Football, l’envers du décor, par David Fernandes

28 mai 2020

L’envers du décor, par David Fernandes

28 mai 2020

Football, l’envers du décor, par David Fernandes

28 mai 2020

©️ GSI Pontivy

Le football, ses clubs emblématiques, ses stades mythiques et son business âpre. Derrière les millions d’euros que génère le plus haut niveau, des milliers de joueurs se battent pour se faire une place, à n’importe quel prix. David Fernandes, lauréat du concours Nike The Chance en 2012, rêvait d’un contrat professionnel et de tutoyer les sommets. Mais de l’autre côté des rideaux se cache une réalité parfois cruelle.

Tout commence en janvier 2012. A cette époque-là, je n’avais pas encore 20 ans et je n’avais jamais joué dans un club en dehors du 91. Je progressais à bas niveau, à Epinay-sous-Sénart, Boussy-Saint-Antoine, ou Combs-la-Ville, avec les jeunes puis les seniors.

Puis un jour, un ami me fait découvrir Nike The Chance. Il m’explique que Nike organise des détections en France et dans le monde entier. Je me suis inscrit, mais ne le prenais pas au sérieux. On s’inscrivait sur Facebook, ça devait être un truc bidon. 

« Je reçois immédiatement des sollicitations de pseudo-agents »

Finalement, je vais à Metz avec mes potes, plutôt détendu. Ça se passe super bien, on fait des jeux réduits, des 5 contre 5, des tests physiques… A chaque fois, des joueurs étaient éliminés, mais moi je passais tout. Jusqu’à être sélectionné pour faire partie des finalistes français quelques semaines plus tard à Clairefontaine.

Là-bas, j’ai compris que ça devenait sérieux. On nous fournissait des équipements complets et il y avait du niveau chez les autres joueurs. Pourtant, tout se déroule encore une fois super bien. Sur les cinquante de départ, je suis pris avec deux autres joueurs pour représenter la France à Barcelone (Espagne) pour la finale mondiale.

Dès ce moment-là, je reçois des sollicitations de la part de pseudo-agents. Mais je ne connaissais rien à tout ça.

David Fernandes en tenue Nike avec deux autres personnes
©️ Nike football

A Barcelone, je vis un rêve éveillé. Je suis un joueur amateur à Combs-la-Ville et je me retrouve au Camp Nou, à jouer avec Iniesta ou Busquets. Ça allait tellement vite.

Là-bas, tout se déroule parfaitement. On était 100 et les seize vainqueurs allaient faire une tournée mondiale aux Etats-Unis, en Angleterre, en Italie… Finalement, je fais partie des seize derniers… Je ne réalisais pas. Quand ils annoncent mon nom, je comprends à peine ce qu’il se passe.

Quelques jours après que je sois rentré d’Espagne, un ami m’a conseillé un agent qu’il connaissait. Il était intéressé pour travailler avec moi, et me disait qu’il travaillait avec des clubs en Belgique et même en Ligue 2. J’étais super content… Une semaine passe mais toujours aucune nouvelle. Je commençais à perdre patience en voyant que d’autres personnes avaient des essais avec des clubs.

« Selon lui, il y avait encore une fois un problème de contrat »

C’est à ce moment-là qu’Albert est arrivé. Albert, c’était un ami de mes parents qui se faisait passer pour un agent. Mais ça, je ne le savais pas encore. Il me dit direct qu’il peut me trouver un essai avec l’Atletico Madrid (Espagne). J’étais à deux doigts de tomber dans les pommes.

Finalement l’essai n’est pas concluant, mais Albert me dit de ne pas m’inquiéter parce que Nice veut me voir. Ça se passe tellement bien que le directeur du centre de formation me demande même si je n’ai été formé avant. Il avait l’air de ne pas y croire. En partant de là-bas, ils me disent qu’ils vont voir avec mon agent pour le contrat. J’étais super heureux, je sentais que c’était bien parti. Et puis 4 ou 5 jours après, Albert me rappelle.

Selon lui, c’était mort à cause d’un problème de contrat. Je me suis dit que ça devait arriver. Pour que je ne me fasse pas de soucis, Albert m’annonce que j’ai un autre essai au Havre. J’oubliais alors vite ma frustration. 

David Fernandes sur une affiche de la FFF
David Fernandes, à droite, pour une publicité de la FFF / ©️ Nike France

Et au Havre, encore une fois, je fais bonne impression. Ils n’avaient pas de budget transfert mais je leur ai clairement dit que s’ils me proposaient 500€, il n’y avait aucun problème ! Je m’en foutais de ne pas gagner d’argent. Sauf que là encore, quelques jours plus tard, Albert m’annonce un problème de contrat.

D’après lui, ça coinçait à cause du salaire. Or même si je jouais pour rien, j’étais heureux ! Et il me répond « Ouais, mais il faut que tu grattes des trucs ».
Je n’ai pas compris tout de suite que c’était pour lui qu’il voulait quelque chose. C’était un ami de la famille, il ne pouvait pas faire ça… Surtout que ça ne servait pas à grand-chose, je sortais de nulle part.

Et comme d’habitude, il me trouve un essai à Sedan dans la foulée.

« Fier de ce que j’ai vécu »

Tout se passe super bien, encore une fois. Ils étaient intéressés et me demandent si j’ai un agent, parce que quelqu’un disait me représenter mais il n’avait pas de carte d’agent. Wow… Je leur ai répondu je me représentais seul, et en août 2012, je signe avec l’équipe réserve. Dans les jours suivants, un des boss de Nike The Chance me contacte pour prendre des nouvelles.

Il était super content pour moi, mais m’annonce que je ne peux pas faire la tournée avec les autres finalistes. Je comprends alors que l’objectif du concours était de faire signer les vainqueurs dans un club professionnel, pour lancer nos carrières. Ce qui voulait dire que je n’étais donc plus éligible. J’étais dégouté, une chute libre. 

David Fernandes posant devant le logo de Sedan
©️ CS Sedan Ardennes

Tout se passait bien au début à Sedan. Puis j’ai eu beaucoup de blessures, dont une pubalgie. Je progressais, en m’entraînant même avec l’équipe pro, mais je n’ai jamais fait un banc 3. J’étais un peu dégouté de ne pas avoir ma chance, mais j’ai appris grâce à ça. C’est le foot.

Après quatre saisons, le club ne me garde pas. Le coach de Granville en CFA m’appelle pour me recruter, ce que j’accepte. Ça se passe super bien, jusqu’à ce que des blessures arrivent encore une fois. Je ne retrouvais pas vraiment le rythme, je ne jouais que de temps en temps. Au bout de 2 ans et demi, je comprends qu’il faut que je parte. Je travaillais avec un agent, Laurent Boulouard, à ce moment-là. Mais dès que j’ai quitté Granville, plus de nouvelle. Je n’avais plus personne pour me représenter, mais j’allais me démerder tout seul.

« Sans contrat, comment trouver un logement ? »

Les représentants d’un club breton m’avait sollicité quelques temps avant. J’accepte alors de rejoindre Pontivy. On m’avait fait plein de promesses. Ils me disent qu’ils vont me trouver un appartement et un travail. Ils n’avaient pas de contrat fédéraux, donc ils payaient les joueurs en frais kilométriques.

Au début, j’ai dû habiter chez un coéquipier, Clément Daoudou. Ça a duré deux semaines, et ils me disaient que je pouvais chercher de mon côté. Mais je n’avais pas de contrat, donc impossible de trouver un logement. J’ai finalement trouvé un job dans une boîte d’intérim, mais je ne prenais aucun plus aucun plaisir à jouer au foot. Je suis rentré sur Paris à la fin de la saison, il y a un an. J’ai retrouvé un club à Ivry-sur-Seine, tout en travaillant dans une société de transport à côté.

On dit souvent « Pas le temps pour les regrets », mais c’est vrai que j’ai parfois fait des mauvais choix. Les blessures sont des choses qui arrivent, mais je peux regretter certaines décisions. Je suis quand même fier de ce que j’ai vécu, je sortais de nulle part et je me suis battu. J’ai vécu de belles choses, et même si je n’ai jamais été professionnel, j’y étais presque. 

David.

©️ GSI Pontivy

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Le football, ses clubs emblématiques, ses stades mythiques et son business âpre. Derrière les millions d’euros que génère le plus haut niveau, des milliers de joueurs se battent pour se faire une place, à n’importe quel prix. David Fernandes, lauréat du concours Nike The Chance en 2012, rêvait d’un contrat professionnel et de tutoyer les sommets. Mais de l’autre côté des rideaux se cache une réalité parfois cruelle.

David Fernandes regardant et pointant le ciel avec ses doigts
©️ CS Sedan Ardennes
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David Fernandes
• Né le 25 mars 1992
• Football

Tout commence en janvier 2012. A cette époque-là, je n’avais pas encore 20 ans et je n’avais jamais joué dans un club en dehors du 91. Je progressais à bas niveau, à Epinay-sous-Sénart, Boussy-Saint-Antoine, ou Combs-la-Ville avec les jeunes puis les seniors.

Puis un jour, un ami me fait découvrir Nike The Chance. Il m’explique que Nike organise des détections en France et dans le monde entier. Je me suis inscrit mais ne le prenais pas au sérieux. On s’inscrivait sur Facebook, ça devait être un truc bidon.  

« Je reçois immédiatement des sollicitations de pseudo-agents »

Finalement, je vais à Metz avec mes potes, plutôt détendu. Ça se passe super bien, on fait des jeux réduits, des 5 contre 5, des tests physiques… A chaque fois, des joueurs étaient éliminés, mais moi je passais tout. Jusqu’à être sélectionné pour faire partie des finalistes français quelques semaines plus tard à Clairefontaine.

Là-bas, j’ai compris que ça devenait sérieux. On nous fournissait des équipements complets et il y avait du niveau chez les autres joueurs. Pourtant, tout se déroule encore une fois super bien. Sur les cinquante de départ, je suis pris avec deux autres joueurs pour représenter la France à Barcelone (Espagne) pour la finale mondiale.

Dès ce moment-là, je reçois des sollicitations de la part de pseudo-agents. Mais je ne connaissais rien à tout ça.

David Fernandes en tenue Nike avec deux autres personnes
©️ Nike football

A Barcelone, je vis un rêve éveillé. Je suis un joueur amateur à Combs-la-Ville et je me retrouve au Camp Nou, à jouer avec Iniesta ou Busquets… Ça allait tellement vite.

Là-bas, tout se déroule parfaitement. On était 100 et les seize vainqueurs allaient faire une tournée mondiale aux Etats-Unis, en Angleterre, en Italie… Finalement, je fais partie des seize derniers… Je ne réalisais pas. Quand ils annoncent mon nom, je comprends à peine ce qu’il se passe.

Quelques jours après que je sois rentré d’Espagne, un ami m’a conseillé un agent qu’il connaissait. Il était intéressé pour travailler avec moi, et me disait qu’il travaillait avec des clubs en Belgique et même en Ligue 2. J’étais super content… Une semaine passe mais toujours aucune nouvelle. Je commençais à perdre patience en voyant que d’autres personnes avaient des essais avec des clubs.   

« Selon lui, il y avait encore une fois un problème de contrat »

C’est à ce moment-là qu’Albert est arrivé. Albert, c’était un ami de mes parents qui se faisait passer pour un agent. Mais ça, je ne le savais pas encore. Il me dit direct qu’il peut me trouver un essai avec l’Atletico Madrid (Espagne). J’étais à deux doigts de tomber dans les pommes.

Finalement l’essai n’est pas concluant, mais Albert me dit de ne pas m’inquiéter parce que Nice veut me voir. Là-bas, ça se passe tellement bien que le directeur du centre de formation me demande même si je n’ai été formé avant. Il avait l’air de ne pas y croire. En partant de là-bas, ils me disent qu’ils vont voir avec mon agent pour le contrat. J’étais super heureux, je sentais que c’était bien parti. Et puis 4 ou 5 jours après, Albert me rappelle.

Selon lui, c’était mort à cause d’un problème de contrat. Je me suis dit que ça devait arriver. Pour que je ne me fasse pas de soucis, Albert m’annonce que j’ai un autre essai au Havre. J’oubliais alors vite ma frustration.

David Fernandes sur une affiche de la FFF
David Fernandes, à droite, pour une publicité de la FFF / ©️ Nike France

Et au Havre, encore une fois, je fais bonne impression. Ils n’avaient pas de budget transfert mais je leur ai clairement dit que s’ils me proposaient 500€, il n’y avait aucun problème ! Je m’en foutais de ne pas gagner d’argent. Sauf que là encore, quelques jours plus tard, Albert m’annonce un problème de contrat.

D’après lui, ça coinçait à cause du salaire. Or même si je jouais pour rien, j’étais heureux ! Et il me répond « Ouais, mais il faut que tu grattes des trucs ».

Je n’ai pas compris tout de suite que c’était pour lui qu’il voulait quelque chose. C’était un ami de la famille, il ne pouvait pas faire ça… Surtout que ça ne servait pas à grand-chose, je sortais de nulle part.

Et comme d’habitude, il me trouve un essai à Sedan dans la foulée.    

« Fier de ce que j’ai vécu »

Tout se passe super bien, encore une fois. Ils étaient intéressés et me demandent si j’ai un agent, parce que quelqu’un disait me représenter mais il n’avait pas de carte d’agent. Wow… Je leur ai répondu je me représentais seul, et en août 2012, je signe avec l’équipe réserve. Dans les jours suivants, un des boss de Nike The Chance me contacte pour prendre des nouvelles.

Il était super content pour moi, mais m’annonce que je ne peux pas faire la tournée avec les autres finalistes. Je comprends alors que l’objectif du concours était de faire signer les vainqueurs dans un club professionnel, pour lancer nos carrières. Ce qui voulait dire que je n’étais donc plus éligible. J’étais dégouté, une chute libre.

David Fernandes posant devant le logo de Sedan
©️ CS Sedan Ardennes

Tout se passait bien au début à Sedan. Puis j’ai eu beaucoup de blessures, dont une pubalgie. Je progressais, en m’entrainant même avec l’équipe pro, mais je n’ai jamais fait un banc 3. J’étais un peu dégouté de ne pas avoir ma chance, mais j’ai appris grâce à ça. C’est le foot.

Après quatre saisons, le club ne me garde pas. Le coach de Granville en CFA1 m’appelle pour me recruter, ce que j’accepte. Ça se passe super bien, jusqu’à ce que des blessures arrivent encore une fois. Je ne retrouvais pas vraiment le rythme, je ne jouais que de temps en temps. Au bout de 2 ans et demi, je comprends qu’il faut que je parte. Je travaillais avec un agent, Laurent Boulouard, à ce moment-là. Mais dès que j’ai quitté Granville, plus de nouvelle. Je n’avais plus personne pour me représenter, mais j’allais me démerder tout seul.    

« Sans contrat, comment trouver un logement ? »

Les représentants d’un club breton m’avait sollicité quelques temps avant. J’accepte alors de rejoindre Pontivy. On m’avait fait plein de promesses. Ils me disent qu’ils vont me trouver un appartement et un travail. Ils n’avaient pas de contrat fédéraux, donc ils payaient les joueurs en frais kilométriques.

Au début, j’ai dû habiter chez un coéquipier, Clément Daoudou. Ça a duré deux semaines, et ils me disaient que je pouvais chercher de mon côté. Mais je n’avais pas de contrat, donc impossible de trouver un logement. J’ai finalement trouvé un job dans une boîte d’intérim, mais je ne prenais aucun plus aucun plaisir à jouer au foot. Je suis rentré sur Paris à la fin de la saison, il y a un an. J’ai retrouvé un club à Ivry-sur-Seine, tout en travaillant dans une société de transport à côté.

On dit souvent « Pas le temps pour les regrets », mais c’est vrai que j’ai parfois fait des mauvais choix. Les blessures sont des choses qui arrivent, mais je peux regretter certaines décisions. Je suis quand même fier de ce que j’ai vécu, je sortais de nulle part et je me suis battu. J’ai vécu de belles choses, et même si je n’ai jamais été professionnel, j’y étais presque.

David.

David.

Il est aussi grand que David Fernandes. Richard Fura. Je deviens David Fernandes. Nous serions David Fernandes. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir David Fernandes. Une boite de lunette détient le grand David Fernandes. Attention aux impératifs complète Mary. David Fernandes n'est autre que moi.

Mais qui est David Fernandes ?

David Fernandes est un footballeur originaire d’Essonne. Alors qu’il pratique le football par passion depuis son plus jeune âge, il participe à un programme de détection organisé par la marque américaine Nike. Après plusieurs mois d’épreuve, il gagne le droit, avec 15 autres joueurs du monde entier, de réaliser une tournée internationale à la rencontre des plus grandes institutions mondiales.

Après plusieurs essais à Nice ou au Havre, il rejoint finalement l’équipe réserve de Sedan, dans l’espoir d’accéder, un jour, au monde professionnel. Plusieurs blessures et événements extérieurs auront finalement raison de son rêve.
David Fernandes est un footballeur originaire d’Essonne. Alors qu’il pratique le football par passion depuis son plus jeune âge, il participe à un programme de détection organisé par la marque américaine Nike. Après plusieurs mois d’épreuve, il gagne le droit, avec 15 autres joueurs du monde entier, de réaliser une tournée internationale à la rencontre des plus grandes institutions mondiales.
David Fernandes joue aujourd’hui à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), et ambitionne de pouvoir devenir chauffeur de taxi dans les prochaines années.

©️ GSI Pontivy

Le football, ses clubs emblématiques, ses stades mythiques et son business âpre. Derrière les millions d’euros que génère le plus haut niveau, des milliers de joueurs se battent pour se faire une place, à n’importe quel prix. David Fernandes, lauréat du concours Nike The Chance en 2012, rêvait d’un contrat professionnel et de tutoyer les sommets. Mais de l’autre côté des rideaux se cache une réalité parfois cruelle.

David Fernandes regardant et pointant le ciel avec ses doigts
©️ CS Sedan Ardennes
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

David Fernandes
• Né le 25 mars 1992
• Football

Tout commence en janvier 2012. A cette époque-là, je n’avais pas encore 20 ans et je n’avais jamais joué dans un club en dehors du 91. Je progressais à bas niveau, à Epinay-sous-Sénart, Boussy-Saint-Antoine, ou Combs-la-Ville, avec les jeunes puis les seniors.

Puis un jour, un ami me fait découvrir Nike The Chance. Il m’explique que Nike organise des détections en France et dans le monde entier. Je me suis inscrit, mais ne le prenais pas au sérieux. On s’inscrivait sur Facebook, ça devait être un truc bidon.

« Je reçois immédiatement des sollicitations de pseudo-agents »

Finalement, je vais à Metz avec mes potes, plutôt détendu. Ça se passe super bien, on fait des jeux réduits, des 5 contre 5, des tests physiques… A chaque fois, des joueurs étaient éliminés, mais moi je passais tout. Jusqu’à être sélectionné pour faire partie des finalistes français quelques semaines plus tard à Clairefontaine.

Là-bas, j’ai compris que ça devenait sérieux. On nous fournissait des équipements complets et il y avait du niveau chez les autres joueurs. Pourtant, tout se déroule encore une fois super bien. Sur les cinquante de départ, je suis pris avec deux autres joueurs pour représenter la France à Barcelone (Espagne) pour la finale mondiale.

Dès ce moment-là, je reçois des sollicitations de la part de pseudo-agents. Mais je ne connaissais rien à tout ça.

David Fernandes en tenue Nike avec deux autres personnes
©️ Nike football

A Barcelone, je vis un rêve éveillé. Je suis un joueur amateur à Combs-la-Ville et je me retrouve au Camp Nou, à jouer avec Iniesta ou Busquets… Ça allait tellement vite.

Là-bas, tout se déroule parfaitement. On était 100 et les seize vainqueurs allaient faire une tournée mondiale aux Etats-Unis, en Angleterre, en Italie… Finalement, je fais partie des seize derniers… Je ne réalisais pas. Quand ils annoncent mon nom, je comprends à peine ce qu’il se passe.

Quelques jours après que je sois rentré d’Espagne, un ami m’a conseillé un agent qu’il connaissait. Il était intéressé pour travailler avec moi, et me disait qu’il travaillait avec des clubs en Belgique et même en Ligue 2. J’étais super content… Une semaine passe mais toujours aucune nouvelle. Je commençais à perdre patience en voyant que d’autres personnes avaient des essais avec des clubs.

« Selon lui, il y avait encore une fois un problème de contrat »

C’est à ce moment-là qu’Albert est arrivé. Albert, c’était un ami de mes parents qui se faisait passer pour un agent. Mais ça, je ne le savais pas encore. Il me dit direct qu’il peut me trouver un essai avec l’Atletico Madrid (Espagne). J’étais à deux doigts de tomber dans les pommes.

Finalement l’essai n’est pas concluant, mais Albert me dit de ne pas m’inquiéter parce que Nice veut me voir. Là_bas ça se passe tellement bien que le directeur du centre de formation me demande même si je n’ai été formé avant. Il avait l’air de ne pas y croire. En partant de là-bas, ils me disent qu’ils vont voir avec mon agent pour le contrat. J’étais super heureux, je sentais que c’était bien parti. Et puis 4 ou 5 jours après, Albert me rappelle.

Selon lui, c’était mort à cause d’un problème de contrat. Je me suis dit que ça devait arriver. Pour que je ne me fasse pas de soucis, Albert m’annonce que j’ai un autre essai au Havre. J’oubliais alors vite ma frustration.

David Fernandes sur une affiche de la FFF
David Fernandes, à droite, pour une publicité de la FFF / ©️ Nike France

Et au Havre, encore une fois, je fais bonne impression. Ils n’avaient pas de budget transfert mais je leur ai clairement dit que s’ils me proposaient 500€, il n’y avait aucun problème ! Je m’en foutais de ne pas gagner d’argent. Sauf que là encore, quelques jours plus tard, Albert m’annonce un problème de contrat.

D’après lui, ça coinçait à cause du salaire. Or même si je jouais pour rien, j’étais heureux ! Et il me répond « Ouais, mais il faut que tu grattes des trucs ».

Je n’ai pas compris tout de suite que c’était pour lui qu’il voulait quelque chose. C’était un ami de la famille, il ne pouvait pas faire ça… Surtout que ça ne servait pas à grand-chose, je sortais de nulle part.

Et comme d’habitude, il me trouve un essai à Sedan dans la foulée.

« Fier de ce que j’ai vécu »

Tout se passe super bien, encore une fois. Ils étaient intéressés et me demandent si j’ai un agent, parce que quelqu’un disait me représenter mais il n’avait pas de carte d’agent. Wow… Je leur ai répondu je me représentais seul, et en août 2012, je signe avec l’équipe réserve. Dans les jours suivants, un des boss de Nike The Chance me contacte pour prendre des nouvelles.

Il était super content pour moi, mais m’annonce que je ne peux pas faire la tournée avec les autres finalistes. Je comprends alors que l’objectif du concours était de faire signer les vainqueurs dans un club professionnel, pour lancer nos carrières. Ce qui voulait dire que je n’étais donc plus éligible. J’étais dégouté, une chute libre.

David Fernandes posant devant le logo de Sedan
©️ CS Sedan Ardennes

Tout se passait bien au début à Sedan. Puis j’ai eu beaucoup de blessures, dont une pubalgie. Je progressais, en m’entraînant même avec l’équipe pro, mais je n’ai jamais fait un banc 3. J’étais un peu dégouté de ne pas avoir ma chance, mais j’ai appris grâce à ça. C’est le foot.

Après quatre saisons, le club ne me garde pas. Le coach de Granville en CFA1 m’appelle pour me recruter, ce que j’accepte. Ça se passe super bien, jusqu’à ce que des blessures arrivent encore une fois. Je ne retrouvais pas vraiment le rythme, je ne jouais que de temps en temps. Au bout de 2 ans et demi, je comprends qu’il faut que je parte. Je travaillais avec un agent, Laurent Boulouard, à ce moment-là. Mais dès que j’ai quitté Granville, plus de nouvelle. Je n’avais plus personne pour me représenter, mais j’allais me démerder tout seul.

« Sans contrat, comment trouver un logement ? »

Les représentants d’un club breton m’avait sollicité quelques temps avant. J’accepte alors de rejoindre Pontivy. On m’avait fait plein de promesses. Ils me disent qu’ils vont me trouver un appartement et un travail. Ils n’avaient pas de contrat fédéraux, donc ils payaient les joueurs en frais kilométriques.

Au début, j’ai dû habiter chez un coéquipier, Clément Daoudou. Ça a duré deux semaines, et ils me disaient que je pouvais chercher de mon côté. Mais je n’avais pas de contrat, donc impossible de trouver un logement. J’ai finalement trouvé un job dans une boîte d’intérim, mais je ne prenais aucun plus aucun plaisir à jouer au foot. Je suis rentré sur Paris à la fin de la saison, il y a un an. J’ai retrouvé un club à Ivry-sur-Seine, tout en travaillant dans une société de transport à côté.

On dit souvent « Pas le temps pour les regrets », mais c’est vrai que j’ai parfois fait des mauvais choix. Les blessures sont des choses qui arrivent, mais je peux regretter certaines décisions. Je suis quand même fier de ce que j’ai vécu, je sortais de nulle part et je me suis battu. J’ai vécu de belles choses, et même si je n’ai jamais été professionnel, j’y étais presque.

David.

David.

Il est aussi grand que David Fernandes. David Fernandes. Je deviens David Fernandes. Nous serions David Fernandes. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir David Fernandes. Une boite de lunette détient le grand David Fernandes. Attention aux impératifs complète Mary. David Fernandes n'est autre que moi.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mais qui est David Fernandes ?