Synchronisées, par Charlotte et Laura Tremble

 

18 mars 2020

Synchronisées, par Charlotte et Laura Tremble

18 mars 2020

Synchronisées, par Charlotte et Laura Tremble

 

18 mars 2020

Jumelles dans la vie, duo dans les bassins. Charlotte et Laura Tremble représentent actuellement ce que la natation synchronisée française fait de mieux. Confiantes à l’idée de porter les couleurs bleues l’été prochain, ces sœurs n’oublient pas que le sport n’a qu’un temps. Dès que l’occasion se présente, les deux nageuses s’attachent à construire les bases d’un futur rêvé loin de l’eau. Pour que prendre son envol prenne sens.

Nous, c’est Charlotte et Laura, athlètes de haut niveau à temps plein et étudiantes. Notre vie se partage entre les bouquins de physique-chimie et les bassins de « synchro ».

On entend parfois que nous ne sommes que des filles à paillettes, qui sourient dans l’eau. Si seulement… Chaque jour, nous y passons 7 heures, sans gagner notre vie et en faisant des études. Certaines surveillent même des piscines le soir après l’entraînement, pour mettre de côté. Oui, c’est dur parfois. Mais nous savons à quel point nous avons de la chance d’être là. 

Certains profs ne comprenaient pas ce que nous vivions

Abandonner les études n’a jamais été une option. Sans l’INSEP, nous aurions peut-être même lâché la synchro. A l’aube de notre 1ère S, nous jonglions entre le lycée chez nous, à Senlis (Oise), et l’entraînement à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Nos parents ont fait beaucoup de sacrifices dans le seul but de nous permettre de vivre notre rêve à fond. Ils faisaient le trajet entre la maison et la piscine 4 ou 5 fois par semaine. On leur doit beaucoup. D’autant que nous rentrions à plus de 22h, sans que la journée ne soit terminée.

Nos profs de Seconde ne comprenaient pas vraiment ce qu’impliquait la pratique d’un sport à haut niveau. Certains nous donnaient des devoirs le jour pour le lendemain, sans prévenir… Il est arrivé que les notes ne volent pas haut. Le 0,25 en espagnol, on s’en souvient. Quelque chose devait changer afin que nous puissions continuer à mêler études et sport, sans arrêter l’un des deux. L’INSEP est arrivée à point nommé, et tout s’est équilibré.

A cette période, nous étions encore mineures. A 23 heures, les lumières et la Wi-Fi s’éteignaient. Il fallait sortir des bâtiments discrètement pour pouvoir envoyer nos devoirs. Un vrai casse-tête, mais on s’est créé des souvenirs de fou. Une question d’organisation finalement, et on s’est vite adapté.

Les études, c’est comme une rupture dans la semaine. Nous sommes en 2ème année de licence de physique-chimie à la Sorbonne Université. Nous allons rarement sur le campus de la fac, étant donné qu’une grande partie de nos cours ont lieu chez nous, à l’INSEP. Le programme est adapté aux athlètes de haut niveau, ce qui fait que nous sommes en 2ème année, 4 ans après avoir passées le bac. La première année, nous avions tenté de prendre trois matières par semestre. Sans mauvais jeu de mots, on s’est retrouvé sous l’eau.

Nous pouvons nous tromper de chemin, comme n’importe qui

Suivre les cours à l’INSEP est un luxe. Notre fac a mis en place un parcours spécialement adapté aux sportifs, en vue des Jeux. La qualité de travail est incomparable. Il y a quelques temps encore, on mangeait en conduisant et en travaillant. Nous faisions tout pour gagner du temps. Cohabiter avec d’autres sportifs permet aussi de comprendre les problématiques que chacun peut vivre. On est tous dans le même bain, on se soutient, on s’entraide. Certains n’arrivent pas au bout des études, parce qu’ils n’y consacrent pas assez de temps, ou qu’ils choisissent une autre voie. Avant d’être athlète, nous sommes des gens lambda. Et comme n’importe qui, il nous arrive de nous tromper.

Notre objectif professionnel est très clair. On se bat pour ça, à fond, tête baissée. Parfois, on aimerait bien se calmer un peu. Mais si nous ne faisions pas ça, que ferions-nous ? On aime trop ce que l’on vit, et ce que l’on vise. Notre rêve serait de travailler dans l’aéronautique. Une école d’ingénieur post-licence représente comme un idéal. Notre petit-frère nous sert de guide dans cette direction. Lui et nos parents nous ramenaient des informations de portes ouvertes et salons pour que nous nous faisions une idée de ce qui nous attendait. Sauf que c’est encore loin. Affirmer que cette deuxième vie occupe nos pensées serait mentir. Cette année encore davantage, notre esprit se focalise sur l’échéance ultime.

Charlotte et Laura Tremble posent près d'arbustes dans un parc

2020. Jeux, Jeux, Jeux. Ils sont notre priorité. Nous ne devrions même pas avoir de cours, mais perdre l’année complète était difficilement envisageable. Entre les compétitions et les stages, on essaie de travailler une matière, garder un rythme. Difficile, surtout quand on connait l’ambiance d’une année comme celle-ci à l’INSEP. Tout le monde ne parle que de ça et ne vit que pour ça.

La vie, tout en synchro

Décrocher sa qualification olympique en natation synchronisée relève d’un parcours de combattantes. Les places sont chères, contrairement aux championnats du monde où une grande partie des nations sont présentes. Notre duo a de bonnes chances de se qualifier, mais le plus complexe reste l’épreuve par équipe. La dernière fois qu’une équipe de France de synchro était présente aux Jeux, c’était il y a 20 ans. Une éternité. Alors si on a le choix entre un top 5 olympique et un podium mondial, nous n’hésiterions pas longtemps.

Pendant ces quelques jours d’été, notre sport reçoit une lumière rare, et bienvenue. On aimerait être plus vu à la télé, que le grand public comprenne ce que l’on fait. Peut-être n’obtenons nous pas assez de bons résultats pour faire parler de nous. Les résultats sont souvent les mêmes, parce que la Russie et la Chine sont au-dessus du lot. L’Espagne les a peut-être battues une fois dans les 20 dernières années. Autant dire que ce n’arrive pas tous les jours. De notre côté, on tente de se faire une place au milieu des autres nations.

Notre vie tourne autour de la synchro. En dehors de quelques semaines en été, le calendrier est chargé. Notre corps est mis à rude épreuve par 40 heures d’entraînement par semaine. La gymnastique nous ressemble, parce que les filles performent souvent très tôt. Quand tu commences, dès 16 ans, à être sur le devant de la scène, la retraite sportive arrive rapidement. La fatigue mentale et physique s’accumule, et vers 27 ans beaucoup arrêtent. On donne tellement à notre sport qu’on a envie de voir autre chose, en-dehors des piscines. Pour nous, terminer nos études sera la prochaine étape ; débuter notre deuxième vie.

Les Jeux de Paris seront certainement notre dernière compétition. C’est l’objectif final. L’équipe serait forcément qualifiée, alors nager devant nos familles, nos amis et la France entière, sonnerait comme une fin de carrière parfaite.

En 2024, nous aurons 25 ans. Ce qui signifie terminer nos études à 28. Il sera temps de penser à nous et notre futur. Notre deuxième vie.

Charlotte & Laura.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Jumelles dans la vie, duo dans les bassins. Charlotte et Laura Tremble représentent actuellement ce que la natation synchronisée française fait de mieux. Confiantes à l’idée de porter les couleurs bleues l’été prochain, ces sœurs n’oublient pas que le sport n’a qu’un temps. Dès que l’occasion se présente, les deux nageuses s’attachent à construire les bases d’un futur rêvé loin de l’eau. Pour que prendre son envol prenne sens.

Charlotte et Laura Tremble assises sur des escaliers dans un parc près de l'INSEP à Vincennes
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Charlotte & Laura Tremble
• Nées le 4 juin 1999, 21 ans
• Natation synchronisée

Nous, c’est Charlotte et Laura, athlètes de haut niveau à temps plein et étudiantes. Notre vie se partage entre les bouquins de physique-chimie et les bassins de synchro.

On entend parfois que nous ne sommes que des filles à paillettes, qui sourient dans l’eau. Si seulement… Chaque jour, nous y passons 7 heures, sans gagner notre vie et en faisant des études. Certaines surveillent même des piscines le soir après l’entraînement, pour mettre de côté. Oui, c’est dur parfois. Mais nous savons à quel point nous avons de la chance d’être là

Certains profs ne comprenaient pas ce que nous vivions

Abandonner les études n’a jamais été une option. Sans l’INSEP, nous aurions peut-être même lâché la synchro. A l’aube de notre 1ère S, nous jonglions entre le lycée chez nous, à Senlis (Oise), et l’entraînement à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Nos parents ont fait beaucoup de sacrifices dans le seul but de nous permettre de vivre notre rêve à fond. Ils faisaient le trajet entre la maison et la piscine 4 ou 5 fois par semaine. On leur doit beaucoup. D’autant que nous rentrions à plus de 22h, sans que la journée ne soit terminée.

Nos profs de Seconde ne comprenaient pas vraiment ce qu’impliquait la pratique d’un sport à haut niveau. Certains nous donnaient des devoirs le jour pour le lendemain, sans prévenir… Il est arrivé que les notes ne volent pas haut. Le 0,25 en espagnol, on s’en souvient. Quelque chose devait changer afin que nous puissions continuer à mêler études et sport, sans arrêter l’un des deux. L’INSEP est arrivée à point nommé, et tout s’est équilibré.

A cette période, nous étions encore mineures. A 23 heures, les lumières et la Wi-Fi s’éteignaient. Il fallait sortir des bâtiments discrètement pour pouvoir envoyer nos devoirs. Un vrai casse-tête, mais on s’est créé des souvenirs de fou. Une question d’organisation finalement, et on s’est vite adapté.

Les études, c’est comme une rupture dans la semaine. Nous sommes en 2ème année de licence de physique-chimie à la Sorbonne Université. Nous allons rarement sur le campus de la fac, étant donné qu’une grande partie de nos cours ont lieu chez nous, à l’INSEP. Le programme est adapté aux athlètes de haut niveau, ce qui fait que nous sommes en 2ème année, 4 ans après avoir passées le bac. La première année, nous avions tenté de prendre trois matières par semestre. Sans mauvais jeu de mots, on s’est retrouvé sous l’eau.

Nous pouvons nous tromper de chemin, comme n’importe qui

Suivre les cours à l’INSEP est un luxe. Notre fac a mis en place un parcours spécialement adapté aux sportifs, en vue des Jeux. La qualité de travail est incomparable. Il y a quelques temps encore, on mangeait en conduisant et en travaillant. Nous faisions tout pour gagner du temps. Cohabiter avec d’autres sportifs permet aussi de comprendre les problématiques que chacun peut vivre. On est tous dans le même bain, on se soutient, on s’entraide. Certains n’arrivent pas au bout des études, parce qu’ils n’y consacrent pas assez de temps, ou qu’ils choisissent une autre voie. Avant d’être athlète, nous sommes des gens lambda. Et comme n’importe qui, il nous arrive de nous tromper.

Notre objectif professionnel est très clair. On se bat pour ça, à fond, tête baissée. Parfois, on aimerait bien se calmer un peu. Mais si nous ne faisions pas ça, que ferions-nous ? On aime trop ce que l’on vit, et ce que l’on vise. Notre rêve serait de travailler dans l’aéronautique. Une école d’ingénieur post-licence représente comme un idéal. Notre petit-frère nous sert de guide dans cette direction. Lui et nos parents nous ramenaient des informations de portes ouvertes et salons pour que nous nous faisions une idée de ce qui nous attendait. Sauf que c’est encore loin. Affirmer que cette deuxième vie occupe nos pensées serait mentir. Cette année encore davantage, notre esprit se focalise sur l’échéance ultime.

Charlotte et Laura Tremble posent près d'arbustes dans un parc

2020. Jeux, Jeux, Jeux. Ils sont notre priorité. Nous ne devrions même pas avoir de cours, mais perdre l’année complète était difficilement envisageable. Entre les compétitions et les stages, on essaie de travailler une matière, garder un rythme. Difficile, surtout quand on connait l’ambiance d’une année comme celle-ci à l’INSEP. Tout le monde ne parle que de ça et ne vit que pour ça.

La vie, tout en synchro

Décrocher sa qualification olympique en natation synchronisée relève d’un parcours de combattantes. Les places sont chères, contrairement aux championnats du monde où une grande partie des nations sont présentes. Notre duo a de bonnes chances de se qualifier, mais le plus complexe reste l’épreuve par équipe. La dernière fois qu’une équipe de France de synchro était présente aux Jeux, c’était il y a 20 ans. Une éternité. Alors si on a le choix entre un top 5 olympique et un podium mondial, nous n’hésiterions pas longtemps.

Pendant ces quelques jours d’été, notre sport reçoit une lumière rare, et bienvenue. On aimerait être plus vu à la télé, que le grand public comprenne ce que l’on fait. Peut-être n’obtenons nous pas assez de bons résultats pour faire parler de nous. Les résultats sont souvent les mêmes, parce que la Russie et la Chine sont au-dessus du lot. L’Espagne les a peut-être battues une fois dans les 20 dernières années. Autant dire que ce n’arrive pas tous les jours. De notre côté, on tente de se faire une place au milieu des autres nations.

Notre vie tourne autour de la synchro. En dehors de quelques semaines en été, le calendrier est chargé. Notre corps est mis à rude épreuve par 40 heures d’entraînement par semaine. La gymnastique nous ressemble, parce que les filles performent souvent très tôt. Quand tu commences, dès 16 ans, à être sur le devant de la scène, la retraite sportive arrive rapidement. La fatigue mentale et physique s’accumule, et vers 27 ans beaucoup arrêtent. On donne tellement à notre sport qu’on a envie de voir autre chose, en-dehors des piscines. Pour nous, terminer nos études sera la prochaine étape; débuter notre deuxième vie.

Les Jeux de Paris seront certainement notre dernière compétition. C’est l’objectif final. L’équipe serait forcément qualifiée, alors nager devant nos familles, nos amis et la France entière, sonnerait comme une fin de carrière parfaite.

En 2024, nous aurons 25 ans. Ce qui signifie terminer nos études à 28. Il sera temps de penser à nous et notre futur. Notre deuxième vie.

Charlotte & Laura.

Charlotte & Laura.

Il est aussi grand que Charlotte & Laura Tremble. Charlotte & Laura Tremble. Je deviens Charlotte & Laura Tremble. Nous serions Charlotte & Laura Tremble. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Charlotte & Laura Tremble. Une boite de lunette détient le grand Charlotte & Laura Tremble. Attention aux impératifs complète Mary. Charlotte & Laura Tremble n'est autre que moi.

Mais qui sont Charlotte et Laura Tremble ?

Nées à Senlis (Oise), Charlotte et Laura Tremble pratiquent la nouvellement baptisée natation artistique, auparavant natation synchronisée. Les deux sœurs découvrent ce sport à l’âge de 6 ans, et leurs performances dans les catégories jeunes marquent les esprits. A 10 ans et alors en pleine ascension le Pôle espoirs d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) leur propose de venir garnir les rangs des futures reines des bassins français. Elles déclineront l’opportunité, privilégiant un environnement familial stable.
Les études font parties intégrantes de la construction en tant qu’athlètes, et femmes, des jumelles. Cela motivera notamment leur candidature pour entrer à l’INSEP, en 1ère S. Solidement accrochées à leur place de numéro une française en duo, Charlotte et Laura sont dorénavant sur le chemin des Jeux Olympiques de Tokyo (Japon). Les deux sœurs s’attachent tout de même à obtenir leur licence de physique-chimie à la Sorbonne Université (Paris) dans les prochaines années.

Jumelles dans la vie, duo dans les bassins. Charlotte et Laura Tremble représentent actuellement ce que la natation synchronisée française fait de mieux. Confiantes à l’idée de porter les couleurs bleues l’été prochain, ces sœurs n’oublient pas que le sport n’a qu’un temps. Dès que l’occasion se présente, les deux nageuses s’attachent à construire les bases d’un futur rêvé loin de l’eau. Pour que prendre son envol prenne sens.

Charlotte et Laura Tremble assises sur des escaliers dans un parc près de l'INSEP à Vincennes
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Charlotte & Laura Tremble
• Nées le 4 juin 1999, 21 ans
• Natation synchronisée

Nous, c’est Charlotte et Laura, athlètes de haut niveau à temps plein et étudiantes. Notre vie se partage entre les bouquins de physique-chimie et les bassins de « synchro ».

On entend parfois que nous ne sommes que des filles à paillettes, qui sourient dans l’eau. Si seulement… Chaque jour, nous y passons 7 heures, sans gagner notre vie et en faisant des études. Certaines surveillent même des piscines le soir après l’entraînement, pour mettre de côté. Oui, c’est dur parfois. Mais nous savons à quel point nous avons de la chance d’être là.

Certains profs ne comprenaient pas ce que nous vivions

Abandonner les études n’a jamais été une option. Sans l’INSEP, nous aurions peut-être même lâché la synchro. A l’aube de notre 1ère S, nous jonglions entre le lycée chez nous, à Senlis (Oise), et l’entraînement à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine). Nos parents ont fait beaucoup de sacrifices dans le seul but de nous permettre de vivre notre rêve à fond. Ils faisaient le trajet entre la maison et la piscine 4 ou 5 fois par semaine. On leur doit beaucoup. D’autant que nous rentrions à plus de 22h, sans que la journée ne soit terminée.

Nos profs de Seconde ne comprenaient pas vraiment ce qu’impliquait la pratique d’un sport à haut niveau. Certains nous donnaient des devoirs le jour pour le lendemain, sans prévenir… Il est arrivé que les notes ne volent pas haut. Le 0,25 en espagnol, on s’en souvient. Quelque chose devait changer afin que nous puissions continuer à mêler études et sport, sans arrêter l’un des deux. L’INSEP est arrivée à point nommé, et tout s’est équilibré.

A cette période, nous étions encore mineures. A 23 heures, les lumières et la Wi-Fi s’éteignaient. Il fallait sortir des bâtiments discrètement pour pouvoir envoyer nos devoirs. Un vrai casse-tête, mais on s’est créé des souvenirs de fou. Une question d’organisation finalement, et on s’est vite adapté.

Les études, c’est comme une rupture dans la semaine. Nous sommes en 2ème année de licence de physique-chimie à la Sorbonne Université. Nous allons rarement sur le campus de la fac, étant donné qu’une grande partie de nos cours ont lieu chez nous, à l’INSEP. Le programme est adapté aux athlètes de haut niveau, ce qui fait que nous sommes en 2ème année, 4 ans après avoir passées le bac. La première année, nous avions tenté de prendre trois matières par semestre. Sans mauvais jeu de mots, on s’est retrouvé sous l’eau.

Nous pouvons nous tromper de chemin, comme n’importe qui

Suivre les cours à l’INSEP est un luxe. Notre fac a mis en place un parcours spécialement adapté aux sportifs, en vue des Jeux. La qualité de travail est incomparable. Il y a quelques temps encore, on mangeait en conduisant et en travaillant. Nous faisions tout pour gagner du temps. Cohabiter avec d’autres sportifs permet aussi de comprendre les problématiques que chacun peut vivre. On est tous dans le même bain, on se soutient, on s’entraide. Certains n’arrivent pas au bout des études, parce qu’ils n’y consacrent pas assez de temps, ou qu’ils choisissent une autre voie. Avant d’être athlète, nous sommes des gens lambda. Et comme n’importe qui, il nous arrive de nous tromper.

Notre objectif professionnel est très clair. On se bat pour ça, à fond, tête baissée. Parfois, on aimerait bien se calmer un peu. Mais si nous ne faisions pas ça, que ferions-nous ? On aime trop ce que l’on vit, et ce que l’on vise. Notre rêve serait de travailler dans l’aéronautique. Une école d’ingénieur post-licence représente comme un idéal. Notre petit-frère nous sert de guide dans cette direction. Lui et nos parents nous ramenaient des informations de portes ouvertes et salons pour que nous nous faisions une idée de ce qui nous attendait. Sauf que c’est encore loin. Affirmer que cette deuxième vie occupe nos pensées serait mentir. Cette année encore davantage, notre esprit se focalise sur l’échéance ultime.

Charlotte et Laura Tremble posent près d'arbustes dans un parc

2020. Jeux, Jeux, Jeux. Ils sont notre priorité. Nous ne devrions même pas avoir de cours, mais perdre l’année complète était difficilement envisageable. Entre les compétitions et les stages, on essaie de travailler une matière, garder un rythme. Difficile, surtout quand on connait l’ambiance d’une année comme celle-ci à l’INSEP. Tout le monde ne parle que de ça et ne vit que pour ça.

La vie, tout en synchro

Décrocher sa qualification olympique en natation synchronisée relève d’un parcours de combattantes. Les places sont chères, contrairement aux championnats du monde où une grande partie des nations sont présentes. Notre duo a de bonnes chances de se qualifier, mais le plus complexe reste l’épreuve par équipe. La dernière fois qu’une équipe de France de synchro était présente aux Jeux, c’était il y a 20 ans. Une éternité. Alors si on a le choix entre un top 5 olympique et un podium mondial, nous n’hésiterions pas longtemps.

Pendant ces quelques jours d’été, notre sport reçoit une lumière rare, et bienvenue. On aimerait être plus vu à la télé, que le grand public comprenne ce que l’on fait. Peut-être n’obtenons nous pas assez de bons résultats pour faire parler de nous. Les résultats sont souvent les mêmes, parce que la Russie et la Chine sont au-dessus du lot. L’Espagne les a peut-être battues une fois dans les 20 dernières années. Autant dire que ce n’arrive pas tous les jours. De notre côté, on tente de se faire une place au milieu des autres nations.

Notre vie tourne autour de la synchro. En dehors de quelques semaines en été, le calendrier est chargé. Notre corps est mis à rude épreuve par 40 heures d’entraînement par semaine. La gymnastique nous ressemble, parce que les filles performent souvent très tôt. Quand tu commences, dès 16 ans, à être sur le devant de la scène, la retraite sportive arrive rapidement. La fatigue mentale et physique s’accumule, et vers 27 ans beaucoup arrêtent. On donne tellement à notre sport qu’on a envie de voir autre chose, en-dehors des piscines. Pour nous, terminer nos études sera la prochaine étape ; débuter notre deuxième vie.

Les Jeux de Paris seront certainement notre dernière compétition. C’est l’objectif final. L’équipe serait forcément qualifiée, alors nager devant nos familles, nos amis et la France entière, sonnerait comme une fin de carrière parfaite.

En 2024, nous aurons 25 ans. Ce qui signifie terminer nos études à 28. Il sera temps de penser à nous et notre futur. Notre deuxième vie.

Charlotte & Laura.

Charlotte & Laura.

Il est aussi grand que Charlotte & Laura Tremble. Charlotte & Laura Tremble. Je deviens Charlotte & Laura Tremble. Nous serions Charlotte & Laura Tremble. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Charlotte & Laura Tremble. Une boite de lunette détient le grand Charlotte & Laura Tremble. Attention aux impératifs complète Mary. Charlotte & Laura Tremble n'est autre que moi.