Ma vie, le football, par Florian Ayé

 

2 avril 2020

Ma vie, le football, par Florian Ayé

2 avril 2020

Ma vie, le football, par Florian Ayé

2 avril 2020

Derrière les paillettes que le football inspire à beaucoup, des milliers de femmes et d’hommes tentent de se faire une place dans le monde professionnel. Et lorsqu’ils y parviennent, leur vie ne ressemble à aucune autre. Florian Ayé, 23 ans et 4ème meilleur buteur de Ligue 2 2018-2019, a décidé de tenter sa chance à l’été 2019 dans un des championnats les plus difficiles au monde : la Serie A. Itinéraire d’un père éloigné des siens, mais déterminé à vivre son rêve.

Être footballeur professionnel, c’est faire ce qui nous passionne depuis tout petit. On a commencé très jeune, dans le club local, puis dans des centres de formations, avant de faire partie d’une équipe professionnelle. Tout ça, je l’ai vécu, et je ressens cette passion tous les jours. Mais cette dernière implique la souffrance. Quand on ne l’a pas, on en souffre, et lorsqu’on l’a, on ne veut que gagner. On est jamais vraiment satisfait. Passion et sacrifice définissent certainement le mieux la carrière d’un footballeur.

Je suis parti de chez moi à 13 ans pour rejoindre Clairefontaine.

Du dimanche soir au vendredi, je vivais là-bas et ne rentrais que les weekends. Les premières semaines ont été dures à vivre, car pour la première fois, je partais loin de chez moi pendant une grande partie du temps. Mais je faisais ce que j’aimais le plus, comme un rêve éveillé, un grand bonheur. Une fois que je me suis habitué à ce rythme, j’ai profité à fond. C’était magique.

Florian Ayé disputant un match de Serie A avec Brescia
©️ Brescia Calcio

Des opportunités de centres de formation se sont présentées et j’ai rejoint l’AJ Auxerre vers mes 15 ans. Nous prenions une décision importante avec mes parents, parce que j’allais découvrir un nouveau monde. Je passais un cap et nous voulions que toutes les conditions soient réunies pour que je sois bien. Différentes propositions m’avaient été données et nous avons choisi en fonction de plusieurs critères : le sportif bien-sûr, mais aussi le pourcentage de réussite au bac qui comptait beaucoup pour mes parents, et la distance par rapport à la maison.

Avec du recul, je ne regrette pas.

Je n’ai jamais regretté en fait. Aller à Auxerre était la bonne décision. J’y suis resté 6 ans, et j’y ai grandi, de l’adolescence à mes premières années d’adulte. Humainement et sportivement, ça m’a fait grandir. Mais il a fallu partir.

A la fin de la saison 2018, le coach de l’équipe première m’annonce qu’il ne compte plus sur moi. Etonnamment, cela m’a libéré. Je voulais m’en aller : mon temps de jeu était réduit et j’avais envie de voir autre chose. Beaucoup de jeunes du centre de formation vivaient la même chose que moi. Peu d’entre nous avaient la confiance du club. Clermont m’a fait sentir qu’ils croyaient en moi. Et ça, j’en avais vraiment besoin.

Le président du Clermont Foot et le coach m’ont tout de suite dit qu’ils me voulaient pour la Ligue 2. J’étais celui qu’ils avaient choisi pour jouer dans l’axe et marquer. On me donnait enfin ma chance à mon vrai poste, et je voulais montrer ce dont j’étais capable. Ce que j’ai fait. C’était une super saison : 18 buts, un triplé contre le Red Star et des matchs dans des supers stades comme Bollaert à Lens. J’ai changé de statut, et je me sentais prêt à aller voir plus haut.

©️ Florian Ayé

Pendant toute cette saison à Clermont, je faisais l’objet d’un intérêt de la part de quelques clubs de Ligue 1. Je privilégiais le championnat de France pour progresser, apprendre encore et acquérir de l’expérience. Mais ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. L’intérêt de ces clubs ne s’est jamais transformé en offre concrète, ce qui m’a amené l’été dernier à devoir faire un choix entre plusieurs clubs étrangers. Après réflexion, j’ai choisi Brescia en Italie.

Cette saison n’est pas facile.

Les premiers mois, j’ai galéré. Il a fallu s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue, comprendre de nouveaux modes de jeu… Ce n’est pas simple, surtout lorsqu’on est tout seul, loin de sa famille et de ses amis.

Finalement, être tout seul est une chose, mais être loin de mon fils en est une autre. Je le vois uniquement pendant les vacances scolaires. Mes parents ou une de mes sœurs font le voyage jusqu’ici en Lombardie, pour que nous puissions nous voir. Mon fils, c’est une partie de moi. D’ailleurs, je suis plus à l’aise avec l’équipe depuis que j’ai pu le voir à Noël. Le tenir dans mes bras après 6 mois m’a fait beaucoup de bien. Il m’a donné une dose d’amour et une force pour réattaquer.

Ce que nous vivons en ce moment est terrible. De mon côté, c’est un peu frustrant car je commençais depuis un ou deux mois à vraiment montrer ce dont j’étais capable. Cela fait 3 semaines maintenant que nous sommes confinés. Personne ne sait quand est-ce qu’on va reprendre, et surtout si on va reprendre. Les terrains passent après, parce que le plus important est que nous sortions tous de cette crise. Mais c’est vrai, le ballon me manque.

Florian.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Derrière les paillettes que le football inspire à beaucoup, des milliers de femmes et d’hommes tentent de se faire une place dans le monde professionnel. Et lorsqu’ils y parviennent, leur vie ne ressemble à aucune autre. Florian Ayé, 23 ans et 4ème meilleur buteur de Ligue 2 2018-2019, a décidé de tenter sa chance à l’été 2019 dans un des championnats les plus difficiles au monde : la Serie A. Itinéraire d’un père éloigné des siens, mais déterminé à vivre son rêve.

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Florian Ayé
• Né le 19 janvier 1997
• Football

Être footballeur professionnel, c’est faire ce qui nous passionne depuis tout petit. On a commencé très jeune, dans le club local, puis dans des centres de formations, avant de faire partie d’une équipe professionnelle. Tout ça, je l’ai vécu, et je ressens cette passion tous les jours. Mais cette dernière implique la souffrance. Quand on ne l’a pas, on en souffre, et lorsqu’on l’a, on ne veut que gagner. On est jamais vraiment satisfait. Passion et sacrifice définissent certainement le mieux la carrière d’un footballeur. 

Je suis parti de chez moi à 13 ans pour rejoindre Clairefontaine.

Du dimanche soir au vendredi, je vivais là-bas et ne rentrais que les weekends. Les premières semaines ont été dures à vivre, car pour la première fois, je partais loin de chez moi pendant une grande partie du temps. Mais je faisais ce que j’aimais le plus, comme un rêve éveillé, un grand bonheur. Une fois que je me suis habitué à ce rythme, j’ai profité à fond. C’était magique.

©️ Brescia Calcio

Des opportunités de centres de formation se sont présentées et j’ai rejoint l’AJ Auxerre vers mes 15 ans. Nous prenions une décision importante avec mes parents, parce que j’allais découvrir un nouveau monde. Je passais un cap et nous voulions que toutes les conditions soient réunies pour que je sois bien. Différentes propositions m’avaient été données et nous avons choisi en fonction de plusieurs critères : le sportif bien-sûr, mais aussi le pourcentage de réussite au bac qui comptait beaucoup pour mes parents, et la distance par rapport à la maison.

Avec du recul, je ne regrette pas.

Je n’ai jamais regretté en fait. Aller à Auxerre était la bonne décision. J’y suis resté 6 ans, et j’y ai grandi, de l’adolescence à mes premières années d’adulte. Humainement et sportivement, ça m’a fait grandir. Mais il a fallu partir.

A la fin de la saison 2018, le coach de l’équipe première m’annonce qu’il ne compte plus sur moi. Etonnamment, cela m’a libéré. Je voulais m’en aller : mon temps de jeu était réduit et j’avais envie de voir autre chose. Beaucoup de jeunes du centre de formation vivaient la même chose que moi. Peu d’entre nous avaient la confiance du club. Clermont m’a fait sentir qu’ils croyaient en moi. Et ça, j’en avais vraiment besoin.

Le président du Clermont Foot et le coach m’ont tout de suite dit qu’ils me voulaient pour la Ligue 2. J’étais celui qu’ils avaient choisi pour jouer dans l’axe et marquer. On me donnait enfin ma chance à mon vrai poste, et je voulais montrer ce dont j’étais capable. Ce que j’ai fait. C’était une super saison : 18 buts, un triplé contre le Red Star et des matchs dans des supers stades comme Bollaert à Lens. J’ai changé de statut, et je me sentais prêt à aller voir plus haut.

©️ Florian Ayé

Pendant toute cette saison à Clermont, je faisais l’objet d’un intérêt de la part de quelques clubs de Ligue 1. Je privilégiais le championnat de France pour progresser, apprendre encore et acquérir de l’expérience. Mais ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. L’intérêt de ces clubs ne s’est jamais transformé en offre concrète, ce qui m’a amené l’été dernier à devoir faire un choix entre plusieurs clubs étrangers. Après réflexion, j’ai choisi Brescia en Italie.

Cette saison n’est pas facile.

Les premiers mois, j’ai galéré. Il a fallu s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue, comprendre de nouveaux modes de jeu… Ce n’est pas simple, surtout lorsqu’on est tout seul, loin de sa famille et de ses amis.

Finalement, être tout seul est une chose, mais être loin de mon fils en est une autre. Je le vois uniquement pendant les vacances scolaires. Mes parents ou une de mes sœurs font le voyage jusqu’ici en Lombardie, pour que nous puissions nous voir. Mon fils, c’est une partie de moi. D’ailleurs, je suis plus à l’aise avec l’équipe depuis que j’ai pu le voir à Noël. Le tenir dans mes bras après 6 mois m’a fait beaucoup de bien. Il m’a donné une dose d’amour et une force pour réattaquer.

Ce que nous vivons en ce moment est terrible. De mon côté, c’est un peu frustrant car je commençais depuis un ou deux mois à vraiment montrer ce dont j’étais capable. Cela fait 3 semaines maintenant que nous sommes confinés. Personne ne sait quand est-ce qu’on va reprendre, et surtout si on va reprendre. Les terrains passent après, parce que le plus important est que nous sortions tous de cette crise. Mais c’est vrai, le ballon me manque.

Florian.

Florian.

Il est aussi grand que Florian Ayé. Florian Ayé. Je deviens Florian Ayé. Nous serions Florian Ayé. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Florian Ayé. Une boite de lunette détient le grand Florian Ayé. Attention aux impératifs complète Mary. Florian Ayé n'est autre que moi.

Mais qui est Florian Ayé ?

Florian Ayé est un footballeur professionnel évoluant à Brescia Calcio en Serie A italienne, au poste d’avant-centre (attaquant de pointe). À 13 ans, il rejoint le Centre National du Football de Clairefontaine, avant de rejoindre deux ans plus tard le centre de formation de l’AJ Auxerre.
Disposant d’un grand potentiel, il jouera 58 matchs avec l’AJ Auxerre en trois saisons, pour 6 buts et une passe décisive, entre 2015 et 2018.
En fin de saison 2018, il se relance au Clermont Foot Auvergne pour la saison 2018-2019. Cette dernière restera comme la plus belle de sa carrière, grâce à 19 buts inscrits en 40 matchs toutes compétitions confondues. Il rejoint l’Italie et le promu en Serie A, Brescia, en juillet 2019, avec il a disputé 22 matchs sans marquer le moindre but. 

Derrière les paillettes que le football inspire à beaucoup, des milliers de femmes et d’hommes tentent de se faire une place dans le monde professionnel. Et lorsqu’ils y parviennent, leur vie ne ressemble à aucune autre. Florian Ayé, 23 ans et 4ème meilleur buteur de Ligue 2 2018-2019, a décidé de tenter sa chance à l’été 2019 dans un des championnats les plus difficiles au monde : la Serie A. Itinéraire d’un père éloigné des siens, mais déterminé à vivre son rêve.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Florian Ayé
• Né le 19 janvier 1997
• Football

Être footballeur professionnel, c’est faire ce qui nous passionne depuis tout petit. On a commencé très jeune, dans le club local, puis dans des centres de formations, avant de faire partie d’une équipe professionnelle. Tout ça, je l’ai vécu, et je ressens cette passion tous les jours. Mais cette dernière implique la souffrance. Quand on ne l’a pas, on en souffre, et lorsqu’on l’a, on ne veut que gagner. On est jamais vraiment satisfait. Passion et sacrifice définissent certainement le mieux la carrière d’un footballeur.

Je suis parti de chez moi à 13 ans pour rejoindre Clairefontaine. 

Du dimanche soir au vendredi, je vivais là-bas et ne rentrais que les weekends. Les premières semaines ont été dures à vivre, car pour la première fois, je partais loin de chez moi pendant une grande partie du temps. Mais je faisais ce que j’aimais le plus, comme un rêve éveillé, un grand bonheur. Une fois que je me suis habitué à ce rythme, j’ai profité à fond. C’était magique.

Florian Ayé disputant un match de Serie A avec Brescia
©️ Brescia Calcio

Des opportunités de centres de formation se sont présentées et j’ai rejoint l’AJ Auxerre vers mes 15 ans. Nous prenions une décision importante avec mes parents, parce que j’allais découvrir un nouveau monde. Je passais un cap et nous voulions que toutes les conditions soient réunies pour que je sois bien. Différentes propositions m’avaient été données et nous avons choisi en fonction de plusieurs critères : le sportif bien-sûr, mais aussi le pourcentage de réussite au bac qui comptait beaucoup pour mes parents, et la distance par rapport à la maison.

Avec du recul, je ne regrette pas.

Je n’ai jamais regretté en fait. Aller à Auxerre était la bonne décision. J’y suis resté 6 ans, et j’y ai grandi, de l’adolescence à mes premières années d’adulte. Humainement et sportivement, ça m’a fait grandir. Mais il a fallu partir.

A la fin de la saison 2018, le coach de l’équipe première m’annonce qu’il ne compte plus sur moi. Etonnamment, cela m’a libéré. Je voulais m’en aller : mon temps de jeu était réduit et j’avais envie de voir autre chose. Beaucoup de jeunes du centre de formation vivaient la même chose que moi. Peu d’entre nous avaient la confiance du club. Clermont m’a fait sentir qu’ils croyaient en moi. Et ça, j’en avais vraiment besoin.

Le président du Clermont Foot et le coach m’ont tout de suite dit qu’ils me voulaient pour la Ligue 2. J’étais celui qu’ils avaient choisi pour jouer dans l’axe et marquer. On me donnait enfin ma chance à mon vrai poste, et je voulais montrer ce dont j’étais capable. Ce que j’ai fait. C’était une super saison : 18 buts, un triplé contre le Red Star et des matchs dans des supers stades comme Bollaert à Lens. J’ai changé de statut, et je me sentais prêt à aller voir plus haut.

©️ Florian Ayé

Pendant toute cette saison à Clermont, je faisais l’objet d’un intérêt de la part de quelques clubs de Ligue 1. Je privilégiais le championnat de France pour progresser, apprendre encore et acquérir de l’expérience. Mais ça ne s’est pas passé comme je l’espérais. L’intérêt de ces clubs ne s’est jamais transformé en offre concrète, ce qui m’a amené l’été dernier à devoir faire un choix entre plusieurs clubs étrangers. Après réflexion, j’ai choisi Brescia en Italie.

Cette saison n’est pas facile.

Les premiers mois, j’ai galéré. Il a fallu s’adapter à une nouvelle culture, apprendre une nouvelle langue, comprendre de nouveaux modes de jeu… Ce n’est pas simple, surtout lorsqu’on est tout seul, loin de sa famille et de ses amis.

Finalement, être tout seul est une chose, mais être loin de mon fils en est une autre. Je le vois uniquement pendant les vacances scolaires. Mes parents ou une de mes sœurs font le voyage jusqu’ici en Lombardie, pour que nous puissions nous voir. Mon fils, c’est une partie de moi. D’ailleurs, je suis plus à l’aise avec l’équipe depuis que j’ai pu le voir à Noël. Le tenir dans mes bras après 6 mois m’a fait beaucoup de bien. Il m’a donné une dose d’amour et une force pour réattaquer.

Ce que nous vivons en ce moment est terrible. De mon côté, c’est un peu frustrant car je commençais depuis un ou deux mois à vraiment montrer ce dont j’étais capable. Cela fait 3 semaines maintenant que nous sommes confinés. Personne ne sait quand est-ce qu’on va reprendre, et surtout si on va reprendre. Les terrains passent après, parce que le plus important est que nous sortions tous de cette crise. Mais c’est vrai, le ballon me manque.

Florian.

Florian.

Il est aussi grand que Florian Ayé. Florian Ayé. Je deviens Florian Ayé. Nous serions Florian Ayé. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Florian Ayé. Une boite de lunette détient le grand Florian Ayé. Attention aux impératifs complète Mary. Florian Ayé n'est autre que moi.