Lettre ouverte de Clément Dorigo, escrimeur et étudiant en kinésithérapie

 

3 septembre 2020

Lettre ouverte de Clément Dorigo, escrimeur et étudiant en kinésithérapie

3 septembre 2020

Lettre ouverte de Clément Dorigo, escrimeur et étudiant en kinésithérapie

 

3 septembre 2020

L'ivresse des profondeurs

par Clément Dorigo

©️ Clément Dorigo

Etudiant en 4ème année à l’Ecole de Kinésithérapie de Saint-Maurice (ENKRE), Clément Dorigo, escrimeur pensionnaire de l’INSEP, évoque la situation qui l’affecte avec ses camarades sportifs de haut-niveau. Du jour au lendemain, la région a retiré sa participation aux frais de scolarité de son école, qui se voient multipliés par 31. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Clément nous raconte la situation, ses conséquences mais aussi son combat pour trouver des réponses à ces questions.

©️ Augusto Bizzi

     « Au début du mois de juillet, j’ai appris, avec mes camarades sportifs de haut-niveau de l’école, que les frais de scolarité à notre charge avaient subitement augmentés, passant de 232€ à 7300€. Cette hausse nous a été signifiée par mail, via un courrier en pièce jointe avec le montant de la facture, toujours sans explication. Indignés, mes camarades sportifs et moi-même nous sommes réunis pour faire un point sur la situation et prendre rendez-vous avec la direction de l’école. Lors de la réunion avec le directeur de l’ENKRE, nous avons appris que la région Ile-de-France ne souhaitait plus prendre en charge notre scolarité. A partir de septembre, les étudiants sportifs de l’ENKRE devraient s’acquitter du montant de 7300€ par année d’étude.  

« Nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer »

     Ensemble, nous avons essayé de faire valoir notre cause, de nous mobiliser face à ce changement brutal et soudain, pour que les choses changent rapidement. Nous avons donc écrit une première lettre ouverte et nous l’avons envoyé à tous les représentants de nos fédérations, au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), l’Agence Nationale du Sport (ANS), à la Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie (FNEK) ainsi qu’aux cabinets du Ministère des Sports et du Ministère des Solidarités et de la Santé. Notre but était de toucher un maximum d’instances et de leur faire prendre connaissance de notre situation pour qu’elle change rapidement. Nous voulions être rassurés rapidement pour arriver en septembre sereinement et ne plus à avoir de pression sur cette nouvelle année scolaire et cette saison de préparation olympique.

     À la fin du mois de juillet, il y a une réunion réunissant le directeur de notre école, et des représentants des ministères, du CNOSF et de l’Agence Nationale du Sport. La région Ile-de-France, elle, n’a pas souhaité y assister. De cette réunion, rien n’est sorti ou presque. Il nous a fallu près d’un mois pour en obtenir le compte-rendu. Des engagements auraient été pris mais nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer.
Mais nous pouvons saluer le discours rassurant de la région, c’est elle qui nous a appris qu’elle n’était pas à l’origine de cette décision. En janvier 2020, l’Etat avait en effet pris un décret dans lequel il se désengageait de nos frais de scolarité. 

« Le sentiment d’avoir été abandonné par les institutions »

     Pour ma part, c’est une réelle angoisse de commencer cette année sans solution financière. Je vais devoir me résigner à faire un prêt étudiant pour payer ma scolarité dès le premier jour car le directeur a affirmé qu’il n’inscrirait pas les étudiants n’ayant pas payé l’année 2020/2021. De plus, étant dans ma dernière année, je vais devoir me lancer dans la vie active avec un prêt sur les bras alors que ma carrière sera loin d’être finie. Je vais donc devoir travailler à temps partiel, réussir à vivre avec un demi-salaire et rembourser le prêt que j’ai fait.

     Nous sommes à un an des Jeux de Tokyo, et à quatre ans de ceux de Paris. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat ne nous soutient pas. Je suis athlète à l’INSEP, je m’entraîne une à deux fois par jour, je suis sur liste haut niveau, je pars en compétition un weekend sur deux, et on me demande en plus de performer avec des résultats scolaires et la pression financière qui découle de cette décision. À tout cela s’ajoute le sentiment amer d’avoir été abandonné par les institutions et surtout par l’Etat. Il y a eu des réformes qui n’ont pas pris en compte tous les aspects du financement de la scolarité des sportifs de haut-niveau. Il n’y a pas de dispositif clair et nous sommes victimes d’un cruel manque d’informations sur ces sujets essentiels.

     En attendant la rentrée le 10 septembre, je mets toutes les chances de mon côté pour que le dossier évolue dans notre sens, dans le sens de l’équité des frais scolaires pour les étudiants sportifs dans cette école publique. Je me bats quotidiennement, je contacte les médias, je publie et partage notre lettre ouverte sur les réseaux sociaux,… Nous avons fait appel aux anciens sportifs de haut-niveau étant passés par cette école, dans le but de faire un maximum d’audience et que les instances réagissent rapidement. Une pétition sera publiée prochainement afin de montrer le franc soutien que nous avons ».

Clément.

©️ Clément Dorigo     

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Etudiant en 4e année à l’Ecole de Kinésithérapie de Saint-Maurice, Clément Dorigo, escrimeur pensionnaire de l’INSEP, nous parle librement de la situation qui l’affecte avec ses camarades sportifs de haut-niveau. Du jour au lendemain, la région a retiré sa participation aux frais de scolarité de son école, qui se voient multipliés par 31. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Clément nous raconte la situation, ses conséquences mais aussi son combat pour trouver des réponses à ces questions.

©️ Augusto Bizzi
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Clément Dorigo
• Né le 29 septembre 1997
• Escrime

« Au début du mois de juillet, j’ai appris, avec mes camarades sportifs de haut-niveau de l’école, que les frais de scolarité à notre charge avaient subitement augmentés, passant de 232€ à 7300€. Cette hausse nous a été signifiée par mail, via un courrier en pièce jointe avec le montant de la facture, toujours sans explication. Indignés, mes camarades sportifs et moi-même nous sommes réunis pour faire un point sur la situation et prendre rendez-vous avec la direction de l’école. Lors de la réunion avec le directeur de l’ENKRE, nous avons appris que la région Ile-de-France ne souhaitait plus prendre en charge notre scolarité. A partir de septembre, les étudiants sportifs de l’ENKRE devraient s’acquitter du montant de 7300€ par année d’étude.

« Nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer »

Ensemble, nous avons essayé de faire valoir notre cause, de nous mobiliser face à ce changement brutal et soudain, pour que les choses changent rapidement. Nous avons donc écrit une première lettre ouverte et nous l’avons envoyé à tous les représentants de nos fédérations, au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), l’Agence Nationale du Sport (ANS), à la Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie (FNEK) ainsi qu’aux cabinets du Ministère des Sports et du Ministère des Solidarités et de la Santé. Notre but était de toucher un maximum d’instances et de leur faire prendre connaissance de notre situation pour qu’elle change rapidement. Nous voulions être rassurés rapidement pour arriver en septembre sereinement et ne plus à avoir de pression sur cette nouvelle année scolaire et cette saison de préparation olympique.

À la fin du mois de juillet, il y a une réunion réunissant le directeur de notre école, et des représentants des ministères, du CNOSF et de l’Agence Nationale du Sport. La région Ile-de-France, elle, n’a pas souhaité y assister. De cette réunion, rien n’est sorti ou presque. Il nous a fallu près d’un mois pour en obtenir le compte-rendu. Des engagements auraient été pris mais nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer.
Mais nous pouvons saluer le discours rassurant de la région, qui nous a appris qu’elle n’était pas à l’origine de cette décision. En janvier 2020, l’Etat avait en effet pris un décret dans lequel il se désengageait de nos frais de scolarité. 

« Le sentiment d’avoir été abandonné par les institutions »

Pour ma part, c’est une réelle angoisse de commencer cette année sans solution financière. Je vais devoir me résigner à faire un prêt étudiant pour payer ma scolarité dès le premier jour car le directeur a affirmé qu’il n’inscrirait pas les étudiants n’ayant pas payé l’année 2020/2021. De plus, étant dans ma dernière année, je vais devoir me lancer dans la vie active avec un prêt sur les bras alors que ma carrière sera loin d’être finie. Je vais donc devoir travailler à temps partiel, réussir à vivre avec un demi-salaire et rembourser le prêt que j’ai fait. 

Nous sommes à un an des Jeux de Tokyo, et à quatre ans de ceux de Paris. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat ne nous soutient pas. Je suis athlète à l’INSEP, je m’entraîne une à deux fois par jour, je suis sur liste haut niveau, je pars en compétition un weekend sur deux, et on me demande en plus de performer avec des résultats scolaires et la pression financière qui découle de cette décision. À tout cela s’ajoute le sentiment amer d’avoir été abandonné par les institutions et surtout par l’Etat. Il y a eu des réformes qui n’ont pas pris en compte tous les aspects du financement de la scolarité des sportifs de haut-niveau. Il n’y a pas de dispositif clair et nous sommes victimes d’un cruel manque d’informations sur ces sujets essentiels.

En attendant la rentrée le 10 septembre, je mets toutes les chances de mon côté pour que le dossier évolue dans notre sens, dans le sens de l’équité des frais scolaires pour les étudiants sportifs dans cette école publique. Je me bats quotidiennement, je contacte les médias, je publie et partage notre lettre ouverte sur les réseaux sociaux,… Nous avons fait appel aux anciens sportifs de haut-niveau étant passés par cette école, dans le but de faire un maximum d’audience et que les instances réagissent rapidement. Une pétition sera publiée prochainement afin de montrer le franc soutien que nous avons ».

Clément.

Clément.

Il est aussi grand que Clément Dorigo. Clément Dorigo. Je deviens Clément Dorigo. Nous serions Clément Dorigo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Clément Dorigo. Une boite de lunette détient le grand Clément Dorigo. Attention aux impératifs complète Mary. Clément Dorigo n'est autre que moi.

©️ Clément Dorigo

Etudiant en 4e année à l’Ecole de Kinésithérapie de Saint-Maurice (ENKRE), Clément Dorigo, escrimeur pensionnaire de l’INSEP, évoque la situation qui l’affecte avec ses camarades sportifs de haut-niveau. Du jour au lendemain, la région a retiré sa participation aux frais de scolarité de son école, qui se voient multipliés par 31. Pourquoi ? Comment ? Qui ? Clément nous raconte la situation, ses conséquences mais aussi son combat pour trouver des réponses à ces questions.

©️ Augusto Bizzi
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Clément Dorigo
• Né le 29 septembre 1997
• Escrime

     « Au début du mois de juillet, j’ai appris, avec mes camarades sportifs de haut-niveau de l’école, que les frais de scolarité à notre charge avaient subitement augmentés, passant de 232€ à 7300€. Cette hausse nous a été signifiée par mail, via un courrier en pièce jointe avec le montant de la facture, toujours sans explication. Indignés, mes camarades sportifs et moi-même nous sommes réunis pour faire un point sur la situation et prendre rendez-vous avec la direction de l’école. Lors de la réunion avec le directeur de l’ENKRE, nous avons appris que la région Ile-de-France ne souhaitait plus prendre en charge notre scolarité. A partir de septembre, les étudiants sportifs de l’ENKRE devraient s’acquitter du montant de 7300€ par année d’étude.

« Nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer »

     Ensemble, nous avons essayé de faire valoir notre cause, de nous mobiliser face à ce changement brutal et soudain, pour que les choses changent rapidement. Nous avons donc écrit une première lettre ouverte et nous l’avons envoyé à tous les représentants de nos fédérations, au Comité National Olympique et Sportif Français (CNOSF), l’Agence Nationale du Sport (ANS), à la Fédération Nationale des Etudiants en Kinésithérapie (FNEK) ainsi qu’aux cabinets du Ministère des Sports et du Ministère des Solidarités et de la Santé. Notre but était de toucher un maximum d’instances et de leur faire prendre connaissance de notre situation pour qu’elle change rapidement. Nous voulions être rassurés rapidement pour arriver en septembre sereinement et ne plus à avoir de pression sur cette nouvelle année scolaire et cette saison de préparation olympique.

    À la fin du mois de juillet, il y a une réunion réunissant le directeur de notre école, et des représentants des ministères, du CNOSF et de l’Agence Nationale du Sport. La région Ile-de-France, elle, n’a pas souhaité y assister. De cette réunion, rien n’est sorti ou presque. Il nous a fallu près d’un mois pour en obtenir le compte-rendu. Des engagements auraient été pris mais nous attendons des annonces officielles, alors que les inscriptions viennent de commencer.
Mais nous pouvons saluer le discours rassurant de la région, c’est elle qui nous a appris qu’elle n’était pas à l’origine de cette décision. En janvier 2020, l’Etat avait en effet pris un décret dans lequel il se désengageait de nos frais de scolarité. 

« Le sentiment d’avoir été abandonné par les institutions »

     Pour ma part, c’est une réelle angoisse de commencer cette année sans solution financière. Je vais devoir me résigner à faire un prêt étudiant pour payer ma scolarité dès le premier jour car le directeur a affirmé qu’il n’inscrirait pas les étudiants n’ayant pas payé l’année 2020/2021. De plus, étant dans ma dernière année, je vais devoir me lancer dans la vie active avec un prêt sur les bras alors que ma carrière sera loin d’être finie. Je vais donc devoir travailler à temps partiel, réussir à vivre avec un demi-salaire et rembourser le prêt que j’ai fait.

     Nous sommes à un an des Jeux de Tokyo, et à quatre ans de ceux de Paris. Je ne comprends pas pourquoi l’Etat ne nous soutient pas. Je suis athlète à l’INSEP, je m’entraîne une à deux fois par jour, je suis sur liste haut niveau, je pars en compétition un weekend sur deux, et on me demande en plus de performer avec des résultats scolaires et la pression financière qui découle de cette décision. À tout cela s’ajoute le sentiment amer d’avoir été abandonné par les institutions et surtout par l’Etat. Il y a eu des réformes qui n’ont pas pris en compte tous les aspects du financement de la scolarité des sportifs de haut-niveau. Il n’y a pas de dispositif clair et nous sommes victimes d’un cruel manque d’informations sur ces sujets essentiels. 

     En attendant la rentrée le 10 septembre, je mets toutes les chances de mon côté pour que le dossier évolue dans notre sens, dans le sens de l’équité des frais scolaires pour les étudiants sportifs dans cette école publique. Je me bats quotidiennement, je contacte les médias, je publie et partage notre lettre ouverte sur les réseaux sociaux,… Nous avons fait appel aux anciens sportifs de haut-niveau étant passés par cette école, dans le but de faire un maximum d’audience et que les instances réagissent rapidement. Une pétition sera publiée prochainement afin de montrer le franc soutien que nous avons ».

Clément.

Clément.

Il est aussi grand que Clément Dorigo. Clément Dorigo. Je deviens Clément Dorigo. Nous serions Clément Dorigo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Clément Dorigo. Une boite de lunette détient le grand Clément Dorigo. Attention aux impératifs complète Mary. Clément Dorigo n'est autre que moi.

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Mais qui est Stéphane Tourreau ?