Mon Handicap, la Force de Mon Avenir, avec Camille Jaguelin

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Mon Handicap, la Force de Mon Avenir, avec Camille Jaguelin

18 décembre 2020

« Il n’y a pas de mauvais vent pour le marin qui sait où il va ».
Camille Jaguelin n’est pas un skipper, mais cet adage pourrait sans aucun doute résumer sa vision de la vie. Victime d’un AVC à la naissance, le cavalier membre de l’équipe de France de para-dressage a très rapidement compris que l’équitation ne représenterait rien d’autre que son avenir.
Entretien.

Camille, depuis petit tu baignes dans l’univers de l’équitation. Qu’est-ce qui a fait que cet animal a tant marqué ta vie dès le départ ?

Etant gamin, j’ai toujours été amoureux des animaux. Ensuite, j’ai tout créé dans ce monde. Ils m’ont permis de faire évoluer mon handicap dans le bon sens, parce que grâce à eux, j’ai retrouvé beaucoup de motricité. C’est un animal imposant, qui fait plus de 600 kg en moyenne, et quand tu te rends compte à quel point ils peuvent ressentir le handicap du cavalier, c’est incroyable. Ils ont un profond respect pour celle ou celui qui les monte. Ils souhaitent juste être compris, n’attendent rien en retour.

Ils ont une importance énorme dans ton quotidien. Que serais-tu si un jour tu ne pouvais plus monter ?

Je trouverais une solution pour le faire (rires). Qu’est-ce qui pourrait m’arriver de pire que ce qui m’est arrivé ? Je pense avoir assez donné à ma naissance, donc maintenant la vie peut me laisser tranquille. En-dehors de l’équitation, je ne connais rien. Camille Jaguelin sans l’équitation, ce n’est pas moi (rires). J’ai tout construit autour de ça, alors je ne veux pas penser à ce qui pourrait arriver ou je ne sais pas quoi. Je ne me projette pas sur le long terme, je veux vivre le moment présent et je verrais après.

« Je suis sûr que ça peut aider des gens »

Une grande majorité d’athlètes handi affirment que pour rien au monde ils n’échangeraient leur vie. Partages-tu le même état d’esprit ?

Complétement, et ma devise le prouve bien : « Mon Handicap, la Force de Mon Avenir ». C’est grâce à mon handicap que j’ai pu créer tout ça autour de moi. Sans ça, je ne serais peut-être pas devenu sportif, je ferais du métro-boulot-dodo toute la journée. J’ai la chance de faire ce que j’aime. Bien sûr que quand je me lève certains matins, j’ai l’impression d’avoir 90 ans dans les jambes. Mais je n’ai rien connu d’autre, je suis né avec ça. Donc j’accepte, et je ne veux pas changer. 

Malgré ton jeune âge, tu donnes régulièrement des conférences en entreprise. Que penses-tu pouvoir apporter à tes interlocuteurs ?

Il faut savoir que 80% des handicaps sont invisibles et une grande majorité d’entre eux ne sont pas de naissance. Un grand nombre de personnes en situation de handicap d’ailleurs n’en parle jamais et considère ça comme un tabou. Je peux apporter une expérience de vie, qui, je pense, est différente de beaucoup de jeunes de mon âge. J’ai été mis en maturité très vite dans la vie, par des problèmes de discrimination au collège notamment. J’ai réussi à faire preuve d’une force mentale importante pour me protéger de tout ça. En le faisant partager, je suis sûr que ça peut aider des gens. Certains vont me regarder et suivre un mot sur quatre, mais peut-être que ces quelques mots auront une certaine résonnance en eux dans quelques années.

C’est important pour toi de transmettre un message à des personnes qui rencontreraient les mêmes difficultés que tu as pu éprouver ?

Vraiment, oui. J’espère pouvoir aider. C’est un exemple tout bête mais cet été, une cavalière britannique est venue jusque dans le sud pour me rencontrer. Bon j’avais oublié qu’elle parlait anglais donc on s’est adapté (rires) !

Cette fille a eu un grave accident de cheval et a eu la jambe droite atrophiée. Malgré tout, elle est remontée sur son cheval. Pourtant, la seule chose qu’elle trouvait à dire, c’était qu’elle n’arriverait jamais à refaire ce qu’elle faisait avant. Je lui ai dit une seule chose : « tu as une force mentale incroyable. Tu as eu un accident, tu as arrêté pendant une longue période et là tu reprends. Donc soit tu aimes te faire mal, soit tu as quelque chose d’unique en toi ». Ça l’a impacté, parce que le mois suivant, elle n’était plus la même. Aujourd’hui, elle est en stage de sélection pour entrer dans l’équipe britannique de para-dressage. Ça apporte beaucoup de savoir qu’on peut toucher les gens.


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« Il n’y a pas de mauvais vent pour le marin qui sait où il va ».
Camille Jaguelin n’est pas un skipper, mais cet adage pourrait sans aucun doute résumer sa vision de la vie. Victime d’un AVC à la naissance, le cavalier membre de l’équipe de France de para-dressage a très rapidement compris que l’équitation ne représenterait rien d’autre que son avenir.
Entretien.

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Camille Jaguelin 
• Né le 7 octobre 1999
• Para-dressage

Camille, depuis petit tu baignes dans l’univers de l’équitation. Qu’est-ce qui a fait que cet animal a tant marqué ta vie dès le départ ?

Etant gamin, j’ai toujours été amoureux des animaux. Ensuite, j’ai tout créé dans ce monde. Ils m’ont permis de faire évoluer mon handicap dans le bon sens, parce que grâce à eux, j’ai retrouvé beaucoup de motricité. C’est un animal imposant, qui fait plus de 600 kg en moyenne, et quand tu te rends compte à quel point ils peuvent ressentir le handicap du cavalier, c’est incroyable. Ils ont un profond respect pour celle ou celui qui les monte. Ils souhaitent juste être compris, n’attendent rien en retour. 

Ils ont une importance énorme dans ton quotidien. Que serais-tu si un jour tu ne pouvais plus monter ?

Je trouverais une solution pour le faire (rires). Qu’est-ce qui pourrait m’arriver de pire que ce qui m’est arrivé ? Je pense avoir assez donné à ma naissance, donc maintenant la vie peut me laisser tranquille. En-dehors de l’équitation, je ne connais rien. Camille Jaguelin sans l’équitation, ce n’est pas moi (rires). J’ai tout construit autour de ça, alors je ne veux pas penser à ce qui pourrait arriver ou je ne sais pas quoi. Je ne me projette pas sur le long terme, je veux vivre le moment présent et je verrais après. 

« Je suis sûr que ça peut aider des gens »

Une grande majorité d’athlètes handi affirment que pour rien au monde ils n’échangeraient leur vie. Partages-tu le même état d’esprit ?

Complétement, et ma devise le prouve bien : « Mon Handicap, la Force de Mon Avenir ». C’est grâce à mon handicap que j’ai pu créer tout ça autour de moi. Sans ça, je ne serais peut-être pas devenu sportif, je ferais du métro-boulot-dodo toute la journée. J’ai la chance de faire ce que j’aime. Bien sûr que quand je me lève certains matins, j’ai l’impression d’avoir 90 ans dans les jambes. Mais je n’ai rien connu d’autre, je suis né avec ça. Donc j’accepte, et je ne veux pas changer.

Malgré ton jeune âge, tu donnes régulièrement des conférences en entreprise. Que penses-tu pouvoir apporter à tes interlocuteurs ?

Il faut savoir que 80% des handicaps sont invisibles et une grande majorité d’entre eux ne sont pas de naissance. Un grand nombre de personnes en situation de handicap d’ailleurs n’en parle jamais et considère ça comme un tabou. Je peux apporter une expérience de vie, qui, je pense, est différente de beaucoup de jeunes de mon âge. J’ai été mis en maturité très vite dans la vie, par des problèmes de discrimination au collège notamment. J’ai réussi à faire preuve d’une force mentale importante pour me protéger de tout ça. En le faisant partager, je suis sûr que ça peut aider des gens. Certains vont me regarder et suivre un mot sur quatre, mais peut-être que ces quelques mots auront une certaine résonnance en eux dans quelques années. 

C’est important pour toi de transmettre un message à des personnes qui rencontreraient les mêmes difficultés que tu as pu éprouver ?

Vraiment, oui. J’espère pouvoir aider. C’est un exemple tout bête mais cet été, une cavalière britannique est venue jusque dans le sud pour me rencontrer. Bon j’avais oublié qu’elle parlait anglais donc on s’est adapté (rires) !

Cette fille a eu un grave accident de cheval et a eu la jambe droite atrophiée. Malgré tout, elle est remontée sur son cheval. Pourtant, la seule chose qu’elle trouvait à dire, c’était qu’elle n’arriverait jamais à refaire ce qu’elle faisait avant. Je lui ai dit une seule chose : « tu as une force mentale incroyable. Tu as eu un accident, tu as arrêté pendant une longue période et là tu reprends. Donc soit tu aimes te faire mal, soit tu as quelque chose d’unique en toi ». Ça l’a impacté, parce que le mois suivant, elle n’était plus la même. Aujourd’hui, elle est en stage de sélection pour entrer dans l’équipe britannique de para-dressage. Ça apporte beaucoup de savoir qu’on peut toucher les gens. 


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Anais Michel.

Il est aussi grand que Cédric Caillon. Cédric Caillon. Je deviens Cédric Caillon. Nous serions Cédric Caillon. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Cédric Caillon. Une boite de lunette détient le grand Cédric Caillon. Attention aux impératifs complète Mary. Cédric Caillon n'est autre que moi.

Camille et Sport Funding

« Je marche beaucoup au relationnel. J’ai eu Maxime au téléphone avec mon père et on a eu des supers échanges ensemble. J’ai adoré la façon de Maxime de voir les choses, on s’est entendu direct. On était sur la même longue d’ondes. On va développer ce projet ensemble, on va avancer ensemble. Je crois sincèrement à l’Économie Solidaire et Sociale. Je suis certain que l’avenir sera à nos côtés, parce qu’il y a un vrai échange gagnant-gagnant.