Pendant ce mois de novembre, nous interrogeons des athlètes pour qui la gestion du stress est un enjeu majeur. Après la peur de mal faire avec Audrey Adiceom et la maîtrise de ses émotions avec Raphaël Denais, attardons nous cette semaine sur l’importance de l’expérience pour un athlète de haut niveau.

Troisième et dernier volet de notre série consacrée à la gestion du stress avec le témoignage de Clément Dorigo, jeune escrimeur spécialiste de l’épée. Après la peur de mal faire et la maîtrise des émotions, nous jugerons de l’importance de l’expérience dans la gestion du stress. Routine, meilleure connaissance de soi-même, humilité : et si les échecs étaient en fait les véritables victoires ?

Il y a quelques semaines, nous vous avions partagé le témoignage de Clément Dorigo, suite à l’augmentation soudaine et inexpliquée des frais de scolarité de son école de kinésithérapie. Cela mettait alors en péril son projet global, tout comme celui des dizaines d’autres étudiants-athlètes. Une situation qui avait généré un stress intense, ajoutée à celui du report des Jeux de Tokyo. Face à cette conjoncture peu favorable et dans le cadre de notre série, nous nous sommes posés une question simple : le doute dans lequel était plongé Clément relevait-il du stress ou de la pression ?

Raphaël Denais, golfeur professionnel, avec qui nous avions échangé la semaine dernière sur la maîtrise des émotions, nous avait précisé l’importance du cadre temporel et de l’enjeu pour différencier stress et pression. Pour lui, « la pression va surgir dans une situation particulière, intense et momentanée, comme sur un coup pour gagner un tournoi ». Tandis que le stress, lui, « arrive plus régulièrement, au quotidien, surtout lorsqu’on est attaché à ce que l’on fait ». Une différence d’intensité, de temps et d’enjeu, donc.

« La pression, c’est l’enjeu et la concurrence »

Même son de cloche chez le principal intéressé, Clément Dorigo. Le pensionnaire de l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) va même encore plus loin : « Le stress n’intervient que par rapport à soi-même : je suis stressé avant un exam pour savoir si je vais le réussir. Il n’y a pas vraiment d’impact de l’extérieur. Si j’ai travaillé, cela devrait bien se passer. En revanche, pour les concours comme médecine par exemple, la pression doit être intense. Il y a les deux paramètres de la pression pour moi : l’enjeu et l’adversité, la concurrence. On peut être fort, mais si d’autres le sont encore plus, ils passeront devant nous. Comme dans le sport ».

Clément rencontre donc cette pression exclusivement sur les pistes qu’il foule à travers le monde. Aucune autre situation de la vie courante n’affecte autant son bien-être intérieur, jusqu’à ne plus se sentir lui-même. La compétition face à d’autres adversaires apporte un paramètre qu’on ne peut, par définition, pas maîtriser : l’incertitude.

Pour diminuer au maximum l’influence de cette dernière dans le résultat final, le jeune escrimeur contrôle tout ce qui lui est possible de contrôler, jusqu’à compter ses heures de sommeil : « Je suis assez anxieux et il y a tellement de facteurs que je ne pourrais maîtriser que je vais vérifier tout ce que je peux vérifier. L’alimentation, l’hydratation, mes temps de récupération, le sommeil et le matériel. Ca me rend presque parano ».

« J’ai beaucoup appris grâce à ces deux échecs »

Se connaître dans les moindres détails demande un travail de longue haleine mais semble indispensable pour parvenir à faire face à l’incertitude de la compétition. Ainsi, les multiples situations de doute ou de stress que Clément a ressenti au fur et à mesure des compétitions lui ont beaucoup apporté. Cela a un nom : l’expérience. Grâce à elle, chacun peut tirer des leçons d’un vécu et faire en sorte d’appréhender au mieux les événements dans le futur. Et parfois, un échec vaut bien plus qu’une victoire… : « Sur ma toute première compétition internationale, j’étais surclassé en cadet alors que j’étais minime. Et j’ai été tué par l’événement. Ca faisait beaucoup de premières fois : mon nom dans le dos avec marqué « France », première compétition hors de France, premier surclassement… Je suis passé complétement à côté. Je n’ai même que très peu de souvenirs de cette compétition… Mon corps était en pilotage automatique, et mon esprit était spectateur ».

Cris de rage
©️ Augusto Bizzi

Une « claque », comme sa première participation à une épreuve de Coupe du monde senior, qui plus est en France : « C’était un peu comme si j’allais faire mon premier Roland-Garros. J’étais junior et grâce à une médaille aux championnats du monde, on avait eu l’opportunité de participer à cette épreuve senior. Encore une fois, ça faisait beaucoup d’un coup : une salle magnifique, un public français, pas les mêmes entraineurs… Je suis passé à côté de ma compétition. Je venais de faire une super compet en junior, donc j’avais confiance en moi. Là je me suis pris un mur, je rentrais dans la cour des grands. Grosse leçon de vie, et j’ai compris qu’il y avait encore du boulot. C’était presque bien que ça arrive ».

De ces deux événements ratés, Clément ne retient que l’essentiel : tout n’est pas à mettre à la poubelle, car l’expérience vaut la peine d’être vécue. Grâce à cela, le jeune homme a appris à relativiser et surtout à se connaître davantage. Un bagage inestimable pour développer l’estime qu’il se porte, et performer au plus haut niveau lorsque la pression est intense : « Les deux fois, ça m’a énormément servi. Je m’étais fait une montagne alors que ce n’était que de simples compétitions, comme j’en faisais d’habitude. J’ai beaucoup appris sur moi et sur la manière de préparer les choses. Par exemple, la veille de la compétition je vais toujours repérer la salle, les vestiaires, les lumières etc. Tout ça je l’ai compris en analysant mes échecs ».

Une belle leçon pour qu’à Paris dans 4 ans, Clément Dorigo porte haut les couleurs de la France. 

Pendant ce mois de novembre, nous interrogeons des athlètes pour qui la gestion du stress est un enjeu majeur. Après la peur de mal faire avec Audrey Adiceom, et la maîtrise des émotions avec Raphaël Denais, attardons nous cette semaine sur l’importance de l’expérience.

Troisième et dernier volet de notre série consacrée à la gestion du stress avec le témoignage de Clément Dorigo, jeune escrimeur spécialiste de l’épée. Après la peur de mal faire et la maîtrise des émotions, nous jugerons de l’importance de l’expérience dans la gestion du stress. Routine, meilleure connaissance de soi-même, humilité : et si les échecs étaient en fait les véritables victoires ?

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Il y a quelques semaines, nous vous avions partagé le témoignage de Clément Dorigo, suite à l’augmentation soudaine et inexpliquée des frais de scolarité de son école de kinésithérapie. Cela mettait alors en péril son projet global, tout comme celui des dizaines d’autres étudiants-athlètes. Une situation qui avait généré un stress intense, ajoutée à celui du report des Jeux de Tokyo. Face à cette conjoncture peu favorable et dans le cadre de notre série, nous nous sommes posés une question simple : le doute dans lequel était plongé Clément relevait-il du stress ou de la pression ?

Raphaël Denais, golfeur professionnel, avec qui nous avions échangé la semaine dernière sur la maîtrise des émotions, nous avait précisé l’importance du cadre temporel et de l’enjeu pour différencier stress et pression. Pour lui, « la pression va surgir dans une situation particulière, intense et momentanée, comme sur un coup pour gagner un tournoi ». Tandis que le stress, lui, « arrive plus régulièrement, au quotidien, surtout lorsqu’on est attaché à ce que l’on fait ». Une différence d’intensité, de temps et d’enjeu, donc.

« La pression, c’est l’enjeu et le concurrence »

Même son de cloche chez le principal intéressé, Clément Dorigo. Le pensionnaire de l’INSEP (Institut National du Sport, de l’Expertise et de la Performance) va même encore plus loin : « Le stress n’intervient que par rapport à soi-même : je suis stressé avant un exam pour savoir si je vais le réussir. Il n’y a pas vraiment d’impact de l’extérieur. Si j’ai travaillé, cela devrait bien se passer. En revanche, pour les concours comme médecine par exemple, la pression doit être intense. Il y a les deux paramètres de la pression pour moi : l’enjeu et l’adversité, la concurrence. On peut être fort, mais si d’autres le sont encore plus, ils passeront devant nous. Comme dans le sport ».

Clément rencontre donc cette pression exclusivement sur les pistes qu’il foule à travers le monde. Aucune autre situation de la vie courante n’affecte autant son bien-être intérieur, jusqu’à ne plus se sentir lui-même. La compétition face à d’autres adversaires apporte un paramètre qu’on ne peut, par définition, pas maîtriser : l’incertitude.

Pour diminuer au maximum l’influence de cette dernière dans le résultat final, le jeune escrimeur contrôle tout ce qui lui est possible de contrôler, jusqu’à compter ses heures de sommeil : « Je suis assez anxieux et il y a tellement de facteurs que je ne pourrais maîtriser que je vais vérifier tout ce que je peux vérifier. L’alimentation, l’hydratation, mes temps de récupération, le sommeil et le matériel. Ca me rend presque parano ».

« J’ai beaucoup appris grâce à ces deux échecs »

Se connaître dans les moindres détails demande un travail de longue haleine mais semble indispensable pour parvenir à faire face à l’incertitude de la compétition. Ainsi, les multiples situations de doute ou de stress que Clément a ressenti au fur et à mesure des compétitions lui ont beaucoup apporté. Cela a un nom : l’expérience. Grâce à elle, chacun peut tirer des leçons d’un vécu et faire en sorte d’appréhender au mieux les événements dans le futur. Et parfois, un échec vaut bien plus qu’une victoire… : « Sur ma toute première compétition internationale, j’étais surclassé en cadet alors que j’étais minime. Et j’ai été tué par l’événement. Ca faisait beaucoup de premières fois : mon nom dans le dos avec marqué « France », première compétition hors de France, premier surclassement… Je suis passé complétement à côté. Je n’ai même que très peu de souvenirs de cette compétition… Mon corps était en pilotage automatique, et mon esprit était spectateur ».

©️ Augusto Bizzi

Une « claque », comme sa première participation à une épreuve de Coupe du monde senior, qui plus est en France : « C’était un peu comme si j’allais faire mon premier Roland-Garros. J’étais junior et grâce à une médaille aux championnats du monde, on avait eu l’opportunité de participer à cette épreuve senior. Encore une fois, ça faisait beaucoup d’un coup : une salle magnifique, un public français, pas les mêmes entraineurs… Je suis passé à côté de ma compétition. Je venais de faire une super compet en junior, donc j’avais confiance en moi. Là je me suis pris un mur, je rentrais dans la cour des grands. Grosse leçon de vie, et j’ai compris qu’il y avait encore du boulot. C’était presque bien que ça arrive ».

De ces deux événements ratés, Clément ne retient que l’essentiel : tout n’est pas à mettre à la poubelle, car l’expérience vaut la peine d’être vécue. Grâce à cela, le jeune homme a appris à relativiser et surtout à se connaître davantage. Un bagage inestimable pour développer l’estime qu’il se porte, et performer au plus haut niveau lorsque la pression est intense : « Les deux fois, ça m’a énormément servi. Je m’étais fait une montagne alors que ce n’était que de simples compétitions, comme j’en faisais d’habitude. J’ai beaucoup appris sur moi et sur la manière de préparer les choses. Par exemple, la veille de la compétition je vais toujours repérer la salle, les vestiaires, les lumières etc. Tout ça je l’ai compris en analysant mes échecs ».

Une belle leçon pour qu’à Paris dans 4 ans, Clément Dorigo porte haut les couleurs de la France. 

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que expérience Clément Dorigo. expérience Clément Dorigo. Je deviens expérience Clément Dorigo. Nous serions expérience Clément Dorigo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir expérience Clément Dorigo. Une boite de lunette détient le grand expérience Clément Dorigo. Attention aux impératifs complète Mary. expérience Clément Dorigo n'est autre que moi.

Mais qui est Raphaël Denais ?

Raphaël Denais est un golfeur professionnel originaire d’Indre-et-Loire. Passé pro depuis le début de la saison 2019, il dispose d’une structure à l’organisation bien ficelée autour de son projet. Il évolue actuellement en troisième division européenne sur « Pro Golf Tour ». Il participe à une vingtaine de tournois chaque année. Son objectif est de gravir les échelons au fur et à mesure pour accéder, un jour, à l’élite mondiale. 

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