En ce mois de décembre, nous nous intéressons à celles et ceux qui, en pleine carrière au plus haut niveau, sautent le pas et deviennent parents. Un vrai bouleversement pour ces athlètes dont la vie est rythmée par les entraînements, les biberons et les compétitions.

Une aventure humaine hors-norme, vécue aux quatre coins du globe. Ainsi pourrions nous décrire ce que vit Camille Lecointre, skippeuse multiple médaillée mondiale. Maman d’un petit Gabriel depuis 3 ans, elle s’est mise en tête de revenir à la compétition avec un objectif : l’or olympique à Tokyo (Japon) en 2021. Entretien avec une femme bien décidée à mener son embarcation où bon lui semble.

Pour elle, tout s’est fait naturellement. Camille Lecointre, pour qui la mer est une terre d’asile, ne s’est pas levée un matin avec une idée apparue dans la nuit. Non, être mère n’a jamais été une décision en soi. Comme une envie née avec le cours de la vie, et qui finalement devient une évidence.

Car la skippeuse originaire d’Harfleur, à quelques kilomètres du Havre, s’est lancée dans l’aventure après sa fantastique médaille de bronze acquise aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (Brésil) en 2016, sans avoir de véritable plan en tête : « Pour moi, c’est arrivé assez tard finalement, confie-t-elle. Même après Rio, le projet d’avoir un enfant n’était pas forcément dessiné. C’est une conjoncture favorable, l’occasion qui fait le larron. On prend un chemin et une fois qu’on est engagé, on ne peut plus faire demi-tour ! (rires) ».

« Il est devenu hyper adaptable »

Une composante immuable de son métier aurait pourtant pu contraindre Camille Lecointre à changer malgré tout de direction : son binôme. La quadruple médaillée mondiale pratique en effet une discipline appelée « 470 », classe de dériveur où deux skippeuses/ skippeurs prennent place à bord. Une chance dans certains moments, un inconvénient dans d’autres : « Ca va dans les deux sens, affirme-t-elle. L’avantage, c’est que je peux m’appuyer sur ma coéquipière dans les moments où j’ai moins de temps. Aloïse (ndlr: Retornaz) a pris les choses en main au début de notre binôme, elle était ultra motivée. Par contre l’inconvénient est que je dois m’adapter aussi à ses contraintes. C’est un emploi du temps en plus avec lequel jongler, mais c’est le jeu ».

©️ Bernard Le Bars

« S’adapter » est un verbe qui traduit parfaitement la vie de Camille. Athlète multifonction, elle s’ajuste au gré des besoins de son petit Gabriel et des compétitions ou entraînements. D’autant que son mari, Gideon Kliger, est l’entraîneur de l’équipe espagnole de 470. Une vie loin d’être de tout repos et qui a impliqué de trouver une organisation pour voyager avec leur fils sur les compétitions. Une source de stress durant les premiers mois, qui s’est finalement transformée en force supplémentaire : « Dans un premier temps, j’avais peur qu’il manque de repère, avoue Camille. La première année a été dure parce qu’il était vraiment petit. Il avait 6 mois pour sa première régate, et il ne faisait pas ses nuits. Mais avec du recul, je me dis que c’est super en fin de compte. Il va avoir 3 ans et est devenu hyper adaptable. Il ne pleure pas quand on le change de baby-sitter par exemple ! L’emmener partout avec nous lui a amené plein d’autres choses ».

« J’espère que mon expérience pourra servir à d’autres »

Avoir son fils avec soi sur les compétitions est évidemment une motivation en plus. Cela peut induire également de devoir faire des choix lorsqu’il s’agit de décider où séjourner durant les quelques jours sur place, que ce soit au Japon, à Marseille ou au Brésil. Pour les Jeux de Tokyo, Camille ne logera pas au village olympique, cœur d’activité du plus grand événement sportif au monde. Une décision pas si difficile à prendre : « C’est certain que ce côté ambiance avec l’équipe de France me manque parce que c’est sympa à vivre quand on est sportive, confesse celle qui participera à sa troisième olympiade l’été prochain. Après, j’ai vécu ça pendant d’autres compétitions et olympiades. Ce qui m’importe le plus, c’est que le fonctionnement que j’ai me permet d’être performante. J’ai fait le choix de rester en famille et pour l’instant, ça a marché. Donc il n’y a pas de raison de changer ».

Camille Lecointre naviguant
©️ Bernard Le Bars

Camille et son mari ont construit leur propre schéma, n’aillant pas de modèle d’athlète au parcours similaire. Elle espère que son exemple puisse désormais servir à d’autres sportives qui hésiteraient à se lancer dans l’aventure : « Au début, tout ça me faisait peur oui, confesse-t-elle. Je n’avais pas d’exemple de mamans qui avaient continué leur carrière, et c’est ce qui m’a fait me décider tard. J’aurais aimé avoir un modèle de femme sur qui prendre exemple, savoir comment elle s’organisait, comment elle gérait sa vie… Donc j’espère que mon expérience pourrait servir à d’autres ! Une carrière ne s’arrête pas à 30 ans pour avoir un enfant, et je souhaite vraiment les encourager à continuer ».

Une maman multifonction, on ne vous avait pas menti.

En ce mois de décembre, nous nous intéressons à celles et ceux qui, en pleine carrière au plus haut niveau, sautent le pas et deviennent parents. Un vrai bouleversement pour ces athlètes dont la vie est rythmée par les entraînements, les biberons et les compétitions.

Une aventure humaine hors-norme, vécue aux quatre coins du globe. Ainsi pourrions nous décrire ce que vit Camille Lecointre, skippeuse multiple médaillée mondiale. Maman d’un petit Gabriel depuis 3 ans, elle s’est mise en tête de revenir à la compétition avec un objectif : l’or olympique à Tokyo (Japon) en 2021. Entretien avec une femme bien décidée à mener son embarcation où bon lui semble.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Pour elle, tout s’est fait naturellement. Camille Lecointre, pour qui la mer est une terre d’asile, ne s’est pas levée un matin avec une idée apparue dans la nuit. Non, être mère n’a jamais été une décision en soi. Comme une envie née avec le cours de la vie, et qui finalement devient une évidence.

Car la skippeuse originaire d’Harfleur, à quelques kilomètres du Havre, s’est lancée dans l’aventure après sa fantastique médaille de bronze acquise aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro (Brésil) en 2016, sans avoir de véritable plan en tête : « Pour moi, c’est arrivé assez tard finalement, confie-t-elle. Même après Rio, le projet d’avoir un enfant n’était pas forcément dessiné. C’est une conjoncture favorable, l’occasion qui fait le larron. On prend un chemin et une fois qu’on est engagé, on ne peut plus faire demi-tour ! (rires) ».

« Il est devenu hyper adaptable »

Une composante immuable de son métier aurait pourtant pu contraindre Camille Lecointre à changer malgré tout de direction : son binôme. La quadruple médaillée mondiale pratique en effet une discipline appelée « 470 », classe de dériveur où deux skippeuses/ skippeurs prennent place à bord. Une chance dans certains moments, un inconvénient dans d’autres : « ça va dans les deux sens, affirme-t-elle. L’avantage, c’est que je peux m’appuyer sur ma coéquipière dans les moments où j’ai moins de temps. Aloïse (ndlr: Retornaz) a pris les choses en main au début de notre binôme, elle était ultra motivée. Par contre l’inconvénient est que je dois m’adapter aussi à ses contraintes. C’est un emploi du temps en plus avec lequel jongler, mais c’est le jeu ».

©️ Bernard Le Bars

« S’adapter » est un verbe qui traduit parfaitement la vie de Camille. Athlète multifonction, elle s’ajuste au gré des besoins de son petit Gabriel et des compétitions ou entraînements. D’autant que son mari, Gideon Kliger, est l’entraîneur de l’équipe espagnole de 470. Une vie loin d’être de tout repos et qui a impliqué de trouver une organisation pour voyager avec leur fils sur les compétitions. Une source de stress durant les premiers mois, qui s’est finalement transformée en force supplémentaire : « Dans un premier temps, j’avais peur qu’il manque de repère, avoue Camille. La première année a été dure parce qu’il était vraiment petit. Il avait 6 mois pour sa première régate, et il ne faisait pas ses nuits. Mais avec du recul, je me dis que c’est super en fin de compte. Il va avoir 3 ans et est devenu hyper adaptable. Il ne pleure pas quand on le change de baby-sitter par exemple ! L’emmener partout avec nous lui a amené plein d’autres choses ».

« J’espère que mon expérience pourra servir à d’autres »

Avoir son fils avec soi sur les compétitions est évidemment une motivation en plus. Cela peut induire également de devoir faire des choix lorsqu’il s’agit de décider où séjourner durant les quelques jours sur place, que ce soit au Japon, à Marseille ou au Brésil. Pour les Jeux de Tokyo, Camille ne logera pas au village olympique, cœur d’activité du plus grand événement sportif au monde. Une décision pas si difficile à prendre : « C’est certain que ce côté ambiance avec l’équipe de France me manque parce que c’est sympa à vivre quand on est sportive, confesse celle qui participera à sa troisième olympiade l’été prochain. Après, j’ai vécu ça pendant d’autres compétitions et olympiades. Ce qui m’importe le plus, c’est que le fonctionnement que j’ai me permet d’être performante. J’ai fait le choix de rester en famille et pour l’instant, ça a marché. Donc il n’y a pas de raison de changer ».

©️ Bernard Le Bars

Camille et son mari ont construit leur propre schéma, n’aillant pas de modèle d’athlète au parcours similaire. Elle espère que son exemple puisse désormais servir à d’autres sportives qui hésiteraient à se lancer dans l’aventure : « Au début, tout ça me faisait peur oui, confesse-t-elle. Je n’avais pas d’exemple de mamans qui avaient continué leur carrière, et c’est ce qui m’a fait me décider tard. J’aurais aimé avoir un modèle de femme sur qui prendre exemple, savoir comment elle s’organisait, comment elle gérait sa vie… Donc j’espère que mon expérience pourrait servir à d’autres ! Une carrière ne s’arrête pas à 30 ans pour avoir un enfant, et je souhaite vraiment les encourager à continuer ».

Une maman multifonction, on ne vous avait pas menti. 

Facebook
Twitter
LinkedIn
Instagram

Emmanuelle.

Il est aussi grand que Camille Lecointre. Camille Lecointre. Je deviens Camille Lecointre. Nous serions Camille Lecointre Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Camille Lecointre. Une boite de lunette détient le grand Camille Lecointre. Attention aux impératifs complète Mary. Camille Lecointre n'est autre que moi.

Mais qui est Camille Lecointre ?

Camille Lecointre est une skippeuse professionnelle, spécialiste du 470 (dériveur en double). Femme à tout faire, elle passe tout proche de la médaille olympique à Londres en 2012 en terminant 4ème. Elle se rattrape 4 ans plus tard à Rio en décrochant le bronze avec Hélène Defrance.
Camille donnera naissance quelques mois plus tard à son premier enfant, Gabriel, avec qui elle parcourt le monde au gré des compétitions. Grâce à un emploi aménagé dans la Marine Nationale, elle peut pratiquer son sport à temps plein et vise les Jeux de Tokyo 2021. 

Plus d'histoires ?

Mathieu Thomas avec sa fille en tenue de badminton
Visuel Meneuses sur tous les fronts, Charlotte et Laura Tremble, dossier Leadership au féminin avec Les Sportives