Moi, Adrien, pilote de rallye ou médecin,
par Adrien Fourmaux

10 février 2020

Moi, Adrien, pilote de rallye ou médecin,
par Adrien Fourmaux

10 février 2020

Moi, Adrien, pilote de rallye ou médecin,
par Adrien Fourmaux

10 février 2020

La France et le rallye, c’est toute une histoire. Sébastien Loeb, Michèle Mouton, Sébastien Ogier…: les exemples de pilotes hors du commun ne manquent pas. Alors que l’incroyable série de 15 titres mondiaux consécutifs remportés par un pilote français a pris fin l’an dernier, de nombreux jeunes ambitionnent de prendre la succession de leurs illustres aînés. Parmi eux, le nordiste Adrien Fourmaux, dont l’avenir balance entre les baquets des rallyes et la blouse blanche de la médecine.

Aujourd’hui je suis pilote. Mais qui sait, demain je serais peut-être médecin. Même dans mes rêves les plus fous, je n’imaginais pas, il y a encore quelques années, pouvoir parler de ce rêve comme d’un métier.

Mon premier volant a été ma manette de console, ou peut-être mon kart à pédale. Pourtant ma famille n’était pas adepte du sport automobile : nous n’avions aucun pilote ou garagiste dont la passion aurait pu m’être transmise. Avec mon frère de 5 ans mon aîné, nous nous sommes construits un univers autour de ces pilotes qui utilisent les merveilles de la nature comme terrain de jeu. À ses 18 ans et le permis en poche, nous partions pour le Touquet (Pas-de-Calais) ou le Monte Carlo (Monaco) à deux, sillonnant les abords de la course. C’est ça, le rallye. Pas besoin de payer une place de parking ou un ticket pour assister à l’événement : tout est ouvert, offrant une expérience folle pour les spectateurs. En pleine nature, des voitures lancées à pleine balle frôlent nos pieds, et croyez-moi, on en redemande.

« Je voulais tenter cette sélection. Qui sait, j’avais peut-être un talent »

J’adorais être là. Je me prenais à rêver d’être à la place de tous ces gars dont le métier était de jouer avec la limite. Et puis un jour, ce fut mon tour.

Bachelier, je rejoignais les bancs de la fac de médecine, espérant prolonger la lignée de mes parents. Je gardais tout de même l’idée du rallye dans un coin de ma tête. Trois semaines avant le début des examens de premier semestre avait lieu la sélection « Rallye Jeune », que mon frère avait passé sans réussite. Je voulais tenter de faire partie de ce programme de détection ; qui sait, j’avais peut-être un talent. Le timing n’était pourtant pas idéal. Je mettais mes envies de côté, en souhaitant me concentrer sur mes études. De toutes façons, les détections avaient lieu chaque année, je m’alignerais l’année suivante. Mes études passaient avant. La première année de médecine demandait trop d’énergie pour pouvoir se concentrer sereinement sur autre chose que les révisions.

Sauf qu’aucune sélection « Rallye Jeune » ne fut organisée l’année suivante. Ni celle d’après. Ni celle d’encore après. J’ai attendu trois ans avant de pouvoir enfin m’essayer aux tests de pilotage. Avec du recul, prendre mon mal en patience n’était peut-être pas une si mauvaise idée. Alors en 4ème année de médecine, je suis allé au Salon de l’Auto de Paris, où avait lieu la détection. Mon seul but était de m’amuser. Quelques jours plus tard, je rentrais chez moi avec la coupe, et une place en championnat de France junior pour l’année suivante. Un vrai kiffe.

« Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte »

J’entame cette année ma quatrième saison dans ce nouveau métier. Pilote de rallye, mon rêve de gosse. J’espère ne jamais avoir à reprendre mes études de médecine. Cela voudra dire que j’aurai confirmé les espoirs placés en moi. Je ne pourrais toutefois pas continuer éternellement, la réalité financière plane autour de tous les pilotes.

La réussite serait d’atteindre l’élite du rallye mondial, le WRC, dominée pendant 15 années consécutives par les Sébastien, Loeb et Ogier. Je ne suis pas si loin de faire partie de ces quelques fous du volant qui vivent grâce au rallye. Aujourd’hui, j’ai toutes les cartes en main pour performer et aller chercher le titre mondial en WRC2. Mon team M-Sport m’apporte un soutien hors-norme. Le nombre de personnes présentes dans mon équipe a presque triplé par rapport à l’année dernière, jusqu’à bénéficier d’une aide pour préparer ma combinaison ou mes gants avant chaque spéciale. Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte. Pour à la fin, être champion du monde.

Je pense me laisser encore deux ans pour rejoindre la liste de départ d’un rallye WRC. Je ne veux pas mettre ma vie “en danger” en poursuivant un rêve qui pourrait s’avérer irréalisable. Mes 25 ans approchent, et reprendre un cursus étudiant à l’aube de la trentaine serait pour moi quasi-impossible. J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de ma fac en cas d’échec dans le rallye. Mes études sont « en pause » : je peux reprendre en 4ème année si je le souhaite. Il ne faudra pas trainer. Pour poursuivre sereinement des études de médecine, difficile d’avoir une famille ou d’autres obligations. Mais je prends trop mon pied en rallye pour renoncer dès maintenant.

Ce que j’aime le plus dans ce sport, c’est le pilotage. Flirter avec la limite, maîtriser les dérives, sentir la glisse. Et quand tu roules en Finlande, tu retrouves tout ça. Tu vas tellement vite… Un rallye au gros cœur. Il y a un truc en plus, tu rajoutes une dimension aux épreuves plus « traditionnelles », parce que tu dois tourner en l’air. C’est un art. On parle de « ciel » dans notre prise de note avec le copilote. Le « ciel » est le point où tu ne vois plus la route, il se confond avec l’horizon. Ce sont des virages à l’aveugle, et la vitesse aspire la voiture vers l’extérieur.

La Finlande est unique pour ça. On tutoie régulièrement les 200 km/h sur des routes de terre. Les reconnaissances tiennent un rôle encore plus important, parce qu’au moindre doute, tu peux sortir de la piste. Et il ne reste qu’à espérer que cela se termine bien. Heureusement, la sécurité fait des progrès énormes depuis de nombreuses années. L’accident d’Ott Tanak (Estonie) au Monte Carlo en est le meilleur exemple. Sortir de sa voiture indemne après un choc aussi violent tient du miracle, surtout lorsque l’on sait que le copilote ne s’y attendait pas. On a pas de rail de sécurité ou de bac à gravier pour atténuer les conséquences d’une erreur. On connaît tous les risques. Mais il ne faut pas y penser, sinon tu arrêtes.

Adrien.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

La France et le rallye, c’est toute une histoire. Sébastien Loeb, Michèle Mouton, Sébastien Ogier…: les exemples de pilotes hors du commun ne manquent pas. Alors que l’incroyable série de 15 titres mondiaux consécutifs remportés par un pilote français a pris fin l’an dernier, de nombreux jeunes ambitionnent de prendre la succession de leurs illustres aînés. Parmi eux, le nordiste Adrien Fourmaux, dont l’avenir balance entre les baquets des rallyes et la blouse blanche de la médecine.  

Adrien Fourmaux, pilote WRC2, pose pour By Athlete chez lui à Seclin
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Adrien Fourmaux
• Né le 3 mai 1995, 25 ans
• Rallye

Aujourd’hui, je suis pilote. Mais qui sait, demain je serais peut-être médecin. Même dans mes rêves les plus fous, je n’imaginais pas, il y a encore quelques années, pouvoir parler de ce rêve comme d’un métier.

Mon premier volant a été ma manette de console, ou peut-être mon kart à pédale. Pourtant ma famille n’était pas adepte du sport automobile : nous n’avions aucun pilote ou garagiste dont la passion aurait pu m’être transmise. Avec mon frère de 5 ans mon aîné, nous nous sommes construits un univers autour de ces pilotes qui utilisent les merveilles de la nature comme terrain de jeu. À ses 18 ans et le permis en poche, nous partions pour le Touquet (Pas-de-Calais) ou le Monte Carlo (Monaco) à deux, sillonnant les abords de la course. C’est ça, le rallye. Pas besoin de payer une place de parking ou un ticket pour assister à l’événement : tout est ouvert, offrant une expérience folle pour les spectateurs. En pleine nature, des voitures lancées à pleine balle frôlent nos pieds, et croyez-moi, on en redemande.

« Je voulais tenter cette sélection. Qui sait, j’avais peut-être un talent »

J’adorais être là. Je me prenais à rêver d’être à la place de tous ces gars dont le métier était de jouer avec la limite. Et puis un jour, ce fut mon tour.

Bachelier, je rejoignais les bancs de la fac de médecine, espérant prolonger la lignée de mes parents. Je gardais tout de même l’idée du rallye dans un coin de ma tête. Trois semaines avant le début des examens de premier semestre avait lieu la sélection « Rallye Jeune », que mon frère avait passé sans réussite. Je voulais tenter de faire partie de ce programme de détection ; qui sait, j’avais peut-être un talent. Le timing n’était pourtant pas idéal. Je mettais mes envies de côté, en souhaitant me concentrer sur mes études. De toutes façons, les détections avaient lieu chaque année, je m’alignerais l’année suivante. Mes études passaient avant. La première année de médecine demandait trop d’énergie pour pouvoir se concentrer sereinement sur autre chose que les révisions.

Sauf qu’aucune sélection « Rallye Jeune » ne fut organisée l’année suivante. Ni celle d’après. Ni celle d’encore après. J’ai attendu trois ans avant de pouvoir enfin m’essayer aux tests de pilotage. Avec du recul, prendre mon mal en patience n’était peut-être pas une si mauvaise idée. Alors en 4ème année de médecine, je suis allé au Salon de l’Auto de Paris, où avait lieu la détection. Mon seul but était de m’amuser. Quelques jours plus tard, je rentrais chez moi avec la coupe, et une place en championnat de France junior pour l’année suivante. Un vrai kiffe.

« Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte »

J’entame cette année ma quatrième saison dans ce nouveau métier. Pilote de rallye, mon rêve de gosse. J’espère ne jamais avoir à reprendre mes études de médecine. Cela voudra dire que j’aurai confirmé les espoirs placés en moi. Je ne pourrais toutefois pas continuer éternellement, la réalité financière plane autour de tous les pilotes.

La réussite serait d’atteindre l’élite du rallye mondial, le WRC, dominé pendant 15 années consécutives par les Sébastien, Loeb et Ogier. Je ne suis pas si loin de faire partie de ces quelques fous du volant qui vivent grâce au rallye. Aujourd’hui, j’ai toutes les cartes en main pour performer et aller chercher le titre mondial en WRC2. Mon team M-Sport m’apporte un soutien hors-norme. Le nombre de personnes présentes dans mon équipe a presque triplé par rapport à l’année dernière, jusqu’à bénéficier d’une aide pour préparer ma combinaison ou mes gants avant chaque spéciale. Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte. Pour à la fin, être champion du monde.

Je pense me laisser encore deux ans pour rejoindre la liste de départ d’un rallye WRC. Je ne veux pas mettre ma vie “en danger” en poursuivant un rêve qui pourrait s’avérer irréalisable. Mes 25 ans approchent, et reprendre un cursus étudiant à l’aube de la trentaine serait pour moi quasi-impossible. J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de ma fac en cas d’échec dans le rallye. Mes études sont « en pause » : je peux reprendre en 4ème année si je le souhaite. Il ne faudra pas traîner. Pour poursuivre sereinement des études de médecine, difficile d’avoir une famille ou d’autres obligations. Mais je prends trop mon pied en rallye pour renoncer dès maintenant.

Ce que j’aime le plus dans ce sport, c’est le pilotage. Flirter avec la limite, maîtriser les dérives, sentir la glisse. Et quand tu roules en Finlande, tu retrouves tout ça. Tu vas tellement vite… Un rallye au gros cœur. Il y a un truc en plus, tu rajoutes une dimension aux épreuves plus « traditionnelles », parce que tu dois tourner en l’air. C’est un art. On parle de « ciel » dans notre prise de note avec le copilote. Le « ciel » est le point où tu ne vois plus la route, il se confond avec l’horizon. Ce sont des virages à l’aveugle, et la vitesse aspire la voiture vers l’extérieur.

La Finlande est unique pour ça. On tutoie régulièrement les 200 km/h sur des routes de terre. Les reconnaissances tiennent un rôle encore plus important, parce qu’au moindre doute, tu peux sortir de la piste. Et il ne reste qu’à espérer que cela se termine bien. Heureusement, la sécurité fait des progrès énormes depuis de nombreuses années. L’accident d’Ott Tanak (Estonie) au Monte Carlo en est le meilleur exemple. Sortir de sa voiture indemne après un choc aussi violent tient du miracle, surtout lorsque l’on sait que le copilote ne s’y attendait pas. On a pas de rail de sécurité ou de bac à gravier pour atténuer les conséquences d’une erreur. On connaît tous les risques. Mais il ne faut pas y penser, sinon tu arrêtes.

Adrien.

Mais qui est Adrien Fourmaux ?

Pilote de rallye semble être la vocation d’Adrien Fourmaux. Pourtant, alors qu’il réussit brillamment sa première année de médecine, les portes de la sélection organisée par la Fédération Française du Sport Automobile (FFSA) pour détecter de jeunes talents, se ferment sous son nez. Il aura fallu attendre trois ans pour que le jeune nordiste participe, puis remporte la sélection « Rallye Jeune », qui lui offrira une place en championnats de France junior en 2017. L’année suivante, il s’impose sur 5 épreuves dans le même championnat sur les 5 auxquelles il participe. Une performance remarquée, qui le conduit en WRC3 (troisième échelon mondial) en 2019. Un podium et de superbes performances lui permettent de rejoindre le team polonais M-Sport en WRC2, soutenu par le constructeur Ford. S’il vise le titre mondial dès cette année, son objectif est d’atteindre l’élite du WRC d’ici 2 ans. Afin de prendre, peut-être, la succession des glorieux prédécesseurs français.

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La France et le rallye, c’est toute une histoire. Sébastien Loeb, Michèle Mouton, Sébastien Ogier…: les exemples de pilotes hors du commun ne manquent pas. Alors que l’incroyable série de 15 titres mondiaux consécutifs remportés par un pilote français a pris fin l’an dernier, de nombreux jeunes ambitionnent de prendre la succession de leurs illustres aînés. Parmi eux, le nordiste Adrien Fourmaux, dont l’avenir balance entre les baquets des rallyes et la blouse blanche de la médecine.  

Adrien Fourmaux, pilote WRC2, pose pour By Athlete chez lui à Seclin
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Adrien Fourmaux
• Né le 3 mai 1995, 25 ans
• Rallye

Aujourd’hui je suis pilote. Mais qui sait, demain je serais peut-être médecin. Même dans mes rêves les plus fous, je n’imaginais pas, il y a encore quelques années, pouvoir parler de ce rêve comme d’un métier.

Mon premier volant a été ma manette de console, ou peut-être mon kart à pédale. Pourtant ma famille n’était pas adepte du sport automobile : nous n’avions aucun pilote ou garagiste dont la passion aurait pu m’être transmise. Avec mon frère de 5 ans mon aîné, nous nous sommes construits un univers autour de ces pilotes qui utilisent les merveilles de la nature comme terrain de jeu. À ses 18 ans et le permis en poche, nous partions pour le Touquet (Pas-de-Calais) ou le Monte Carlo (Monaco) à deux, sillonnant les abords de la course. C’est ça, le rallye. Pas besoin de payer une place de parking ou un ticket pour assister à l’événement : tout est ouvert, offrant une expérience folle pour les spectateurs. En pleine nature, des voitures lancées à pleine balle frôlent nos pieds, et croyez-moi, on en redemande.

« Je voulais tenter cette sélection. Qui sait, j’avais peut-être un talent »

J’adorais être là. Je me prenais à rêver d’être à la place de tous ces gars dont le métier était de jouer avec la limite. Et puis un jour, ce fut mon tour.

Bachelier, je rejoignais les bancs de la fac de médecine, espérant prolonger la lignée de mes parents. Je gardais tout de même l’idée du rallye dans un coin de ma tête. Trois semaines avant le début des examens de premier semestre avait lieu la sélection « Rallye Jeune », que mon frère avait passé sans réussite. Je voulais tenter de faire partie de ce programme de détection ; qui sait, j’avais peut-être un talent. Le timing n’était pourtant pas idéal. Je mettais mes envies de côté, en souhaitant me concentrer sur mes études. De toutes façons, les détections avaient lieu chaque année, je m’alignerais l’année suivante. Mes études passaient avant. La première année de médecine demandait trop d’énergie pour pouvoir se concentrer sereinement sur autre chose que les révisions.

Sauf qu’aucune sélection « Rallye Jeune » ne fut organisée l’année suivante. Ni celle d’après. Ni celle d’encore après. J’ai attendu trois ans avant de pouvoir enfin m’essayer aux tests de pilotage. Avec du recul, prendre mon mal en patience n’était peut-être pas une si mauvaise idée. Alors en 4ème année de médecine, je suis allé au Salon de l’Auto de Paris, où avait lieu la détection. Mon seul but était de m’amuser. Quelques jours plus tard, je rentrais chez moi avec la coupe, et une place en championnat de France junior pour l’année suivante. Un vrai kiffe.

« Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte »

J’entame cette année ma quatrième saison dans ce nouveau métier. Pilote de rallye, mon rêve de gosse. J’espère ne jamais avoir à reprendre mes études de médecine. Cela voudra dire que j’aurai confirmé les espoirs placés en moi. Je ne pourrais toutefois pas continuer éternellement, la réalité financière plane autour de tous les pilotes.

La réussite serait d’atteindre l’élite du rallye mondial, le WRC, dominée pendant 15 années consécutives par les Sébastien, Loeb et Ogier. Je ne suis pas si loin de faire partie de ces quelques fous du volant qui vivent grâce au rallye. Aujourd’hui, j’ai toutes les cartes en main pour performer et aller chercher le titre mondial en WRC2. Mon team M-Sport m’apporte un soutien hors-norme. Le nombre de personnes présentes dans mon équipe a presque triplé par rapport à l’année dernière, jusqu’à bénéficier d’une aide pour préparer ma combinaison ou mes gants avant chaque spéciale. Aucune distraction extérieure ne doit venir entacher nos résultats. Seule la course compte. Pour à la fin, être champion du monde.

Je pense me laisser encore deux ans pour rejoindre la liste de départ d’un rallye WRC. Je ne veux pas mettre ma vie “en danger” en poursuivant un rêve qui pourrait s’avérer irréalisable. Mes 25 ans approchent, et reprendre un cursus étudiant à l’aube de la trentaine serait pour moi quasi-impossible. J’ai la chance de pouvoir compter sur le soutien de ma fac en cas d’échec dans le rallye. Mes études sont « en pause » : je peux reprendre en 4ème année si je le souhaite. Il ne faudra pas traîner. Pour poursuivre sereinement des études de médecine, difficile d’avoir une famille ou d’autres obligations. Mais je prends trop mon pied en rallye pour renoncer dès maintenant.

Ce que j’aime le plus dans ce sport, c’est le pilotage. Flirter avec la limite, maîtriser les dérives, sentir la glisse. Et quand tu roules en Finlande, tu retrouves tout ça. Tu vas tellement vite… Un rallye au gros cœur. Il y a un truc en plus, tu rajoutes une dimension aux épreuves plus « traditionnelles », parce que tu dois tourner en l’air. C’est un art. On parle de « ciel » dans notre prise de note avec le copilote. Le « ciel » est le point où tu ne vois plus la route, il se confond avec l’horizon. Ce sont des virages à l’aveugle, et la vitesse aspire la voiture vers l’extérieur.

La Finlande est unique pour ça. On tutoie régulièrement les 200 km/h sur des routes de terre. Les reconnaissances tiennent un rôle encore plus important, parce qu’au moindre doute, tu peux sortir de la piste. Et il ne reste qu’à espérer que cela se termine bien. Heureusement, la sécurité fait des progrès énormes depuis de nombreuses années. L’accident d’Ott Tanak (Estonie) au Monte Carlo en est le meilleur exemple. Sortir de sa voiture indemne après un choc aussi violent tient du miracle, surtout lorsque l’on sait que le copilote ne s’y attendait pas. On a pas de rail de sécurité ou de bac à gravier pour atténuer les conséquences d’une erreur. On connaît tous les risques. Mais il ne faut pas y penser, sinon tu arrêtes.

Adrien.

Adrien.

Adrien Fourmaux joue du piano. Il est de temps de voir Adrien Fourmaux armé de ses chaussettes. Encore une nouvelle épée pour Adrien Fourmaux. J'attends de voir Adrien Fourmaux dans l'ombre de Jeanine.