Face à un mur

4 juin 2020

Face à un mur

4 juin 2020

Face à un mur

4 juin 2020

©️ Samuel Challéat

En compétition, l’objectif d’un.e athlète se résume à un mot : performance. Le rythme effréné vers la victoire peut pourtant mener les athlètes dans une impasse psychologique aux conséquences graves. C’est le cas de Mathilde Becerra qui, il y a deux ans, a décidé de laisser de côté le haut niveau pour retrouver le plaisir de grimper ; en toute simplicité.

Aujourd’hui, j’ai lâché prise.

Avant tout ça, je ne ressentais plus de plaisir, je n’arrivais pas à me détacher de cet esprit de compétition qui m’habitait. Si je ne parvenais pas à enchaîner une voie jusqu’en haut, tout ce que j’avais fait avant ne valait rien.

Ça a commencé doucement, sur les deux dernières années. J’ai changé de façon de m’entraîner en rejoignant le Pôle France dans les Alpes. De là, ça a un peu été le début de la fin. Je m’étais arrachée du contexte dans lequel j’étais bien, pour chambouler beaucoup de choses dans mon quotidien, les gens qui étaient autour de moi, mon lieu de vie. 

« Je me suis immédiatement dit que c’était fini »

Petit à petit, je me suis réfugiée dans l’escalade et la performance, puisque autour tout avait changé. Je n’avais plus à rien à quoi me raccrocher : pas la famille, pas les amis, rien. Performer était devenu mon seul objectif. Or en ne s’accrochant qu’à cela, on ne peut qu’aller droit dans le mur.

Portrait de Mathilde mains en avant
©️ Thom Ferry

Ça a commencé à être compliqué dans la tête. J’étais là pour les mauvaises raisons. Je le faisais pour me prouver des choses, même si des fois on en a besoin pour se booster et prendre confiance en soi. Moi, c’était vital. Tout mon monde était basé sur mes résultats en compétitions. Si je ne réussissais pas, je n’étais plus rien. Tout était démesuré au possible.

Au moment de mon burn out, je me suis dit que c’était fini. Je pensais ne même plus aimer mon sport. Comme dégoutée. Mais le problème n’était pas l’escalade, c’était le sport de haut niveau. Mes propres démons et mon égo essayaient de contrôler ma vie et je passais à côté de ma vraie passion. 

Mathilde la tête à l'envers au sommet du mur
©️ Mathilde Becerra

J’ai finalement arrêté la compétition naturellement. Une des principales choses qui a changé est que je grimpe maintenant surtout en extérieur. C’était comme une évidence. Je n’avais plus envie d’être dans la performance ou de me comparer aux autres. Alors je suis allée grimper dehors.

Aujourd’hui, j’ai appris à lâcher prise, à me retrouver. En fonction de la voie que je choisis et de l’endroit où je suis, mon but est vraiment de profiter un maximum de ce que je vis. J’ai retrouvé une approche plus souple de la performance.

« Beaucoup de bienveillance »

Avant, j’allais en extérieur juste pour prouver à moi-même et aux autres que je pouvais le faire. Maintenant, face à une voie qui me tient à cœur, je suis très détendue. Je n’ai rien à prouver, et moins de poids sur les épaules. Quoiqu’il en soit, terminer cette voie ne va pas changer qui je suis ou ce que je fais. J’aime vivre cet instant présent.

Depuis cette rupture avec la compétition, on me pose souvent la question de mon envie d’aller chercher dans le neuvième degré. Mais je ne saurais même pas dire exactement.

Si je le faisais aujourd’hui, ce serait pour voir jusqu’où je peux aller, avec beaucoup de bienveillance. Comme un petit défi, un jeu. Je ne ferme pas la porte, parce que j’adore les challenges et j’aime me mettre des bonnes doses de sport. 

Mathilde grimpe une falaise dans le milieu naturel
©️ Edu Marin

Je suis dans une phase de transition, et c’est parfois difficile de me définir. Dans ma mentalité, je me sens encore parfois athlète de haut niveau. Pourtant, dans la vie de tous les jours, je ne le suis plus vraiment puisque j’aspire à bien d’autres choses. C’est un peu comme une crise d’identité et ça a pris beaucoup de temps ces derniers mois pour accepter de lâcher l’image d’athlète au profit de l’image de femme.

Par tous ces événements, je suis revenue aux bases de l’escalade. Dans notre sport, on vit pour la nature. Même si on est en groupe, c’est quand même toi qui est seul face à la falaise. C’est comme une synergie, un lien fort avec le minéral. Une sensation de complétude. Quand je pars grimper, c’est le caillou et moi. Et j’en suis heureuse.

Mathilde.

©️ Samuel Challéat

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

En compétition, l’objectif d’un.e athlète se résume à un mot : performance. Le rythme effréné vers la victoire peut pourtant mener les athlètes dans une impasse psychologique aux conséquences graves. C’est le cas de Mathilde Becerra qui, il y a deux ans, a décidé de laisser de côté le haut niveau pour retrouver le plaisir de grimper ; en toute simplicité.

Portrait en Noir et Blanc de Mathilde Becerra
©️ Mathilde Becerra
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mathilde Becerra
• Née le 14 août 1991
• Escalade

Aujourd’hui, j’ai lâché prise.

Avant tout ça, je ne ressentais plus de plaisir, je n’arrivais pas à me détacher de cet esprit de compétition qui m’habitait. Si je ne parvenais pas à enchaîner une voie jusqu’en haut, tout ce que j’avais fait avant ne valait rien.

Ça a commencé doucement, sur les deux dernières années. J’ai changé de façon de m’entraîner en rejoignant le Pôle France dans les Alpes. De là, ça a un peu été le début de la fin. Je m’étais arrachée du contexte dans lequel j’étais bien, pour chambouler beaucoup de choses dans mon quotidien ; les gens qui étaient autour de moi, mon lieu de vie.  

« Je me suis dit que c’était fini »

Petit à petit, je me suis réfugiée dans l’escalade et la performance, puisque autour tout avait changé. Je n’avais plus à rien à quoi me raccrocher : pas la famille, pas les amis, rien. Performer était devenu mon seul objectif. Or en ne s’accrochant qu’à cela, on ne peut qu’aller droit dans le mur.

Portrait de Mathilde mains en avant
©️ Thom Ferry

Ça a commencé à être compliqué dans la tête. J’étais là pour les mauvaises raisons. Je le faisais pour me prouver des choses, même si des fois on en a besoin pour se booster et prendre confiance en soi. Moi, c’était vital. Tout mon monde était basé sur mes résultats en compétitions. Si je ne réussissais pas, je n’étais plus rien. Tout était démesuré au possible.

Au moment de mon burn out, je me suis dit que c’était fini. Je pensais ne même plus aimer mon sport. Comme dégoutée. Mais le problème n’était pas l’escalade, c’était le sport de haut niveau. Mes propres démons et mon égo essayaient de contrôler ma vie et je passais à côté de ma vraie passion.   

Mathilde la tête à l'envers au sommet du mur
©️ Mathilde Becerra

J’ai finalement arrêté la compétition naturellement. Une des principales choses qui a changé est que je grimpe maintenant surtout en extérieur. C’était comme une évidence. Je n’avais plus envie d’être dans la performance ou de me comparer aux autres. Alors je suis allée grimper dehors.

Aujourd’hui, j’ai appris à lâcher prise, à me retrouver. En fonction de la voie que je choisis et de l’endroit où je suis, mon but est vraiment de profiter un maximum de ce que je vis. J’ai retrouvé une approche plus souple de la performance.    

« Beaucoup de bienveillance »

Avant, j’allais en extérieur juste pour prouver à moi-même et aux autres que je pouvais le faire. Maintenant, face à une voie qui me tient à cœur, je suis très détendue. Je n’ai rien à prouver, et moins de poids sur les épaules. Quoiqu’il en soit, terminer cette voie ne va pas changer qui je suis ou ce que je fais. J’aime vivre cet instant présent.

Depuis cette rupture avec la compétition, on me pose souvent la question de mon envie d’aller chercher dans le neuvième degré. Mais je ne saurais même pas dire exactement. Si je le faisais aujourd’hui, ce serait pour voir jusqu’où je peux aller, avec beaucoup de bienveillance. Comme un petit défi, un jeu. Je ne ferme pas la porte, parce que j’adore les challenges et j’aime me mettre des bonnes doses de sport.

Mathilde grimpe une falaise dans le milieu naturel
©️ Edu Marin

Je suis dans une phase de transition, et c’est parfois difficile de me définir. Dans ma mentalité, je me sens encore parfois athlète de haut niveau. Pourtant, dans la vie de tous les jours, je ne le suis plus vraiment puisque j’aspire à bien d’autres choses. C’est un peu comme une crise d’identité et ça a pris beaucoup de temps ces derniers mois pour accepter de lâcher l’image d’athlète au profit de l’image de femme.

Par tous ces événements, je suis revenue aux bases de l’escalade. Dans notre sport, on vit pour la nature. Même si on est en groupe, c’est quand même toi qui est seul face à la falaise. C’est comme une synergie, un lien fort avec le minéral. Une sensation de complétude. Quand je pars grimper, c’est le caillou et moi. Et j’en suis heureuse.

Mathilde.

Mathilde.

Il est aussi grand que Mathilde Becerra. Mathilde Becerra. Je deviens Mathilde Becerra. Nous serions Mathilde Becerra. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Mathilde Becerra. Une boite de lunette détient le grand Mathilde Becerra. Attention aux impératifs complète Mary. Mathilde Becerra n'est autre que moi.

©️ Samuel Challéat

En compétition, l’objectif d’un.e athlète se résume à un mot : performance. Le rythme effréné vers la victoire peut pourtant mener les athlètes dans une impasse psychologique aux conséquences graves. C’est le cas de Mathilde Becerra qui, il y a deux ans, a décidé de laisser de côté le haut niveau pour retrouver le plaisir de grimper ; en toute simplicité.

Portrait en Noir et Blanc de Mathilde Becerra
©️ Mathilde Becerra
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mathilde Becerra
• Née le 14 août 1991
• Escalade

Aujourd’hui, j’ai lâché prise.

Avant tout ça, je ne ressentais plus de plaisir, je n’arrivais pas à me détacher de cet esprit de compétition qui m’habitait. Si je ne parvenais pas à enchaîner une voie jusqu’en haut, tout ce que j’avais fait avant ne valait rien.

Ça a commencé doucement, sur les deux dernières années. J’ai changé de façon de m’entraîner en rejoignant le Pôle France dans les Alpes. De là, ça a un peu été le début de la fin. Je m’étais arrachée du contexte dans lequel j’étais bien, pour chambouler beaucoup de choses dans mon quotidien ; les gens qui étaient autour de moi, mon lieu de vie.

« Je me suis dit que c’était fini »

Petit à petit, je me suis réfugiée dans l’escalade et la performance, puisque autour tout avait changé. Je n’avais plus à rien à quoi me raccrocher : pas la famille, pas les amis, rien. Performer était devenu mon seul objectif. Or en ne s’accrochant qu’à cela, on ne peut qu’aller droit dans le mur.

Portrait de Mathilde mains en avant
©️ Thom Ferry

Ça a commencé à être compliqué dans la tête. J’étais là pour les mauvaises raisons. Je le faisais pour me prouver des choses, même si des fois on en a besoin pour se booster et prendre confiance en soi. Moi, c’était vital. Tout mon monde était basé sur mes résultats en compétitions. Si je ne réussissais pas, je n’étais plus rien. Tout était démesuré au possible.

Au moment de mon burn out, je me suis dit que c’était fini. Je pensais ne même plus aimer mon sport. Comme dégoutée. Mais le problème n’était pas l’escalade, c’était le sport de haut niveau. Mes propres démons et mon égo essayaient de contrôler ma vie et je passais à côté de ma vraie passion.

Mathilde la tête à l'envers au sommet du mur
©️ Mathilde Becerra

J’ai finalement arrêté la compétition naturellement. Une des principales choses qui a changé est que je grimpe maintenant surtout en extérieur. C’était comme une évidence. Je n’avais plus envie d’être dans la performance ou de me comparer aux autres. Alors je suis allée grimper dehors.

Aujourd’hui, j’ai appris à lâcher prise, à me retrouver. En fonction de la voie que je choisis et de l’endroit où je suis, mon but est vraiment de profiter un maximum de ce que je vis. J’ai retrouvé une approche plus souple de la performance.

« Beaucoup de bienveillance »

Avant, j’allais en extérieur juste pour prouver à moi-même et aux autres que je pouvais le faire. Maintenant, face à une voie qui me tient à cœur, je suis très détendue. Je n’ai rien à prouver, et moins de poids sur les épaules. Quoiqu’il en soit, terminer cette voie ne va pas changer qui je suis ou ce que je fais. J’aime vivre cet instant présent.

Depuis cette rupture avec la compétition, on me pose souvent la question de mon envie d’aller chercher dans le neuvième degré. Mais je ne saurais même pas dire exactement.

Si je le faisais aujourd’hui, ce serait pour voir jusqu’où je peux aller, avec beaucoup de bienveillance. Comme un petit défi, un jeu. Je ne ferme pas la porte, parce que j’adore les challenges et j’aime me mettre des bonnes doses de sport.

Mathilde grimpe une falaise dans le milieu naturel
©️ Edu Marin

Je suis dans une phase de transition, et c’est parfois difficile de me définir. Dans ma mentalité, je me sens encore parfois athlète de haut niveau. Pourtant, dans la vie de tous les jours, je ne le suis plus vraiment puisque j’aspire à bien d’autres choses. C’est un peu comme une crise d’identité et ça a pris beaucoup de temps ces derniers mois pour accepter de lâcher l’image d’athlète au profit de l’image de femme.

Par tous ces événements, je suis revenue aux bases de l’escalade. Dans notre sport, on vit pour la nature. Même si on est en groupe, c’est quand même toi qui est seul face à la falaise. C’est comme une synergie, un lien fort avec le minéral. Une sensation de complétude. Quand je pars grimper, c’est le caillou et moi. Et j’en suis heureuse.

Mathilde.

Mathilde.

Il est aussi grand que Mathilde Becerra. Mathilde Becerra. Je deviens Mathilde Becerra. Nous serions Mathilde Becerra. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Mathilde Becerra. Une boite de lunette détient le grand Mathilde Becerra. Attention aux impératifs complète Mary. Mathilde Becerra n'est autre que moi.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mais qui est Mathilde Becerra ?