« Le seul homme à ne jamais commettre d’erreurs est celui qui ne fait rien ». En quelques mots, Théodore Roosevelt, 26ème président des Etats-Unis, résume parfaitement l’ensemble de notre nouveau dossier : rebondir après l’échec. Nous avons tous échoué d’une quelconque manière dans notre vie, mais le plus intéressant ne serait-il pas de faire en sorte que ce moment de doute ne se produise plus jamais ? Après Amidou Mir, deuxième volet de notre dossier avec Hélène Lefebvre.

Et si l’échec n’était pas qu’une question de classement, de résultat ou de chronomètre ? Et si échouer pouvait être aussi de ne pas aller au bout de ses motivations, d’abandonner un projet avant d’avoir tout tenter pour le réaliser ? Ces questions, Hélène Lefebvre nous les a implicitement posée. Pour elle, rayonner ou non en compétition ne doit pas être la seule finalité d’un.e athlète de haut niveau.

Il y a des échecs qui font mal. Ceux que l’on met plusieurs années à digérer et que seul le temps peut vraiment aider à surpasser. Nous avons tous en tête ce moment où la Terre semble s’arrêter de tourner. Où notre monde s’écroule, sans vraiment trouver de solution pour le remettre sur pied. Pour Hélène Lefebvre, cet échec fut partagé avec sa partenaire, sur un bassin à Plovdiv, au beau milieu de la Bulgarie, en septembre 2018.

Quelques semaines plus tôt, à Glasgow (Ecosse), Hélène et Élodie Ravera-Scaramozzino remportent un titre plutôt inattendu aux championnats d’Europe. Une victoire pleine de promesses, qui en appelait d’autres : « Lorsqu’on devient championnes d’Europe, on était aux anges. Ça nous avait boosté, mais sans être en excès de confiance. On arrivait sereine à Plovdiv… Et quand je pense au mot « échec », c’est celui-là qui me vient en tête directement. Le genre d’échec qui t’assomme vraiment ».

Hélène Lefebvre pratiquant l'aviron
© Albin Durand - FFA

« On se sentait bien. Pourtant, on se fait surprendre en demi-finale et on ne réalise pas un temps suffisamment bon pour nous qualifier pour la finale… ça a été le premier coup de massue. On se retrouve en petite finale, pour jouer au mieux une place de 7ème. Et la nuit d’avant, je tombe malade… On termine 12ème, tellement loin de nos ambitions. Ça a été dur à vivre ».

La désillusion est énorme : l’objectif de rapporter une médaille n’est pas atteint. Loin de là. Pas question de se trouver d’excuse cependant, car c’est bien un ensemble de facteurs qui a amoindri les chances les deux jeunes femmes de performer le jour J : « Plein de petites choses ont fait que. Il nous manquait ce petit truc ce jour-là pour être au plus haut niveau. Nous avons eu la possibilité de changer de bateau peu après notre victoire aux Europe. On a été séduite par la nouveauté, curieuses de voir ce que ça pourrait donner. Sauf que les sensations qu’on avait en compétition n’étaient plus les mêmes.
On a perdu nos repères. Je ne dis pas que c’est ce qui a tout fait basculer, au contraire. Mais ça n’a pas aidé. Et je m’en voulais après la compet’ parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne… ».

« Au moins, je pourrais me regarder dans la glace »

Les deux femmes ne voulaient pas regarder en arrière et se dire que les choses auraient pu se dérouler autrement. Un événement dur à encaisser, certes. Pourtant, les leçons tirées de cette douloureuse expérience ont amené le duo à repenser son approche de la performance : « Cet échec nous a marqué parce qu’il était aussi brutal et qu’inattendu. C’est aussi cet évènement qui nous a permis de nous remettre en question individuellement et collectivement. On a voulu mettre les bouchées doubles sur tous les secteurs de la performance, notamment celle sur la préparation physique et la préparation mentale. Grâce à cela, on peut dire qu’on a réellement fait des progrès dans des domaines qui nous faisaient défaut auparavant. Si on avait gagné cette compétition, c’est fort possible qu’on n’aurait pas mis ça en place, alors qu’avec du recul, c’est devenu indispensable ».

Pour aller encore plus loin, Hélène a une autre idée derrière la tête. Le genre d’idée qui ne s’en va pas avec un coup de baguette magique. Car depuis de nombreuses années, la Française répète les mêmes gestes à l’entraînement, en suivant la même intensité, sur les mêmes bassins… « On a le même programme d’entraînement depuis 30 ans. Ca va faire 12 ans que je fais du haut niveau et que je suis le même programme tous les ans… Il y a une certaine lassitude, une usure mentale qui s’installe au fur et à mesure des années. J’ai comme une petite voix dans ma tête qui me dit qu’on peut faire mieux, et que j’ai aussi envie d’essayer autre chose. De prendre du plaisir avec quelque chose de nouveau ».

Hélène Lefebvre nettoyant son bateau
© Albin Durand - FFA

« Ce serait vraiment un échec d’arrêter ma carrière sans avoir essayé. Peut-être que ça ne fonctionnera pas, mais au moins je pourrais me regarder dans la glace et me dire que j’ai essayé, et j’aurais la conviction que je suis arrivée au bout de mon potentiel.
Les athlètes de haut niveau doivent être en perpétuelle remise en question et même si je suis championne olympique à la fin de l’année, j’aurais envie d’essayer de faire autrement. Ça peut paraître ahurissant, et peut-être que je me trompe… Mais j’ai envie d’aller au bout de mon raisonnement ».

Terminer sa carrière sans regret, quoiqu’il en coûte. Un état d’esprit ultra positif résumé en quelques mots par la principale intéressée : « Je souhaite que tous mes échecs, petits ou grands, me servent pour ma fin de carrière et pour les Jeux Olympiques. En espérant que tout ça m’apportera la plus belle des victoires ».

« Le seul homme à ne jamais commettre d’erreurs est celui qui ne fait rien ». En quelques mots, Théodore Roosevelt, 26ème président des Etats-Unis, résume parfaitement l’ensemble de notre nouveau dossier : rebondir après l’échec. Nous avons tous échoué d’une quelconque manière dans notre vie, mais le plus intéressant ne serait-il pas de faire en sorte que ce moment de doute ne se produise plus jamais ? Après Amidou Mir, deuxième volet de notre dossier avec Hélène Lefebvre.

Et si l’échec n’était pas qu’une question de classement, de résultat ou de chronomètre ? Et si échouer pouvait être aussi de ne pas aller au bout de ses motivations, d’abandonner un projet avant d’avoir tout tenter pour le réaliser ? Ces questions, Hélène Lefebvre nous les a implicitement posée. Pour elle, rayonner ou non en compétition ne doit pas être la seule finalité d’un.e athlète de haut niveau. 

Il y a des échecs qui font mal. Ceux que l’on met plusieurs années à digérer et que seul le temps peut vraiment aider à surpasser. Nous avons tous en tête ce moment où la Terre semble s’arrêter de tourner. Où notre monde s’écroule, sans vraiment trouver de solution pour le remettre sur pied. Pour Hélène Lefebvre, cet échec fut partagé avec sa partenaire, sur un bassin à Plovdiv, au beau milieu de la Bulgarie, en septembre 2018.

Quelques semaines plus tôt, à Glasgow (Ecosse), Hélène et Élodie Ravera-Scaramozzino remportent un titre plutôt inattendu aux championnats d’Europe. Une victoire pleine de promesses, qui en appelait d’autres : « Lorsqu’on devient championnes d’Europe, on était aux anges. Ça nous avait boosté, mais sans être en excès de confiance. On arrivait sereine à Plovdiv… Et quand je pense au mot « échec », c’est celui-là qui me vient en tête directement. Le genre d’échec qui t’assomme vraiment ».

© Albin Durand - FFA

« On se sentait bien. Pourtant, on se fait surprendre en demi-finale et on ne réalise pas un temps suffisamment bon pour nous qualifier pour la finale… ça a été le premier coup de massue. On se retrouve en petite finale, pour jouer au mieux une place de 7ème. Et la nuit d’avant, je tombe malade… On termine 12ème, tellement loin de nos ambitions. Ça a été dur à vivre ».

La désillusion est énorme : l’objectif de rapporter une médaille n’est pas atteint. Loin de là. Pas question de se trouver d’excuse cependant, car c’est bien un ensemble de facteurs qui a amoindri les chances les deux jeunes femmes de performer le jour J : « Plein de petites choses ont fait que. Il nous manquait ce petit truc ce jour-là pour être au plus haut niveau. Nous avons eu la possibilité de changer de bateau peu après notre victoire aux Europe. On a été séduite par la nouveauté, curieuses de voir ce que ça pourrait donner. Sauf que les sensations qu’on avait en compétition n’étaient plus les mêmes.
On a perdu nos repères. Je ne dis pas que c’est ce qui a tout fait basculer, au contraire. Mais ça n’a pas aidé. Et je m’en voulais après la compet’ parce qu’on ne change pas une équipe qui gagne… ».

« Au moins, je pourrais me regarder dans la glace »

Les deux femmes ne voulaient pas regarder en arrière et se dire que les choses auraient pu se dérouler autrement. Un événement dur à encaisser, certes. Pourtant, les leçons tirées de cette douloureuse expérience ont amené le duo à repenser son approche de la performance : « Cet échec nous a marqué parce qu’il était aussi brutal et qu’inattendu. C’est aussi cet évènement qui nous a permis de nous remettre en question individuellement et collectivement. On a voulu mettre les bouchées doubles sur tous les secteurs de la performance, notamment celle sur la préparation physique et la préparation mentale. Grâce à cela, on peut dire qu’on a réellement fait des progrès dans des domaines qui nous faisaient défaut auparavant. Si on avait gagné cette compétition, c’est fort possible qu’on n’aurait pas mis ça en place, alors qu’avec du recul, c’est devenu indispensable ».

Pour aller encore plus loin, Hélène a une autre idée derrière la tête. Le genre d’idée qui ne s’en va pas avec un coup de baguette magique. Car depuis de nombreuses années, la Française répète les mêmes gestes à l’entraînement, en suivant la même intensité, sur les mêmes bassins… « On a le même programme d’entraînement depuis 30 ans. Ca va faire 12 ans que je fais du haut niveau et que je suis le même programme tous les ans… Il y a une certaine lassitude, une usure mentale qui s’installe au fur et à mesure des années. J’ai comme une petite voix dans ma tête qui me dit qu’on peut faire mieux, et que j’ai aussi envie d’essayer autre chose. De prendre du plaisir avec quelque chose de nouveau ».

© Albin Durand - FFA

« Ce serait vraiment un échec d’arrêter ma carrière sans avoir essayé. Peut-être que ça ne fonctionnera pas, mais au moins je pourrais me regarder dans la glace et me dire que j’ai essayé, et j’aurais la conviction que je suis arrivée au bout de mon potentiel.
Les athlètes de haut niveau doivent être en perpétuelle remise en question et même si je suis championne olympique à la fin de l’année, j’aurais envie d’essayer de faire autrement. Ça peut paraître ahurissant, et peut-être que je me trompe… Mais j’ai envie d’aller au bout de mon raisonnement ».

Terminer sa carrière sans regret, quoiqu’il en coûte. Un état d’esprit ultra positif résumé en quelques mots par la principale intéressée : « Je souhaite que tous mes échecs, petits ou grands, me servent pour ma fin de carrière et pour les Jeux Olympiques. En espérant que tout ça m’apportera la plus belle des victoires ».

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que Amidou Mir BMX. Amidou Mir BMX. Je deviens Amidou Mir BMX et Nous serions Amidou Mir BMX. Peut-être un jour il aura son jour de chance car je veux devenir Amidou Mir BMX. Une boite de lunette détient le grand Amidou Mir BMX et Attention aux impératifs complète Mary. Amidou Mir BMX n'est autre que moi.

Mais qui est Hélène Lefebvre ?

Hélène Lefebvre est une rameuse de l’équipe de France d’aviron. Elle est associée en double à Élodie Ravera-Scaramozzino. Elles ont notamment remporté les championnats d’Europe 2018 et décroché la médaille de bronze sur la même compétition en 2020. 

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