Rouguy Diallo, après la lumière

7 septembre 2020

©️ By Athlete

Rouguy Diallo, après la lumière

7 septembre 2020

©️ By Athlete

Rouguy Diallo, après la lumière

7 septembre 2020

©️ By Athlete

Une ascension fulgurante, une après-midi de lumière, puis le néant. Ce parcours de vie est celui de la triple sauteuse Rouguy Diallo, espoir de la discipline et de l’équipe de France. Alors quand la jeune athlète subit une énième désillusion, elle décide de changer du tout au tout. Portrait d’une femme discrète, qui a pris son destin entre ses mains.

Portrait de Rouguy Diallo

Passer de l’ombre à la lumière en à peine une journée peut transformer une vie.

Ce jour de gloire remonte au 26 juillet 2014 pour Rouguy Diallo. Alors âgée de 19 ans, la jeune femme originaire de Nice surprend l’ensemble des observateurs en devenant championne du monde junior à Eugene (Oregon, Etats-Unis). Dans un des temples de l’athlétisme mondial, elle se retrouve propulsée sur le devant de la scène grâce à une performance absolument stratosphérique : 14.44 m à sa troisième tentative, assommant littéralement l’ensemble des athlètes présentes. Certes, un coup de pouce du vent (+ 3.3 m/s) lui donna des ailes. Mais face à ses concurrentes, elle fut la seule à en profiter pleinement.

« Je me suis laissée aller et vivre »

Les conditions météo, jugées trop favorables, ne permettent pas de valider sa marque comme un nouveau record de France junior. Rien n’arrête pourtant Rouguy Diallo, qui atteindra même 14.20m homologués, améliorant de plus de 50 cm la meilleure performance française pour une junior. Enfermée dans sa bulle, elle réalise un exploit majeur, elle qui n’était alors même pas considérée comme une outsider.

« Dès mon premier saut, je suis championne du monde. Je ne célébrais même pas mes sauts, j’étais vraiment matrixée. J’étais un robot et je faisais tout pour rester dans ma bulle. Teddy (ndlr : Teddy Tamgho, son coach) me répétait ‘’Fais attention, quelqu’un va te passer devant ! ‘’. Du coup je restais dans mon truc, même si je faisais des sauts de fou ».

Rouguy Diallo s'envole après avoir sauté
©️ By Athlete

Le feu des projecteurs, conséquence de ce titre, la jeune triple sauteuse s’en serait certainement bien passée. Élevée au rang de grande espoir de l’athlétisme tricolore, Rouguy Diallo fait alors partie du cercle fermé des françaises championnes du monde junior, auquel appartiennent seulement trois autres femmes : Muriel Hurtis, Alexandra Tavernier et Sylviane Félix. Sauf qu’une telle progression n’était attendue par personne, et encore moins par la principale intéressée.

« J’ai très mal vécu l’après. Je l’ai mal géré. Ce n’est pas tellement parce que j’ai eu du mal à redescendre, parce qu’à aucun moment je n’ai pris la grosse tête ou quoique ce soit. J’avais gagné, mais je n’avais aucune suite en tête. Mon objectif était atteint bien plus rapidement que prévu, donc je me suis laissée vivre et aller. Je n’étais plus aussi sérieuse dans mes entraînements, j’ai laissé tomber mes routines, pris énormément de poids. Mes performances étaient complètement nulles par rapport à ce que je faisais précédemment. J’ai eu un trou pendant deux ou trois ans, jusqu’à 2017 où j’ai resauté 14 mètres ».

« Dès la reprise de la saison, j’étais transformée »

Un an après, 2018 sonna comme l’année du déclic pour Rouguy Diallo. Prise dans un cercle vicieux où les contre performances furent nombreuses, la Niçoise revient enfin au premier plan grâce à plusieurs bonds au-delà des 14 mètres depuis son retour au plus haut niveau. Sauf qu’encore une fois, elle va tomber de haut.

« J’avais recommencé la saison à 14 mètres et les championnats du monde en salle avaient lieu le même hiver. J’étais dans le top 5 mondial, et aux France, je mords mes trois sauts… C’était la première fois de ma vie que ça m’arrivait en compétition. Juste après, la fédération a décidé de ne pas me sélectionner pour les Monde, alors que je pensais avoir ma place. En rentrant chez moi, je broyais du noir. Dès la reprise de la saison, j’étais transformée.
Mon ego en avait pris un coup. Je ne faisais pas de l’athlé pour être médiocre et c’est pourtant ce que je devenais. C’était soit j’arrêtais, soit je changeais du tout au tout. Ce que j’ai fait ».

Rouguy Diallo durant son échauffement, regard concentré
©️ By Athlete

Restée aux côtés de son entraîneur et mentor de toujours Teddy Tamgho, Rouguy Diallo se recentre sur le triple saut. Son quotidien ne tourne plus qu’autour des séances d’entraînements et des compétitions, retrouvant des routines qui lui manquaient jusqu’à alors.
Cette longue période, faite de blessures et de doutes, a principalement permis à la désormais double championne de France senior de prendre du recul sur sa carrière et sur elle-même. Son fort caractère la poussait d’ordinaire à rester sourde aux conseils de ses proches, et ces années l’ont forcé à s’ouvrir au monde.

« J’ai vraiment appris à me connaître. J’ai énormément d’égo et de fierté, donc j’ai appris à prendre sur moi et à être moins égocentrée. Mon coach me disait plein de choses, mais je ne voulais pas les entendre. Je le remettais constamment en question. Depuis que j’ai réappris à l’écouter et à ravaler ma fierté, ça va beaucoup mieux ».


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Une ascension fulgurante, une après-midi de lumière, puis le néant. Ce parcours de vie est celui de la triple sauteuse Rouguy Diallo, espoir de la discipline et de l’équipe de France. Alors quand la jeune athlète subit une énième désillusion, elle décide de changer du tout au tout. Portrait d’une femme discrète, qui a pris son destin entre ses mains.

Portrait de Rouguy Diallo
©️ By Athlete
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Rouguy Diallo
• Née le 5 février 1995
• Triple saut

Passer de l’ombre à la lumière en à peine une journée peut transformer une vie.

Ce jour de gloire remonte au 26 juillet 2014 pour Rouguy Diallo. Alors âgée de 19 ans, la jeune femme originaire de Nice surprend l’ensemble des observateurs en devenant championne du monde junior à Eugene (Oregon, Etats-Unis). Dans un des temples de l’athlétisme mondial, elle se retrouve propulsée sur le devant de la scène grâce à une performance absolument stratosphérique : 14.44 m à sa troisième tentative, assommant littéralement l’ensemble des athlètes présentes. Certes, un coup de pouce du vent (+ 3.3 m/s) lui donna des ailes. Mais face à ses concurrentes, elle fut la seule à en profiter pleinement.

« Je me suis laissée aller et vivre »

Les conditions météo, jugées trop favorables, ne permettent pas de valider sa marque comme un nouveau record de France junior. Rien n’arrête pourtant Rouguy Diallo, qui atteindra même 14.20m homologués, améliorant de plus de 50 cm la meilleure performance française pour une junior. Enfermée dans sa bulle, elle réalise un exploit majeur, elle qui n’était alors même pas considérée comme une outsider.

« Dès mon premier saut, je suis championne du monde. Je ne célébrais même pas mes sauts, j’étais vraiment matrixée. J’étais un robot et je faisais tout pour rester dans ma bulle. Teddy (ndlr : Teddy Tamgho, son coach) me répétait ‘’Fais attention, quelqu’un va te passer devant ! ‘’. Du coup je restais dans mon truc, même si je faisais des sauts de fou ».

©️ By Athlete

Le feu des projecteurs, conséquence de ce titre, la jeune triple sauteuse s’en serait certainement bien passée. Elevée au rang de grande espoir de l’athlétisme tricolore, Rouguy Diallo fait alors partie du cercle fermé des françaises championnes du monde junior, auquel appartiennent seulement trois autres femmes : Muriel Hurtis, Alexandra Tavernier et Sylviane Félix. Sauf qu’une telle progression n’était attendue par personne, et encore moins par la principale intéressée.

« J’ai très mal vécu l’après. Je l’ai mal géré. Ce n’est pas tellement parce que j’ai eu du mal à redescendre, parce qu’à aucun moment je n’ai pris la grosse tête ou quoique ce soit. J’avais gagné, mais je n’avais aucune suite en tête. Mon objectif était atteint bien plus rapidement que prévu, donc je me suis laissée vivre et aller. Je n’étais plus aussi sérieuse dans mes entraînements, j’ai laissé tomber mes routines, pris énormément de poids. Mes performances étaient complètement nulles par rapport à ce que je faisais précédemment. J’ai eu un trou pendant deux ou trois ans, jusqu’à 2017 où j’ai resauté 14 mètres ».

« Dès la reprise de la saison, j’étais transformée »

Un an après, 2018 sonna comme l’année du déclic pour Rouguy Diallo. Prise dans un cercle vicieux où les contre performances furent nombreuses, la Niçoise revient enfin au premier plan grâce à plusieurs bonds au-delà des 14 mètres depuis son retour au plus haut niveau. Sauf qu’encore une fois, elle va tomber de haut.

« J’avais recommencé la saison à 14 mètres et les championnats du monde en salle avaient lieu le même hiver. J’étais dans le top 5 mondial, et aux France, je mords mes trois sauts… C’était la première fois de ma vie que ça m’arrivait en compétition. Juste après, la fédération a décidé de ne pas me sélectionner pour les Monde, alors que je pensais avoir ma place. En rentrant chez moi, je broyais du noir. Dès la reprise de la saison, j’étais transformée.
Mon ego en avait pris un coup. Je ne faisais pas de l’athlé pour être médiocre et c’est pourtant ce que je devenais. C’était soit j’arrêtais, soit je changeais du tout au tout. Ce que j’ai fait ».

Rouguy Diallo durant son échauffement, regard concentré
©️ By Athlete

Restée aux côtés de son entraîneur et mentor de toujours Teddy Tamgho, Rouguy Diallo se recentre sur le triple saut. Son quotidien ne tourne plus qu’autour des séances d’entraînements et des compétitions, retrouvant des routines qui lui manquaient jusqu’à alors.
Cette longue période, faite de blessures et de doutes, a principalement permis à la désormais double championne de France senior de prendre du recul sur sa carrière et sur elle-même. Son fort caractère la poussait d’ordinaire à rester sourde aux conseils de ses proches, et ces années l’ont forcé à s’ouvrir au monde.

« J’ai vraiment appris à me connaître. J’ai énormément d’égo et de fierté, donc j’ai appris à prendre sur moi et à être moins égocentrée. Mon coach me disait plein de choses, mais je ne voulais pas les entendre. Je le remettais constamment en question. Depuis que j’ai réappris à l’écouter et à ravaler ma fierté, ça va beaucoup mieux ».

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Il est aussi grand que Rouguy Diallo. Rouguy Diallo. Je deviens Rouguy Diallo. Nous serions Rouguy Diallo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Rouguy Diallo. Une boite de lunette détient le grand Rouguy Diallo. Attention aux impératifs complète Mary. Rouguy Diallo n'est autre que moi.

Mais qui est Rouguy Diallo ?

Rouguy Diallo est une triple sauteuse originaire de Nice (Alpes-Maritimes). Malgré son désamour pour la discipline, elle persiste devant son énorme potentiel. Propulsée sur le devant de la scène après sa victoire aux Championnats du monde junior en 2014, elle peine cependant à confirmer. Après plusieurs années de galère, elle revient au plus haut niveau en 2018, jusqu’à décrocher deux titres de championne de France, en salle et en plein air, en 2019. Après une finale mondiale à Doha cette même année, elle vise une qualification olympique à Tokyo en 2021. 

Une ascension fulgurante, une après-midi de lumière, puis le néant. Ce parcours de vie est celui de la triple sauteuse Rouguy Diallo, espoir de la discipline et de l’équipe de France. Alors quand la jeune athlète subit une énième désillusion, elle décide de changer du tout au tout. Portrait d’une femme discrète, qui a pris son destin entre ses mains.

Portrait de Rouguy Diallo
©️ By Athlete
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Rouguy Diallo
• Née le 5 février 1995
• Triple saut

Passer de l’ombre à la lumière en à peine une journée peut transformer une vie.

Ce jour de gloire remonte au 26 juillet 2014 pour Rouguy Diallo. Alors âgée de 19 ans, la jeune femme originaire de Nice surprend l’ensemble des observateurs en devenant championne du monde junior à Eugene (Oregon, Etats-Unis). Dans un des temples de l’athlétisme mondial, elle se retrouve propulsée sur le devant de la scène grâce à une performance absolument stratosphérique : 14.44 m à sa troisième tentative, assommant littéralement l’ensemble des athlètes présentes. Certes, un coup de pouce du vente (+ 3.3 m/s) lui donna des ailes. Mais face à ses concurrentes, elle fut la seule à en profiter pleinement.

« Je me suis laissée aller et vivre »

Les conditions météo, jugées trop favorables, ne permettent pas de valider sa marque comme un nouveau record de France junior. Rien n’arrête pourtant Rouguy Diallo, qui atteindra même 14.20m homologués, améliorant de plus de 50 cm la meilleure performance française pour une junior. Enfermée dans sa bulle, elle réalise un exploit majeur, elle qui n’était alors même pas considérée comme une outsider.

« Dès mon premier saut, je suis championne du monde. Je ne célébrais même pas mes sauts, j’étais vraiment matrixée. J’étais un robot et je faisais tout pour rester dans ma bulle. Teddy (ndlr : Teddy Tamgho, son coach) me répétait ‘’Fais attention, quelqu’un va te passer devant ! ‘’. Du coup je restais dans mon truc, même si je faisais des sauts de fou ».

Rouguy Diallo s'envole après avoir sauté
©️ By Athlete

Le feu des projecteurs, conséquence de ce titre, la jeune triple sauteuse s’en serait certainement bien passée. Élevée au rang de grande espoir de l’athlétisme tricolore, Rouguy Diallo fait alors partie du cercle fermé des françaises championnes du monde junior, auquel appartiennent seulement trois autres femmes : Muriel Hurtis, Alexandra Tavernier et Sylviane Félix. Sauf qu’une telle progression n’était attendue par personne, et encore moins par la principale intéressée.

« J’ai très mal vécu l’après. Je l’ai mal géré. Ce n’est pas tellement parce que j’ai eu du mal à redescendre, parce qu’à aucun moment je n’ai pris la grosse tête ou quoique ce soit. J’avais gagné, mais je n’avais aucune suite en tête. Mon objectif était atteint bien plus rapidement que prévu, donc je me suis laissée vivre et aller. Je n’étais plus aussi sérieuse dans mes entraînements, j’ai laissé tomber mes routines, pris énormément de poids. Mes performances étaient complètement nulles par rapport à ce que je faisais précédemment. J’ai eu un trou pendant deux ou trois ans, jusqu’à 2017 où j’ai resauté 14 mètres ».

« Dès la reprise de la saison, j’étais transformée »

Un an après, 2018 sonna comme l’année du déclic pour Rouguy Diallo. Prise dans un cercle vicieux où les contre performances furent nombreuses, la Niçoise revient enfin au premier plan grâce à plusieurs bonds au-delà des 14 mètres depuis son retour au plus haut niveau. Sauf qu’encore une fois, elle va tomber de haut.

« J’avais recommencé la saison à 14 mètres et les championnats du monde en salle avaient lieu le même hiver. J’étais dans le top 5 mondial, et aux France, je mords mes trois sauts… C’était la première fois de ma vie que ça m’arrivait en compétition. Juste après, la fédération a décidé de ne pas me sélectionner pour les Monde, alors que je pensais avoir ma place. En rentrant chez moi, je broyais du noir. Dès la reprise de la saison, j’étais transformée.
Mon ego en avait pris un coup. Je ne faisais pas de l’athlé pour être médiocre et c’est pourtant ce que je devenais. C’était soit j’arrêtais, soit je changeais du tout au tout. Ce que j’ai fait ».

Rouguy Diallo durant son échauffement, regard concentré
©️ By Athlete

Restée aux côtés de son entraîneur et mentor de toujours Teddy Tamgho, Rouguy Diallo se recentre sur le triple saut. Son quotidien ne tourne plus qu’autour des séances d’entraînements et des compétitions, retrouvant des routines qui lui manquaient jusqu’à alors.
Cette longue période, faite de blessures et de doutes, a principalement permis à la désormais double championne de France senior de prendre du recul sur sa carrière et sur elle-même. Son fort caractère la poussait d’ordinaire à rester sourde aux conseils de ses proches, et ces années l’ont forcé à s’ouvrir au monde.

« J’ai vraiment appris à me connaître. J’ai énormément d’égo et de fierté, donc j’ai appris à prendre sur moi et à être moins égocentrée. Mon coach me disait plein de choses, mais je ne voulais pas les entendre. Je le remettais constamment en question. Depuis que j’ai réappris à l’écouter et à ravaler ma fierté, ça va beaucoup mieux ».

Antoine Le Grix.

Il est aussi grand que Rouguy Diallo. Antoine Le Grix. Je deviens Rouguy Diallo. Nous serions Rouguy Diallo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Rouguy Diallo. Une boite de lunette détient le grand Rouguy Diallo. Attention aux impératifs complète Mary. Rouguy Diallo n'est autre que moi.


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