28 octobre 2020

On peut rire de tout, mais avec bienveillance.

Dans la continuité de notre dossier intitulé « Vivre le handicap » et après avoir évoqué le regard des autres avec Alice Métais, nous avons rencontré Nantenin Keita et Mathieu Thomas pour parler confiance en soi, bienveillance et humour.

Respectivement championne paralympique sur 400m en catégorie T13 (malvoyants)  et médaillé de bronze mondial en para-badminton catégorie SL3 (capacité de déplacement limitée), les deux champions mènent une vie bien loin des clichés liés au handicap. Où rire et passion s’entremêlent. 

Spontanément, la championne paralympique de Rio (Brésil) se présente ainsi: « Nantenin Keita, athlète de haut niveau et femme albinos ». Se décrire sans tabou ni chercher à éviter le sujet. Parce qu’affronter la peur dans le regard des autres peut être difficile à supporter, quoi de mieux que de la supprimer en brisant la glace ?

« Parler de son handicap permet de dédramatiser et de s’assumer, affirme Mathieu. Dans un premier temps, je cachais mon handicap pour être comme tout le monde. Mais avec le temps, j’ai compris que ma différence était une force. Grâce à ça, je suis beaucoup plus épanoui aujourd’hui ».

« Je ne suis pas une erreur ! »

Une vision partagée à demi-mot par Nantenin, qui souhaiterait toutefois que certains termes soient supprimés du langage courant. Et ce à juste titre :
« Je n’aime pas le mot « assumer ». On assume une erreur, or je ne suis pas une erreur ! Je n’ai pas à assumer qui je suis ou mon handicap. Je suis telle que je suis ».

Pour accepter son corps et gagner en confiance en soi, le sport joue un rôle clé, comme nous l’avait déjà confié Alice Métais. En pratiquant chaque jour, en participant à des compétitions et en remportant des victoires, les athlètes développent une estime d’eux-mêmes indispensable pour vivre heureux.

Être en situation de handicap n’implique pas de devoir vivre une existence sans saveur, comme aime le rappeler les deux athlètes : « Je peux m’adapter et faire ce que j’ai envie de faire. Avoir un handicap peut s’additionner avec des compétences, des possibilités, des rêves, de la joie, du bonheur ! », lance Nantenin. Et de Mathieu de poursuivre : « Le sport, c’est un projet de vie. Ce qu’on vit émotionnellement avec son coach et tout ce qu’on apprend sur soi, c’est vraiment fort ».
Avec des personnalités aussi truculentes que ces médaillés paralympiques et/ ou mondiaux, le sérieux laisse vite place aux rires d’une blague lancée sans détour. Alors, à la question « vous considérez-vous comme des personnes drôles ? », la réponse était toute trouvée… : « Oh bah moi je suis carrément drôle ! », lâche Nantenin entre deux éclats de rire, ce que confirme Mathieu, hilare, à côté.

« Avec l’humour, on peut sortir de la méconnaissance »

Le badiste continue ensuite : « Je ne sais pas si c’est un trait de caractère chez tous les handis, mais beaucoup ont de l’humour. Il faut savoir faire preuve d’autodérision. Avant de vanner les autres, je me vanne moi-même. L’humour permet de briser la glace, et de dire des choses que tout le monde pense tout bas ».

Pour aller jusqu’à en rire, le chemin peut être long. Grandir avec un handicap est dans de nombreux cas une source de souffrance à l’aube du collège ou du lycée, où harcèlement et moqueries sont quotidiens.

A découvrir aussi

Expliquer les choses, par l’humour, est un puissant levier pour entamer la discussion et supprimer la peur que son interlocuteur peut ressentir, selon Mathieu : « J’ai eu mon handicap à 17 ans donc je n’ai pas vécu la période difficile de l’adolescence. C’est plutôt moi qui me mettait des barrières. Je le cachais parce que je m’en mettais, et quand j’ai réussi à les supprimer, j’ai trouvé une forme d’épanouissement pour en rire et en parler ».

L’humour semble donc être un allié de poids pour rendre le sujet du handicap plus abordable. Comme Guillaume Bats, certains ont même franchi le pas en montant sur les planches pour faire rire une salle comble. De quoi donner une autre image des personnes en situation de handicap, loin de la vision de souffrance et de tristesse que le grand public peut parfois avoir, en totale méconnaissance de cause : « L’humour peut donner une belle image du handicap. Cela peut permettre de rendre le sujet plus « visible » et donc d’en parler plus. Et si on en parle plus, alors on sortira de cette méconnaissance », confie Nantenin.

Alors pour résumer, on peut rire de tout, tant qu’il y a de la bienveillance.

« On peut rire de tout, mais avec bienveillance ».

Dans la continuité de notre dossier intitulé « Vivre le handicap » et après avoir évoqué le regard des autres avec Alice Métais, nous avons rencontré Nantenin Keita et Mathieu Thomas pour parler confiance en soi, bienveillance et humour.
Respectivement championne paralympique sur 400m en catégorie T13 (malvoyants) et médaillé de bronze mondial en para-badminton catégorie SL3 (capacité de déplacement limitée), les deux champions mènent une vie bien loin des clichés liés au handicap. Où rire et passion s’entremêlent.

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Spontanément, la championne paralympique de Rio (Brésil) se présente ainsi : « Nantenin Keita, athlète de haut niveau et femme albinos ». Se décrire sans tabou ni chercher à éviter le sujet. Parce qu’affronter la peur dans le regard des autres peut être difficile à supporter, quoi de mieux que de la supprimer en brisant la glace ?

« Parler de son handicap permet de dédramatiser et de s’assumer, affirme Mathieu. Dans un premier temps, je cachais mon handicap pour être comme tout le monde. Mais avec le temps, j’ai compris que ma différence était une force. Grâce à ça, je suis beaucoup plus épanoui aujourd’hui ».

« Je ne suis pas une erreur ! »

Une vision partagée à demi-mot par Nantenin, qui souhaiterait toutefois que certains termes soient supprimés du langage courant. Et ce à juste titre :
« Je n’aime pas le mot « assumer ». On assume une erreur, or je ne suis pas une erreur ! Je n’ai pas à assumer qui je suis ou mon handicap. Je suis telle que je suis ».

Pour accepter son corps et gagner en confiance en soi, le sport joue un rôle clé, comme nous l’avait déjà confié Alice Métais (mettre le lien). En pratiquant chaque jour, en participant à des compétitions et en remportant des victoires, les athlètes développent une estime d’eux-mêmes indispensable pour vivre heureux.

Être en situation de handicap n’implique pas de devoir vivre une existence sans saveur, comme aime le rappeler les deux athlètes : « Je peux m’adapter et faire ce que j’ai envie de faire. Avoir un handicap peut s’additionner avec des compétences, des possibilités, des rêves, de la joie, du bonheur ! », lance Nantenin. Et de Mathieu de poursuivre : « Le sport, c’est un projet de vie. Ce qu’on vit émotionnellement avec son coach et tout ce qu’on apprend sur soi, c’est vraiment fort ».

Avec des personnalités aussi truculentes que ces médaillés paralympiques et/ ou mondiaux, le sérieux laisse vite place aux rires d’une blague lancée sans détour. Alors, à la question « vous considérez-vous comme des personnes drôles ? », la réponse était toute trouvée… : « Oh bah moi je suis carrément drôle ! », lâche Nantenin entre deux éclats de rire, ce que confirme Mathieu, hilare, à côté.

« Avec l’humour, on peut sortir de cette méconnaissance »

Le badiste continue ensuite : « Je ne sais pas si c’est un trait de caractère chez tous les handis, mais beaucoup ont de l’humour. Il faut savoir faire preuve d’autodérision. Avant de vanner les autres, je me vanne moi-même. L’humour permet de briser la glace, et de dire des choses que tout le monde pense tout bas ».

Pour aller jusqu’à en rire, le chemin peut être long. Grandir avec un handicap est dans de nombreux cas une source de souffrance à l’aube du collège ou du lycée, où harcèlement et moqueries sont quotidiens.

Expliquer les choses, par l’humour, est un puissant levier pour entamer la discussion et supprimer la peur que son interlocuteur peut ressentir, selon Mathieu : « J’ai eu mon handicap à 17 ans donc je n’ai pas vécu la période difficile de l’adolescence. C’est plutôt moi qui me mettait des barrières. Je le cachais parce que je m’en mettais, et quand j’ai réussi à les supprimer, j’ai trouvé une forme d’épanouissement pour en rire et en parler ».

L’humour semble donc être un allié de poids pour rendre le sujet du handicap plus abordable. Comme Guillaume Bats, certains ont même franchi le pas en montant sur les planches pour faire rire une salle comble. De quoi donner une autre image des personnes en situation de handicap, loin de la vision de souffrance et de tristesse que le grand public peut parfois avoir, en totale méconnaissance de cause : « L’humour peut donner une belle image du handicap. Cela peut permettre de rendre le sujet plus « visible » et donc d’en parler plus. Et si on en parle plus, alors on sortira de cette méconnaissance », confie Nantenin.

Alors pour résumer, on peut rire de tout, tant qu’il y a de la bienveillance.

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Emmanuelle.

Il est aussi grand que humour et handicap. humour et handicap. Je deviens humour et handicap. Nous serions humour et handicap. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir humour et handicap. Une boite de lunette détient le grand humour et handicap. Attention aux impératifs complète Mary. humour et handicap n'est autre que moi.

Mais qui sont Nantenin Keita et Mathieu Thomas ?

Nantenin Keita est une athlète spécialiste du 100 et du 400 mètres. Née au Mali et fille du chanteur Salif Keita, elle déménage en direction de la région parisienne à ses deux ans. Albinos et déficiente visuelle de naissance, elle œuvre depuis de nombreuses années aux côtés de son père à la reconnaissance des droits des albinos, à leur émancipation et leur insertion socio professionnelle. Championne paralympique sur 400 mètres catégorie T13 à Rio (Brésil) en 2016, elle fait partie des plus grandes chances françaises de médailles à Tokyo (Japon) en 2021.

Mathieu Thomas est un badiste médaillé de bronze aux championnats du monde 2017 et champion d’Europe 2016. A 17 ans, on lui diagnostique une tumeur cancéreuse. Pour la retirer, il est alors nécessaire de lui enlever un quadriceps. Considérant son handicap comme une chance, il vise une qualification pour les Jeux de Tokyo en 2021.