Sur le terrain ou au plus haut niveau hiérarchique, être une femme c’est aussi avoir des responsabilités. Pour mettre en lumière le rôle essentiel qu’elles jouent dans le bon fonctionnement de notre société, la journée des droits de la femme 2021 était consacrée à celles qui se battent chaque jour, le plus souvent dans l’ombre, pour que leurs compétences soient reconnues. Après Sandie Clair, Mariama Signaté, et Charlotte et Laura Tremble, focus sur Emilie Gomis

« Je suis née au Sénégal, au fin fond de la forêt. Quand j’y repense, c’est vraiment un truc de fou. Que de chemin parcouru ».
La vie d’athlète ne ressemble à aucune autre. Pas une question de sexe, mais bien d’un rythme quotidien fait de travail physique, technique, mental… Chaque jour. 365 fois par an. Alors imaginez quand dès votre plus jeune âge, vous quittez votre terre natale pour rejoindre un pays qui vous est inconnu. C’est le cas d’
Emilie Gomis, qui a dû se faire sa place. Prendre sa place.

Près de 200 sélections en équipe de France de basket, 13 clubs différents dans 5 pays, un titre de championne de France en 2007 avec Valenciennes une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et une médaille d’or au championnat d’Europe 2009 avec les Bleues… Emilie Gomis est une des joueuses les plus emblématiques de sa génération. Et pourtant, tout commença pour elle sur un terrain coincé entre des tours : « Le basket à la base, c’était un moment de partage avec mes potes du quartier, se souvient Emilie. Comme un exutoire après l’école, et surtout avec les mecs. Il y avait peu de filles à l’extérieur. Le sport m’a permis de me faire respecter, de m’imposer. Ça m’a forgé un caractère ».

Emilie Gomis, médaille autour du cou
©️ Romain Flohic

Connue pour sa hargne sur le terrain, la vice-championne olympique a conservé cette détermination dans les différents projets qu’elle s’attache à mener désormais. En route pour un nouveau mandat auprès de la Commission des Athlètes de Haut Niveau (CAHN), en charge du développement du basket 3×3 en Norvège, son pays de cœur, engagée pour le développement du sport pour les jeunes publics défavorisés ou encore ambassadrice du développement de la pratique féminine aux côtés de la ville de Val-de-Reuil (Eure), Emilie Gomis est partout.

« Qui te dit qu’une femme ne pourrait pas manager un homme ? »

Femme d’action, elle s’implique personnellement pour permettre à toutes et à tous d’avoir accès au sport : « En tant qu’athlète, on a un rôle de transmission auprès de la jeune génération, reconnaît-elle. Les jeunes s’identifient et nous suivent par les réseaux sociaux. Je suis convaincue que le sport à une part importante dans le développement personnel et dans la construction de nos vies. J’ai envie de transmettre ça. Montrer que malgré le fait que rien ne soit facile, on peut trouver des possibilités pour se développer et être heureux ».

Portrait noir et blanc d'Emilie Gomis
©️ Emeline Hamon

Depuis son plus jeune âge, Emilie Gomis et le sport ne font qu’un. Difficile donc d’imaginer une vie sans cette adrénaline quotidienne que procure le terrain. Pour pallier cela, l’athlète en reconversion suit aujourd’hui une formation qui la conduira, elle l’espère, à être au cœur des décisions d’une institution sportive professionnelle. Un rôle encore quasi-exclusivement réservé aux hommes : « Depuis septembre 2019, je suis la formation de manager général de club sportif dispensée par le Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, confie-t-elle. C’est édifiant de voir à quel point l’école a du mal à recruter des femmes. Qui te dit qu’une femme ne pourrait pas diriger un homme ? On a des manières de faire complètement différentes, mais on a les épaules pour ».

« Ouais, tu peux le faire »

« Et puis en tant qu’athlète, tu n’as pas fait le même cursus que d’autres. Sauf que t’as une énorme expérience de terrain. C’est intégré en nous : on sait gérer le stress, les médias, les situations de crise, on a toujours connu la concurrence et la compétition… Cette voie est celle dans laquelle je me sens la plus épanouie à l’heure actuelle. Je me vois manager un club professionnel ».

Une route toute tracée. Avant de se lancer, Emilie a construit son projet dans le parcours d’autres joueuses. En pôle espoir à Rouen ou au bord des terrains de la Ligue Féminine de Basket (LFB), les hommes représentaient une grande majorité. Pourtant, certaines femmes se sont battues pour se faire une place… et inspirer des générations d’athlètes : « J’ai eu la chance d’avoir des modèles comme Audrey Sauret ou Edwige Lawson, confesse Emilie. Elles avaient fait cette formation avant moi, et sans leur témoignage, je ne sais pas si je l’aurais faite. Audrey est la seule femme présente dans un poste à responsabilité au sein d’un club professionnel masculin (ndlr : manager général de l’Hermine de Nantes en Pro B). C’est ce genre de femmes qui te disent ‘Ouais, tu peux le faire’ ».

Difficile de cacher notre enthousiasme à l’idée d’imaginer Emilie à la tête d’une institution sportive. En prenant la place qui lui est réservée.

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Sur le terrain ou au plus haut niveau hiérarchique, être une femme c’est aussi avoir des responsabilités. Pour mettre en lumière le rôle essentiel qu’elles jouent dans le bon fonctionnement de notre société, la journée des droits de la femme 2021 était consacrée à celles qui se battent chaque jour, le plus souvent dans l’ombre, pour que leurs compétences soient reconnues. Après Sandie Clair, Mariama Signaté et Charlotte et Laura Tremble, focus sur Emilie Gomis.

« Je suis née au Sénégal, au fin fond de la forêt. Quand j’y repense, c’est vraiment un truc de fou. Que de chemin parcouru ».
La vie d’athlète ne ressemble à aucune autre. Pas une question de sexe, mais bien d’un rythme quotidien fait de travail physique, technique, mental… Chaque jour. 365 fois par an. Alors imaginez quand dès votre plus jeune âge, vous quittez votre terre natale pour rejoindre un pays qui vous est inconnu. C’est le cas d’Emilie Gomis, qui a dû se faire sa place. Prendre sa place.

Près de 200 sélections en équipe de France de basket, 13 clubs différents dans 5 pays, un titre de championne de France en 2007 avec Valenciennes une médaille d’argent aux Jeux olympiques de Londres en 2012 et une médaille d’or au championnat d’Europe 2009 avec les Bleues… Emilie Gomis est une des joueuses les plus emblématiques de sa génération. Et pourtant, tout commença pour elle sur un terrain coincé entre des tours : « Le basket à la base, c’était un moment de partage avec mes potes du quartier, se souvient Emilie. Comme un exutoire après l’école, et surtout avec les mecs. Il y avait peu de filles à l’extérieur. Le sport m’a permis de me faire respecter, de m’imposer. Ça m’a forgé un caractère ».

©️ Romain Flohic

Connue pour sa hargne sur le terrain, la vice-championne olympique a conservé cette détermination dans les différents projets qu’elle s’attache à mener désormais. En route pour un nouveau mandat auprès de la Commission des Athlètes de Haut Niveau (CAHN), en charge du développement du basket 3×3 en Norvège, son pays de cœur, engagée pour le développement du sport pour les jeunes publics défavorisés ou encore ambassadrice du développement de la pratique féminine aux côtés de la ville de Val-de-Reuil (Eure), Emilie Gomis est partout.

« Qui te dit qu’une femme ne pourrait pas manager un homme ? »

Femme d’action, elle s’implique personnellement pour permettre à toutes et à tous d’avoir accès au sport : « En tant qu’athlète, on a un rôle de transmission auprès de la jeune génération, reconnaît-elle. Les jeunes s’identifient et nous suivent par les réseaux sociaux. Je suis convaincue que le sport à une part importante dans le développement personnel et dans la construction de nos vies. J’ai envie de transmettre ça. Montrer que malgré le fait que rien ne soit facile, on peut trouver des possibilités pour se développer et être heureux ».

©️ Emeline Hamon

Depuis son plus jeune âge, Emilie Gomis et le sport ne font qu’un. Difficile donc d’imaginer une vie sans cette adrénaline quotidienne que procure le terrain. Pour pallier cela, l’athlète en reconversion suit aujourd’hui une formation qui la conduira, elle l’espère, à être au cœur des décisions d’une institution sportive professionnelle. Un rôle encore quasi-exclusivement réservé aux hommes : « Depuis septembre 2019, je suis la formation de manager général de club sportif dispensée par le Centre de droit et d’économie du sport de Limoges, confie-t-elle. C’est édifiant de voir à quel point l’école a du mal à recruter des femmes. Qui te dit qu’une femme ne pourrait pas diriger un homme ? On a des manières de faire complètement différentes, mais on a les épaules pour ».

« Ouais, tu peux le faire »

« Et puis en tant qu’athlète, tu n’as pas fait le même cursus que d’autres. Sauf que t’as une énorme expérience de terrain. C’est intégré en nous : on sait gérer le stress, les médias, les situations de crise, on a toujours connu la concurrence et la compétition… Cette voie est celle dans laquelle je me sens la plus épanouie à l’heure actuelle. Je me vois manager un club professionnel ».

Une route toute tracée. Avant de se lancer, Emilie a construit son projet dans le parcours d’autres joueuses. En pôle espoir à Rouen ou au bord des terrains de la Ligue Féminine de Basket (LFB), les hommes représentaient une grande majorité. Pourtant, certaines femmes se sont battues pour se faire une place… et inspirer des générations d’athlètes : « J’ai eu la chance d’avoir des modèles comme Audrey Sauret ou Edwige Lawson, confesse Emilie. Elles avaient fait cette formation avant moi, et sans leur témoignage, je ne sais pas si je l’aurais faite. Audrey est la seule femme présente dans un poste à responsabilité au sein d’un club professionnel masculin (ndlr : manager général de l’Hermine de Nantes en Pro B). C’est ce genre de femmes qui te disent ‘Ouais, tu peux le faire’ ».

Difficile de cacher notre enthousiasme à l’idée d’imaginer Emilie à la tête d’une institution sportive. En prenant la place qui lui est réservée.

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que Mathilde Cini. Mathilde Cini. Je deviens Mathilde Cini et Nous serions Mathilde Cini. Peut-être un jour il aura son jour de chance car je veux devenir Mathilde Cini. Une boite de lunette détient le grand Mathilde Cini et Attention aux impératifs complète Mary. Mathilde Cini n'est autre que moi.

Mais qui est Emilie Gomis ?

Emilie Gomis est une basketteuse en reconversion. Née au Sénégal, elle est arrivée en France à l’âge de 4 ans. Pilière d’une génération qui remportera notamment l’Euro 2009 et décrochera une médaille d’argent aux Jeux de Londres en 2012, Emilie Gomis ambitionne désormais de devenir manager d’un club professionnel et fait ses gammes en accompagnant la fédération norvégienne de basket-ball pour le développement du 3×3. 

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