Vous me pensez seul, mais nous sommes des milliers
par Anthony Mahoungou

27 juillet 2020

Vous me pensez seul, mais nous sommes des milliers

par Anthony Mahoungou

27 juillet 2020

         ©️ By Athlete

Vous me pensez seul, mais nous sommes des milliers
par Anthony Mahoungou

27 juillet 2020

©️ Daan Verhoeven     

L'ivresse des profondeurs

par Stéphane Tourreau

©️ By Athlete

En partant de rien ou presque, Anthony Mahoungou a touché du doigt le rêve de milliers de jeunes footballeurs : jouer en NFL. Depuis La Courneuve, il tente un pari fou en rejoignant une petite université dans l’ouest des Etats-Unis, à la conquête du pays. Au cœur d’une histoire hors-norme, confessions d’un athlète animé par un dicton : « I come as one, but I stand as ten thousand » (« Vous me pensez seul, mais nous sommes des milliers« ).

©️ By Athlete

Ce parcours, j’en suis fier. Je ressens beaucoup de gratitude, parce que j’ai une bonne étoile au-dessus de moi qui m’a permis de rencontrer de nombreuses personnes et d’avoir de nombreuses opportunités. Ce que d’autres, qui étaient tout aussi talentueux que moi, n’ont pas forcément eu la chance d’avoir. Mais le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est sans aucun doute « fierté ». J’ai rendu fier ma ville de La Courneuve, mon département, ma famille. Et puis j’espère être un précurseur en ouvrant des portes pour les générations futures.

Je n’ai jamais bénéficié d’une passerelle favorable pour atteindre la NFL. J’ai été formé en France et tenté ma chance dans une petite fac de Californie, avec juste assez d’argent pour vivre un semestre sur place. 

« Je n’ai aucun regret, c’est la vie »

Malgré tout ce que je pouvais faire pour m’intégrer au système américain, l’étiquette du « français » m’a toujours suivie. Comme collée sur mon front.

Alors quand John Shoop, le coordinateur offensif de Purdue University, s’est déplacé depuis l’Indiana jusqu’en Californie pour m’offrir une bourse, ça a plus que joué dans la balance. Plusieurs facs avaient montré de l’intérêt pour mon profil, mais aucune ne m’avait encore fait d’offre concrète. Et puis le voyage pour aller visiter les installations à l’autre bout du pays n’a fait que confirmer le pressentiment que j’avais.

Même devant toutes les infrastructures et les fans, j’ai toujours gardé les pieds sur terre. J’ai commencé à la Courneuve, où à chaque entraînement je ramenais mes épaulières et mon casque. Et là j’étais à West Lafayette, avec un vestiaire à mon nom et ma photo… Ça peut vite monter à la tête. Mais je sais d’où je viens.

Anthony attrapant un ballon
©️ By Athlete

Pendant mes trois années de fac à Purdue, il y a eu des hauts et des bas. Le parcours n’a pas été fou. Des facteurs extérieurs n’ont pas aidé et je n’ai pas toujours répondu aux attentes. Mais je n’ai aucun regret, c’est la vie. Le fait que mes deux premières années à la fac aient été relativement difficile m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi. Je ne savais pas ce que c’était d’être remplaçant. Pendant deux ans ça a été le cas, donc je me suis découvert, et j’ai grandi.

Dans ma tête, même après mes deux premières années quasiment sans stat’, je me disais que j’allais être drafté grâce à une grosse dernière année. Comme je l’avais prévu, j’ai fini sur les chapeaux de roues. Certains sites spécialisés me projetaient même au dernier tour de la draft, donc il n’y avait aucune raison que ça ne passe pas. Alors quand aucune franchise n’appelle mon nom, honnêtement, c’est un flou total. 

« Je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller »

Je ne m’étais jamais imaginé « perdre ». Quand je comprends que je ne suis pas drafté, je ne suis pas triste ou quoi. Je suis juste perdu. Au fur et à mesure que tu commences à comprendre ce qu’il se passe, tu te dis qu’il va falloir trouver un autre plan. Et puis deux heures après la fin de la draft, Philadelphie m’appelle pour les rejoindre lors des camps de présaison.

Le soulagement.

Je n’ai appelé personne en France après avoir raccroché. J’attends. Je passe une petite soirée, et quand je vais me coucher, vers 1h du matin dans l’Indiana, j’envoie un message à ma famille et mes amis : « Je vais à Philadelphie ». Aussi simple que ça. En France, le Soleil était en train de se lever, donc je savais qu’ils n’allaient pas tarder à voir les messages. Je vais me coucher et le lendemain matin, je vois que c’est le feu. Tout le monde a eu l’info, et c’était un truc de fou.

Anthony Mahoungou courant vers le ballon lancé par le QB
©️ By Athlete

Maintenant, avec du recul, je vois deux réalités. Oui, je peux dire que j’ai été en NFL. Mais, et il y a un mais, je n’ai pas vraiment l’impression d’y avoir été. Être en NFL, selon moi, ce n’est pas juste participer aux entraînements de présaison ; c’est faire une saison complète, en étant sur le terrain, à catcher des balles, à avoir un impact sur son équipe. Si je vous parle comme je me parle dans ma tête, je vous dirais que je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller. Je travaille pour, je fais tout pour, et je passerais par le Canada pour ça.

C’est vrai que j’aurais aimé avoir un parcours en ligne droite où tout me réussit. Du genre je vais à la fac, je suis drafté et c’est lancé. Mais quand je raccrocherais les crampons et que les gens entendront parler d’Anthony Mahoungou, ils se souviendront de quelqu’un qui s’est donné, qui n’a jamais lâché sa passion et ses rêves. Je pense que je peux en inspirer plus d’un. Le chemin ne s’arrête que si toi tu le décides, et je ne l’ai pas encore décidé. Mon objectif, c’est la NFL, quel qu’en soit le chemin.

Anthony.

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En partant de rien ou presque, Anthony Mahoungou a touché du doigt le rêve de milliers de jeunes footballeurs : jouer en NFL. Depuis La Courneuve, il tente un pari fou en rejoignant une petite université dans l’ouest des Etats-Unis, à la conquête du pays. Au cœur d’une histoire hors-norme, confessions d’un athlète animé par un dicton : « I come as one, but I stand as ten thousand » (« Vous me pensez seul mais nous sommes des milliers »).

Anthony Mahoungou posant devant le terrain
©️ By Athlete
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Anthony Mahoungou
• Né le 12 février 1994
• Football américain

Ce parcours, j’en suis fier. Je ressens beaucoup de gratitude, parce que j’ai une bonne étoile au-dessus de moi qui m’a permis de rencontrer de nombreuses personnes et d’avoir de nombreuses opportunités. Ce que d’autres, qui étaient tout aussi talentueux que moi, n’ont pas forcément eu la chance d’avoir. Mais le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est sans aucun doute « fierté ». J’ai rendu fier ma ville de La Courneuve, mon département, ma famille. Et puis j’espère être un précurseur en ouvrant des portes pour les générations futures.

Je n’ai jamais bénéficié d’une passerelle favorable pour atteindre la NFL. J’ai été formé en France et tenté ma chance dans une petite fac de Californie, avec juste assez d’argent pour vivre un semestre sur place.

« Je n’ai aucun regret, c’est la vie »

Malgré tout ce que je pouvais faire pour m’intégrer au système américain, l’étiquette du « français » m’a toujours suivie. Comme collée sur mon front.

Alors quand John Shoop, le coordinateur offensif de Purdue University, s’est déplacé depuis l’Indiana jusqu’en Californie pour m’offrir une bourse, ça a plus que joué dans la balance. Plusieurs facs avaient montré de l’intérêt pour mon profil, mais aucune ne m’avait encore fait d’offre concrète. Et puis le voyage pour aller visiter les installations à l’autre bout du pays n’a fait que confirmer le pressentiment que j’avais.

Même devant toutes les infrastructures et les fans, j’ai toujours gardé les pieds sur terre. J’ai commencé à la Courneuve, où à chaque entraînement je ramenais mes épaulières et mon casque. Et là j’étais à West Lafayette, avec un vestiaire à mon nom et ma photo… Ça peut vite monter à la tête. Mais je sais d’où je viens.

Anthony attrapant un ballon
©️ By Athlete

Pendant mes trois années de fac à Purdue, il y a eu des hauts et des bas. Le parcours n’a pas été fou. Des facteurs extérieurs n’ont pas aidé et je n’ai pas toujours répondu aux attentes. Mais je n’ai aucun regret, c’est la vie. Le fait que mes deux premières années à la fac aient été relativement difficile m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi. Je ne savais pas ce que c’était d’être remplaçant. Pendant deux ans ça a été le cas, donc je me suis découvert, et j’ai grandi.

Dans ma tête, même après mes deux premières années quasiment sans stat’, je me disais que j’allais être drafté grâce à une grosse dernière année. Comme je l’avais prévu, j’ai fini sur les chapeaux de roues. Certains sites spécialisés me projetaient même au dernier tour de la draft, donc il n’y avait aucune raison que ça ne passe pas. Alors quand aucune franchise n’appelle mon nom, honnêtement, c’est un flou total.  

« Je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller »

Je ne m’étais jamais imaginé « perdre ». Quand je comprends que je ne suis pas drafté, je ne suis pas triste ou quoi. Je suis juste perdu. Au fur et à mesure que tu commences à comprendre ce qu’il se passe, tu te dis qu’il va falloir trouver un autre plan. Et puis deux heures après la fin de la draft, Philadelphie m’appelle pour les rejoindre lors des camps de présaison.

Le soulagement.

Je n’ai appelé personne en France après avoir raccroché. J’attends. Je passe une petite soirée, et quand je vais me coucher, vers 1h du matin dans l’Indiana, j’envoie un message à ma famille et mes amis : « Je vais à Philadelphie ». Aussi simple que ça. En France, le Soleil était en train de se lever, donc je savais qu’ils n’allaient pas tarder à voir les messages. Je vais me coucher et le lendemain matin, je vois que c’est le feu. Tout le monde a eu l’info, et c’était un truc de fou.

Anthony Mahoungou courant vers le ballon lancé par le QB
©️ By Athlete

Maintenant, avec du recul, je vois deux réalités. Oui, je peux dire que j’ai été en NFL. Mais, et il y a un mais, je n’ai pas vraiment l’impression d’y avoir été. Être en NFL, selon moi, ce n’est pas juste participer aux entrainements de présaison ; c’est faire une saison complète, en étant sur le terrain, à catcher des balles, à avoir un impact sur son équipe. Si je vous parle comme je me parle dans ma tête, je vous dirais que je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller. Je travaille pour, je fais tout pour, et je passerais par le Canada pour ça.

C’est vrai que j’aurais aimé avoir un parcours en ligne droite où tout me réussit. Du genre je vais à la fac, je suis drafté et c’est lancé. Mais quand je raccrocherais les crampons et que les gens entendront parler d’Anthony Mahoungou, ils se souviendront de quelqu’un qui s’est donné, qui n’a jamais lâché sa passion et ses rêves. Je pense que je peux en inspirer plus d’un. Le chemin ne s’arrête que si toi tu le décides, et je ne l’ai pas encore décidé. Mon objectif, c’est la NFL, quel qu’en soit le chemin.

Anthony.

Anthony.

Il est aussi grand que Anthony Mahoungou. Anthony Mahoungou. Je deviens Anthony Mahoungou. Nous serions Anthony Mahoungou. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Anthony Mahoungou. Une boite de lunette détient le grand Anthony Mahoungou. Attention aux impératifs complète Mary. Anthony Mahoungou n'est autre que moi.

En partant de rien ou presque, Anthony Mahoungou a touché du doigt le rêve de milliers de jeunes footballeurs : jouer en NFL. Depuis La Courneuve, il tente un pari fou en rejoignant une petite université dans l’ouest des Etats-Unis, à la conquête du pays. Au cœur d’une histoire hors-norme, confessions d’un athlète animé par un dicton : « I come as one, but I stand as ten thousand » (« Vous me pensez seul mais nous sommes des milliers »).

Anthony Mahoungou posant devant le terrain
©️ By Athlete
Bandeau de séparation de deux blocs de contenus

Anthony Mahoungou
• Né le 12 février 1994
• Football américain

Ce parcours, j’en suis fier. Je ressens beaucoup de gratitude, parce que j’ai une bonne étoile au-dessus de moi qui m’a permis de rencontrer de nombreuses personnes et d’avoir de nombreuses opportunités. Ce que d’autres, qui étaient tout aussi talentueux que moi, n’ont pas forcément eu la chance d’avoir. Mais le premier mot qui me vient à l’esprit, c’est sans aucun doute « fierté ». J’ai rendu fier ma ville de La Courneuve, mon département, ma famille. Et puis j’espère être un précurseur en ouvrant des portes pour les générations futures.

Je n’ai jamais bénéficié d’une passerelle favorable pour atteindre la NFL. J’ai été formé en France et tenté ma chance dans une petite fac de Californie, avec juste assez d’argent pour vivre un semestre sur place.

« Je n’ai aucun regret, c’est la vie »

Malgré tout ce que je pouvais faire pour m’intégrer au système américain, l’étiquette du « français » m’a toujours suivie. Comme collée sur mon front.

Alors quand John Shoop, le coordinateur offensif de Purdue University, s’est déplacé depuis l’Indiana jusqu’en Californie pour m’offrir une bourse, ça a plus que joué dans la balance. Plusieurs facs avaient montré de l’intérêt pour mon profil, mais aucune ne m’avait encore fait d’offre concrète. Et puis le voyage pour aller visiter les installations à l’autre bout du pays n’a fait que confirmer le pressentiment que j’avais.

Même devant toutes les infrastructures et les fans, j’ai toujours gardé les pieds sur terre. J’ai commencé à la Courneuve, où à chaque entraînement je ramenais mes épaulières et mon casque. Et là j’étais à West Lafayette, avec un vestiaire à mon nom et ma photo… Ça peut vite monter à la tête. Mais je sais d’où je viens.

Anthony attrapant un ballon
©️ By Athlete

Pendant mes trois années de fac à Purdue, il y a eu des hauts et des bas. Le parcours n’a pas été fou. Des facteurs extérieurs n’ont pas aidé et je n’ai pas toujours répondu aux attentes. Mais je n’ai aucun regret, c’est la vie. Le fait que mes deux premières années à la fac aient été relativement difficile m’a permis d’apprendre beaucoup sur moi. Je ne savais pas ce que c’était d’être remplaçant. Pendant deux ans ça a été le cas, donc je me suis découvert, et j’ai grandi.

Dans ma tête, même après mes deux premières années quasiment sans stat’, je me disais que j’allais être drafté grâce à une grosse dernière année. Comme je l’avais prévu, j’ai fini sur les chapeaux de roues. Certains sites spécialisés me projetaient même au dernier tour de la draft, donc il n’y avait aucune raison que ça ne passe pas. Alors quand aucune franchise n’appelle mon nom, honnêtement, c’est un flou total.

« Je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller »

Je ne m’étais jamais imaginé « perdre ». Quand je comprends que je ne suis pas drafté, je ne suis pas triste ou quoi. Je suis juste perdu. Au fur et à mesure que tu commences à comprendre ce qu’il se passe, tu te dis qu’il va falloir trouver un autre plan. Et puis deux heures après la fin de la draft, Philadelphie m’appelle pour les rejoindre lors des camps de présaison.

Le soulagement.

Je n’ai appelé personne en France après avoir raccroché. J’attends. Je passe une petite soirée, et quand je vais me coucher, vers 1h du matin dans l’Indiana, j’envoie un message à ma famille et mes amis : « Je vais à Philadelphie ». Aussi simple que ça. En France, le Soleil était en train de se lever, donc je savais qu’ils n’allaient pas tarder à voir les messages. Je vais me coucher et le lendemain matin, je vois que c’est le feu. Tout le monde a eu l’info, et c’était un truc de fou.

Anthony Mahoungou courant vers le ballon lancé par le QB
©️ By Athlete

Maintenant, avec du recul, je vois deux réalités. Oui, je peux dire que j’ai été en NFL. Mais, et il y a un mais, je n’ai pas vraiment l’impression d’y avoir été. Être en NFL, selon moi, ce n’est pas juste participer aux entraînements de présaison ; c’est faire une saison complète, en étant sur le terrain, à catcher des balles, à avoir un impact sur son équipe. Si je vous parle comme je me parle dans ma tête, je vous dirais que je n’ai pas encore la satisfaction d’être arrivé en NFL. Je vais y aller. Je travaille pour, je fais tout pour, et je passerais par le Canada pour ça.

C’est vrai que j’aurais aimé avoir un parcours en ligne droite où tout me réussit. Du genre je vais à la fac, je suis drafté et c’est lancé. Mais quand je raccrocherais les crampons et que les gens entendront parler d’Anthony Mahoungou, ils se souviendront de quelqu’un qui s’est donné, qui n’a jamais lâché sa passion et ses rêves. Je pense que je peux en inspirer plus d’un. Le chemin ne s’arrête que si toi tu le décides, et je ne l’ai pas encore décidé. Mon objectif, c’est la NFL, quel qu’en soit le chemin.

Anthony.

Anthony.

Il est aussi grand que Anthony Mahoungou. Anthony Mahoungou. Je deviens Anthony Mahoungou. Nous serions Anthony Mahoungou. Peut-être un jour il aura son jour de chance. En revanche je veux devenir Anthony Mahoungou. Une boite de lunette détient le grand Anthony Mahoungou. Attention aux impératifs complète Mary. Anthony Mahoungou n'est autre que moi.

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