Les filles, et si on allait rider ?, par Manon Lanza

16 juin 2020

Les filles, et si on allait rider ?, par Manon Lanza

16 juin 2020

Les filles, et si on allait rider ?, par Manon Lanza

16 juin 2020

©️ Fred Lecoq

Il y a ceux qui rêvent d’une vie, et ceux qui vivent leur rêve. Manon Lanza, rideuse aux multiples facettes, fait partie de la deuxième catégorie. A la sortie des études et loin du sable des plages du sud-ouest, elle prend la décision de tracer sa propre voie. A travers son site Allons Rider, elle encourage les femmes à se lancer dans l’univers fantastique de la glisse.

©️ Lucas Cerri

Je ne saurais pas donner une définition de la liberté. La liberté d’action, de penser, pouvoir dire ce que l’on veut, d’aller surfer, de bosser. La liberté, ça implique tellement de choses. Parfois on pense être libre, et pourtant nos objectifs nous empêchent de l’être.

Mais oui, je suis une personne libre. Je suis mon propre patron, je n’ai personne au-dessus de moi pour me dire « ce matin tu dois bosser à cette heure-ci, tu dois aller à tel endroit, tu dois prendre tes vacances à ce moment-là ». J’ai l’impression de pouvoir évoquer des sujets quand je le veux, et de ne pas être censurée dans mes paroles ou mes faits et gestes. 

« J’ai vite compris que je ne voulais pas remplir ces cases »

Toute ma vie tourne autour de la liberté. Je ne fais que des sports qui amènent cet esprit, que ce soit le surf, le skate, les sports de ride de manière générale. Très jeune, j’ai voulu m’émanciper de tout ce qu’on voulait ou attendait de moi. J’ai choisi le chemin que j’avais envie de suivre, et pas celui que mes études ou la société me contraignaient d’adopter.

Typiquement, j’ai eu la chance, grâce à mes parents, de pouvoir faire une bonne école de commerce dans la pub. Et dans ces écoles, tu as des stages à faire. Or tout le monde veut les faire dans les meilleures agences parisiennes, et si tu n’es pas dans ces boites-là, t’as un peu raté ta formation. Il y a toujours ces pressions sociétales : atteindre tel poste, toucher tel salaire pour avoir l’impression d’avoir réussi sa vie, être à Paris dans une super agence etc.

Manon Lanza prenant une vague sur sa planche de surf
©️ Fred Lecoq

J’ai vite compris que je n’avais pas envie de remplir ces cases. Je savais qu’avoir une superbe voiture en région parisienne n’allait pas me rendre heureuse. Ce que je voulais, c’était mettre mes pieds dans le sable tous les jours. J’ai quitté beaucoup de choses pour ça.

Je pense que la société dit aux femmes : « Non vous n’êtes pas faites pour faire du skate, c’est un sport extrême où on se blesse, c’est dans la street. Laissez-le aux gars ». Faut changer tout ça. On nous met des barrières, mais c’est à nous de les enlever. 

« 50% des nanas réfléchissent comme moi dans ce moment-là »

Plusieurs fois, je me suis retrouvée sur le skate park de Venice (ndlr : quartier de Los Angeles, Etats-Unis). J’ai redécouvert le skate là-bas, mais au début j’avais peur. J’arrivais dans un des skate park les plus reconnus au monde et où des tas de gens rident merveilleusement bien. Ça file dans tous les coins, et tu te demandes si tu vas arriver à trouver ta place et à te lancer.

Avec du recul, je me suis rendue compte que je cherchais toujours un point de repère avant d’y aller, genre une autre nana qui me ressemblait ou un enfant qui débutait. Ce n’était pas le regard des autres qui me bloquait ; c’était moi qui me disait que je n’avais pas ma place.

Je pense 50% des nanas réfléchissent comme moi à ce moment-là : je n’ai pas le niveau et c’est franchement pas un sport de fille. Sauf que si t’as confiance en toi, personne ne va rien te dire. Les mecs sont contents de voir des filles rider. C’est à nous, en tant que femme, de se faire notre place.

Manon Lanza faisant du skate dans un skate park
©️ Fred Rousseau

Véhiculer ce message compte beaucoup pour moi, mais je n’ai jamais cherché à être connue. Mais alors vraiment pas du tout, au contraire.

Quand j’ai créé Allons Rider, je voulais développer une plateforme pour que les nanas qui aiment ces sports puissent se retrouver et s’inspirer d’autres nanas. Au début je me suis pris pas mal de portes dans la tronche. Les gens me regardaient un peu en mode « bon, ton site c’est un ptit’ blog à la cool ». L’empowerment féminin, c’était pas encore à la mode il y a 6 ans. Et finalement ce « ptit’ blog à la cool » est devenu un truc professionnel. C’est incroyable.

« Avec Instagram, une vraie pression »

Tout ça, c’est grâce à la glisse. Quand je suis sur une vague ou un skate, je ne pense à rien d’autre. J’ai la chance d’avoir une audience attirée par ces sports extérieurs et naturels. Je ne peux pas ne pas parler aussi de protection de l’environnement et des océans.
Ce serait nul de ne pas me servir de ma communauté pour transmettre ce message. C’est dans ces endroits là que je me sens libre, donc c’est important pour moi de parler de tout ça. C’est là que je peux avoir l’esprit complètement vide, laisser mon corps faire ce qu’il a envie de faire.

C’est difficile de s’en rendre compte, mais être sur Instagram est un métier qui nous met une pression assez forte. On doit tout gérer, des finances à notre image. Le fait que les gens nous jugent en permanence, que tout le monde voit ce qu’on fait, ça met une vraie pression. Mais quand je suis dans l’eau ou sur mon skate, je suis juste moi. 

Manon.

©️ Fred Lecoq

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Il y a ceux qui rêvent d’une vie, et ceux qui vivent leur rêve. Manon Lanza, rideuse aux multiples facettes, fait partie de la deuxième catégorie. A la sortie des études et loin du sable des plages du sud-ouest, elle prend la décision de tracer sa propre voie. A travers son site Allons Rider, elle encourage les femmes à se lancer dans l’univers fantastique de la glisse.

Manon Lanza souriante avec sa planche de surf sous le bras
©️ Lucas Cerri
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Manon Lanza
• Née le 15 juillet 1993
• Surf et skate

Je ne saurais pas donner une définition de la liberté. La liberté d’action, de penser, pouvoir dire ce que l’on veut, d’aller surfer, de bosser. La liberté, ça implique tellement de choses. Parfois on pense être libre, et pourtant nos objectifs nous empêchent de l’être.

Mais oui, je suis une personne libre. Je suis mon propre patron, je n’ai personne au-dessus de moi pour me dire « ce matin tu dois bosser à cette heure-ci, tu dois aller à tel endroit, tu dois prendre tes vacances à ce moment-là ». J’ai l’impression de pouvoir évoquer des sujets quand je le veux, et de ne pas être censurée dans mes paroles ou mes faits et gestes.  

« J’ai vite compris que je ne voulais pas remplir ces cases »

Toute ma vie tourne autour de la liberté. Je ne fais que des sports qui amènent cet esprit, que ce soit le surf, le skate, les sports de ride de manière générale. Très jeune, j’ai voulu m’émanciper de tout ce qu’on voulait ou attendait de moi. J’ai choisi le chemin que j’avais envie de suivre, et pas celui que mes études ou la société me contraignaient d’adopter.

Typiquement, j’ai eu la chance, grâce à mes parents, de pouvoir faire une bonne école de commerce dans la pub. Et dans ces écoles, tu as des stages à faire. Or tout le monde veut les faire dans les meilleures agences parisiennes, et si tu n’es pas dans ces boites-là, t’as un peu raté ta formation. Il y a toujours ces pressions sociétales : atteindre tel poste, toucher tel salaire pour avoir l’impression d’avoir réussi sa vie, être à Paris dans une super agence etc.

Manon Lanza prenant une vague sur sa planche de surf
©️ Fred Lecoq

J’ai vite compris que je n’avais pas envie de remplir ces cases. Je savais qu’avoir une superbe voiture en région parisienne n’allait pas me rendre heureuse. Ce que je voulais, c’était mettre mes pieds dans le sable tous les jours. J’ai quitté beaucoup de choses pour ça.

Je pense que la société dit aux femmes : « Non vous n’êtes pas faites pour faire du skate, c’est un sport extrême où on se blesse, c’est dans la street. Laissez-le aux gars ». Faut changer tout ça. On nous met des barrières, mais c’est à nous de les enlever.  

« 50% des nanas réfléchissent comme moi dans ce moment-là »

Plusieurs fois, je me suis retrouvée sur le skate park de Venice (ndlr : quartier de Los Angeles, Etats-Unis). J’ai redécouvert le skate là-bas, mais au début j’avais peur. J’arrivais dans un des skate park les plus reconnus au monde et où des tas de gens rident merveilleusement bien. Ça file dans tous les coins, et tu te demandes si tu vas arriver à trouver ta place et à te lancer.

Avec du recul, je me suis rendue compte que je cherchais toujours un point de repère avant d’y aller, genre une autre nana qui me ressemblait ou un enfant qui débutait. Ce n’était pas le regard des autres qui me bloquait ; c’était moi qui me disait que je n’avais pas ma place.

Je pense que 50% des nanas réfléchissent comme moi à ce moment-là : je n’ai pas le niveau et c’est franchement pas un sport de fille. Sauf que si t’as confiance en toi, personne ne va rien te dire. Les mecs sont contents de voir des filles rider. C’est à nous, en tant que femme, de se faire notre place.

Manon Lanza faisant du skate dans un skate park
©️ Fred Rousseau

Véhiculer ce message compte beaucoup pour moi, mais je n’ai jamais cherché à être connue. Mais alors vraiment pas du tout, au contraire.

Quand j’ai créé Allons Rider, je voulais développer une plateforme pour que les nanas qui aiment ces sports puissent se retrouver et s’inspirer d’autres nanas. Au début je me suis pris pas mal de portes dans la tronche. Les gens me regardaient un peu en mode « bon, ton site c’est un ptit’ blog à la cool ». L’empowerment féminin, c’était pas encore à la mode il y a 6 ans. Et finalement ce « ptit’ blog à la cool » est devenu un truc professionnel. C’est incroyable.    

« Avec Instagram, une vraie pression »

Tout ça, c’est grâce à la glisse. Quand je suis sur une vague ou un skate, je ne pense à rien d’autre. J’ai la chance d’avoir une audience attirée par ces sports extérieurs et naturels. Je ne peux pas ne pas parler aussi de protection de l’environnement et des océans.

Ce serait nul de ne pas me servir de ma communauté pour transmettre ce message. C’est dans ces endroits là que je me sens libre, donc c’est important pour moi de parler de tout ça. C’est là que je peux avoir l’esprit complètement vide, laisser mon corps faire ce qu’il a envie de faire.

C’est difficile de s’en rendre compte, mais être sur Instagram est un métier qui nous met une pression assez forte. On doit tout gérer, des finances à notre image. Le fait que les gens nous jugent en permanence, que tout le monde voit ce qu’on fait, ça met une vraie pression. Mais quand je suis dans l’eau ou sur mon skate, je suis juste moi.

Manon.

Manon.

Il est aussi grand que Manon Lanza. Manon Lanza. Je deviens Manon Lanza. Nous serions Manon Lanza. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Manon Lanza. Une boite de lunette détient le grand Manon Lanza. Attention aux impératifs complète Mary. Manon Lanza n'est autre que moi.

Mais qui est Manon Lanza ?

Manon Lanza est une influenceuse, fondatrice d’Allons Rider, site internet dédié aux femmes de glisse. Alors qu’elle grandit dans la région lilloise, elle découvre le surf lors de vacances sur la côté basque. Et cela sonne comme une révélation. Passionnée d’écriture, elle qui se rêve écrivain, débute d’abord une école de journalisme, avant de compléter sa formation par un Master en direction artistique et publicité. Loin de vouloir rentrer dans le moule, Manon part à la conquête de ses rêves et s’installe dans le sud-ouest, là où tout a commencé. Elle accompagne aujourd’hui des marques dans leur stratégie d’image, mais devient surtout une des principales têtes d’affiches d’un mouvement visant à décomplexer les femmes vis-à-vis de la ride. A travers une solide communauté sur Instagram, elle s’engage également dans la protection de l’océan et de l’environnement. 

©️ Fred Lecoq

Il y a ceux qui rêvent d’une vie, et ceux qui vivent leur rêve. Manon Lanza, rideuse aux multiples facettes, fait partie de la deuxième catégorie. A la sortie des études et loin du sable des plages du sud-ouest, elle prend la décision de tracer sa propre voie. A travers son site Allons Rider, elle encourage les femmes à se lancer dans l’univers fantastique de la glisse.

Manon Lanza souriante avec sa planche de surf sous le bras
©️ Lucas Cerri
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Manon Lanza
• Née le 15 juillet 1993
• Surf et skate

Je ne saurais pas donner une définition de la liberté. La liberté d’action, de penser, pouvoir dire ce que l’on veut, d’aller surfer, de bosser. La liberté, ça implique tellement de choses. Parfois on pense être libre, et pourtant nos objectifs nous empêchent de l’être.

Mais oui, je suis une personne libre. Je suis mon propre patron, je n’ai personne au-dessus de moi pour me dire « ce matin tu dois bosser à cette heure-ci, tu dois aller à tel endroit, tu dois prendre tes vacances à ce moment-là ». J’ai l’impression de pouvoir évoquer des sujets quand je le veux, et de ne pas être censurée dans mes paroles ou mes faits et gestes.

« J’ai vite compris que je ne voulais pas remplir ces cases »

Toute ma vie tourne autour de la liberté. Je ne fais que des sports qui amènent cet esprit, que ce soit le surf, le skate, les sports de ride de manière générale. Très jeune, j’ai voulu m’émanciper de tout ce qu’on voulait ou attendait de moi. J’ai choisi le chemin que j’avais envie de suivre, et pas celui que mes études ou la société me contraignaient d’adopter.

Typiquement, j’ai eu la chance, grâce à mes parents, de pouvoir faire une bonne école de commerce dans la pub. Et dans ces écoles, tu as des stages à faire. Or tout le monde veut les faire dans les meilleures agences parisiennes, et si tu n’es pas dans ces boites-là, t’as un peu raté ta formation. Il y a toujours ces pressions sociétales : atteindre tel poste, toucher tel salaire pour avoir l’impression d’avoir réussi sa vie, être à Paris dans une super agence etc.

Manon Lanza prenant une vague sur sa planche de surf
©️ Fred Lecoq

J’ai vite compris que je n’avais pas envie de remplir ces cases. Je savais qu’avoir une superbe voiture en région parisienne n’allait pas me rendre heureuse. Ce que je voulais, c’était mettre mes pieds dans le sable tous les jours. J’ai quitté beaucoup de choses pour ça.

Je pense que la société dit aux femmes : « Non vous n’êtes pas faites pour faire du skate, c’est un sport extrême où on se blesse, c’est dans la street. Laissez-le aux gars ». Faut changer tout ça. On nous met des barrières, mais c’est à nous de les enlever.

« 50% des nanas réfléchissent comme moi dans ce moment-là»

Plusieurs fois, je me suis retrouvée sur le skate park de Venice (ndlr : quartier de Los Angeles, Etats-Unis). J’ai redécouvert le skate là-bas, mais au début j’avais peur. J’arrivais dans un des skate park les plus reconnus au monde et où des tas de gens rident merveilleusement bien. Ça file dans tous les coins, et tu te demandes si tu vas arriver à trouver ta place et à te lancer.

Avec du recul, je me suis rendue compte que je cherchais toujours un point de repère avant d’y aller, genre une autre nana qui me ressemblait ou un enfant qui débutait. Ce n’était pas le regard des autres qui me bloquait ; c’était moi qui me disait que je n’avais pas ma place.

Je pense que 50% des nanas réfléchissent comme moi à ce moment-là : je n’ai pas le niveau et c’est franchement pas un sport de fille. Sauf que si t’as confiance en toi, personne ne va rien te dire. Les mecs sont contents de voir des filles rider. C’est à nous, en tant que femme, de se faire notre place.

Manon Lanza faisant du skate dans un skate park
©️ Fred Rousseau

Véhiculer ce message compte beaucoup pour moi, mais je n’ai jamais cherché à être connue. Mais alors vraiment pas du tout, au contraire.

Quand j’ai créé Allons Rider, je voulais développer une plateforme pour que les nanas qui aiment ces sports puissent se retrouver et s’inspirer d’autres nanas. Au début je me suis pris pas mal de portes dans la tronche. Les gens me regardaient un peu en mode « bon, ton site c’est un ptit’ blog à la cool ». L’empowerment féminin, c’était pas encore à la mode il y a 6 ans. Et finalement ce « ptit’ blog à la cool » est devenu un truc professionnel. C’est incroyable.

« Avec Instagram, une vraie pression »

Tout ça, c’est grâce à la glisse. Quand je suis sur une vague ou un skate, je ne pense à rien d’autre. J’ai la chance d’avoir une audience attirée par ces sports extérieurs et naturels. Je ne peux pas ne pas parler aussi de protection de l’environnement et des océans.
Ce serait nul de ne pas me servir de ma communauté pour transmettre ce message. C’est dans ces endroits là que je me sens libre, donc c’est important pour moi de parler de tout ça. C’est là que je peux avoir l’esprit complètement vide, laisser mon corps faire ce qu’il a envie de faire.

C’est difficile de s’en rendre compte, mais être sur Instagram est un métier qui nous met une pression assez forte. On doit tout gérer, des finances à notre image. Le fait que les gens nous jugent en permanence, que tout le monde voit ce qu’on fait, ça met une vraie pression. Mais quand je suis dans l’eau ou sur mon skate, je suis juste moi.

Manon.

Manon.

Il est aussi grand que Manon Lanza. Manon Lanza. Je deviens Manon Lanza. Nous serions Manon Lanza. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Manon Lanza. Une boite de lunette détient le grand Manon Lanza. Attention aux impératifs complète Mary. Manon Lanza n'est autre que moi.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mais qui est Manon Lanza ?