Les combats d’Alizée Agier

29 juin 2020

©️ Denis Boulanger

Les combats d’Alizée Agier

29 juin 2020

©️ Denis Boulanger

Les combats d’Alizée Agier

29 juin 2020

©️ Denis Boulanger

Alizée Agier. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant la karatéka française est une véritable étoile de sa discipline. En attendant l’arrivée du karaté aux Jeux de Tokyo, la championne du monde 2011 a remporté tous les titres possibles, et ce à tout juste 25 ans. Pour By Athlete, elle se livre sur sa précocité, sa détermination et sa capacité à gérer le diabète au quotidien.

Alizée Agier, karatéka française, pose en tenue avec des gants rouges

Une ascension express vers le plus haut-niveau

« Depuis toute petite, je baigne dans le karaté. Mon frère a découvert ce sport en premier, et il m’a donné envie d’essayer quand j’avais 5 ans. Mon père vient de la boxe à la base, mais il enseigne le karaté contact et ma mère en a fait en loisir. Tout le monde est passé par le karaté chez moi ! » 

« C’est allé vite, c’est vrai. Mais je n’ai jamais eu l’impression de griller les étapes. Dès que j’ai eu l’âge de faire des compétitions, j’ai été mise dans le grand bain. Je faisais quelques résultats, donc je me suis qualifiée pour des championnats régionaux, puis les France. Pas à pas. Avec la Ligue de Bourgogne, j’ai commencé par faire des compétitions à l’étranger. J’ai pris beaucoup d’expériences durant ces années, avant de rejoindre le Pôle France à Bordeaux. Puis j’ai fait mes premiers stages et honoré ma première sélection, jusqu’à ma première compétition internationale avec l’équipe de France aux championnats du monde junior 2011. »

« Je ne voulais pas faire un résultat puis disparaître »

Après un titre mondial inattendu, gérer la pression et continuer sa progression

« Je suis arrivée relativement vite à atteindre le Graal, c’est vrai. J’avais basculé chez les seniors en 2013, et un an après je suis devenue championne du monde. J’avais tout juste 20 ans, mais bon même avant ça, j’avais eu quelques expériences chez les seniors. » 

« Je n’étais pas attendue en arrivant en Allemagne (ndlr : pour ses premiers championnats du monde en 2014). Quelque part, je croyais en moi, en mes capacités mais de là à me voir gagner… Je n’aurais pas parié dessus ! »

« Après ça, il y a eu un peu de pression, forcément. On se dit qu’on est championne du monde, qu’il faut assurer derrière. J’avais encore du temps devant moi, mais je ne voulais pas faire un résultat puis disparaître. J’ai plutôt bien enchaîné finalement, mais j’ai mis du temps avant de gagner les championnats d’Europe… »

Avoir tout gagné, mais toujours la même rage de vaincre

« Ce qui me pousse à continuer, forcément, c’est le rêve olympique. Mais au-delà de l’Olympisme, sur les compétitions de référence comme les Europe ou les monde, j’ai encore la rage. J’ai envie d’aller chercher des médailles d’or. Montrer que sur la durée, je suis une championne. Si je ne suis plus performante, là j’arrêterais. » 

Alizée Agier, karatéka française, donne un coup de pied dans le ventre d'une adversaire lors d'une compétition
©️ Denis Boulanger

Un combat de tous les instants pour faire connaître les injustices qui visent les diabétiques 

« C’est un combat quotidien. Je n’avais pas pu entrer dans la Police Nationale en juin 2016 à cause de mon diabète. J’avais réussi l’ensemble des épreuves, mais malgré un diabète équilibré, j’ai été déclarée inapte. L’appel déposé avait été rejeté, mais je pouvais encore faire un recours devant le Tribunal Administratif. Ça a pris du temps, et je n’ai eu la décision que trois ans plus tard. En décembre 2019, le Tribunal a annulé la décision du Préfet. Techniquement, je pourrais retenter le concours, mais entre temps, j’avais repris des études puis je suis devenue athlète SNCF. » 

« Mon cas peut faire jurisprudence pour la suite, donc c’est une première étape. Pourquoi des personnes ayant un diabète stable et qui le gèrent très bien ne pourraient pas avoir accès à certains métiers ? »

« A la recherche d'un éternel équilibre »

Le diabète, une maladie qui ne la définit pas 

« J’ai envie qu’on me retienne en tant que championne, pas une championne diabétique. ce combat me tient énormément à cœur, mais je suis une championne avant tout. Je ne veux pas être définie uniquement par ma maladie. Je suis très active sur le sujet, donc je comprends qu’on puisse m’y associer. Mais je suis Alizée, point. » 

« Chaque jour est une remise en question avec le diabète, puisqu’on est notre propre médecin. On est à la recherche d’une éternel équilibre avec les doses d’insuline qu’on s’injecte avant de manger. Ça m’a aidé dans la vie. Tout doit être carré dans la manière dont on s’occupe de soi, comme dans le sport de haut niveau. Le diabète m’a aidé dans le karaté, et le karaté m’a aidé dans la diabète. »

La fierté de voir une salle porter son nom

« C’est un accomplissement parce que voir ça de son vivant n’est pas donné à tout le monde. Ça a été une belle reconnaissance, surtout dans ma ville natale. C’est d’autant plus symbolique, parce que tout est partie de cette ville. Ça montre aussi qu’on reconnaît ce que j’ai pu accomplir, et que ma ville me soutient. » 


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Alizée Agier. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant la karatéka française est une véritable étoile dans sa discipline. En attendant l’arrivée du karaté aux Jeux de Tokyo, la championne du monde 2011 a remporté tous les titres possibles, et ce à tout juste 25 ans. Pour By Athlete, elle se livre sur sa précocité, sa détermination et sa capacité à gérer le diabète au quotidien.

Alizée Agier, karatéka française, pose en tenue avec des gants rouges
©️ Antoine Naran
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Alizée Agier
• Née le 7 juillet 1994
• Karaté

Une ascension express vers le plus haut-niveau

« Depuis toute petite, je baigne dans le karaté. Mon frère a découvert ce sport en premier, et il m’a donné envie d’essayer quand j’avais 5 ans. Mon père vient de la boxe à la base, mais il enseigne le karaté contact et ma mère en a fait en loisir. Tout le monde est passé par le karaté chez moi ! » 

« C’est allé vite, c’est vrai. Mais je n’ai jamais eu l’impression de griller les étapes. Dès que j’ai eu l’âge de faire des compétitions, j’ai été mise dans le grand bain. Je faisais quelques résultats, donc je me suis qualifiée pour des championnats régionaux, puis les France. Pas à pas. Avec la Ligue de Bourgogne, j’ai commencé par faire des compétitions à l’étranger. J’ai pris beaucoup d’expériences durant ces années, avant de rejoindre le Pôle France à Bordeaux. Puis j’ai fait mes premiers stages et honoré ma première sélection, jusqu’à ma première compétition internationale avec l’équipe de France aux championnats du monde junior 2011. »

« Je ne voulais pas faire un résultat, puis disparaître »

Après un titre mondial inattendu, gérer la pression et continuer sa progression

« Je suis arrivée relativement vite à atteindre le Graal, c’est vrai. J’avais basculé chez les seniors en 2013, et un an après je suis devenue championne du monde. J’avais tout juste 20 ans, mais bon même avant ça, j’avais eu quelques expériences chez les seniors »

« Je n’étais pas attendue en arrivant en Allemagne (ndlr : pour ses premiers championnats du monde en 2014). Quelque part, je croyais en moi, en mes capacités mais de là à me voir gagner… Je n’aurais pas parié dessus ! »

« Après ça, il y a eu un peu de pression, forcément. On se dit qu’on est championne du monde, qu’il faut assurer derrière. J’avais encore du temps devant moi, mais je ne voulais pas faire un résultat puis disparaître. J’ai plutôt bien enchaîné finalement, mais j’ai mis du temps avant de gagner les championnats d’Europe… »

Avoir tout gagné, mais toujours la même rage de vaincre

« Ce qui me pousse à continuer, forcément, c’est le rêve olympique. Mais au-delà de l’Olympisme, sur les compétitions de référence comme les Europe ou les monde, j’ai encore la rage. J’ai envie d’aller chercher des médailles d’or. Montrer que sur la durée, je suis une championne. Si je ne suis plus performante, là j’arrêterais. »

Alizée Agier, karatéka française, donne un coup de pied dans le ventre d'une adversaire lors d'une compétition
©️ Denis Boulanger

Un combat de tous les instants pour faire connaître les injustices qui visent les diabétiques

« C’est un combat quotidien. Je n’avais pas pu entrer dans la Police Nationale en juin 2016 à cause de mon diabète. J’avais réussi l’ensemble des épreuves, mais malgré un diabète équilibré, j’ai été déclarée inapte. L’appel déposé avait été rejeté, mais je pouvais encore faire un recours devant le Tribunal Administratif. Ça a pris du temps, et je n’ai eu la décision que trois ans plus tard. En décembre 2019, le Tribunal a annulé la décision du Préfet. Techniquement, je pourrais retenter le concours, mais entre temps, j’avais repris des études puis je suis devenue athlète SNCF. »

« Mon cas peut faire jurisprudence pour la suite, donc c’est une première étape. Pourquoi des personnes ayant un diabète stable et qui le gèrent très bien ne pourraient pas avoir accès à certains métiers ? »

« A la recherche d'un éternel équilibre »

Le diabète, une maladie qui ne la définit pas

« J’ai envie qu’on me retienne en tant que championne, pas une championne diabétique. ce combat me tient énormément à cœur, mais je suis une championne avant tout. Je ne veux pas être définie uniquement par ma maladie. Je suis très active sur le sujet, donc je comprends qu’on puisse m’y associer. Mais je suis Alizée, point. »

« Chaque jour est une remise en question avec le diabète, puisqu’on est notre propre médecin. On est à la recherche d’une éternel équilibre avec les doses d’insuline qu’on s’injecte avant de manger. Ça m’a aidé dans la vie. Tout doit être carré dans la manière dont on s’occupe de soi, comme dans le sport de haut niveau. Le diabète m’a aidé dans le karaté, et le karaté m’a aidé dans la diabète. »

La fierté de voir une salle porter son nom

« C’est un accomplissement parce que voir ça de son vivant n’est pas donné à tout le monde. Ça a été une belle reconnaissance, surtout dans ma ville natale. C’est d’autant plus symbolique, parce que tout est partie de cette ville. Ça montre aussi qu’on reconnaît ce que j’ai pu accomplir, et que ma ville me soutient. »


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Alizée.

Il est aussi grand que Alizée Agier. Alizée Agier. Je deviens Alizée Agier. Nous serions Alizée Agier. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alizée Agier. Une boite de lunette détient le grand Alizée Agier. Attention aux impératifs complète Mary. Alizée Agier n'est autre que moi.

Mais qui est Alizée Agier ?

Alizée Agier est une karatéka championne du monde, d’Europe et de France.
Alors qu’elle débute le karaté dès l’âge de 5 ans, on lui diagnostique un diabète de stade 1 à 19 ans, le niveau le plus aiguë de la maladie. Contrainte de réguler son taux d’insuline dans le sang à l’aide de quatre à six injections par jour, elle devient tout de même championne du monde senior en 2014 en Allemagne. Un exploit qui en appelle d’autres, puisqu’à ce jour, Alizée a remporté l’ensemble des titres possibles, excepté les Jeux Olympiques, dont son unique chance sera à Tokyo en 2021.
Alizée Agier est également connue pour se battre contre les inégalités envers les diabétiques. Elle fut déclarée inapte à rejoindre les rangs de la police en 2016, malgré une pleine réussite au concours et une carrière de sportive de haut niveau. Une injustice que le Tribunal Administratif réparera en décembre 2019, en validant son recours et infirmant la décision initiale.

Alizée Agier. Ce nom ne vous dit peut-être rien, pourtant la karatéka française est une véritable étoile de sa discipline. En attendant l’arrivée du karaté aux Jeux de Tokyo, la championne du monde 2011 a remporté tous les titres possibles, et ce à tout juste 25 ans. Pour By Athlete, elle se livre sur sa précocité, sa détermination et sa capacité à gérer le diabète au quotidien.

Alizée Agier, karatéka française, pose en tenue avec des gants rouges
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Alizée Agier
• Née le 7 juillet 1994
• Karaté

Une ascension express vers le plus haut-niveau

« Depuis toute petite, je baigne dans le karaté. Mon frère a découvert ce sport en premier, et il m’a donné envie d’essayer quand j’avais 5 ans. Mon père vient de la boxe à la base, mais il enseigne le karaté contact et ma mère en a fait en loisir. Tout le monde est passé par le karaté chez moi ! » 

« C’est allé vite, c’est vrai. Mais je n’ai jamais eu l’impression de griller les étapes. Dès que j’ai eu l’âge de faire des compétitions, j’ai été mise dans le grand bain. Je faisais quelques résultats, donc je me suis qualifiée pour des championnats régionaux, puis les France. Pas à pas. Avec la Ligue de Bourgogne, j’ai commencé par faire des compétitions à l’étranger. J’ai pris beaucoup d’expériences durant ces années, avant de rejoindre le Pôle France à Bordeaux. Puis j’ai fait mes premiers stages et honoré ma première sélection, jusqu’à ma première compétition internationale avec l’équipe de France aux championnats du monde junior 2011. »

« Je ne voulais pas faire un résultat puis disparaître »

Après un titre mondial inattendu, gérer la pression et continuer sa progression

« Je suis arrivée relativement vite à atteindre le Graal, c’est vrai. J’avais basculé chez les seniors en 2013, et un an après je suis devenue championne du monde. J’avais tout juste 20 ans, mais bon même avant ça, j’avais eu quelques expériences chez les seniors. » 

« Je n’étais pas attendue en arrivant en Allemagne (ndlr : pour ses premiers championnats du monde en 2014). Quelque part, je croyais en moi, en mes capacités mais de là à me voir gagner… Je n’aurais pas parié dessus ! »

« Après ça, il y a eu un peu de pression, forcément. On se dit qu’on est championne du monde, qu’il faut assurer derrière. J’avais encore du temps devant moi, mais je ne voulais pas faire un résultat puis disparaître. J’ai plutôt bien enchaîné finalement, mais j’ai mis du temps avant de gagner les championnats d’Europe… »

Avoir tout gagné, mais toujours la même rage de vaincre

« Ce qui me pousse à continuer, forcément, c’est le rêve olympique. Mais au-delà de l’Olympisme, sur les compétitions de référence comme les Europe ou les monde, j’ai encore la rage. J’ai envie d’aller chercher des médailles d’or. Montrer que sur la durée, je suis une championne. Si je ne suis plus performante, là j’arrêterais. » 

Camille Abily et Sarah Bouhaddi
©️ Damien LG

Un combat de tous les instants pour faire connaître les injustices qui visent les diabétiques

« C’est un combat quotidien. Je n’avais pas pu entrer dans la Police Nationale en juin 2016 à cause de mon diabète. J’avais réussi l’ensemble des épreuves, mais malgré un diabète équilibré, j’ai été déclarée inapte. L’appel déposé avait été rejeté, mais je pouvais encore faire un recours devant le Tribunal Administratif. Ça a pris du temps, et je n’ai eu la décision que trois ans plus tard. En décembre 2019, le Tribunal a annulé la décision du Préfet. Techniquement, je pourrais retenter le concours, mais entre temps, j’avais repris des études puis je suis devenue athlète SNCF. » 

« Mon cas peut faire jurisprudence pour la suite, donc c’est une première étape. Pourquoi des personnes ayant un diabète stable et qui le gèrent très bien ne pourraient pas avoir accès à certains métiers ? »

« A la recherche d'un éternel équilibre »

Le diabète, une maladie qui ne la définit pas

« J’ai envie qu’on me retienne en tant que championne, pas une championne diabétique. ce combat me tient énormément à cœur, mais je suis une championne avant tout. Je ne veux pas être définie uniquement par ma maladie. Je suis très active sur le sujet, donc je comprends qu’on puisse m’y associer. Mais je suis Alizée, point. » 

« Chaque jour est une remise en question avec le diabète, puisqu’on est notre propre médecin. On est à la recherche d’une éternel équilibre avec les doses d’insuline qu’on s’injecte avant de manger. Ça m’a aidé dans la vie. Tout doit être carré dans la manière dont on s’occupe de soi, comme dans le sport de haut niveau. Le diabète m’a aidé dans le karaté, et le karaté m’a aidé dans la diabète. »

La fierté de voir une salle porter son nom

« C’est un accomplissement parce que voir ça de son vivant n’est pas donné à tout le monde. Ça a été une belle reconnaissance, surtout dans ma ville natale. C’est d’autant plus symbolique, parce que tout est partie de cette ville. Ça montre aussi qu’on reconnaît ce que j’ai pu accomplir, et que ma ville me soutient. » 


En partenariat avec:

Alizée.

Il est aussi grand que Alizée Agier. Alizée Agier. Je deviens Alizée Agier. Nous serions Alizée Agier. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Alizée Agier. Une boite de lunette détient le grand Alizée Agier. Attention aux impératifs complète Mary. Alizée Agier n'est autre que moi.

Mais qui est Alizée Agier ?