11 novembre 2020

Pendant ce mois de novembre, nous interrogeons des athlètes pour qui la gestion du stress est un enjeu majeur. Après la peur de mal faire avec Audrey Adiceom, focus cette semaine sur la maîtrise des émotions.

A chaque seconde de nos vies, nos actions sont dictées par nos émotions. Leur impact est considérable, comme en témoigne la multitude d’expressions associées à ce mot : « être passé par toutes les émotions », « être rattrapé par ses émotions », « jouer avec émotion »… Définies comme ‘un trouble causé par un sentiment intense’ (selon Larousse), elles peuvent bousculer l’ordre établi au cours d’une grande compétition sportive ou d’un débat public. Alors, pour un golfeur professionnel comme Raphaël Denais, il faut savoir mesurer les conséquences que peut avoir un trop plein d’émotions sur un résultat. Pour lui, l’objectif est simple : réduire leur influence pour se rapprocher d’un état aussi rationnel que possible.

14 avril 2019, Etat de Géorgie, États-Unis. Au cœur d’un des tournois de golf les plus prestigieux au monde, des milliers de spectateurs retiennent leur souffle. Le moment est historique : l’icône d’une génération toute entière pourrait remporter son cinquième Masters à Augusta et rentrer encore un peu plus dans la légende. Cet homme, c’est Tiger Woods, revenu sur le devant de la scène après des années passées à tenter de retrouver une part de lumière dans l’ombre du joueur fantastique qu’il a été. « Le Tigre » a alors une occasion unique de tirer un trait sur cette période délicate.

Et alors qu’il s’avance vers la balle pour tenter de réaliser un putt pour l’histoire sur le trou numéro 18, l’Américain reste de marbre. Aucune émotion ne se lit sur le visage du joueur aux 15 titres majeurs, malgré l’enjeu et la foule qui n’attend qu’une chose : scander son nom. Dans un silence assourdissant, Tiger Woods réalise ce que tout le monde attend de lui : le coup parfait, au moment parfait, pour un succès de légende.

« Il a le visage le plus neutre possible »

Cet incroyable calme, en tout cas en apparence, restera à jamais comme une des images fortes de la carrière du Tigre. Pour beaucoup, la gestion de ces longues minutes d’attente est un modèle du genre. A commencer par Raphaël Denais, golfeur professionnel pour qui ce Masters 2019 représente l’exemple à suivre : « Lorsqu’il gagne, c’est une situation dingue où absolument tout le monde veut le voir gagner, analyse-t-il. Cette victoire aurait une grande signification pour lui et malgré cela, il continue de bien jouer quand les autres tremblent. Sur le trou n°16, il manque d’un rien de faire un trou en un. A ce moment-là, la caméra filme la foule en liesse, les mains sur la tête. Lui, au contraire a le visage le plus neutre possible. Ca caractérise parfaitement le côté ‘je viens de faire quelque chose de fou, mais la partie n’est pas finie. Je suis maître de mes réactions, de mon corps, de mes émotions’ ».

Dans ces instants de grande tension, le joueur formé au golf de Touraine, à quelques kilomètres de Tours (Indre-et-Loire), sait à quel point il est crucial de maîtriser ce qu’il se passe dans la tête lorsque la pression est intense. Quitte à changer la perception que l’esprit peut avoir d’une situation, pour la gérer au mieux : « Quand il y a de la pression, tous les sens sont activés. Le pouls est plus rapide, le rythme cardiaque s’accélère. Quand ces émotions interviennent, je me dis que c’est super d’être dans cette situation. Si je ressens ça, c’est que je suis dans une position hors du commun. Ça aide à l’accepter, plutôt que de la craindre ».

« Rare que les émotions soient utiles pour performer »

Pour que la tournure des événements prenne la direction la plus favorable possible, Raphaël Denais cherche à transformer cette situation potentiellement négative en positif. Ainsi le corps éliminera plus facilement l’anxiété relative au stress pour avoir un contrôle maximal : « Ce n’est pas inné chez moi, mais j’arrive relativement bien à mettre mon esprit dans le mode qui me plait le plus. Et puis une émotion a quelque chose d’irrationnel ou de subjectif. J’essaie donc de me rattacher au golf, à ma routine, à mon plan de bataille pour chaque coup. C’est difficile à mettre en application mais ça évite de se retrouver nu et sans arme face à ses émotions ».

Raphaël Denais, golfeur professionnel, s'apprête à frapper un coup pendant un tournoi
©️ Nourdine Tarkany Photographe

Ne pas laisser ses émotions prendre le contrôle de son destin, même pour le meilleur. Car parfois, l’euphorie s’empare d’un instant de sport, embarquant avec elle les athlètes, les staffs, les spectateurs, les organisateurs… Et même si cette élan d’enthousiasme peut permettre à certains de se transcender, Raphaël Denais préfère ne pas y avoir affaire : « C’est exactement dans ce type de situation que j’essaie de ‘m’éloigner’ de mes émotions. Je ne souhaite pas leur confier ma capacité à performer. Dans ce genre de moment, j’ai envie de confier ma capacité à être bon, à ma clé de swing et à mon habilité à me contrôler par tous les moyens. Certains ne fonctionnent qu’à ça, mais de manière générale, je pense que c’est plus rare que fréquent que les émotions soient utiles ou bénéfiques ».

Le golfeur de 27 ans a débuté un travail de grande ampleur il y a deux ans, accompagné d’un préparateur mental. Cette décision, prise peu avant de passer professionnel, ne faisait pas sens au départ. Pourtant, aujourd’hui, cela s’avère être un atout supplémentaire pour Raphaël, qui parcourt une partie du globe au rythme des tournois : « Je n’étais pas forcément convaincu dans un premier temps. J’avais l’image d’une thérapie pour apprendre à ne pas craquer alors que ça donne un bagage pour des situations précises. C’est un travail de fond et spécifique en fonction des forces et faiblesses de chacun. Grâce à la prépa mentale, mon projet a grandi et s’est considérablement enrichi. C’est devenu presque vital, ou en tout cas tout aussi important que le coach technique ».

Un outil indispensable pour que le jour J, Raphaël Denais performe en étant maître de ses émotions.

Pendant ce mois de novembre, nous interrogeons des athlètes pour qui la gestion du stress est un enjeu majeur. Après la peur de mal faire avec Audrey Adiceom, focus cette semaine sur la maîtrise des émotions.

A chaque seconde de nos vies, nos actions sont dictées par nos émotions. Leur impact est considérable, comme en témoigne la multitude d’expressions associées à ce mot : « être passé par toutes les émotions », « être rattrapé par ses émotions », « jouer avec émotion »… Définies comme ‘un trouble causé par un sentiment intense’ (selon Larousse), elles peuvent bousculer l’ordre établi au cours d’une grande compétition sportive ou d’un débat public. Alors, pour un golfeur professionnel comme Raphaël Denais, il faut savoir mesurer les conséquences que peut avoir un trop plein d’émotions sur un résultat. Pour lui, l’objectif est simple : réduire leur influence pour se rapprocher d’un état aussi rationnel que possible.

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14 avril 2019, Etat de Géorgie, États-Unis. Au cœur d’un des tournois de golf les plus prestigieux au monde, des milliers de spectateurs retiennent leur souffle. Le moment est historique : l’icône d’une génération toute entière pourrait remporter son cinquième Masters à Augusta et rentrer encore un peu plus dans la légende. Cet homme, c’est Tiger Woods, revenu sur le devant de la scène après des années passées à tenter de retrouver une part de lumière dans l’ombre du joueur fantastique qu’il a été. « Le Tigre » a alors une occasion unique de tirer un trait sur cette période délicate.

Et alors qu’il s’avance vers la balle pour tenter de réaliser un putt pour l’histoire sur le trou numéro 18, l’Américain reste de marbre. Aucune émotion ne se lit sur le visage du joueur aux 15 titres majeurs, malgré l’enjeu et la foule qui n’attend qu’une chose : scander son nom. Dans un silence assourdissant, Tiger Woods réalise ce que tout le monde attend de lui : le coup parfait, au moment parfait, pour un succès de légende.

« Il a le visage le plus neutre possible »

Cet incroyable calme, en tout cas en apparence, restera à jamais comme une des images fortes de la carrière du Tigre. Pour beaucoup, la gestion de ces longues minutes d’attente est un modèle du genre. A commencer par Raphaël Denais, golfeur professionnel pour qui ce Masters 2019 représente l’exemple à suivre : « Lorsqu’il gagne, c’est une situation dingue où absolument tout le monde veut le voir gagner, analyse-t-il. Cette victoire aurait une grande signification pour lui et malgré cela, il continue de bien jouer quand les autres tremblent. Sur le trou n°16, il manque d’un rien de faire un trou en un. A ce moment-là, la caméra filme la foule en liesse, les mains sur la tête. Lui, au contraire a le visage le plus neutre possible. Ca caractérise parfaitement le côté ‘je viens de faire quelque chose de fou, mais la partie n’est pas finie. Je suis maître de mes réactions, de mon corps, de mes émotions’ ».

Dans ces instants de grande tension, le joueur formé au golf de Touraine, à quelques kilomètres de Tours (Indre-et-Loire), sait à quel point il est crucial de maîtriser ce qu’il se passe dans la tête lorsque la pression est intense. Quitte à changer la perception que l’esprit peut avoir d’une situation, pour la gérer au mieux : « Quand il y a de la pression, tous les sens sont activés. Le pouls est plus rapide, le rythme cardiaque s’accélère. Quand ces émotions interviennent, je me dis que c’est super d’être dans cette situation. Si je ressens ça, c’est que je suis dans une position hors du commun. Ça aide à l’accepter, plutôt que de la craindre ».

« Rare que les émotions soient utiles pour performer »

Pour que la tournure des événements prenne la direction la plus favorable possible, Raphaël Denais cherche à transformer cette situation potentiellement négative en positif. Ainsi le corps éliminera plus facilement l’anxiété relative au stress pour avoir un contrôle maximal : « Ce n’est pas inné chez moi, mais j’arrive relativement bien à mettre mon esprit dans le mode qui me plait le plus. Et puis une émotion a quelque chose d’irrationnel ou de subjectif. J’essaie donc de me rattacher au golf, à ma routine, à mon plan de bataille pour chaque coup. C’est difficile à mettre en application mais ça évite de se retrouver nu et sans arme face à ses émotions ».

©️ Nourdine Tarkany Photographe

Ne pas laisser ses émotions prendre le contrôle de son destin, même pour le meilleur. Car parfois, l’euphorie s’empare d’un instant de sport, embarquant avec elle les athlètes, les staffs, les spectateurs, les organisateurs… Et même si cette élan d’enthousiasme peut permettre à certains de se transcender, Raphaël Denais préfère ne pas y avoir affaire : « C’est exactement dans ce type de situation que j’essaie de ‘m’éloigner’ de mes émotions. Je ne souhaite pas leur confier ma capacité à performer. Dans ce genre de moment, j’ai envie de confier ma capacité à être bon, à ma clé de swing et à mon habilité à me contrôler par tous les moyens. Certains ne fonctionnent qu’à ça, mais de manière générale, je pense que c’est plus rare que fréquent que les émotions soient utiles ou bénéfiques ».

Le golfeur de 27 ans a débuté un travail de grande ampleur il y a deux ans, accompagné d’un préparateur mental. Cette décision, prise peu avant de passer professionnel, ne faisait pas sens au départ. Pourtant, aujourd’hui, cela s’avère être un atout supplémentaire pour Raphaël, qui parcourt une partie du globe au rythme des tournois : « Je n’étais pas forcément convaincu dans un premier temps. J’avais l’image d’une thérapie pour apprendre à ne pas craquer alors que ça donne un bagage pour des situations précises. C’est un travail de fond et spécifique en fonction des forces et faiblesses de chacun. Grâce à la prépa mentale, mon projet a grandi et s’est considérablement enrichi. C’est devenu presque vital, ou en tout cas tout aussi important que le coach technique ».

Un outil indispensable pour que le jour J, Raphaël Denais performe en étant maître de ses émotions.

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que Raphael Denais. Raphael Denais. Je deviens Raphael Denais. Nous serions Raphael Denais. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Raphael Denais. Une boite de lunette détient le grand Raphael Denais. Attention aux impératifs complète Mary. Raphael Denais n'est autre que moi.

Mais qui est Raphaël Denais ?

Raphaël Denais est un golfeur professionnel originaire d’Indre-et-Loire. Passé pro depuis le début de la saison 2019, il dispose d’une structure à l’organisation bien ficelée autour de son projet. Il évolue actuellement en troisième division européenne sur « Pro Golf Tour ». Il participe à une vingtaine de tournois chaque année. Son objectif est de gravir les échelons au fur et à mesure pour accéder, un jour, à l’élite mondiale. 

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