Plongée vers l’inconnu
par Stéphane Tourreau

24 août 2020

Plongée vers l’inconnu
par Stéphane Tourreau

24 août 2020

         ©️ Daan Verhoeven

Plongée vers l’inconnu
par Stéphane Tourreau

24 août 2020

©️ Daan Verhoeven     

L'ivresse des profondeurs

par Stéphane Tourreau

©️ Daan Verhoeven

Pendant longtemps, l’apnée ne fut pas reconnue sport de haut niveau par les institutions. Une situation contraignant de nombreux sportifs à adopter un statut d’indépendant, où la vie devient survie. Pour Stéphane Tourreau, un long cheminement professionnel et personnel s’est mis en place, jusqu’à trouver une plénitude totale, grâce aux profondeurs.

©️ Draz Foto

« Durant de nombreuses années, mes parents étaient inquiets de savoir comment j’allais m’en sortir au niveau professionnel. Je n’avais pas vraiment fait des études qui me plaisaient et à part le sport et l’apnée, peu de choses m’intéressaient.

En réalité, tout me poussait à continuer dans cette voie. A chaque fois que j’ai forcé les choses en essayant d’entrer dans un standard social en trouvant un CDI ou autre, ça a pété au bout de deux mois. Tout était fait pour que je persiste, quel que soit le niveau de galère que j’allais vivre sur le plan financier. J’ai lâché prise, et ça a fonctionné. C’est au moment où on lâche prise qu’on y arrive

« Parfois, la vie t’amène à vivres des expériences de fou »

En 2016, je galérais financièrement. J’essayais de survivre, mes parents m’aidaient un peu pour le loyer. C’était vraiment compliqué. Et puis un jour, je partais pour une plongée de 105 mètres en vue des championnats du Monde en Turquie. Je me préparais vers Nice, et devait rejoindre le lieu de la compétition la semaine d’après. A ce moment-là, je reçois un appel de ma banque qui m’annonce le blocage de ma carte et de mon compte. Tout était coupé.

Entrainement physique de Stéphane Tourreau
©️ AG PHOTO

J’appelle dans la foulée la présidente de la commission apnée, et je lui dis que je ne pars pas aux Monde, que je suis sans ressource et fatigué par toute la situation. Je préférais arrêter là. Elle m’a reboosté et m’a dit « on te paie un train pour rentrer sur Paris, tu prends l’avion et t’y vas ». Et au final, quelques jours plus tard, je finis vice-champion du monde. C’est marrant comme la vie t’amène parfois à vivre des expériences de fou.

Ce jour-là, tout changé. Je suis ensuite devenu pro, et j’ai créé ma société pour gérer mon image et vivre grâce à mes partenaires. 

« L’apnée, un outil d’éveil du corps et de l’esprit »

Dans mon métier maintenant, tout est complémentaire et c’est ce que j’adore. Pouvoir m’éclater dans l’entraînement, les performances, les rencontres, les vidéos, l’exploration. Depuis que j’ai commencé l’apnée, je réalise un rêve en évoluant en profondeur sans assistance. Je peux vivre de mon activité, mais aussi partager tout le travail de fond qu’il y a sur la partie développement personnel.

Aller dans les profondeurs, c’est envoûtant, attirant. C’est un nouvel univers, qui ne donne qu’une envie : aller plus bas. Chez moi, en Haute-Savoie, il n’y avait quasiment pas de structure pour pratiquer. Il fallait tout construire. Au final, c’est la meilleure formation qu’il m’ait été donné de vivre. Ça te pousse à être autonome, comme une école grandeur nature.

Stéphane Tourreau pratiquant la méditation au coeur de la forêt
©️ Stéphane Tourreau

Au fil des années, je me suis rendu compte que l’apnée avait été ma meilleure thérapie. Je me suis construit grâce à ça, en prenant confiance en moi. Il ne faut pas confondre égo et confiance en soi, au contraire. On se détache de l’égo quand on a appris à vivre avec soi-même et s’aimer tel qu’on est. Ça a été le plus dur pour moi ; m’accepter dans mes défauts et dans qui j’étais. L’apnée a été un outil pour canaliser ces choses-là, et avancer.

Ce sera dur de mettre un terme à tout ça. Prendre sa retraite en apnée, ça dépend de plein de choses : est-ce qu’on aime encore notre sport, est-ce qu’on a encore envie de plonger à ces profondeurs-là, est-ce qu’on prend du plaisir… C’est propre à chacun. Chacun a sa vision et sa philosophie de vie, qui détermine ce qu’on veut faire de notre sport.

Je la prends comme un outil d’éveil de l’esprit et du corps, donc ça peut durer encore longtemps. Ce n’est jamais vraiment terminé, on peut toujours aller plus loin dans le développement personnel. Surtout quand on prend du plaisir dans une discipline où les sensations sont fantastiques. »

Stéphane.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Pendant longtemps, l’apnée ne fut pas reconnue sport de haut niveau par les institutions. Une situation contraignant de nombreux sportifs à adopter un statut d’indépendant, où la vie devient survie. Pour Stéphane Tourreau, un long cheminement professionnel et personnel s’est mis en place, jusqu’à trouver une plénitude totale, grâce aux profondeurs.

Portrait noir et blanc de Stéphane Tourreau
©️ Draz Foto
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Stéphane Tourreau
• Né le 17 mars 1987
• Apnée

« Durant de nombreuses années, mes parents étaient inquiets de savoir comment j’allais m’en sortir au niveau professionnel. Je n’avais pas vraiment fait des études qui me plaisaient et à part le sport et l’apnée, peu de choses m’intéressaient.

En réalité, tout me poussait à continuer dans cette voie. A chaque fois que j’ai forcé les choses en essayant d’entrer dans un standard social en trouvant un CDI ou autre, ça a pété au bout de deux mois. Tout était fait pour que je persiste, quel que soit le niveau de galère que j’allais vivre sur le plan financier. J’ai lâché prise, et ça a fonctionné. C’est au moment où on lâche prise qu’on y arrive.

« Parfois, la vie t’amène à vivre des expériences de fou »

En 2016, je galérais financièrement. J’essayais de survivre, mes parents m’aidaient un peu pour le loyer. C’était vraiment compliqué. Et puis un jour, je partais pour une plongée de 105 mètres en vue des championnats du Monde en Turquie. Je me préparais vers Nice, et devait rejoindre le lieu de la compétition la semaine d’après. A ce moment-là, je reçois un appel de ma banque qui m’annonce le blocage de ma carte et de mon compte. Tout était coupé.

Entrainement physique de Stéphane Tourreau
©️ AG PHOTO

J’appelle dans la foulée la présidente de la commission apnée, et je lui dis que je ne pars pas aux Monde, que je suis sans ressource et fatigué par toute la situation. Je préférais arrêter là. Elle m’a relevé et m’a dit « on te paie un train pour rentrer sur Paris, tu prends l’avion et t’y vas ». Et au final, quelques jours plus tard, je finis vice-champion du monde. C’est marrant comme la vie t’amène parfois à vivre des expériences de fou.

Ce jour-là, tout changé. Je suis ensuite devenu pro, et j’ai créé ma société pour gérer mon image et vivre grâce à mes partenaires.  

« L’apnée, un outil d’éveil du corps et de l’esprit »

Dans mon métier maintenant, tout est complémentaire et c’est ce que j’adore. Pouvoir m’éclater dans l’entraînement, les performances, les rencontres, les vidéos, l’exploration. Depuis que j’ai commencé l’apnée, je réalise un rêve en évoluant en profondeur sans assistance. Je peux vivre de mon activité, mais aussi partager tout le travail de fond qu’il y a sur la partie développement personnel.

Aller dans les profondeurs, c’est envoûtant, attirant. C’est un nouvel univers, qui ne donne qu’une envie : aller plus bas. Chez moi, en Haute-Savoie, il n’y avait quasiment pas de structure pour pratiquer. Il fallait tout construire. Au final, c’est la meilleure formation qu’il m’ait été donné de vivre. Ça te pousse à être autonome, comme une école grandeur nature.

Stéphane Tourreau pratiquant la méditation au coeur de la forêt
©️ Stéphane Tourreau

Au fil des années, je me suis rendu compte que l’apnée avait été ma meilleure thérapie. Je me suis construit grâce à ça, en prenant confiance en moi. Il ne faut pas confondre égo et confiance en soi, au contraire. On se détache de l’égo quand on a appris à vivre avec soi-même et s’aimer tel qu’on est. Ça a été le plus dur pour moi ; m’accepter dans mes défauts et dans qui j’étais. L’apnée a été un outil pour canaliser ces choses-là, et avancer.

Ce sera dur de mettre un terme à tout ça. Prendre sa retraite en apnée, ça dépend de plein de choses : est-ce qu’on aime encore notre sport, est-ce qu’on a encore envie de plonger à ces profondeurs-là, est-ce qu’on prend du plaisir… C’est propre à chacun. Chacun a sa vision et sa philosophie de vie, qui détermine ce qu’on veut faire de notre sport.

Je la prends comme un outil d’éveil de l’esprit et du corps, donc ça peut durer encore longtemps. Ce n’est jamais vraiment terminé, on peut toujours aller plus loin dans le développement personnel. Surtout quand on prend du plaisir dans une discipline où les sensations sont fantastiques. »

Stéphane.

Stéphane.

Il est aussi grand que Stéphane Tourreau. Stéphane Tourreau. Je deviens Stéphane Tourreau. Nous serions Stéphane Tourreau. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Stéphane Tourreau. Une boite de lunette détient le grand Stéphane Tourreau. Attention aux impératifs complète Mary. Stéphane Tourreau n'est autre que moi.

Mais qui est Stéphane Tourreau ?

Stéphane Tourreau est un apnéiste originaire de Thonon-les-Bains (Haute-Savoie). Face au manque d’infrastructures dans sa région natale, il se bat pour lancer le mouvement et permettre au plus grand nombre de pratiquer. Malgré des difficultés financières parfois intenses, il entre en équipe de France en 2011, et participe à ses premiers championnats du monde la même année. Il devient vice-champion du monde en poids constant monopalme en 2016, et prend alors une nouvelle dimension.

Pendant longtemps, l’apnée ne fut pas reconnue sport de haut niveau par les institutions. Une situation contraignant de nombreux sportifs à adopter un statut d’indépendant, où la vie devient survie. Pour Stéphane Tourreau, un long cheminement professionnel et personnel s’est mis en place, jusqu’à trouver une plénitude totale, grâce aux profondeurs.

Portrait noir et blanc de Stéphane Tourreau
©️ Draz Foto
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Stéphane Tourreau
• Né 17 mars 1987
• Apnée

« Durant de nombreuses années, mes parents étaient inquiets de savoir comment j’allais m’en sortir au niveau professionnel. Je n’avais pas vraiment fait des études qui me plaisaient et à part le sport et l’apnée, peu de choses m’intéressaient.

En réalité, tout me poussait à continuer dans cette voie. A chaque fois que j’ai forcé les choses en essayant d’entrer dans un standard social en trouvant un CDI ou autre, ça a pété au bout de deux mois. Tout était fait pour que je persiste, quel que soit le niveau de galère que j’allais vivre sur le plan financier. J’ai lâché prise, et ça a fonctionné. C’est au moment où on lâche prise qu’on y arrive.

« Parfois, la vie t’amène à vivre des expériences de fou »

En 2016, je galérais financièrement. J’essayais de survivre, mes parents m’aidaient un peu pour le loyer. C’était vraiment compliqué. Et puis un jour, je partais pour une plongée de 105 mètres en vue des championnats du Monde en Turquie. Je me préparais vers Nice, et devait rejoindre le lieu de la compétition la semaine d’après. A ce moment-là, je reçois un appel de ma banque qui m’annonce le blocage de ma carte et de mon compte. Tout était coupé.

Entrainement physique de Stéphane Tourreau
©️ AG PHOTO

J’appelle dans la foulée la présidente de la commission apnée, et je lui dis que je ne pars pas aux Monde, que je suis sans ressource et fatigué par toute la situation. Je préférais arrêter là. Elle m’a relevé et m’a dit « on te paie un train pour rentrer sur Paris, tu prends l’avion et t’y vas ». Et au final, quelques jours plus tard, je finis vice-champion du monde. C’est marrant comme la vie t’amène parfois à vivre des expériences de fou.

Ce jour-là, tout changé. Je suis ensuite devenu pro, et j’ai créé ma société pour gérer mon image et vivre grâce à mes partenaires.

« L’apnée, un outil d’éveil du corps et de l’esprit »

Dans mon métier maintenant, tout est complémentaire et c’est ce que j’adore. Pouvoir m’éclater dans l’entraînement, les performances, les rencontres, les vidéos, l’exploration. Depuis que j’ai commencé l’apnée, je réalise un rêve en évoluant en profondeur sans assistance. Je peux vivre de mon activité, mais aussi partager tout le travail de fond qu’il y a sur la partie développement personnel.

Aller dans les profondeurs, c’est envoûtant, attirant. C’est un nouvel univers, qui ne donne qu’une envie : aller plus bas. Chez moi, en Haute-Savoie, il n’y avait quasiment pas de structure pour pratiquer. Il fallait tout construire. Au final, c’est la meilleure formation qu’il m’ait été donné de vivre. Ça te pousse à être autonome, comme une école grandeur nature.

Stéphane Tourreau pratiquant la méditation au coeur de la forêt
©️ Stéphane Tourreau

Au fil des années, je me suis rendu compte que l’apnée avait été ma meilleure thérapie. Je me suis construit grâce à ça, en prenant confiance en moi. Il ne faut pas confondre égo et confiance en soi, au contraire. On se détache de l’égo quand on a appris à vivre avec soi-même et s’aimer tel qu’on est. Ça a été le plus dur pour moi ; m’accepter dans mes défauts et dans qui j’étais. L’apnée a été un outil pour canaliser ces choses-là, et avancer.

Ce sera dur de mettre un terme à tout ça. Prendre sa retraite en apnée, ça dépend de plein de choses : est-ce qu’on aime encore notre sport, est-ce qu’on a encore envie de plonger à ces profondeurs-là, est-ce qu’on prend du plaisir… C’est propre à chacun. Chacun a sa vision et sa philosophie de vie, qui détermine ce qu’on veut faire de notre sport.

Je la prends comme un outil d’éveil de l’esprit et du corps, donc ça peut durer encore longtemps. Ce n’est jamais vraiment terminé, on peut toujours aller plus loin dans le développement personnel. Surtout quand on prend du plaisir dans une discipline où les sensations sont fantastiques. »

Stéphane.

Stéphane.

Il est aussi grand que Stéphane Tourreau. Stéphane Tourreau. Je deviens Stéphane Tourreau. Nous serions Stéphane Tourreau. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Stéphane Tourreau. Une boite de lunette détient le grand Stéphane Tourreau. Attention aux impératifs complète Mary. Stéphane Tourreau n'est autre que moi.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Mais qui est Stéphane Tourreau ?