y aller. Mais une fois que ça a été le cas, c’était nickel et validé !

Charlotte.

Il est aussi grand que Charlotte Lembach. Charlotte Lembach. Je deviens Charlotte Lembach. Nous serions Charlotte Lembach. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Charlotte Lembach. Une boite de lunette détient le grand Charlotte Lembach. Attention aux impératifs complète Mary. Charlotte Lembach n'est autre que moi.

L’excitation d’une fin de carrière peut, pour certains, mener à la peur du vide. Pour d’autres, comme la sabreuse Charlotte Lembach, ces nouvelles perspectives comblent l’angoisse de découvrir un rythme aux antipodes de celui connu jusqu’alors. Des idées plein la tête, il ne lui reste qu’un objectif à accomplir avant de raccrocher le sabre : devenir championne olympique.

Charlotte Lembach dos au minéral, masque sous le bras
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Charlotte Lembach
• Née le 1er avril 1988
• Escrime

Charlotte Lembach ne s’en est jamais vraiment cachée. Elle n’a qu’un rêve : entendre retentir la Marseillaise, une médaille d’or autour du cou, dans la plus belle compétition sportive qu’un athlète puisse imaginer vivre. Devenir championne olympique.

Cet objectif l’anime depuis son plus jeune âge et ses premiers pas sur les pistes. Consécutivement médaillée d’or en 2018 puis d’argent en 2019 avec ses copines du groupe France de sabre aux championnats du monde par équipe, la Strasbourgeoise attend impatiemment de pouvoir en découdre à Tokyo. Pour enfin atteindre le Graal. Mais aussi pour laver l’affront subi à Rio (Brésil), il y a 4 ans.

« Si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime… »

Cette année-là, les Bleues se présentent en terre sud-américaines pleine de confiance, et avec un statut de très sérieuses outsiders. La compétition ne se déroule pourtant pas comme prévu et, dès les quarts de finale, elles disent adieu à leur rêve d’or carioca. La suite sera d’autant plus difficile à accepter, les sabreuses françaises ne remportant aucune de leur confrontation. Terminant huitièmes et dernières après les matchs de classement, la pilule est compliquée à avaler.

Charlotte Lembach rigolant, mimant une position de sabreuse
©️ By Athlete

Après les Jeux, ça a été une période très difficile. Toute l’année, on avait fait des podiums et des médailles. On s’y était presque habitué.

A Rio, on a pris une claque parce que c’est un scénario qu’on avait pas du tout envisagé. On n’était pas prête à encaisser ce qu’il s’est passé. J’avais déjà dans ma tête l’idée que si j’étais championne olympique, j’arrêtais l’escrime … Du coup ça a été quelques mois avec l’envie d’être seule et de pas entendre parler de sport.

Pour retrouver le goût de sa discipline, Charlotte a alors une idée simple : cesser de faire de l’escrime son unique activité quotidienne. Et quoi de mieux que d’entrer dans le monde du travail pour sortir du rythme imposé par le sport de haut niveau ?

Après l’escrime, une nouvelle vie

Quand les coachs m’ont demandé de revenir un mois et demi après les Jeux, je leur ai dit non. C’était trop tôt. Je leur ai dit : « si je reviens, c’est avec mes conditions. Cette année je ne veux pas aller faire que de l’escrime : je veux aller travailler deux jours par semaine ». Ça n’est pas très bien passé au début ; ils ont commencé à négocier en me demandant si un jour suffisait. Mais pour moi non, c’était deux ou rien.

Ils ont accepté mes conditions, et ça a été une année riche humainement et professionnellement. Ça m’a apporté un équilibre dans ma vie quotidienne. Surtout que j’avais retrouvé cette rage dans mon sport, donc quand j’allais à l’entraînement, j’avais faim.

Pour l’après carrière, Charlotte Lembach a de nombreux projets en tête. A commencer par voyager et s’imprégner d’autres cultures. Prendre une claque dans la figure comme elle le dit si bien. Un moyen de faire la bascule entre la fin d’une vie au plus haut niveau et l’entrée dans une autre qui s’annonce active. Avec au cœur de ces nouveaux horizons, l’envie avouée de fonder une famille. 

Charlotte Lembach, assise, sabre à la main
©️ By Athlete

C’est quelque chose d’important pour moi en tant que femme. Quand tu es sportive de haut niveau, tu retardes ces projets. Ce n’est pas encore ancré dans notre culture de pouvoir être maman et athlète. Les exemples de certaines figures emblématiques comme Sarah Ourahmoune, Mélina Robert-Michon ou Laura Glauser ont permis de faire parler de ça. De mon côté, je n’ai plus 20 ans. L’année prochaine j’aurais 33 ans, donc je pense plus à fonder une famille qu’à continuer ma carrière.

Le report des Jeux de Tokyo à 2021 bouleverse forcément ces plans mûrement réfléchis. Comme beaucoup d’athlètes en route pour le Japon, il a fallu accepter de repartir pour une année, et le fait de remettre ses envies d’ailleurs à plus tard. Une évidence pas toujours facile à admettre seule, ce que la championne du monde 2019 a bien compris.

« La préparation mentale, une révélation »

Depuis un peu plus d’un an, Charlotte reçoit en effet le soutien d’un préparateur mental qui l’accompagne dans sa démarche de performance. Une aide bienvenue et salutaire.

A un moment donné, j’ai senti que je n’arrivais plus à progresser dans mon escrime. Il me manquait quelque chose. J’ai fait appel à un préparateur mental, et ça a été une révélation dès notre première rencontre. Je suis sortie de notre heure et demie ensemble épuisée.

Depuis, j’adore. J’apprends des choses que je ne pensais même pas possible, sur la manière de se préparer psychologiquement et physiquement, comme pouvoir guérir de blessures grâce à la visualisation mentale. Même pendant le confinement, j’étais à l’arrêt physiquement mais mentalement j’ai travaillé des situations de stress, de doute, de panique, de gestion.

Une décision qui a finalement plus que portée ses fruits pour la pensionnaire de l’INSEP, désormais championne du monde.

C’est quand même une intrusion dans ton intimité, donc il faut passer un cap avant d’y aller. Mais une fois que ça a été le cas, c’était nickel et validé !

Charlotte.

Il est aussi grand que Charlotte Lembach. Charlotte Lembach. Je deviens Charlotte Lembach. Nous serions Charlotte Lembach. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Charlotte Lembach. Une boite de lunette détient le grand Charlotte Lembach. Attention aux impératifs complète Mary. Charlotte Lembach n'est autre que moi.

Mais qui est Charlotte Lembach ?