Le freeride, tout un art

 

20 avril 2020

Le freeride, tout un art

20 avril 2020

Le freeride, tout un art

20 avril 2020

©️ Olivier Godbold

La montagne offre des paysages à couper le souffle et un bol d’air mérité pour des milliers de vacanciers. Pour d’autres, la montagne est un terrain de jeu providentiel. C’est le cas du freerider professionnel Oscar Mandin, qui se bat pour décrocher sa place dans la plus grande compétition au monde, le Freeride World Tour (Coupe du monde de freeride).

Au début du freeride, beaucoup de gens se disaient « Ouah c’est des fous ». Mais de plus en plus, ils viennent aussi vers ce qu’on fait. Pas mal de copains moniteurs me disent que les gens veulent découvrir de nouvelles choses. Même un touriste lambda qui vient faire une semaine de ski et voit depuis le télésiège des gens faire du freeride, il se dit « moi aussi j’ai envie de faire ça ». On est de moins en moins vu comme des skieurs à part, et le grand public comprend ce qu’on fait. Après on me dit que je suis fou à cause des risques que je prends, mais bon, on a tous grandi avec ce besoin d’adrénaline.

« Ma mère n’aime pas trop ce qu’on fait »

Ce que j’aime le plus, c’est l’adrénaline. Je ne pourrais pas m’en passer. Quand je fais un énorme saut ou simplement que je skie, j’ai cette joie intérieure, avec la banane jusqu’aux oreilles. T’oublies tous tes problèmes, t’es dans ta montagne, tranquille. Personne ne vient t’embêter.

Mes parents m’ont toujours fait comprendre que je devais étudier pour pouvoir faire du sport. Donc je travaillais bien pour en faire autant que je le voulais. J’ai eu la chance d’avoir certaines facilités, donc j’ai continué les études après le lycée. Ça me disait bien de continuer. Même si tu as une énorme carrière sportive, il faut avoir un truc derrière. Je m’en suis rendu compte avec mes blessures : on peut vite se retrouver sans rien.

Oscar Mandin réalisant un saut à ski
©️Open-Faces

Depuis mes premières blessures, vers 12 ou 13 ans, ma mère ne vient plus me voir. C’est compliqué pour elle, donc on lui montre que si on a réussi ce qu’on voulait faire. Si on s’est mis une boite ou qu’on a prévu de faire une grosse face de freeride, on le garde pour nous. Mon père lui accepte beaucoup plus, parce que c’est lui qui nous a tout appris. Quand je réussis, c’est le plus heureux. Mais c’est sûr que ce n’est pas la même chose pour ma mère.

« Faire une première trace, comme le premier coup de pinceau : un art »

C’est vrai que ce qu’on fait est dangereux. On cherche toujours de nouveaux endroits, où personne n’est jamais allé. On ne sait pas forcément sur quoi on peut tomber, surtout lorsqu’on trace une nouvelle ligne. Et notre but est évidemment de la faire de la meilleure manière possible, pour que lorsqu’on se retourne, on voit cette belle ligne tracée nickel dans la poudreuse. On pourrait faire une petite métaphore avec l’art : tel un peintre qui pose son pinceau sur un tableau blanc.

Il y a deux types de freerider. Il y a ceux qui font de la compétition, et ceux qui font de l’image et de la photo. Les deux ne vont pas faire la même chose. Un freerider qui fait des compétitions toute l’année va skier pour s’entraîner. Son but est d’être prêt pour le jour J, en faisant des runs sans s’arrêter, en étant à l’aise sur les skis. Celui qui fait de la vidéo va être plus cool, et prendre plus de temps pour chercher les spots. Si son caméraman n’est dispo que le lendemain et qu’il a repéré un spot qui n’a jamais été touché, il ne va pas y aller pour préserver l’endroit.

Oscar Mandin posant avec sa casquette et son t-shirt Rossignol
©️Rossignol

Perso, j’aime bien faire les deux. Le matin avant d’aller rider, je planifie ce sur quoi je pourrais travailler. Même si les conditions ne sont pas bonnes, je vais taper dans la neige dure pour me faire les jambes. Sinon je laisse tourner la caméra toute la journée et demande à mon frère de filmer pour un truc spécial. Ça me permet de travailler ma condition physique et technique, et d’avoir des vidéos pour mes partenaires et mon Instagram.

« Skier, c’est avoir la banane, t’oublies tous tes problèmes »

Les vidéos ont explosé depuis quelques années. Le freeride, c’est pas un sport qu’on peut regarder à la télé comme le foot par exemple. Si on ne se filme pas, c’est très compliqué de montrer ce qu’on fait. Les réseaux sociaux sont un peu devenus notre CV. Un partenaire va toujours chercher ce que tu fais, et les réseaux sociaux sont la première chose qu’il va trouver. Du coup on se filme et on monte nous-même nos vidéos.

Mes partenaires me permettent de ne rien dépenser l’hiver. Depuis cette année, je peux voyager grâce à eux, sans que cela ne me coûte rien. Jusqu’à maintenant, je travaillais l’été pour financer mon hiver. Donc il y a deux options, soit je skie sur les glaciers, soit je travaille. L’été dernier je suis parti un mois en Nouvelle-Zélande pour m’entrainer et faire une compet. Je ne sais pas ce que je ferais de ma vie plus tard. Mais aujourd’hui, ma vie, c’est le ski.

Oscar.

©️ Olivier Godbold 

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

La montagne offre des paysages à couper le souffle et un bol d’air mérité pour des milliers de vacanciers. Pour d’autres, la montagne est un terrain de jeu providentiel. C’est le cas du freerider professionnel Oscar Mandin, qui se bat pour décrocher sa place dans la plus grande compétition au monde, le Freeride World Tour (Coupe du monde de freeride).

Oscar Mandin posant avec ses skis
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Oscar Mandin
• Né le 25 juin 1997
• Ski freeride

Au début du freeride, beaucoup de gens se disaient « Ouah c’est des fous ». Mais de plus en plus, ils viennent aussi vers ce qu’on fait. Pas mal de copains moniteurs me disent que les gens veulent découvrir de nouvelles choses. Même un touriste lambda qui vient faire une semaine de ski et voit depuis le télésiège des gens faire du freeride, il se dit « moi aussi j’ai envie de faire ça ». On est de moins en moins vu comme des skieurs à part, et le grand public comprend ce qu’on fait. Après on me dit que je suis fou à cause des risques que je prends, mais bon, on a tous grandi avec ce besoin d’adrénaline. 

« Ma mère n’aime pas trop ce que l’on fait »

Ce que j’aime le plus, c’est l’adrénaline. Je ne pourrais pas m’en passer. Quand je fais un énorme saut ou simplement que je skie, j’ai cette joie intérieure, avec la banane jusqu’aux oreilles. T’oublies tous tes problèmes, t’es dans ta montagne, tranquille. Personne ne vient t’embêter.

Mes parents m’ont toujours fait comprendre que je devais étudier pour pouvoir faire du sport. Donc je travaillais bien pour en faire autant que je le voulais. J’ai eu la chance d’avoir certaines facilités, donc j’ai continué les études après le lycée. Ça me disait bien de continuer. Même si tu as une énorme carrière sportive, il faut avoir un truc derrière. Je m’en suis rendu compte avec mes blessures : on peut vite se retrouver sans rien.

©️Open-Faces

Depuis mes premières blessures, vers 12 ou 13 ans, ma mère ne vient plus me voir. C’est compliqué pour elle, donc on lui montre que si on a réussi ce qu’on voulait faire. Si on s’est mis une boite ou qu’on a prévu de faire une grosse face de freeride, on le garde pour nous. Mon père lui accepte beaucoup plus, parce que c’est lui qui nous a tout appris. Quand je réussis, c’est le plus heureux. Mais c’est sûr que ce n’est pas la même chose pour ma mère.

« Faire une première trace, comme le premier coup de pinceau : un art »

C’est vrai que ce qu’on fait est dangereux. On cherche toujours de nouveaux endroits, où personne n’est jamais allé. On ne sait pas forcément sur quoi on peut tomber, surtout lorsqu’on trace une nouvelle ligne. Et notre but est évidemment de la faire de la meilleure manière possible, pour que lorsqu’on se retourne, on voit cette belle ligne tracée nickel dans la poudreuse. On pourrait faire une petite métaphore avec l’art : tel un peintre qui pose son pinceau sur un tableau blanc.

Il y a deux types de freerider. Il y a ceux qui font de la compétition, et ceux qui font de l’image et de la photo. Les deux ne vont pas faire la même chose. Un freerider qui fait des compétitions toute l’année va skier pour s’entraîner. Son but est d’être prêt pour le jour J, en faisant des runs sans s’arrêter, en étant à l’aise sur les skis. Celui qui fait de la vidéo va être plus cool, et prendre plus de temps pour chercher les spots. Si son caméraman n’est dispo que le lendemain et qu’il a repéré un spot qui n’a jamais été touché, il ne va pas y aller pour préserver l’endroit.

Oscar Mandin posant avec sa casquette et son t-shirt Rossignol
©️Rossignol

Perso, j’aime bien faire les deux. Le matin avant d’aller rider, je planifie ce sur quoi je pourrais travailler. Même si les conditions ne sont pas bonnes, je vais taper dans la neige dure pour me faire les jambes. Sinon je laisse tourner la caméra toute la journée et demande à mon frère de filmer pour un truc spécial. Ça me permet de travailler ma condition physique et technique, et d’avoir des vidéos pour mes partenaires et mon Instagram.

« Skier, c’est avoir la banane, t’oublies tous tes problèmes »

Les vidéos ont explosé depuis quelques années. Le freeride, c’est pas un sport qu’on peut regarder à la télé comme le foot par exemple. Si on ne se filme pas, c’est très compliqué de montrer ce qu’on fait. Les réseaux sociaux sont un peu devenus notre CV. Un partenaire va toujours chercher ce que tu fais, et les réseaux sociaux sont la première chose qu’il va trouver. Du coup on se filme et on monte nous-même nos vidéos.

Mes partenaires me permettent de ne rien dépenser l’hiver. Depuis cette année, je peux voyager grâce à eux, sans que cela ne me coûte rien. Jusqu’à maintenant, je travaillais l’été pour financer mon hiver. Donc il y a deux options, soit je skie sur les glaciers, soit je travaille. L’été dernier je suis parti un mois en Nouvelle-Zélande pour m’entrainer et faire une compet. Je ne sais pas ce que je ferais de ma vie plus tard. Mais aujourd’hui, ma vie, c’est le ski.

Oscar.

Oscar.

Il est aussi grand que Oscar Mandin. Oscar Mandin. Je deviens Oscar Mandin. Nous serions Oscar Mandin. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Oscar Mandin. Une boite de lunette détient le grand Oscar Mandin. Attention aux impératifs complète Mary. Oscar Mandin n'est autre que moi.

©️ Olivier Godbold

La montagne offre des paysages à couper le souffle et un bol d’air mérité pour des milliers de vacanciers. Pour d’autres, la montagne est un terrain de jeu providentiel. C’est le cas du freerider professionnel Oscar Mandin, qui se bat pour décrocher sa place dans la plus grande compétition au monde, le Freeride World Tour (Coupe du monde de freeride).

Oscar Mandin posant avec ses skis
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Oscar Mandin
• Né le 25 juin 1997
• Ski Freeride

Au début du freeride, beaucoup de gens se disaient « Ouah c’est des fous ». Mais de plus en plus, ils viennent aussi vers ce qu’on fait. Pas mal de copains moniteurs me disent que les gens veulent découvrir de nouvelles choses. Même un touriste lambda qui vient faire une semaine de ski et voit depuis le télésiège des gens faire du freeride, il se dit « moi aussi j’ai envie de faire ça ». On est de moins en moins vu comme des skieurs à part, et le grand public comprend ce qu’on fait. Après on me dit que je suis fou à cause des risques que je prends, mais bon, on a tous grandi avec ce besoin d’adrénaline.

« Ma mère n’aime pas trop ce qu’on fait »

Ce que j’aime le plus, c’est l’adrénaline. Je ne pourrais pas m’en passer. Quand je fais un énorme saut ou simplement que je skie, j’ai cette joie intérieure, avec la banane jusqu’aux oreilles. T’oublies tous tes problèmes, t’es dans ta montagne, tranquille. Personne ne vient t’embêter.

Mes parents m’ont toujours fait comprendre que je devais étudier pour pouvoir faire du sport. Donc je travaillais bien pour en faire autant que je le voulais. J’ai eu la chance d’avoir certaines facilités, donc j’ai continué les études après le lycée. Ça me disait bien de continuer. Même si tu as une énorme carrière sportive, il faut avoir un truc derrière. Je m’en suis rendu compte avec mes blessures : on peut vite se retrouver sans rien.

Oscar Mandin réalisant un saut à ski
©️Open-Faces

Depuis mes premières blessures, vers 12 ou 13 ans, ma mère ne vient plus me voir. C’est compliqué pour elle, donc on lui montre que si on a réussi ce qu’on voulait faire. Si on s’est mis une boite ou qu’on a prévu de faire une grosse face de freeride, on le garde pour nous. Mon père lui accepte beaucoup plus, parce que c’est lui qui nous a tout appris. Quand je réussis, c’est le plus heureux. Mais c’est sûr que ce n’est pas la même chose pour ma mère.

« Faire une première trace, comme le premier coup de pinceau : un art »

C’est vrai que ce qu’on fait est dangereux. On cherche toujours de nouveaux endroits, où personne n’est jamais allé. On ne sait pas forcément sur quoi on peut tomber, surtout lorsqu’on trace une nouvelle ligne. Et notre but est évidemment de la faire de la meilleure manière possible, pour que lorsqu’on se retourne, on voit cette belle ligne tracée nickel dans la poudreuse. On pourrait faire une petite métaphore avec l’art : tel un peintre qui pose son pinceau sur un tableau blanc.

Il y a deux types de freerider. Il y a ceux qui font de la compétition, et ceux qui font de l’image et de la photo. Les deux ne vont pas faire la même chose. Un freerider qui fait des compétitions toute l’année va skier pour s’entraîner. Son but est d’être prêt pour le jour J, en faisant des runs sans s’arrêter, en étant à l’aise sur les skis. Celui qui fait de la vidéo va être plus cool, et prendre plus de temps pour chercher les spots. Si son caméraman n’est dispo que le lendemain et qu’il a repéré un spot qui n’a jamais été touché, il ne va pas y aller pour préserver l’endroit.

Oscar Mandin posant avec sa casquette et son t-shirt Rossignol
©️Rossignol

Perso, j’aime bien faire les deux. Le matin avant d’aller rider, je planifie ce sur quoi je pourrais travailler. Même si les conditions ne sont pas bonnes, je vais taper dans la neige dure pour me faire les jambes. Sinon je laisse tourner la caméra toute la journée et demande à mon frère de filmer pour un truc spécial. Ça me permet de travailler ma condition physique et technique, et d’avoir des vidéos pour mes partenaires et mon Instagram.

« Skier, c’est avoir la banane, t’oublies tous tes problèmes »

Les vidéos ont explosé depuis quelques années. Le freeride, c’est pas un sport qu’on peut regarder à la télé comme le foot par exemple. Si on ne se filme pas, c’est très compliqué de montrer ce qu’on fait. Les réseaux sociaux sont un peu devenus notre CV. Un partenaire va toujours chercher ce que tu fais, et les réseaux sociaux sont la première chose qu’il va trouver. Du coup on se filme et on monte nous-même nos vidéos.

Mes partenaires me permettent de ne rien dépenser l’hiver. Depuis cette année, je peux voyager grâce à eux, sans que cela ne me coûte rien. Jusqu’à maintenant, je travaillais l’été pour financer mon hiver. Donc il y a deux options, soit je skie sur les glaciers, soit je travaille. L’été dernier je suis parti un mois en Nouvelle-Zélande pour m’entrainer et faire une compet. Je ne sais pas ce que je ferais de ma vie plus tard. Mais aujourd’hui, ma vie, c’est le ski.

Oscar.

Oscar.

Il est aussi grand que Oscar Mandin. Oscar Mandin. Je deviens Oscar Mandin. Nous serions Oscar Mandin. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Oscar Mandin. Une boite de lunette détient le grand Oscar Mandin. Attention aux impératifs complète Mary. Oscar Mandin n'est autre que moi.