Axelle Etienne, tout d’une grande

2 mars 2020

Axelle Etienne, tout d’une grande

 

2 mars 2020

Axelle Etienne, tout d’une grande

2 mars 2020

La vie d’une pilote ne ressemble à aucune autre. Perchée sur son BMX, Axelle Etienne est une personnalité truculente, que le changement mensuel de coupe de cheveux illustre parfaitement. Marquée par des blessures dont la violence aurait pu avoir raison de son amour pour sa discipline, la voici en quête d’une qualification olympique. Portrait. 

Être visible par le plus grand nombre. Cet objectif, de nombreux sports souhaiterait l’atteindre, tant le fait de vivre de sa pratique dépend de la faculté à atteindre de nouveaux fanatiques. Malgré les efforts répétés des institutions en charge du développement économique, médiatique et structurel, un grand nombre de disciplines restent méconnues du grand public.

De ce constat découle une autre réalité : les athlètes dépassent dans de nombreux cas le cadre de leur sport. Ils représentent un levier d’exposition exponentiel par le partage de leur actualité sur les plateformes en ligne. Axelle Etienne en est une des exemples.

Ce nom vous est peut-être encore inconnu. Pour l’instant, rien de grave, l’erreur devrait être réparée d’ici quelques mois. A l’aube des seconds Jeux Olympiques organisés sur les terres du Pays du Soleil-Levant, la jeune Française aspire à participer à la plus grande compétition sportive sur la planète. Cette dernière lui avait en effet glissée entre les doigts en 2016. Une triple fracture de la cheville l’avait alors contrainte à ne disposer « que » d’un statut de remplaçante derrière sa compatriote Manon Valentino.

La blessure, ou l’ennemi permanent du pilote

« Que », parce qu’en août 2016, Axelle Etienne n’était âgée que de 18 ans. A l’heure où certaines et certains athlètes continuent de se faire les dents dans les catégories juniors, elle ose avouer sa déception de ne pas avoir pu se confronter à l’élite de la discipline : « J’étais extrêmement déçue. Je courais encore en catégorie junior à ce moment-là, donc une médaille était difficilement envisageable. Mais je pense que j’avais le niveau pour atteindre la finale ». Ce n’était que partie remise.

Aujourd’hui, à 22 ans, la cadette du groupe France possède déjà une expérience de près de 10 ans au plus haut niveau du BMX mondial. Axelle Etienne n’en est pas moins une de ces personnalités simples, souriantes, et dotée d’une humilité rare. Sous l’immense toit de la piste de BMX du Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines), la médaillée de bronze des derniers championnats du monde répète encore et encore des gestes qui semblent maîtrisés à la perfection. Seule, avec son entraîneur. Comme chaque jour. Parce qu’en cette année olympique, le temps pourrait bien valoir de l’or.

pilote de bmx axelle etienne prend un virage relevé à Saint Quentin en Yvelines

Du temps, Axelle Etienne estime en avoir suffisamment perdue depuis son passage chez les « grands », la faute à de nombreuses blessures. Ces dernières font partie intégrante d’une carrière d’une pilote, et sont accueillies avec un certain fatalisme par l’ensemble du plateau mondial. « C’est comme ça. En BMX, on joue des coudes et on décolle souvent sur plusieurs mètres. Alors la moindre déconcentration peut avoir des conséquences disproportionnées », concède-t-elle.

Difficile donc d’imaginer une carrière sans obstacle physique. La discipline en a même parfois subi les conséquences, comme pendant les Jeux de Rio (Brésil) en 2016. Alors que deux des trois françaises se blessent en amont de la compétition (Axelle Etienne et Laetitia Le Corguillé), l’unique représentante tricolore, Manon Valentino chute lourdement en finale. Même résultat chez les hommes, où les trois français Joris Daudet, Amidou Mir et Jérémy Rencurel sont contraints à l’abandon aux portes de l’ultime course. Ces chutes violentes sont venues ternir l’image d’un sport qui n’en avait pas besoin. Le BMX continue néanmoins de séduire, et doit se baser sur le spectaculaire pour attirer, selon Axelle Etienne : « C’est un sport extrême, ça va vite avec des sauts impressionnants ! Et puis les courses sont courtes, donc facilement regardables ». 

Une précocité rare, une humilité authentique

Impressionnante fut aussi son ascension vers le plus haut niveau. Déjà perçue par un grand nombre d’observateurs comme une future « crack » du BMX mondial dès ses 15 ans, chez les cadettes, Axelle Etienne a rapidement confirmé les espoirs placés en elle. A un an des Jeux Olympiques en 2016, la désormais junior rafle tout. En à peine un mois, elle devient championne de France, d’Europe et du monde de sa catégorie. Difficile de rêver plus grand.

Les louanges pleuvent devant un tel talent. La France voit déjà en elle la digne successeur de la dernière championne olympique de la discipline, Anne-Caroline Chausson. Depuis toujours, Axelle Etienne a donc fait l’objet d’une attention particulière, mais sait garder les pieds sur terre: « Je n’entends jamais ça dans mon entourage parce que j’ai toujours été plus grande que mon âge. Je n’ai jamais eu l’image de la petite jeune qui débarque. On me dit parfois « Ah tu n’as que 21 ans » ou ce genre de choses, mais je ne m’en préoccupe pas ».

Depuis, la Bleue n’a eu de cesse de consolider sa place de solide prétendante au titre honorifique de meilleure Française. Montée sur les trois derniers podiums des championnats de France, elle s’est notamment imposée en 2017 à Bordeaux. De quoi renforcer encore un peu plus sa position de leader de l’équipe de France en route vers Paris 2024. Malgré une grosse blessure qui l’empêche de rouler pendant la majorité de la saison 2018 et une partie de la saison 2019, Axelle Etienne surprend tout le monde et décroche la médaille de bronze des championnats du monde de Zolder (Belgique). Situation encore inespérée quelques mois plus tôt, alors que la jeune pilote cherchait à retrouver des sensations sur son vélo.

pilote de bmx axelle etienne avec son maillot de l'équipe de France

Celle qui réside désormais à quelques encablures du Vélodrome National, a débuté le BMX grâce à son grand-frère Patrick. Dès l’âge de 8 ans, la voilà lancée sur les bosses de terre, chassant la victoire. La lutte avec les autres concurrentes l’anime déjà. Compétitrice dans l’âme, Axelle Etienne n’a jamais remis en question son amour pour le BMX. Elle peut aujourd’hui en vivre décemment, notamment grâce à sa participation au programme de « l’Armée de Champions ». Affectée au bataillon de Joinville à Fontainebleau (Seine-et-Marne), la Française reçoit une aide de la part de l’Etat en échange de visibilité et de formations pour l’armée. De quoi rendre fière la pilote de 22 ans. Elle fait en effet partie des premières de son sport à être sélectionnée par l’armée pour la représenter. Ce dispositif lui permet d’envisager plus sereinement le présent et l’avenir, qui s’écrit en pointillés chez certains athlètes.

Après le BMX, devenir kiné pour réparer et aider les autres

L’avenir, Axelle Etienne n’a cependant pas tardé à le préparer. Alors qu’elle tente de se qualifier pour les JO 2016, la native de Bondy (Seine-Saint-Denis) décroche son baccalauréat scientifique. Une véritable leçon de détermination lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles ces jeunes athlètes tentent de suivre des cours. Sa blessure lui aurait même permise de réviser en amont de l’examen et d’obtenir le précieux sésame, première pierre d’un édifice centré sur la kinésithérapie. Même si elle concède bien volontiers ne pas penser à autre chose que le BMX, Axelle Etienne sait que toute carrière de haut niveau à une fin. Et pour prévenir cela, la pilote effectue presque chaque semaine six minutes de trottinette pour assister aux cours de première année.

Sa vie, rythmée par les entraînements et les compétitions à travers le monde, complique le suivi régulier d’une formation diplômante. A l’instar d’autres athlètes, elle dédouble ses années pour, un jour, pouvoir exercer la kinésithérapie : « Chaque année scolaire dure deux ans, pour pouvoir tout mener de front. Je ne sais pas combien durera mon cursus, qui se passe normalement en 4 ans. J’en ai encore pour longtemps je pense » reconnait avec le sourire une des leaders de l’équipe de France de BMX.

Ce sourire ne quitte jamais Axelle Etienne. Il serait même, selon elle, sa principale qualité. Un véritable atout pour se prêter au jeu des photos en fin d’entraînement. Lorsqu’elle ne pilote pas, la membre du bataillon de Joinville s’empresse de prendre son appareil pour photographier ses compagnons de stage et de course. Mais elle se place rarement devant l’objectif, à son grand désarroi, elle qui affectionne tant cet exercice. De quoi lui donner une motivation supplémentaire pour monter sur un podium olympique, sous les flashs des photographes ? Réponse cet été, en terres tokyoïtes.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

La vie d’une pilote ne ressemble à aucune autre. Perchée sur son BMX, Axelle Etienne est une personnalité truculente, que le changement mensuel de coupe de cheveux illustre parfaitement. Marquée par des blessures dont la violence aurait pu avoir raison de son amour pour sa discipline, la voici en quête d’une qualification olympique. Portrait. 

portrait d'axelle etienne lors d'un entrainement à Saint Quentin En Yvelines
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Axelle Etienne

• Née le 26 mars 1998
• BMX

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Être visible par le plus grand nombre. Cet objectif, de nombreux sports souhaiteraient l’atteindre, tant le fait de vivre de sa pratique dépend de la faculté à atteindre de nouveaux fanatiques. Malgré les efforts répétés des institutions en charge du développement économique, médiatique et structurel, un grand nombre de disciplines restent méconnues du grand public.

De ce constat découle une autre réalité : les athlètes dépassent dans de nombreux cas le cadre de leur sport. Ils représentent un levier d’exposition exponentiel par le partage de leur actualité sur les plateformes en ligne. Axelle Etienne en est une des exemples.

Ce nom vous est peut-être encore inconnu. Pour l’instant, rien de grave, l’erreur devrait être réparée d’ici quelques mois. A l’aube des seconds Jeux Olympiques organisés sur les terres du Pays du Soleil-Levant, la jeune Française aspire à participer à la plus grande compétition sportive sur la planète. Cette dernière lui avait en effet glissée entre les doigts en 2016. Une triple fracture de la cheville l’avait alors contrainte à ne disposer « que » d’un statut de remplaçante derrière sa compatriote Manon Valentino.

La blessure, ou l’ennemi permanent du pilote

« Que », parce qu’en août 2016, Axelle Etienne n’était âgée que de 18 ans. A l’heure où certaines et certains athlètes continuent de se faire les dents dans les catégories juniors, elle ose avouer sa déception de ne pas avoir pu se confronter à l’élite de la discipline : « J’étais extrêmement déçue. Je courais encore en catégorie junior à ce moment-là, donc une médaille était difficilement envisageable. Mais je pense que j’avais le niveau pour atteindre la finale ». Ce n’était que partie remise.

Aujourd’hui, à presque 22 ans, la cadette du groupe France possède déjà une expérience de près de 10 ans au plus haut niveau du BMX mondial. Axelle Etienne n’en est pas moins une de ces personnalités simples, souriantes, et dotée d’une humilité rare. Sous l’immense toit de la piste de BMX du Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines), la médaillée de bronze des derniers championnats du monde répète encore et encore des gestes qui semblent maîtrisés à la perfection. Seule, avec son entraîneur. Comme chaque jour. Parce qu’en cette année olympique, le temps pourrait bien valoir de l’or.

Du temps, Axelle Etienne estime en avoir suffisamment perdue depuis son passage chez les « grands », la faute à de nombreuses blessures. Ces dernières font partie intégrante d’une carrière d’une pilote, et sont accueillies avec un certain fatalisme par l’ensemble du plateau mondial. « C’est comme ça. En BMX, on joue des coudes et on décolle souvent sur plusieurs mètres. Alors la moindre déconcentration peut avoir des conséquences disproportionnées », concède-t-elle.

Difficile donc d’imaginer une carrière sans obstacle physique. La discipline en a même parfois subi les conséquences, comme pendant les Jeux de Rio (Brésil) en 2016. Alors que deux des trois françaises se blessent en amont de la compétition (Axelle Etienne et Laetitia Le Corguillé), l’unique représentante tricolore, Manon Valentino chute lourdement en finale. Même résultat chez les hommes, où les trois français Joris Daudet, Amidou Mir et Jérémy Rencurel sont contraints à l’abandon aux portes de l’ultime course. Ces chutes violentes sont venues ternir l’image d’un sport qui n’en avait pas besoin. Le BMX continue néanmoins de séduire, et doit se baser sur le spectaculaire pour attirer, selon Axelle Etienne : « C’est un sport extrême, ça va vite avec des sauts impressionnants ! Et puis les courses sont courtes, donc facilement regardables ». 

Une précocité rare, une humilité authentique

Impressionnante fut aussi son ascension vers le plus haut niveau. Déjà perçue par un grand nombre d’observateurs comme une future « crack » du BMX mondial dès ses 15 ans, chez les cadettes, Axelle Etienne a rapidement confirmé les espoirs placés en elle. A un an des Jeux Olympiques en 2016, la désormais junior rafle tout. En à peine un mois, elle devient championne de France, d’Europe et du monde de sa catégorie. Difficile de rêver plus grand.

Les louanges pleuvent devant un tel talent. La la France voit déjà en elle la digne successeur de la dernière championne olympique de la discipline, Anne-Caroline Chausson. Depuis toujours, Axelle Etienne a donc fait l’objet d’une attention particulière, mais sait garder les pieds sur terre: « Je n’entends jamais ça dans mon entourage parce que j’ai toujours été plus grande que mon âge. Je n’ai jamais eu l’image de la petite jeune qui débarque. On me dit parfois « Ah tu n’as que 21 ans » ou ce genre de choses, mais je ne m’en préoccupe pas ».

Depuis, la Bleue n’a eu de cesse de consolider sa place de solide prétendante au titre honorifique de meilleure Française. Montée sur les trois derniers podiums des championnats de France, elle s’est notamment imposée en 2017 à Bordeaux. De quoi renforcer encore un peu plus sa position de leader de l’équipe de France en route vers Paris 2024. Malgré une grosse blessure qui l’empêche de rouler pendant la majorité de la saison 2018 et une partie de la saison 2019, Axelle Etienne surprend tout le monde et décroche la médaille de bronze des championnats du monde de Zolder (Belgique). Situation encore inespérée quelques mois plus tôt, alors que la jeune pilote cherchait à retrouver des sensations sur son vélo.

pilote de bmx axelle etienne avec son maillot de l'équipe de France

Celle qui réside désormais à quelques encablures du Vélodrome National, a débuté le BMX grâce à son grand-frère Patrick. Dès l’âge de 8 ans, la voilà lancée sur les bosses de terre, chassant la victoire. La lutte avec les autres concurrentes l’anime déjà. Compétitrice dans l’âme, Axelle Etienne n’a jamais remis en question son amour pour le BMX. Elle peut aujourd’hui en vivre décemment, notamment grâce à sa participation au programme de « l’Armée de Champions ». Affectée au bataillon de Joinville à Fontainebleau (Seine-et-Marne), la Française reçoit une aide de la part de l’Etat en échange de visibilité et de formations pour l’armée. De quoi rendre fière la pilote de 22 ans. Elle fait en effet partie des premières de son sport à être sélectionnée par l’armée pour la représenter. Ce dispositif lui permet d’envisager plus sereinement le présent et l’avenir, qui s’écrit en pointillés chez certains athlètes.

Après le BMX, devenir kiné pour réparer et aider les autres

L’avenir, Axelle Etienne n’a cependant pas tardé à le préparer. Alors qu’elle tente de se qualifier pour les JO 2016, la native de Bondy (Seine-Saint-Denis) décroche son baccalauréat scientifique. Une véritable leçon de détermination lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles ces jeunes athlètes tentent de suivre des cours. Sa blessure lui aurait même permise de réviser en amont de l’examen et d’obtenir le précieux sésame, première pierre d’un édifice centré sur la kinésithérapie. Même si elle concède bien volontiers ne pas penser à autre chose que le BMX, Axelle Etienne sait que toute carrière de haut niveau à une fin. Et pour prévenir cela, la pilote effectue presque chaque semaine six minutes de trottinette pour assister aux cours de première année.

Sa vie, rythmée par les entraînements et les compétitions à travers le monde, complique le suivi régulier d’une formation diplômante. A l’instar d’autres athlètes, elle dédouble ses années pour, un jour, pouvoir exercer la kinésithérapie : « Chaque année scolaire dure deux ans, pour pouvoir tout mener de front. Je ne sais pas combien durera mon cursus, qui se passe normalement en 4 ans. J’en ai encore pour longtemps je pense » reconnait avec le sourire une des leaders de l’équipe de France de BMX.

Ce sourire ne quitte jamais Axelle Etienne. Il serait même, selon elle, sa principale qualité. Un véritable atout pour se prêter au jeu des photos en fin d’entraînement. Lorsqu’elle ne pilote pas, la membre du bataillon de Joinville s’empresse de prendre son appareil pour photographier ses compagnons de stage et de course. Mais elle se place rarement devant l’objectif, à son grand désarroi, elle qui affectionne tant cet exercice. De quoi lui donner une motivation supplémentaire pour monter sur un podium olympique, sous les flashs des photographes ? Réponse cet été, en terres tokyoïtes.

Mais qui est Axelle Etienne ?

Membre du pôle France de BMX de Saint-Quentin-en-Yvelines, Axelle Etienne pilote depuis l’âge de 8 ans. Elle représente le présent et le futur de l’équipe de France, et devrait atteindre la pleine mesure de ses moyens pour les Jeux Olympiques de Paris en 2024. Malgré une progression freinée par des blessures depuis 2016, elle parvient en 2019 à décrocher une médaille de bronze inattendue aux championnats du monde de Zolder (Belgique). Humble à l’heure d’évoquer ses performances, Axelle Etienne est une acharnée du travail, toujours avec le sourire. Sa vie se partage entre BMX et études de kinésithérapie, qu’elle mène en marge de sa discipline.

Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

La vie d’une pilote ne ressemble à aucune autre. Perchée sur son BMX, Axelle Etienne est une personnalité truculente, que le changement mensuel de coupe de cheveux illustre parfaitement. Marquée par des blessures dont la violence aurait pu avoir raison de son amour pour sa discipline, la voici en quête d’une qualification olympique. Portrait. 

portrait d'axelle etienne lors d'un entrainement à Saint Quentin En Yvelines
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Axelle Etienne

• Née le 26 mars 1998
• BMX

Être visible par le plus grand nombre. Cet objectif, de nombreux sports souhaiteraient l’atteindre, tant le fait de vivre de sa pratique dépend de la faculté à atteindre de nouveaux fanatiques. Malgré les efforts répétés des institutions en charge du développement économique, médiatique et structurel, un grand nombre de disciplines restent méconnues du grand public.

De ce constat découle une autre réalité : les athlètes dépassent dans de nombreux cas le cadre de leur sport. Ils représentent un levier d’exposition exponentiel par le partage de leur actualité sur les plateformes en ligne. Axelle Etienne en est une des exemples.

Ce nom vous est peut-être encore inconnu. Pour l’instant, rien de grave, l’erreur devrait être réparée d’ici quelques mois. A l’aube des seconds Jeux Olympiques organisés sur les terres du Pays du Soleil-Levant, la jeune Française aspire à participer à la plus grande compétition sportive sur la planète. Cette dernière lui avait glissée entre les doigts en 2016. Une triple fracture de la cheville l’avait alors contrainte à ne disposer « que » d’un statut de remplaçante derrière sa compatriote Manon Valentino.

La blessure ou l’ennemi permanent du pilote

« Que », parce qu’en août 2016, Axelle Etienne n’était âgée que de 18 ans. A l’heure où certaines et certains athlètes continuent de se faire les dents dans les catégories juniors, elle ose avouer sa déception de ne pas avoir pu se confronter à l’élite de la discipline : « J’étais extrêmement déçue. Je courais encore en catégorie junior à ce moment-là, donc une médaille était difficilement envisageable. Mais je pense que j’avais le niveau pour atteindre la finale ». Ce n’était que partie remise.

Aujourd’hui, à presque 22 ans, la cadette du groupe France possède déjà une expérience de près de 10 ans au plus haut niveau du BMX mondial. Axelle Etienne n’en est pas moins une de ces personnalités simples, souriantes, et dotée d’une humilité rare. Sous l’immense toit de la piste de BMX du Vélodrome National de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines), la médaillée de bronze des derniers championnats du monde répète encore et encore des gestes qui semblent maîtrisés à la perfection. Seule, avec son entraîneur. Comme chaque jour. Parce qu’en cette année olympique, le temps pourrait bien valoir de l’or.

pilote de bmx axelle etienne prend un virage relevé à Saint Quentin en Yvelines

Du temps, Axelle Etienne estime en avoir suffisamment perdue depuis son passage chez les « grands », la faute à de nombreuses blessures. Ces dernières font partie intégrante d’une carrière d’une pilote, et sont accueillies avec un certain fatalisme par l’ensemble du plateau mondial. « C’est comme ça. En BMX, on joue des coudes et on décolle souvent sur plusieurs mètres. Alors la moindre déconcentration peut avoir des conséquences disproportionnées », concède-t-elle.

Difficile donc d’imaginer une carrière sans obstacle physique. La discipline en a même parfois subi les conséquences, comme pendant les Jeux de Rio (Brésil) en 2016. Alors que deux des trois françaises se blessent en amont de la compétition (Axelle Etienne et Laetitia Le Corguillé), l’unique représentante tricolore, Manon Valentino chute lourdement en finale. Même résultat chez les hommes, où les trois français Joris Daudet, Amidou Mir et Jérémy Rencurel sont contraints à l’abandon aux portes de l’ultime course. Ces chutes violentes sont venues ternir l’image d’un sport qui n’en avait pas besoin. Le BMX continue néanmoins de séduire, et doit se baser sur le spectaculaire pour attirer, selon Axelle Etienne : « C’est un sport extrême, ça va vite avec des sauts impressionnants ! Et puis les courses sont courtes, donc facilement regardables ». 

Une précocité rare, une humilité authentique

Impressionnante fut aussi son ascension vers le plus haut niveau. Déjà perçue par un grand nombre d’observateurs comme une future « crack » du BMX mondial dès ses 15 ans, chez les cadettes, Axelle Etienne a rapidement confirmé les espoirs placés en elle. A un an des Jeux Olympiques en 2016, la désormais junior rafle tout. En à peine un mois, elle devient championne de France, d’Europe et du monde de sa catégorie. Difficile de rêver plus grand.

Les louanges pleuvent devant un tel talent, et la France voit déjà en elle la digne successeur de la dernière championne olympique de la discipline, Anne-Caroline Chausson. Depuis toujours, Axelle Etienne a donc fait l’objet d’une attention particulière, mais sait garder les pieds sur terre: « Je n’entends jamais ça dans mon entourage parce que j’ai toujours été plus grande que mon âge. Je n’ai jamais eu l’image de la petite jeune qui débarque. On me dit parfois « Ah tu n’as que 21 ans » ou ce genre de choses, mais je ne m’en préoccupe pas ».

Depuis, la Bleue n’a eu de cesse de consolider sa place de solide prétendante au titre honorifique de meilleure Française. Montée sur les trois derniers podiums des championnats de France, elle s’est notamment imposée en 2017 à Bordeaux. De quoi renforcer encore un peu plus sa position de leader de l’équipe de France en route vers Paris 2024. Malgré une grosse blessure qui l’empêche de rouler pendant la majorité de la saison 2018 et une partie de la saison 2019, Axelle Etienne surprend tout le monde et décroche la médaille de bronze des championnats du monde de Zolder (Belgique). Situation encore inespérée quelques mois plus tôt, alors que la jeune pilote cherchait à retrouver des sensations sur son vélo.

pilote de bmx axelle etienne avec son maillot de l'équipe de France

Celle qui réside désormais à quelques encablures du Vélodrome National, a débuté le BMX grâce à son grand-frère Patrick. Dès l’âge de 8 ans, la voilà lancée sur les bosses de terre, chassant la victoire. La lutte avec les autres concurrentes l’anime déjà. Compétitrice dans l’âme, Axelle Etienne n’a jamais remis en question son amour pour le BMX. Elle peut aujourd’hui en vivre décemment, notamment grâce à sa participation au programme de « l’Armée de Champions ». Affectée au bataillon de Joinville à Fontainebleau (Seine-et-Marne), la Française reçoit une aide de la part de l’Etat en échange de visibilité et de formations pour l’armée. De quoi rendre fière la pilote de 22 ans. Elle fait en effet partie des premières de son sport à être sélectionnée par l’armée pour la représenter. Ce dispositif lui permet d’envisager plus sereinement le présent et l’avenir, qui s’écrit en pointillés chez certains athlètes.

Après le BMX, devenir kiné pour aider et réparer les autres

L’avenir, Axelle Etienne n’a cependant pas tardé à le préparer. Alors qu’elle tente de se qualifier pour les JO 2016, la native de Bondy (Seine-Saint-Denis) décroche son baccalauréat scientifique. Une véritable leçon de détermination lorsque l’on connaît les conditions dans lesquelles ces jeunes athlètes tentent de suivre des cours. Sa blessure lui aurait même permise de réviser en amont de l’examen et d’obtenir le précieux sésame, première pierre d’un édifice centré sur la kinésithérapie. Même si elle concède bien volontiers ne pas penser à autre chose que le BMX, Axelle Etienne sait que toute carrière de haut niveau à une fin. Et pour prévenir cela, la pilote effectue presque chaque semaine six minutes de trottinette pour assister aux cours de première année.

Sa vie, rythmée par les entraînements et les compétitions à travers le monde, complique le suivi régulier d’une formation diplômante. A l’instar d’autres athlètes, elle dédouble ses années pour, un jour, pouvoir exercer la kinésithérapie : « Chaque année scolaire dure deux ans, pour pouvoir tout mener de front. Je ne sais pas combien durera mon cursus, qui se passe normalement en 4 ans. J’en ai encore pour longtemps je pense » reconnait avec le sourire une des leaders de l’équipe de France de BMX.

Ce sourire ne quitte jamais Axelle Etienne. Il serait même, selon elle, sa principale qualité. Un véritable atout pour se prêter au jeu des photos en fin d’entraînement. Lorsqu’elle ne pilote pas, la membre du bataillon de Joinville s’empresse de prendre son appareil pour photographier ses compagnons de stage et de course. Mais elle se place rarement devant l’objectif, à son grand désarroi, elle qui affectionne tant cet exercice. De quoi lui donner une motivation supplémentaire pour monter sur un podium olympique, sous les flashs des photographes ? Réponse cet été, en terres tokyoïtes.