Vivre le racisme,
par Rouguy Diallo

25 septembre 2020

Vivre le racisme,
par Rouguy Diallo

25 septembre 2020

         ©️ By Athlete

Vivre le racisme, 
par Rouguy Diallo

25 septembre 2020

L'ivresse des profondeurs

par Stéphane Tourreau

©️ By Athlete

Depuis le début de l’été, les langues se délient à travers le monde pour dénoncer le racisme quotidien que subissent les minorités. Rouguy Diallo, triple sauteuse de l’équipe de France, en a été victime à de nombreuses reprises. Pour By Athlete, elle revient sur son expérience du racisme, que seule l’éducation pourrait combattre efficacement.

©️ By Athlete

« Beaucoup de causes me touchent. Je ne suis pas forcément très engagée, car je ne me considère souvent pas assez renseignée sur la question pour oser porter un message. Lorsque je prends la parole et une position sur un sujet, c’est que je pense être légitime de pouvoir le faire. Et ce qui me touche le plus, avant même d’être une femme, c’est le racisme.

J’essaie de partager le plus de messages possibles pour sensibiliser ma communauté sur les réseaux sociaux, en parler le plus possible autour de moi, y compris en interview. J’essaie de faire part de ma propre expérience, parce que j’ai déjà vécu ce racisme. J’aimerais que tout le monde soit conscient de ce que c’est, et que c’est bien réel.

Rouguy Diallo se confie
©️ By Athlete

Le racisme, je ne l’ai personnellement pas vécu dans le sport. Au contraire, je pense que peu importe la couleur ou le milieu social, on a tous le même niveau sur la piste. Il n’y a pas de différenciation.

Sauf que dans la rue, on vit ce racisme presque quotidiennement. J’ai grandi dans le sud et vit depuis plus d’un an à Paris. Depuis toute petite, j’ai vu et entendu des choses insoutenables, quel que soit l’endroit où je vivais.

La dernière fois que j’ai vécu ce genre de chose, c’était il y a un an près de Cannes. Je sortais d’un magasin et une personne devant moi chuchotait quelque chose. Je me suis rapprochée pour comprendre, et à ce moment-là, il crache en ma direction et me dit plusieurs fois « espèce de sale noire ». Ça m’a fait un choc… J’étais tétanisée, je n’arrivais pas à réagir. J’étais tellement touchée que je me suis effondrée en larmes chez moi. Je me disais « mais c’est réel, tout ça existe encore ».

Rouguy Diallo s'échauffant dans le sable
©️ By Athlete

Il y a aussi le racisme ordinaire, celui que l’on subit chaque jour sans vraiment sans rendre compte. Des petits regards, des vigiles qui te suivent à l’intérieur d’un magasin, les remarques ou des personnes qui te prennent pour de la m***e lorsque tu entres dans une boutique de luxe. C’est banalisé. On ne te le dit pas directement, on te le fait sentir.

Pour que les choses changent, le plus important c’est l’éducation. Quand tu es petit, tu ne vois pas la différence entre un noir et un blanc. Dans une cour de récré, tout le monde va jouer ensemble. Il n’y a pas de « ça c’est un noir, ça c’est un blanc ». Je pense que si on grandissait avec l’idée que nous sommes tous pareils, tous égaux, le racisme ne pourrait plus exister.

Le chemin est encore long, car c’est encore bien présent. Dans ma génération, je vois beaucoup moins de racisme que dans celles de nos parents ou grands-parents. Ce n’est qu’avec le temps et nos efforts que tout ça va s’améliorer.

Rouguy.

©️ By Athlete     

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Depuis le début de l’été, les langues se délient à travers le monde pour dénoncer le racisme quotidien que subissent les minorités. Rouguy Diallo, triple sauteuse de l’équipe de France, en a été victime à de nombreuses reprises. Pour By Athlete, elle revient sur son expérience du racisme, que seule l’éducation pourrait combattre efficacement.

Portrait de Rouguy Diallo
©️ By Athlete
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Rouguy Diallo
• Née le 5 février 1995
• Triple saut

« Beaucoup de causes me touchent. Je ne suis pas forcément très engagée, car je ne me considère souvent pas assez renseignée sur la question pour oser porter un message. Lorsque je prends la parole et une position sur un sujet, c’est que je pense être légitime de pouvoir le faire. Et ce qui me touche le plus, avant même d’être une femme, c’est le racisme.

J’essaie de partager le plus de messages possibles pour sensibiliser ma communauté sur les réseaux sociaux, en parler le plus possible autour de moi, y compris en interview. J’essaie de faire part de ma propre expérience, parce que j’ai déjà vécu ce racisme. J’aimerais que tout le monde soit conscient de ce que c’est, et que c’est bien réel.

Rouguy Diallo se confie
©️ By Athlete

Le racisme, je ne l’ai personnellement pas vécu dans le sport. Au contraire, je pense que peu importe la couleur ou le milieu social, on a tous le même niveau sur la piste. Il n’y a pas de différenciation.

Sauf que dans la rue, on vit ce racisme presque quotidiennement. J’ai grandi dans le sud et vit depuis plus d’un an à Paris. Depuis toute petite, j’ai vu et entendu des choses insoutenables, quel que soit l’endroit où je vivais.

La dernière fois que j’ai vécu ce genre de chose, c’était il y a un an près de Cannes. Je sortais d’un magasin et une personne devant moi chuchotait quelque chose. Je me suis rapprochée pour comprendre, et à ce moment-là, il crache en ma direction et me dit plusieurs fois « espèce de sale noire ». Ça m’a fait un choc… J’étais tétanisée, je n’arrivais pas à réagir. J’étais tellement touchée que je me suis effondrée en larmes chez moi. Je me disais « mais c’est réel, tout ça existe encore ».

Rouguy Diallo s'échauffant dans le sable
©️ By Athlete

Il y a aussi le racisme ordinaire, celui que l’on subit chaque jour sans vraiment sans rendre compte. Des petits regards, des vigiles qui te suivent à l’intérieur d’un magasin, les remarques ou des personnes qui te prennent pour de la m***e lorsque tu entres dans une boutique de luxe. C’est banalisé. On ne te le dit pas directement, on te le fait sentir.

Pour que les choses changent, le plus important c’est l’éducation. Quand tu es petit, tu ne vois pas la différence entre un noir et un blanc. Dans une cour de récré, tout le monde va jouer ensemble. Il n’y a pas de « ça c’est un noir, ça c’est un blanc ». Je pense que si on grandissait avec l’idée que nous sommes tous pareils, tous égaux, le racisme ne pourrait plus exister.

Le chemin est encore long, car c’est encore bien présent. Dans ma génération, je vois beaucoup moins de racisme que dans celles de nos parents ou grands-parents. Ce n’est qu’avec le temps et nos efforts que tout ça va s’améliorer. »

Rouguy.

Stéphane.

Il est aussi grand que Rouguy Diallo. Rouguy Diallo. Je deviens Rouguy Diallo. Nous serions Rouguy Diallo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Rouguy Diallo. Une boite de lunette détient le grand Rouguy Diallo. Attention aux impératifs complète Mary. Rouguy Diallo n'est autre que moi.

Mais qui est Rouguy Diallo ?

Rouguy Diallo est une triple sauteuse originaire de Nice (Alpes-Maritimes). Malgré son désamour pour la discipline, elle persiste devant son énorme potentiel. Propulsée sur le devant de la scène après sa victoire aux Championnats du monde junior en 2014, elle peine cependant à confirmer. Après plusieurs années de galère, elle revient au plus haut niveau en 2018, jusqu’à décrocher deux titres de championne de France, en salle et en plein air, en 2019. Après une finale mondiale à Doha cette même année, elle vise une qualification olympique à Tokyo en 2021. 

Depuis le début de l’été, les langues se délient à travers le monde pour dénoncer le racisme quotidien que subissent les minorités. Rouguy Diallo, triple sauteuse de l’équipe de France, en a été victime à de nombreuses reprises. Pour By Athlete, elle revient sur son expérience du racisme, que seule l’éducation pourrait combattre efficacement.

Portrait de Rouguy Diallo
©️ By Athlete
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Rouguy Diallo
• Née le 5 février 1995
• Triple saut

« Beaucoup de causes me touchent. Je ne suis pas forcément très engagée, car je ne me considère souvent pas assez renseignée sur la question pour oser porter un message. Lorsque je prends la parole et une position sur un sujet, c’est que je pense être légitime de pouvoir le faire. Et ce qui me touche le plus, avant même d’être une femme, c’est le racisme.

J’essaie de partager le plus de messages possibles pour sensibiliser ma communauté sur les réseaux sociaux, en parler le plus possible autour de moi, y compris en interview. J’essaie de faire part de ma propre expérience, parce que j’ai déjà vécu ce racisme. J’aimerais que tout le monde soit conscient de ce que c’est, et que c’est bien réel.

Rouguy Diallo se confie
©️ By Athlete

Le racisme, je ne l’ai personnellement pas vécu dans le sport. Au contraire, je pense que peu importe la couleur ou le milieu social, on a tous le même niveau sur la piste. Il n’y a pas de différenciation.

Sauf que dans la rue, on vit ce racisme presque quotidiennement. J’ai grandi dans le sud et vit depuis plus d’un an à Paris. Depuis toute petite, j’ai vu et entendu des choses insoutenables, quel que soit l’endroit où je vivais.

La dernière fois que j’ai vécu ce genre de chose, c’était il y a un an près de Cannes. Je sortais d’un magasin et une personne devant moi chuchotait quelque chose. Je me suis rapprochée pour comprendre, et à ce moment-là, il crache en ma direction et me dit plusieurs fois « espèce de sale noire ». Ça m’a fait un choc… J’étais tétanisée, je n’arrivais pas à réagir. J’étais tellement touchée que je me suis effondrée en larmes chez moi. Je me disais « mais c’est réel, tout ça existe encore ».

Rouguy Diallo s'échauffant dans le sable
©️ By Athlete

Il y a aussi le racisme ordinaire, celui que l’on subit chaque jour sans vraiment sans rendre compte. Des petits regards, des vigiles qui te suivent à l’intérieur d’un magasin, les remarques ou des personnes qui te prennent pour de la m***e lorsque tu entres dans une boutique de luxe. C’est banalisé. On ne te le dit pas directement, on te le fait sentir.

Pour que les choses changent, le plus important c’est l’éducation. Quand tu es petit, tu ne vois pas la différence entre un noir et un blanc. Dans une cour de récré, tout le monde va jouer ensemble. Il n’y a pas de « ça c’est un noir, ça c’est un blanc ». Je pense que si on grandissait avec l’idée que nous sommes tous pareils, tous égaux, le racisme ne pourrait plus exister.

Le chemin est encore long, car c’est encore bien présent. Dans ma génération, je vois beaucoup moins de racisme que dans celles de nos parents ou grands-parents. Ce n’est qu’avec le temps et nos efforts que tout ça va s’améliorer ».

Rouguy.

Stéphane.

Il est aussi grand que Rouguy Diallo. Rouguy Diallo. Je deviens Rouguy Diallo. Nous serions Rouguy Diallo. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Rouguy Diallo. Une boite de lunette détient le grand Rouguy Diallo. Attention aux impératifs complète Mary. Rouguy Diallo n'est autre que moi.