Nous sommes le changement,
par Sarah Daninthe

21 septembre 2020

Nous sommes le changement,
par Sarah Daninthe

21 septembre 2020

         ©️ By Athlete

Nous sommes le changement, 
par Sarah Daninthe

21 septembre 2020

L'ivresse des profondeurs

par Stéphane Tourreau

©️ By Athlete

Personnalités publiques parfois malgré eux, les athlètes peuvent se faire l’écho de nombreuses voix. Sarah Daninthe, qui a raccrochée l’épée en 2016, n’a pas toujours eu la volonté de prendre la parole malgré son engagement auprès de nombreuses causes et associations. Depuis quelques années pourtant, la médaillée olympique d’Athènes en 2004 n’hésite plus à prendre les devants pour crier haut et fort son message.

Témoignage plein de cœur d’une femme engagée pour son île et les futures générations.

©️ By Athlete

« Je sais ce que ça fait de partir de pas grand-chose. J’ai vécu en Guadeloupe jusqu’à l’âge de 18 ans, bercée par la culture hip-hop et caraïbéenne, celle des gens qui ont des choses à dire pour changer le monde. Je me suis retrouvée à travers ces personnes, parce qu’elles me ressemblaient. On a tous besoin de nous identifier à quelqu’un qui peut nous parler, nous comprendre et nous prouver qu’on peut s’en sortir.

La Guadeloupe, c’est à plus de 8000 km de Paris et je pratiquais un sport très bourgeois pour l’époque. Il y avait peu de noirs en équipe de France d’escrime et comme beaucoup d’autres, je me suis faite insultée plus d’une fois. Mais le jour où Laura Flessel est devenue la première championne olympique française à l’épée dame, ce fut pour moi un déclencheur. Nous venons de la même île, une île qui manque cruellement de visibilité à la télévision. J’ai su à ce moment-là, que tout était possible.

Sarah Daninthe assise sur un banc exulte
©️ By Athlete

Avec elle, je connaissais quelqu’un qui avait fait des trucs de fou, malgré toutes les barrières. On venait de l’autre bout du monde, on n’était pas vraiment aidé, on avait morflé dans un sport où les tenues blanches font ressortir notre couleur de peau et il nous arrivait régulièrement de déranger pour ce que nous sommes. Malgré tout ça, elle avait prouvé qu’elle pouvait y arriver et s’éclater.

En tant qu’athlète, chacun est libre de s’exprimer ou non. Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut parce qu’on a tous un environnement familial ou professionnel pouvant affecter notre liberté d’expression. Tu as aussi la pression des médias, de tes concurrents, de tes partenaires et même parfois de ton pays. Donc oui, chacun a le droit de prendre la parole ou non. Mais c’est tout de même important que les athlètes comprennent le rôle social et sociétal qu’ils ont.

Ce n’est pas naturel pour moi de m’exprimer publiquement, même si ces dernières années, je l’ai fait un peu plus. Je n’avais pas cette posture, mais je ne subissais pas pour autant, parce que des choses me dérangeaient et j’en parlais.

Fencing foil
©️ Jonathan Falcon

Et puis il y a deux ou trois ans, j’ai pris la parole en tant que marraine de la Gay Pride. Bien évidemment, comme dans tous les milieux, il y a des homos dans le sport qui subissent des comportements inacceptables.

Ce jour-là, j’ai compris l’impact que l’on pouvait avoir, au vue du nombre de retours de jeunes, sportifs comme non sportifs, vivant dans des conditions très difficiles pour être libre.
Partout en France et dans le monde, la parole se libère face aux dérapages qui continuent… Alors oui, nous avons vraiment un rôle à jouer !

Nous n’avons pas le choix que de faire les choses par nous-mêmes. On a la chance d’avoir les réseaux sociaux pour nous permettre d’être visible et d’avoir une présence forte sans passer par des journalistes qui pourraient déformer nos propos ou le contexte. On a tous un rôle à jouer envers les futurs votants. Il faut être acteur et moteur en étant vigilant dans le choix des mots que l’on partage.

Sarah Daninthe posant avec son masque à la main
©️ By Athlete

Il est important de partager avec les jeunes dans les écoles, les collèges, les lycées : « Oui vous pouvez y arriver, donnez-vous les chances de croire en vos rêves ». Le seul moyen d’y arriver est de bosser et de croire en soi sans se soucier de ceux qui vous certifient que c’est impossible. Encore aujourd’hui, quatre ans après avoir arrêté ma carrière, je me souviens d’une prof au collège qui me disait que je n’allais pas y arriver. J’avais à peine 12 ans, et je croyais en elle… Si je n’avais pas été bien entourée, si je n’avais pas eu mes parents pour me pousser, peut-être que je serais restée sur ces mots et je n’aurais rien fait.

J’ai besoin de transmettre ce que j’ai appris, et c’est pour ça que j’essaie de m’engager au maximum dans des projets qui m’importent. Aujourd’hui, je m’investis concrètement dans l’association Premier de cordée, qui propose des initiations sportives pour les enfants hospitalisés et des actions de sensibilisation au handicap.

Je veux aussi me lancer dans l’entreprenariat, à travers des projets pour la jeunesse guadeloupéenne, dans le numérique, l’éducation et le sport. Mais aussi aller plus loin pour la représentativité des femmes dans le sport. Là-bas, j’accompagne une ONG qui est en train de se monter, avant de me lancer dans mes propres projets.

Beaucoup de choses arrivent. Tout est possible, et si les politiques ne le font pas, alors c’est à nous de le faire. Nous sommes le changement ».

Sarah.

©️ By Athlete     

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Personnalités publiques parfois malgré eux, les athlètes peuvent se faire l’écho de nombreuses voix. Sarah Daninthe, qui a raccrochée l’épée en 2016, n’a pas toujours eu la volonté de prendre la parole malgré son engagement auprès de nombreuses causes et associations. Depuis quelques années pourtant, la médaillée olympique d’Athènes en 2004 n’hésite plus à prendre les devants pour crier haut et fort son message.

Témoignage plein de cœur d’une femme engagée pour son île et les futures générations.

Portrait de Sarah Daninthe avec la tête sur ses poings
©️ By Athlete
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Sarah Daninthe
• Née le 25 juin 1980
• Escrime

« Je sais ce que ça fait de partir de pas grand-chose. J’ai vécu en Guadeloupe jusqu’à l’âge de 18 ans, bercée par la culture hip-hop et caraïbéenne, celle des gens qui ont des choses à dire pour changer le monde. Je me suis retrouvée à travers ces personnes, parce qu’elles me ressemblaient. On a tous besoin de nous identifier à quelqu’un qui peut nous parler, nous comprendre et nous prouver qu’on peut s’en sortir.

La Guadeloupe, c’est à plus de 8000 km de Paris et je pratiquais un sport très bourgeois pour l’époque. Il y avait peu de noirs en équipe de France d’escrime et comme beaucoup d’autres, je me suis faite insultée plus d’une fois. Mais le jour où Laura Flessel est devenue la première championne olympique française à l’épée dame, ce fut pour moi un déclencheur. Nous venons de la même île, une île qui manque cruellement de visibilité à la télévision. J’ai su à ce moment-là, que tout était possible.

Sarah Daninthe assise sur un banc exulte
©️ By Athlete

Avec elle, je connaissais quelqu’un qui avait fait des trucs de fou, malgré toutes les barrières. On venait de l’autre bout du monde, on n’était pas vraiment aidé, on avait morflé dans un sport où les tenues blanches font ressortir notre couleur de peau et il nous arrivait régulièrement de déranger pour ce que nous sommes. Malgré tout ça, elle avait prouvé qu’elle pouvait y arriver et s’éclater.

En tant qu’athlète, chacun est libre de s’exprimer ou non. Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut parce qu’on a tous un environnement familial ou professionnel pouvant affecter notre liberté d’expression. Tu as aussi la pression des médias, de tes concurrents, de tes partenaires et même parfois de ton pays. Donc oui, chacun a le droit de prendre la parole ou non. Mais c’est tout de même important que les athlètes comprennent le rôle social et sociétal qu’ils ont.

Ce n’est pas naturel pour moi de m’exprimer publiquement, même si ces dernières années, je l’ai fait un peu plus. Je n’avais pas cette posture, mais je ne subissais pas pour autant, parce que des choses me dérangeaient et j’en parlais.

Fencing foil
©️ Jonathan Falcon

Et puis il y a deux ou trois ans, j’ai pris la parole en tant que marraine de la Gay Pride. Bien évidemment, comme dans tous les milieux, il y a des homos dans le sport qui subissent des comportements inacceptables.

Ce jour-là, j’ai compris l’impact que l’on pouvait avoir, au vue du nombre de retours de jeunes, sportifs comme non sportifs, vivant dans des conditions très difficiles pour être libre. Partout en France et dans le monde, la parole se libère face aux dérapages qui continuent… Alors oui, nous avons vraiment un rôle à jouer !

Nous n’avons pas le choix que de faire les choses par nous-mêmes. On a la chance d’avoir les réseaux sociaux pour nous permettre d’être visible et d’avoir une présence forte sans passer par des journalistes qui pourraient déformer nos propos ou le contexte. On a tous un rôle à jouer envers les futurs votants. Il faut être acteur et moteur en étant vigilant dans le choix des mots que l’on partage.

Sarah Daninthe posant avec son masque à la main
©️ By Athlete

Il est important de partager avec les jeunes dans les écoles, les collèges, les lycées : « Oui vous pouvez y arriver, donnez-vous les chances de croire en vos rêves ». Le seul moyen d’y arriver est de bosser et de croire en soi sans se soucier de ceux qui vous certifient que c’est impossible. Encore aujourd’hui, quatre ans après avoir arrêté ma carrière, je me souviens d’une prof au collège qui me disait que je n’allais pas y arriver. J’avais à peine 12 ans, et je croyais en elle… Si je n’avais pas été bien entourée, si je n’avais pas eu mes parents pour me pousser, peut-être que je serais restée sur ces mots et je n’aurais rien fait.

J’ai besoin de transmettre ce que j’ai appris, et c’est pour ça que j’essaie de m’engager au maximum dans des projets qui m’importent. Aujourd’hui, je m’investis concrètement dans l’association Premier de cordée, qui propose des initiations sportives pour les enfants hospitalisés et des actions de sensibilisation au handicap.

Je veux aussi me lancer dans l’entreprenariat, à travers des projets pour la jeunesse guadeloupéenne, dans le numérique, l’éducation et le sport. Mais aussi aller plus loin pour la représentativité des femmes dans le sport. Là-bas, j’accompagne une ONG qui est en train de se monter, avant de me lancer dans mes propres projets.

Beaucoup de choses arrivent. Tout est possible, et si les politiques ne le font pas, alors c’est à nous de le faire. Nous sommes le changement.

Sarah.

Stéphane.

Il est aussi grand que Sarah Daninthe. Sarah Daninthe. Je deviens Sarah Daninthe. Nous serions Sarah Daninthe. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Sarah Daninthe. Une boite de lunette détient le grand Sarah Daninthe. Attention aux impératifs complète Mary. Sarah Daninthe n'est autre que moi.

Mais qui est Sarah Daninthe ?

Sarah Daninthe est une escrimeuse spécialiste de l’épée, retraitée depuis 2016. Passionnée par les datas et les possibilités que peuvent offrir le web, elle s’est reconvertie dans ce domaine à la fin de sa carrière. Elle occupe un poste de Digital Project Manager et Account Manager au sein d’Open Field, entreprise française spécialiste de l’analyse de données et du comportement des consommateurs. En parallèle, elle fait partie de nombreux projets visant à soutenir l’éducation et la représentativité des femmes dans le sport en Guadeloupe. 

Personnalités publiques parfois malgré eux, les athlètes peuvent se faire l’écho de nombreuses voix. Sarah Daninthe, qui a raccrochée l’épée en 2016, n’a pas toujours eu la volonté de prendre la parole malgré son engagement auprès de nombreuses causes et associations. Depuis quelques années pourtant, la médaillée olympique d’Athènes en 2004 n’hésite plus à prendre les devants pour crier haut et fort son message.

Témoignage plein de cœur d’une femme engagée pour son île et les futures générations.

Portrait de Sarah Daninthe avec la tête sur ses poings
©️ By Athlete
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Sarah Daninthe
• Née le 25 juin 1980
• Escrime

« Je sais ce que ça fait de partir de pas grand-chose. J’ai vécu en Guadeloupe jusqu’à l’âge de 18 ans, bercée par la culture hip-hop et caraïbéenne, celle des gens qui ont des choses à dire pour changer le monde. Je me suis retrouvée à travers ces personnes, parce qu’elles me ressemblaient. On a tous besoin de nous identifier à quelqu’un qui peut nous parler, nous comprendre et nous prouver qu’on peut s’en sortir.

La Guadeloupe, c’est à plus de 8000 km de Paris et je pratiquais un sport très bourgeois pour l’époque. Il y avait à l’époque peu de noirs en équipe de France d’escrime et comme beaucoup d’autres, je me suis fait insulté plus d’une fois. Mais le jour où Laura Flessel est devenue la première championne olympique française à l’épée dame, ce fut pour moi un déclencheur. Nous venons de la même île, une île qui manque cruellement de visibilité à la télévision. J’ai su à ce moment-là, que tout était possible.

Sarah Daninthe assise sur un banc exulte
©️ By Athlete

Avec elle, je connaissais quelqu’un qui avait fait des trucs de fou, malgré toutes les barrières. On venait de l’autre bout du monde, on n’était pas vraiment aidé, on avait morflé dans un sport où les tenues blanches font ressortir notre couleur de peau et il nous arrivait régulièrement de déranger pour ce que nous sommes. Malgré tout ça, elle avait prouvé qu’elle pouvait y arriver et s’éclater.

En tant qu’athlète, chacun est libre de s’exprimer ou non. Chacun fait ce qu’il veut et ce qu’il peut parce qu’on a tous un environnement familial ou professionnel pouvant affecter notre liberté d’expression. Tu as aussi la pression des médias, de tes concurrents, de tes partenaires et même parfois de ton pays. Donc oui, chacun a le droit de prendre la parole ou non. Mais c’est tout de même important que les athlètes comprennent le rôle social et sociétal qu’ils ont.

Ce n’est pas naturel pour moi de m’exprimer publiquement, même si ces dernières années, je l’ai fait un peu plus. Je n’avais pas cette posture, mais je ne subissais pas pour autant, parce que des choses me dérangeaient et j’en parlais.

Fencing foil
©️ Jonathan Falcon

Et puis il y a deux ou trois ans, j’ai pris la parole en tant que marraine de la Gay Pride. Bien évidemment, comme dans tous les milieux, il y a des homos dans le sport qui subissent des comportements inacceptables.

Ce jour-là, j’ai compris l’impact que l’on pouvait avoir, au vue du nombre de retours de jeunes, sportifs comme non sportifs, vivant dans des conditions très difficiles pour être libre.
Partout en France et dans le monde, la parole se libère face aux dérapages qui continuent… Alors oui, nous avons vraiment un rôle à jouer !

Nous n’avons pas le choix que de faire les choses par nous-mêmes. On a la chance d’avoir les réseaux sociaux pour nous permettre d’être visible et d’avoir une présence forte sans passer par des journalistes qui pourraient déformer nos propos ou le contexte. On a tous un rôle à jouer envers les futurs votants. Il faut être acteur et moteur en étant vigilant dans le choix des mots que l’on partage.

Sarah Daninthe posant avec son masque à la main
©️ By Athlete

Il est important de partager avec les jeunes dans les écoles, les collèges, les lycées : « Oui vous pouvez y arriver, donnez-vous les chances de croire en vos rêves ». Le seul moyen d’y arriver est de bosser et de croire en soi sans se soucier de ceux qui vous certifient que c’est impossible. Encore aujourd’hui, quatre ans après avoir arrêté ma carrière, je me souviens d’une prof au collège qui me disait que je n’allais pas y arriver. J’avais à peine 12 ans, et je croyais en elle… Si je n’avais pas été bien entourée, si je n’avais pas eu mes parents pour me pousser, peut-être que je serais restée sur ces mots et je n’aurais rien fait.

J’ai besoin de transmettre ce que j’ai appris, et c’est pour ça que j’essaie de m’engager au maximum dans des projets qui m’importent. Aujourd’hui, je m’investis concrètement dans l’association Premier de cordée, qui propose des initiations sportives pour les enfants hospitalisés et des actions de sensibilisation au handicap.

Je veux aussi me lancer dans l’entreprenariat, à travers des projets pour la jeunesse guadeloupéenne, dans le numérique, l’éducation et le sport. Mais aussi aller plus loin pour la représentativité des femmes dans le sport. Là-bas, j’accompagne une ONG qui est en train de se monter, avant de me lancer dans mes propres projets.

Beaucoup de choses arrivent. Tout est possible, et si les politiques ne le font pas, alors c’est à nous de le faire. Nous sommes le changement ».

Sarah.

Stéphane.

Il est aussi grand que Stéphane Tourreau. Stéphane Tourreau. Je deviens Stéphane Tourreau. Nous serions Stéphane Tourreau. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Stéphane Tourreau. Une boite de lunette détient le grand Stéphane Tourreau. Attention aux impératifs complète Mary. Stéphane Tourreau n'est autre que moi.